a. Puits de la Bastille; cc'. Cachots; d. Cuisines (constructions sur pilotis); e. Entrée de la Chapelle; f. Postes fontaines; gg'. guérites extérieures; h. culée de l'ancien pont reliant le bastion à la forteresse; m. corps de garde intérieur; n. Archives (constructions sur pilotis); p. Porte de bois ouverte dans le mur du fossé; y. Emplacement de la porte Saint-Antoine démolie en 1788.Ponts-levis de l'avancée et de la forteresse......Barrières à coulisses de l'avancée.
Au fond de la cour du Passage, des barrières en bois et à coulisses, précédaient un fossé suivi lui-même d'un mur élevé, percé d'une porte et d'un portillon avec ponts-levis; cet ensemble se nommait «l'Avancée».
À droite de l'Avancée, et longeant le mur du petit arsenal: les écuries et remises du gouverneur; à gauche la guérite (g) du factionnaire. Le pont-levis du portillon restait abaissé tout le jour, sauf dans des cas particuliers.
L'avancée franchie, on entrait dans «la cour du Gouvernement ou Première cour». À droite on y voyait l'hôtel du gouverneur, jolie construction moderne; à gauche, le poste (R) de l'avancée et la guérite (g'); au fond en face, la terrasse du gouverneur limitée à gauche par une construction comprenant des appartements et l'escalier (L) des fossés extérieurs. À côté, dans le mur de contrescarpe du fossé de la Bastille,la porte de bois(p), assemblage de fortes planches de chêne ferrées. Derrière cette porte, un pont dormant en pierres d'une longueur de quinze toises (30 mètres) reposant sur deux arches et s'avançant sur le fossé, jusqu'à quelques mètres de la porte de la forteresse.
Place de la Bastille en 1889Fig. 22.—Place de la Bastille en 1889.
Sur ce pont, à droite en venant de la premièrecour, des constructions légères comprenant: des cuisines, des logements et la salle de bain du gouverneur.
À son extrémité, un peu élargie sur la gauche en face du portillon de la forteresse, ce pont était muni d'une barrière de bois; on y voyait aussi les appuis et amarres des ponts-levis de la porte et du portillon.
L'un des deux ponts-levis abaissé, le fossé franchi, on entrait dans la Bastille.
Là, on se trouvait en présence d'une sorte de cage remplaçant la herse, où veillaient des sentinelles; derrière cette cage, les lourdes portes bardées de fer de la forteresse.
Passé ces portes, on était sous la sombre voûte de la prison, agrandie au moyen d'un tambour intérieur (T) dans lequel on avait aménagé le corps de garde (m).
Enfin, derrière ce tambour, la grande cour des prisons.
Voilà ce qu'étaient la Bastille et ses annexes.
C'est à ce formidable ensemble de défenses que le peuple de Paris résolut de donner assaut le 14 juillet 1789.
ÉVÉNEMENTS PRÉLIMINAIRES
Laguerre d'Amérique qui coûta un milliard et demi à la France, les inondations et la grêle qui amenèrent la famine pendant l'hiver de 1788, avaient épuisé les finances du royaume, accru la misère du peuple et augmenté les embarras du gouvernement. Sur les conseils de Necker, Louis XVI voulut recourir aux emprunts, le Parlement refusa. Il tenta la convocation des notables qui se séparèrent sans rien résoudre. Alors le cardinal de Brienne proposa l'impôt du timbre et la subvention territoriale; le parlement refusa de nouveau: il fut exilé a Troyes. Bientôt rappelé il déclina encore tout pouvoir d'enregistrer ces impôts et demanda instamment la convocation des États généraux.
Necker
Ils furent convoqués pour le 5 Mai 1789 à Versailles.
C'est alors que des clubs se formèrent à Paris et en province:on y parlait des droits du peupleet le peuple apprit qu'il avait des droits.
Pendant ce temps les députés avaient rédigé lesCahiers de demandes; les trois ordres (noblesse, clergé et tiers état) s'étaient entendus pour obtenir des réformes sérieuses; le tiers surtout insistait au nom du peuple et, au nombre de ses justes revendications se trouvaient: la souveraineté de la nation, l'égalité devant la loi, l'inviolabilité de la propriété, la liberté naturelle, civile, religieuse, etc., etc., l'abolition des lettres de cachet et ladémolition de la bastille tant comme forteresse menaçant la capitale que comme prison d'état.
Trompé par son entourage, Louis XVI ne comprit pas à quelle révolution les esprits étaient préparés. Il ne vit dans les demandes du tiers état qu'un désir exagéré d'innovation contre lequel il devait promptement réagir. Aussi le tiers fut-ilabreuvé d'outrages ridicules. Il s'agissait de la vérification des pouvoirs: le tiers se rend dans la salle des États, les deux autres ordres s'abstiennent!
