Chapter 6

# Le Sony Reader

Après le Librié lancé en avril 2004 au Japon, Sony lance le Sony Reader en octobre 2006 aux États-Unis. L'écran de cette tablette, qui utilise une technologie E Ink plus avancée, est «un écran qui donne une excellente expérience de lecture, très proche de celle du vrai papier, et qui ne fatigue pas les yeux» (Mike Cook, auteur du site epubBooks.com). Un autre avantage de cette tablette sur ses concurrentes est la durée de vie de la batterie, avec plus de 7.000 pages consultables, ou deux semaines sans nécessité de la recharger. Cette tablette est aussi la première à utiliser Adobe Digital Editions, un logiciel qui adapte le texte du livre à la taille de l’écran. Le Sony Reader est progressivement disponible au Canada, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.

# Le Kindle (Amazon)

Amazon lance en novembre 2007 sa propre tablette de lecture, le Kindle, avec un format livresque (19 x 13 x 1,8 cm), un poids de 289 grammes, un écran noir et blanc de 6 pouces avec une résolution de 800 x 600 pixels, un clavier, une mémoire de 256 Mo (extensible par carte SD), un port USB et la possibilité de se connecter à l'internet via la WiFi. Le Kindle peut contenir jusqu'à 200 livres sur les 80.000 livres numériques que propose le catalogue d’Amazon. Amazon lance en février 2009 le Kindle 2 pour un prix plus modique, qui continue de baisser sensiblement dans les mois qui suivent, puis le Kindle DX en mai 2009 avec un écran de 9,7 pouces permettant la lecture de journaux et magazines. Le catalogue d'Amazon comptabiliserait 450.000 titres numériques en mars 2010, y compris des livres et revues audionumériques suite au rachat du catalogue d'Audible.com en janvier 2009.

# Le Nook (Barnes & Noble)

En novembre 2009, la grande chaîne de librairies américaine Barnes & Noble lance sa propre tablette de lecture, le Nook. La tablette dispose d’une plateforme Android et d'un écran E Ink de 6 pouces, avec une connexion WiFi et 3G. En juin 2010, le prix du premier modèle baisse. Un nouveau modèle plus économique disposant de la seule connexion WiFi est également lancé à la même date. Par ailleurs, le Nook Color apparaît en octobre 2010 avec un écran LCD de 7 pouces pour la lecture de magazines et livres d'images. Un nouveau Nook plus léger est lancé en mai 2011 sous plateforme Android, avec un écran de 6 pouces utilisant la technologie E Ink Pearl tactile. Le catalogue de Barnes & Noble proposerait 2 millions de livres numériques à la fin 2010.

# L’iPad (Apple)

L'iPad est lancé par Apple le 3 avril 2010 aux États-Unis en tant que tablette numérique multifonctions, avec un iBookstore de 60.000 livres numériques qui s'étoffe rapidement. Un lancement mondial suit en juin 2010. Après l'iPod (lancé en octobre 2001) puis l'iPhone (lancé en juin 2007), deux objets cultes auprès de toute une génération, Apple devient lui aussi un acteur de poids pour le livre numérique. Apple lance l’iPad 2 en mars 2011 aux États-Unis, avec un lancement deux semaines plus tard dans d’autres pays.

Cette courte liste de tablettes est loin d’exhaustive, bien entendu. La compétition est rude sur un marché prometteur, en attendant les possibilités de lecture multimédia / hypermédia et de lecture en 3D sur des supports flexibles.

2011 > L’EBOOK EN DIX POINTS

[Résumé] Dans cette conclusion sous forme de citations, les dates indiquées sont les dates auxquelles ces textes - extraits d’entretiens par courriel - ont été écrits et publiés. Les auteurs de ces textes sont Michael Hart (août 1998), John Mark Ockerbloom (septembre 1998), Robert Beard (octobre 1998), Jean-Paul (juin 2000), Nicolas Pewny (février 2003), Marc Autret (décembre 2006), Pierre Schweitzer (janvier 2007), Denis Zwirn (août 2007), Catherine Domain (avril 2010) et Henk Slettenhaar (juin 2011).

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Voici une conclusion sous forme de citations. Les dates indiquées sont les dates auxquelles ces textes - extraits d’entretiens par courriel - ont été écrits et publiés.

