VII

VII

Elle se leva, ouvrit une des caisses, poussa un cri. Elle avait reconnu tout d'abord le portrait de Georges. Elle le baisa mille fois.

L'effet fut tout différent de celui qu'avait rêvé Marcant. Il avait voulu lui paraître méchant. Elle le trouva bon, au contraire, d'avoir songé à cela: «Il ne veut pas me séparer de notre enfant, tout à fait... Oh! oui, il est bon!...» Elle quitta le portrait, le reprit, le quitta de nouveau. «Enfin, songea-t-elle, il faut être raisonnable et m'habiller avant tout... J'aurai le temps de te regarder, mon cher amour!» Elle avait repris le portrait, elle le quitta encore...

Quand elle trouva le portefeuille, l'argent, elle les baisa avec emportement. Tout cela, au lieu de la blesser, la touchait, lui semblait de l'indulgence, du pardon, de l'espérance accordée...

C'est qu'elle se repentait profondément, et qu'elle ne pouvait imaginer que cela ne se vît pas. Elle était vraiment rachetée déjà, par l'immensité de sa douleur, la profondeur de son repentir.

Pierre revint.

—Eh bien? dit-il.

—Eh bien, répondit-elle, j'espère!... Voyez! ajouta-t-elle.

Elle regardait le portrait de Georges et le lui tendait. Lui, juste dans le même instant, il posait sur la cheminée un petit cadre qu'il apportait.

—Et voici, dit-il, celui de ma mère... A demain!

Il prit sa main, y appuya ses lèvres aimantes, la regarda un instant avec douceur et sortit.

Quelques minutes après, le youyou qui avait conduit à terre Pierre Dauphin revenait vide, était hissé à bord.


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