Las de tant d'arrogance et fatigué de tous ces tiraillements, le tiers, sur la proposition d'un de ses membres, l'abbé Siéyès, se constitue enassemblée nationale(17 juin 1789).
Portraits de Bailly et de LafayetteFig. 25.—Portraits de Bailly et de Lafayette.
Dès ce jour la royauté n'exista plus que de nom.
EMANUEL JOSEPH SIEYESFig. 26.—EMANUEL JOSEPH SIÉYÈS
À la séance royale du 23 juin, une déclaration lue par le garde des sceaux cassa les résolutions prises par les députés du tiers comme «illégales etinconstitutionnelles» et ordonna «que la distinction des trois ordres fut conservée en son entier». Après cette lecture, le roi leva la séance et se retira suivi de la noblesse et du clergé. Le tiers état seul resta dans la salle. Sommé par le grand maître des cérémonies, M. de Dreux-Brézé, de se retirer: «Lanation assemblée ne peut recevoir d'ordres,» répondit le président Bailly et Mirabeau se levant avec impétuosité ajouta: «Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu'on suggère au roi. Mais vous ne sauriez être son organe auprès de L'Assembléenationale vous qui n'avez ici ni place, ni voix, ni droit de parler.»
Portrait de MirabeauFig. 27.—Portrait de Mirabeau.[Allez dire à ceux qui vous envoyent que nous sommes icipar la volonté du Peuple et que nous n'en sortirons que par la puissancedes Baïonnettes.]
Le grand maître des cérémonies se retire,—«Messieurs, dit simplement Siéyès,vous êtes aujourd'hui ce que vous étiez hier. Délibérons.»
Ce jour-là, la cause du peuple triomphait, sa souveraineté commençait, le coup d'État avortait.
Cependant le roi laissait quand même l'aristocratie ourdir des complots. Cette conduite lui attira la haine et le mépris du peuple qui se voyait trompé. Mais ce qui porta surtout au comble la colère des Parisiens, ce fut l'appel de 20,000 hommes de troupes étrangères pour protéger la couronne.
Cet appel était le prélude d'un autre coup d'État décidé par la cour et la noblesse.
On essaya d'abord d'une émeute. Des misérables, la plupart soudoyés, tentent d'entraîner le peuple à l'attaque de la maison Réveillon (rue St-Antoine)[23].
Vains efforts! le vrai peuple, celui qui combattra demain pour sa liberté, ne prend aucune part à ce honteux pillage!
C'est alors que, trompée dans son attente, la cour prit de nouvelles dispositions.
S'il faut brûler Paris, disait Breteuil, on le brûlera! et le vieux maréchal de Broglie prend le commandement en chef des troupes de la contre-révolution.
Il avait pour lieutenants: le maréchal des logis d'Autichamps, de Bezenval, de Choiseul, Narbonne, Frislard, le prince de Lambesc, de Berchigny, de Telhuses, de Lambert et du Châtelet.
Depuis longtemps déjà «les Communes[24]» avaient demandé au roi le renvoi des soldats étrangers; ils réitéraient chaque jour leur demande: le peuple s'en inquiète, disaient-ils.—À ces justes réclamations, le roifit répondre: que les troupes étaient là pour protéger les délibérations de l'Assemblée et, comme dernier défi aux Parisiens, le 12 juillet, on apprend que Necker a reçu la veille l'ordre de quitter la France sur-le-champ et incognito.
C'était entrer résolument dans la voie de la réaction.
Camille Desmoulins
portrait duc d'Orleans
Alors on vit se former des groupés menaçants dans toutes les rues et surtout au Palais Royal où déjà l'on criait: aux armes!—C'est là que Camille Desmoulins harangue la foule, raconte l'exil de Necker et peint l'attitude menaçante des soldats étrangers.—Aux armes, citoyens! C'est le tocsin d'une Saint-Barthélémy des patriotes s'écrie-t-il, il faut nous reconnaître, et arrachant une feuille d'arbre, il s'en improvise une cocarde: chacun l'imite. Puis, brandissant un pistolet, il entraîne le peuple sur ses pas.
Le buste de Necker, couvert d'un crêpe et celui du duc d'Orléans qui avait donné son adhésionaux communes, sont portés sur la place Louis XV[25].—C'est un dimanche: les rues, la place et les Tuileries sont encombrées de promeneurs.
Des dragons du Royal-Allemand se précipitent et brisent les bustes.
Charge du Royal-Allemand sur le peuple de Paris, le 12 juillet 1789Fig. 30.—Charge du Royal-Allemand sur le peuple de Paris, le 12 juillet 1789.