# Août 1998

«Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d'enseignement.» (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg en 1971)

# Septembre 1998

«Je me suis passionné pour l'énorme potentiel qu'a l'internet de rendre la littérature accessible au plus grand nombre. (…) Je suis très intéressé par le développement de l'internet en tant que médium de communication de masse ces prochaines années. J'aimerais aussi rester impliqué dans la mise à disposition gratuite de livres sur l'internet, que ceci fasse partie intégrante de mon activité professionnelle, ou que ceci soit une activité bénévole menée sur mon temps libre.» (John Mark Ockerbloom, créateur de l’Online Books Page en 1993)

# Octobre 1998

«Le web sera une encyclopédie du monde faite par le monde pour le monde. Il n'y aura plus d'informations ni de connaissances utiles qui ne soient pas disponibles, si bien que l'obstacle principal à la compréhension internationale et interpersonnelle et au développement personnel et institutionnel sera levé. Il faudrait une imagination plus débordante que la mienne pour prédire l'effet de ce développement sur l'humanité.» (Robert Beard, cofondateur du portail yourDictionary.com en 2000)

# Juin 2000

«La navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un centre d'intérêt et je clique méthodiquement sur tous les liens qui s'y rapportent) ou en louvoiements (de clic en clic, à mesure qu'ils apparaissent, au risque de perdre de vue mon sujet). Bien sûr, les deux sont possibles avec l'imprimé. Mais la différence saute aux yeux: feuilleter n'est pas cliquer. L'internet a donc changé mon rapport à l'écriture. (…) C'est finalement dans la publication en ligne (l'entoilage?) que j'ai trouvé la mobilité, la fluidité que je cherchais.» (Jean-Paul, créateur du site hypermédia cotres.net en 1998)

# Février 2003

«Je vois le livre numérique du futur comme un "ouvrage total" réunissant textes, sons, images, vidéo, interactivité: une nouvelle manière de concevoir et d'écrire et de lire, peut-être sur un livre unique, sans cesse renouvelable, qui contiendrait tout ce que l'on a lu, unique et multiple compagnon. Utopique? Invraisemblable? Peut-être pas tant que cela!» (Nicolas Pewny, fondateur des éditions du Choucas en 1992)

# Décembre 2006

«Il y a au moins deux axes qui émergent [pour le livre numérique]: (a) une interface de lecture/consultation de plus en plus attractive et fonctionnelle (navigation, recherche, restructuration à la volée, annotations de l’utilisateur, quizz interactif…); (b) une intégration multimédia (vidéo, son, infographie animée, base de données, etc.) désormais fortement couplée au web. Aucun livre physique n’offre de telles fonctionnalités. J’imagine donc l'e-book de demain comme une sorte de wiki cristallisé, empaqueté dans un format. Quelle sera alors sa valeur propre ? Celle d'un livre: l'unité et la qualité du travail éditorial!» (Marc Autret, infographiste et créateur du site Indiscripts en 2009)

# Janvier 2007

«La chance qu'on a tous est de vivre là, ici et maintenant cette transformation fantastique. Quand je suis né en 1963, les ordinateurs avaient comme mémoire quelques pages de caractères à peine. Aujourd'hui, mon baladeur de musique pourrait contenir des milliards de pages, une vraie bibliothèque de quartier. Demain, par l'effet conjugué de la loi de Moore et de l'omniprésence des réseaux, l'accès instantané aux oeuvres et aux savoirs sera de mise. Le support de stockage lui- même n'aura plus beaucoup d'intérêt. Seules importeront les commodités fonctionnelles d'usage et la poétique de ces objets.» (Pierre Schweitzer, concepteur du projet @folio en 1996)

# Août 2007

«Le livre numérique n'est plus une question de colloque, de définition conceptuelle ou de divination par certains "experts": c'est un produit commercial et un outil au service de la lecture. (…) Il suffit de proposer des textes lisibles facilement sur les supports de lecture électronique variés qu'utilisent les gens, l'encre électronique pouvant progressivement envahir tous ces supports. Et de les proposer de manière industrielle. Ce n'est pas et ne sera jamais un produit de niche (les dictionnaires, les guides de voyage, les livres pour non voyants…): c'est en train de devenir un produit de masse, riche de formes multiples comme l'est le livre traditionnel.» (Denis Zwirn, fondateur de la librairie numérique Numilog en 2000)

# Avril 2010

«Internet a pris de plus en plus de place dans ma vie! Il me permet depuis le 1er avril d'être éditeur grâce à de laborieuses formations Photoshop, InDesign et autres. (…) Décidément il y aura toujours des rebondissements inattendus aux inventions, entre autres. Quand j'ai commencé à utiliser l'internet [en 1999], je ne m'attendais vraiment pas à devenir éditeur. » (Catherine Domain, fondatrice de la librairie Ulysse en 1971)

# Juin 2011

«Je n'ai jamais aimé lire un livre sur un ordinateur ou sur un PDA. Maintenant, avec l’arrivée de tablettes comme le Kindle et l’iPad, je suis finalement devenu un lecteur de livres numériques. Je vois un expansion énorme avec l'arrivée de tablettes faciles à utiliser et avec un choix considérable de livres grâce au commerce électronique et à des sociétés comme Amazon. (…) J'utilise également des livres en ligne pour apprendre l'art de l'innovation!» (Henk Slettenhaar, fondateur de la Silicon Valley Association suisse en 1992)

Copyright © 2011 Marie Lebert

End of Project Gutenberg's L'ebook a 40 ans (1971-2011), by Marie Lebert


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