Des railleries et des pierres accueillent ces soldats étrangers; ils ripostent à coup de fusil et le prince de Lambesc,un Autrichien, parent de la reine, charge la foule à la tête d'un corps de Suisses etdu Royal-Allemand. Un vieillard M. Chauvet, instituteur, est tué par le prince lui-même, puis, un des gardes françaises qui se sont mêlés au peuple est sabré par un dragon allemand: Vengeance! vengeance! Ce cri est poussé de toutes parts.
C'est alors que paraît la proclamation du nouveau ministère: (maréchal de Broglie, de la Galicière, Foulon et Laporte).
À cette nouvelle; la colère des Parisiens ne connaît plus de bornes; c'est lepacte de faminerenouvelé et la banqueroute à courte échéance.
La population entière se soulève. On sonne letocsin, le tambour bat dans chaque rue, les boutiques d'armuriers, jusque-là respectées, sont forcées et, à 11 heures du soir, le peuple à peine armé, aidé de gardes françaises, défait les troupes royales massées sur la place Louis XV et les force à se retirer à Versailles.
La Bastille seule est encore occupée militairement.
En quelques heures 48,000 citoyens sont devenus soldats. On forge des armes à la hâte, car on prévoit un retour offensif des troupes ennemies. Au milieu de cette bagarre,les électeurs de Paris se rendent à l'Hôtel de Ville et s'y établissent en comité permanent, sous la présidence de M. de Flesselles, prévôt des marchands, pour organiser la milice et donner des chefs à la Révolution.
Pendant ce temps, le peuple agit: il arrête et transporte à l'Hôtel de Ville, d'abord un convoi de farines destiné aux troupes royales, puis le chargement d'un bateau rempli de barils de poudre enlevés à l'arsenal pour les conduire à Rouen. Mais les armes manquent et Flesselles s'efforce de dérouter ceux qui lui en demandent en leur indiquant des dépôts qui n'existent plus. Chaque échec augmente la colère du peuple qui pressent une nouvelle trahison[26].
Depuis l'affaire de la maison Réveillon, le peuple surveillait la Bastille. Il avait vu le gouverneur réparer ses ponts-levis, pratiquer de nouvelles meurtrières et mettre ses canons en batterie.
Là encore la perspicacité des Parisiens n'a pas été mise en défaut, car le dernier registre d'écrou de la Bastille (1782-1789) nous apprend que:
Le 29 juin.—M. de Crosne est venu avec un conseiller au Parlement, voir le château; conduits par M. le gouverneur, ils sont montés sur les tours.
Le 1erjuillet.—Un sergent et douze bas officiers sont arrivés de l'hôtel[27]pour supplément de garde.
Le 7 juillet.—À quatre heures du matin est arrivé un détachement de Salis-Samade suisse, composé de trente hommes et un lieutenant nommé Deflue[28]pour renforcer la garnison de ce château.
Cette garnison se composait alors de 82 vétérans,dont deux canonniers de la compagnie de Marigny et des trente-deux hommes du lieutenant de Flue. Cet effectif était plus que suffisant pour résister à une foule mal armée et dépourvue de matériel de siège.
On savait encore que M. de Launay possédait, outre les 15 pièces de canon des tours, trois pièces en batterie dans la cour d'honneur et douze fusils de rempart; que ses munitions se composaient de 400 biscaïens, de 12 coffres de boulets-sabotés[29], de 15.000 cartouches et de 250 barils de poudre qu'il avait fait amener de l'arsenal dans la nuit du 12 au 13.—Enfin que 10 voitures de pavés, vieux fers, vieux boulets, etc., étaient entassés sur les tours en cas d'assaut.
Le 13 au soir, le bruit se répand que des ordres ont été donnés pour attaquer Paris dans la nuit du 14 au 15 et que les principaux députés et électeurs doivent être arrêtés à domicile. Peu après, une copie du plan d'attaque circule dans tous les districts; il est ainsi conçu:
«Les invalides s'opposeront à l'enlèvement des armes et des canons de leur hôtel; au premiersignal, ils feront feu sur les habitants de Paris; ils recevront aussitôt des renforts du camp posté au champ de Mars où se trouvent les régiments de Salis-Samade, Château-Vieux, Diesbach, suisses; Berchigny, hussard; Esterhazy et Royal-Dragon.
«Des hussards et des dragons se porteront rapidement sur l'Hôtel de Ville pour y enlever les magistrats et les archives.
«Au premier coup de canon, le prince de Lambesc entrera à la tête du Royal-Allemand et d'un autre régiment de cavalerie; il sabrera tout sur son passage pour s'emparer des ponts qu'il garnira de canons.
«En même temps les troupes qui forment l'investiture de Paris détacheront: de Saint-Denis, les régiments de Provence et de Vintimille; de Neuilly, ceux de Royal-Suisse, Alsace et Bouillon; de Sèvres et Meudon, ceux de Hesse-Hermannstadt, Roëmer, Royal-Cravate, Royal-Pologne et Siennois composé de quatre bataillons de chasseurs.Ces troupes rangées à la porte Saint-Antoineseront soutenues par le canon de la bastille.
«Les hauteurs de Montmartre seront occupéespar les régiments de Besançon et de la Fère et, de plus, garnies de dix pièces de canon pour foudroyer la Ville; trois régiments d'infanterie allemande avec dix pièces de canon occuperont la barrière d'Enfert.
«Après l'expédition, les troupes occuperont les barrières et s'y retrancheront avec de l'artillerie. Toute communication sera interceptée avec la province.»
Pour prévenir ce nouveau coup d'État, le peuple résolut d'en finir au plus vite.
medallion
JOURNÉE DU 14 JUILLET
Le14 au matin chaque citoyen est prêt à combattre. Et, tandis que ceux qui connaissent les choses de la guerre n'osent encore rêver une attaque, bien moins une victoire, le peuple, lui, à la foi! À la Bastille! À la Bastille! Ce cri est mille fois répété. Ce cri, c'était la sagesse; la Bastille: n'était-elle pas le dernier retranchement de la tyrannie?
Mais, pendant qu'une partie des citoyens se précipite rue Saint-Antoine, d'autres courent aux Invalides. Ils ont compris qu'il faudra du canon!—Après une sommation menaçante, accompagnée d'un commencement d'escalade, le gouverneur M. de Sombreuil, voyant qu'il ne peut compter sur ses invalides, ouvre ses portes aux assaillants.Ceux-ci pénètrent partout et découvrent, dans les caves du dôme, 28,000 fusils qu'on y avait cachés. Ils emmènent aussi 20 canons.
Au cri: à la Bastille! les habitants de la rue et du faubourg Saint-Antoine se sont précipités les premiers en tête de la colonne qui accompagne trois délégués du Comité permanent de l'Hôtel de Ville: les citoyens Bellon, officier de l'arquebuse[30], Bellefond sergent-major d'artillerie et Chatou, ancien sergent aux gardes françaises.—Ces délégués ont mission de voir le gouverneur M. de Launay pour connaître ses intentions et l'engager à retirer ses canons braqués sur la ville.
On s'approche de la forteresse dont la porte, rue Saint-Antoine[31]est gardée par trois invalides; derrière, tous les pont-levis sont fermés, on pénètre cependant dans la cour du Passage.
En voyant cette masse de citoyens, le gouverneur déclare qu'il ne peut recevoir que les délégués seuls. Mais déjà le peuple se défie, il demande des otages.
Trois bas officiers sont échangés contre les délégués qui franchissent l'avancée.
De Launay, qui compte sur un renfort, les reçoit avec toute la politesse d'un gentilhomme et, pour se ménager une trêve les oblige à déjeuner avec lui et leur promet de ne pas commencer le feu sur le peuple; il semble même consentir à enlever ses canons. Mais, à la vérité, il les fait seulement reculer sur les plates-formes.
Au moment où ces délégués satisfaits, repassaient le pont-levis pour rendre compte de leur entrevue, trois envoyés du district de la Culture[32]arrivaient à la Bastille, c'étaient les citoyens Bourlier et Toulouse, soldats de la milice et Thuriot de la Rozière, avocat au Parlement[33]. Ce dernier entre seul et de force dans la première cour; il somme le gouverneur,au nom de la Nation et de la Patrie, non seulement de retirer ses canons, mais encore de livrer la forteresse à la garde civique.
Voyant qu'il n'aura pas aussi facilement raison du citoyen Thuriot que des premiers délégués, le gouverneur change de tactique et déclare que lespièces de canon ayant été de tout temps sur les tours, il ne peut les en faire descendre que sur un ordre du roi.
Alors Thuriot insiste pour entrer dans la Bastille et monter sur les tours; de Launay y consent. En passant, il harangue les soldats et, comme on redescendant il veut encore leur parler, le gouverneur fait battre aux champs. Néanmoins il lui donne sa parole de gentilhomme et fait jurer à ses officiers et invalides qu'ils n'ont pas l'intention de faire usage de leurs moyens de défense, à moins d'un assaut. Thuriot se retire, mais il déclare qu'il rendra le gouverneur responsable du sang versé.—C'était la seconde fois que, pour gagner du temps, de Launay trompait les représentants du peuple.
Comme Thuriot sortait et répétait aux citoyens les paroles du gouverneur, une troupe armée débouchait du faubourg Saint-Antoine en criant: «Nous voulons la Bastille,en basla troupe[34]!» Et aussitôt, escaladant le toit du corps de garde de l'avancée, ils sautent dans la première cour etcommencent a briser à coups de hache les chaînes du pont-levis.
Un coup de canon à mitraille[35]et une vive fusillade déciment la foule qui se disperse en criant: Trahison! trahison!
C'est alors qu'un ancien officier au régiment de la Reine, le citoyen Elie, fut proclamé chef avec les citoyens Cholat et Hullin pour lieutenants et que l'attaque recommença plus furieusement.
Une troisième députation, composée de quatre commissaires vint, peu après, de l'Hôtel de Ville pour signifier l'arrêté pris par les électeurs et dont l'effet était de confier la garde de la Bastille à la milice parisienne de concert avec les troupes qui s'y trouvaient.—Les quatre commissaires tentèrent trois fois de pénétrer sous la voûte de la rue Saint-Antoine, mais ce fut en vain. Ils furent seulment les témoins du carnage qui se faisait autour d'eux dans la cour du Passage et ne purent lire l'arrêté qu'aux assiégeants.—Retirez-vous, leurcria le peuple, car vous n'avez à attendre que trahison.
Une heure plus tard, des députés de la Ville, précédés d'un tambour et portant le drapeau de la Cité, tentèrent de voir le gouverneur en venant par l'Arsenal et la cour de l'Orme.
Arrivés dans la cour du Passage, ils virent, qu'au mépris du droit des gens et des signaux de paix qu'on leur faisait du haut des tours, on pointait une pièce sur eux; ils retournèrent alors dans la cour de l'Orme. Là, une décharge de mousqueterie tua trois personnes a leurs pieds; ils durent se retirer comme l'avaient fait leurs collègues. Cette décharge avait été exécutée par les Suisses, qui étaient postés dans les parties basses de la forteresse, les invalides postés sur les plates-formes ayant à ce moment levé la crosse en l'air.
Ces députés partis, la lutte recommença avec plus d'acharnement que jamais, mais les Suisses, tant avec leurs fusils qu'avec uneamusette du comte de Saxe[36], jonchèrent le sol de cadavres.—Ce que voyant Elie, il s'écria: «Du canon, mes amis, du canon! C'est le seul moyen de réduire la place!»
Malheureusement on ne peut, à ce moment, mettre en batterie que deux pièces, dont une plaquée d'argent, enlevée au garde-meubles et encore sont-elles servies par des mains inexpérimentées.
Mais à cet instant accourt le citoyen Hullin, suivi de trois cents gardes françaises. Il marche entre les gardes Hoche et Lefèbre qui, comme lui, laissèrent un nom glorieux à la postérité.—Avec eux marche le peuple qui traîne deux canons; et dans ses rangs, «admirable de vaillance, de jeunesse, de pureté, l'une des gloires de la France, Marceau[37]!»—Dès lors, le siège commence régulièrement. Le canon du peuple répond au canon de la forteresse et soldats et citoyens rivalisent de valeur.—Tout est en feu devant la Bastille; la fumée de l'incendie cache aux assiégés les mouvements de l'assiégeant.
Un heureux coup de canon, pointé par Elie, met le trouble sur le rempart en tuant un invalide; peu après M. de Monsigny, commandant des canonniers de la place, est frappé en pleine poitrine. Les invalides demandent alors à se rendre et refusent de combattre. De Launay les repousse avec colère,puis, éperdu, court flux Suisses et leur ordonne de continuer un feu à outrance sur le peuple.
Il comprenait enfin la force de ce peuple, dont les rangs grossissaient sans cesse.
Portrait du général MarceauFig. 33.—Portrait du général Marceau.
Il était environ quatre heures de l'après-midi.
On vit alors le gouverneur se diriger lentement vers la lourde lu Liberté. Arrivé sur lu plate-forme, il saisit une mèche enflammée et court à la chambre des poudres; mais, heureusement, la sentinelle de faction, un nommé Ferrand, loi arrache la mèche et sauve ainsi le peuple et le quartier.
au profit du Grenadier
Fou de rage, il descend dans la cour d'honneur, la traverse en courant, saute sur une autre mèche et se précipite vers la Sainte-Barbe. Plus prompt que lui, le soldat Becquart l'arrête encore. Alors il appelle les Suisses a son aide, mais les invalides font bonne contenance et de Launay en vient à les supplier de lui donner un baril de poudre pour se faire sauter. On le lui refuse.—Donnez-nous, au contraire, un drapeau blanc et que l'on capitule?—Je n'en ai pas un seul, répond le gouverneur.—Votre mouchoir blanc alors, dit un invalide qui le lui prend, l'attache à son fusil et monte sur les plates-formes avec un tambour.
Pendant ce temps, le peuple et les gardes françaises conduits par Elie, Hullin, Hoche, Lefebvre, Maillard, Réole, etc., ont franchi l'Avancée, culbuté les obstacles et braqué leurs canons devant le pont-levis intérieur, malgré la mitraille et la fusillade des Suisses de de Flue.
Enfin on voit le drapeau blanc improvisé; le feu cesse et mille voix crient aux assiégés: «Abaissez vos ponts!»—de Flue demande les honneurs de la guerre.—«Non, non, plus d'armes à ceux qui ontmassacré le peuple.» Il présente alors une capitulation signée de Launay, qui assure la vie à tous ou, si on la refuse, annonce l'intention de tout faire sauter[38]. Elie, à qui elle est remise, par le citoyen Maillard qui, pour la recevoir, s'est aventuré sur une planche soutenue au-dessus du fossé, s'empresse de répondre: «Foi d'officier, nous acceptons votre capitulation; abaissez vos ponts, il ne vous sera rien fait.»
Il est cinq heures.
Le petit pont-levis s'abaisse, puis le grand, et les vainqueurs se précipitent sous la voûte. Les assiégés désarmés sont faits prisonniers et conduits à l'Hôtel de Ville.
Malheureusement trompé par les sarreaux de toile que portaient les Suisses, le peuple, les prenant pour des prisonniers se jeta sur les bas-officiers et cette déplorable erreur coûta la vie au brave Béquart et il deux autres Invalides.
Les vainqueurs de la Bastille escortant les prisonniersFig. 35.—Les vainqueurs de la Bastille escortant les prisonniers.
De Launay, qui cherchait à se donner la mort avec une canne à épée, pour échapper aux vainqueurs est reconnu par le grenadier Arné qui lui brise son épée et le remet aux mains des citoyens Hullin et Elie.
Une fois maître de la place, le peuple songea d'abord à déliver les prisonniers de leurs fers et à leur rendre cette Liberté qu'il venait de conquérir au prix de son sang.
Il faut cependant déplorer l'égarement de quelques citoyens qui brûlèrent les archives pendant que d'autres plus avisés, mais certainement moins honnêtes, dérobaient certaines pièces dont ils soupçonnaient la valeur et qui figurent, aujourd'hui, dans des collections étrangères.
Cettegrande et terrible journée assura le triomphe de la Révolution Française. Sans la victoire du peuple de Paris, l'Assemblée était dissoute, les patriotes embastillés ou exilés, la Révolution perdue!
FIN
medallion
NOTES:[1]Etienne Marcel, chef du tiers état et défenseur des droits du peuple aux États généraux de 1356, pendant la captivité du roi Jean, fut le premier qui tenta la révolution démocratique et réclama énergiquement la garantie des libertés féodales et des franchises communales accordées par Philippe le Bel.[2]Quelques historiens, entre autres Piganiol de la Force, donnent à tort: 22 avril 1371.[3]Mur de fortification reliant deux tours ou deux bastions.[4]On sait que sa longue et dure captivité a poussé ce prisonnier à certaines exagérations dans ses mémoires, aussi ne citons-nous de lui qu'un passage.[5]Dans ce texte, qui se trouve au bas de l'estampe conservée au Musée Carnavalet, l'orthographe des noms et des mots a été respectée.[6]D'après la lettre de Cachet et la lettre de levée d'écrou que nous donnons plus haut, on comprend facilement le dire de M. Marmontel dont la détention à la Bastille dura dix jours à peine.[7]Nous donnons plus loin le récit de Linguet à ce propos.[8]Sous cette dénomination, on désigne un acte par lequel Louis XIV enleva aux protestants la liberté de conscience qui leur avait été accordée par Henri IV en 1598. Les conséquences de cet acte furent désastreuses: 230,000 protestants quittèrent la France, emportant à l'étranger, non seulement, les secrets de notre industrie, mais encore cette intrépidité, cette valeur militaire qui fut toujours l'apanage de la France.Un grand nombre d'entre eux se réfugièrent en Allemagne et chaque fois que leurs fils vinrent en France à la tête des bataillons prussiens, ils nous firent cruellement payer le séjour de cesmissionnaires bottésque leurs ancêtres durent loger au nom du roi. Ces missionnaires firent cependant l'admiration de Mmede Sévigné:«Les Dragons, écrivait-elle le 28 octobre 1685,ont été très bons missionnaires,» et en parlant de l'édit de révocation:«Rien n'est si beau que se qu'il contient; jamais aucun roi n'a fait ni ne fera rien de plus mémorable.»Et le vieux Le Tellier ne comprit pas qu'il signait un des plus grands malheurs de la France.[9]Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 428.[10]Le boulevard Beaumarchais actuel.[11]Ces deux figures sont conservées dans le Jardin du Musée de Cluny (côté de la rue de Cluny).[12]R. S. H. signifient: Reparatæ salutis hominum.[13]P. C. signifient: Posuerunt Consules.[14]On lit dans Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 420: «Les fortifications qu'on y voit furent commencées le 11 d'Août de l'an 1533 et ne furent achevées qu'en 1559. Elles consistent en une courtine flanquée de bastions, et bordée de larges fossés à fond de cuve. Les propriétaires de Paris furent taxés pour cette dépense, depuis quatre livres, jusqu'à vingt-quatre livres tournois.»[15]Ce bastion était situé à peu près vers le milieu du boulevard Bourdon actuel.[16]Cet autre bastion s'élevait sur l'emplacement actuel des premiers numéros pairs du boulevard Beaumarchais.[17]On lit dans lesMémoires de Sully: Le Roy avoit en 1604 sept millions d'or dans la Bastille et sur l'an 1610, en avait pour lors quinze millions huit cent soixante et dix mille livres d'argent comptant, dans les chambres voûtées, coffres et caques, étant en la Bastille; outre dix millions qu'on en avait tirés pour bailler au trésorier de l'épargne.[18]Est-ce une erreur ou intentionnellement que Linguet dit: «une femme». D'après le dessin que nous donnons de l'horloge de la Bastille et les documents qu'il nous a été donné de consulter au Musée Carnavalet, les deux figures représentaient un vieillard et un homme dans la force de l'âge.[19]D'après les coupes et élévations de plan de la Bastille par Caffiéri (Musée Carnavalet) certains étages des tours étaient voûtés comme les calottes.[20]On lit dans Piganiol de la Force (1742—t. IV, p. 422): «Sur la première porte de la Bastille, c'est-à-dire sur celle qui donne dans une petite place qui est en cet endroit de la rue Saint-Antoine, est un magasin d'armes où l'on en trouve de toutes espèces et en grande quantité. Les curieux y remarqueront d'anciennes armures de chevalerie et ils trouveront toutes ces choses d'une propreté et dans un arrangement qui les surprendront agréablement.»[21]Aujourd'hui rue Jacques-Cœur.[22]Ainsi appelée à cause d'un grand orme qui ombrageait l'un de ses coins.[23]«Réveillon, le plus riche des fabricants de papier de Paris, employait un très grand nombre d'ouvriers à sa manufacture de la rue Saint-Antoine. On fit habilement courir le bruit qu'il allait réduire de moitié le salaire de ses ouvriers; on lui attribua même les propos les plus violents à leur égard; enfin, on chercha à soulever contre lui la population du faubourg Saint-Antoine. La famine et la misère publique avaient attiré une foule d'étrangers prêts à toutes les besognes. Ce furent ces individus, inconnus du vrai peuple, qui l'excitèrent à la révolte, au pillage, à l'incendie. Malheureusement quelques citoyens payèrent de leur vie leur trop prompte crédulité. Quoi qu'il en soit, le sang versé fut fécond et le piège ainsi tendu aux patriotes amena l'aurore de la liberté!»[24]On nommait ainsi les députes du tiers.[25]Aujourd'hui place de la Concorde.[26]En effet, après la prise de la Bastille, on trouva, dans une des poches du gouverneur de Launay, un billet ainsi conçu: «J'amuse les Parisiens avec des cocardes; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort.—Signé: Flesselles.» Ce billet fut l'arrêt de mort du dernier prévôt des marchands.Carnot.—La révolution française.[27]Des Invalides.[28]Quelques auteurs écrivent de Flue, cette orthographe semble du reste être la véritable.[29]Munis de leur charge de poudre.[30]Officier de la milice parisienne qui avait pris, suivant les districts, les noms de: Volontaires du Palais-Royal, des Tuileries, de la Bazoche, de l'Arquebuse, etc., etc.[31]X du plan d'ensemble (page 50).[32]Actuellement ce qu'on appelle le quartier du Marais.[33]Un dogue terrible de la race de Danton, dit Michelet (Histoire de la Révolution française).[34]Certains auteurs écriventà basla troupe au lieu deen basla troupe, expression qui seule pouvait avoir un sens dans la bouche du peuple.[35]La pièce de canon chargée à mitraille qui était braquée sur le pont de l'avancée se nommait lapetite Suédoiseet d'après l'invalide Guiot de Fléville, qui fit une relation de la défense de la Bastille, «cette pièce est la seule qui ait été tirée pendant tout le combat qui a duré cinq heures, les assiégés ne s'étant toujours défendus qu'avec leurs fusils».[36]Fusil de rempart portant une livre et demie de balles.[37]Michelet.Histoire de la Révolution.[38]Cette capitulation portait simplement ces mots:«Nous avons vingt milliers de poudres; nous ferons sauter la garnison et tout le quartier si vous n'acceptez la capitulation.» Signé:De Launay.De la Bastille, 5heures du soir, 14juillet1789.Elie a postérieurement écrit au-dessous: «Je certifie avoir reçu cette capitulation au dernier pont-levis par un trou oval du grand pont-levis, que j'ai fait passer une planche sur le fossé pour la recevoir, et que j'ai donné ma parole d'honueur, foy d'officier, que je l'accepte.» Signé: «Elie, officier au régiment d'infanterie de la Reine.»
[1]Etienne Marcel, chef du tiers état et défenseur des droits du peuple aux États généraux de 1356, pendant la captivité du roi Jean, fut le premier qui tenta la révolution démocratique et réclama énergiquement la garantie des libertés féodales et des franchises communales accordées par Philippe le Bel.
[1]Etienne Marcel, chef du tiers état et défenseur des droits du peuple aux États généraux de 1356, pendant la captivité du roi Jean, fut le premier qui tenta la révolution démocratique et réclama énergiquement la garantie des libertés féodales et des franchises communales accordées par Philippe le Bel.
[2]Quelques historiens, entre autres Piganiol de la Force, donnent à tort: 22 avril 1371.
[2]Quelques historiens, entre autres Piganiol de la Force, donnent à tort: 22 avril 1371.
[3]Mur de fortification reliant deux tours ou deux bastions.
[3]Mur de fortification reliant deux tours ou deux bastions.
[4]On sait que sa longue et dure captivité a poussé ce prisonnier à certaines exagérations dans ses mémoires, aussi ne citons-nous de lui qu'un passage.
[4]On sait que sa longue et dure captivité a poussé ce prisonnier à certaines exagérations dans ses mémoires, aussi ne citons-nous de lui qu'un passage.
[5]Dans ce texte, qui se trouve au bas de l'estampe conservée au Musée Carnavalet, l'orthographe des noms et des mots a été respectée.
[5]Dans ce texte, qui se trouve au bas de l'estampe conservée au Musée Carnavalet, l'orthographe des noms et des mots a été respectée.
[6]D'après la lettre de Cachet et la lettre de levée d'écrou que nous donnons plus haut, on comprend facilement le dire de M. Marmontel dont la détention à la Bastille dura dix jours à peine.
[6]D'après la lettre de Cachet et la lettre de levée d'écrou que nous donnons plus haut, on comprend facilement le dire de M. Marmontel dont la détention à la Bastille dura dix jours à peine.
[7]Nous donnons plus loin le récit de Linguet à ce propos.
[7]Nous donnons plus loin le récit de Linguet à ce propos.
[8]Sous cette dénomination, on désigne un acte par lequel Louis XIV enleva aux protestants la liberté de conscience qui leur avait été accordée par Henri IV en 1598. Les conséquences de cet acte furent désastreuses: 230,000 protestants quittèrent la France, emportant à l'étranger, non seulement, les secrets de notre industrie, mais encore cette intrépidité, cette valeur militaire qui fut toujours l'apanage de la France.Un grand nombre d'entre eux se réfugièrent en Allemagne et chaque fois que leurs fils vinrent en France à la tête des bataillons prussiens, ils nous firent cruellement payer le séjour de cesmissionnaires bottésque leurs ancêtres durent loger au nom du roi. Ces missionnaires firent cependant l'admiration de Mmede Sévigné:«Les Dragons, écrivait-elle le 28 octobre 1685,ont été très bons missionnaires,» et en parlant de l'édit de révocation:«Rien n'est si beau que se qu'il contient; jamais aucun roi n'a fait ni ne fera rien de plus mémorable.»Et le vieux Le Tellier ne comprit pas qu'il signait un des plus grands malheurs de la France.
[8]Sous cette dénomination, on désigne un acte par lequel Louis XIV enleva aux protestants la liberté de conscience qui leur avait été accordée par Henri IV en 1598. Les conséquences de cet acte furent désastreuses: 230,000 protestants quittèrent la France, emportant à l'étranger, non seulement, les secrets de notre industrie, mais encore cette intrépidité, cette valeur militaire qui fut toujours l'apanage de la France.
Un grand nombre d'entre eux se réfugièrent en Allemagne et chaque fois que leurs fils vinrent en France à la tête des bataillons prussiens, ils nous firent cruellement payer le séjour de cesmissionnaires bottésque leurs ancêtres durent loger au nom du roi. Ces missionnaires firent cependant l'admiration de Mmede Sévigné:
«Les Dragons, écrivait-elle le 28 octobre 1685,ont été très bons missionnaires,» et en parlant de l'édit de révocation:
«Rien n'est si beau que se qu'il contient; jamais aucun roi n'a fait ni ne fera rien de plus mémorable.»
Et le vieux Le Tellier ne comprit pas qu'il signait un des plus grands malheurs de la France.
[9]Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 428.
[9]Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 428.
[10]Le boulevard Beaumarchais actuel.
[10]Le boulevard Beaumarchais actuel.
[11]Ces deux figures sont conservées dans le Jardin du Musée de Cluny (côté de la rue de Cluny).
[11]Ces deux figures sont conservées dans le Jardin du Musée de Cluny (côté de la rue de Cluny).
[12]R. S. H. signifient: Reparatæ salutis hominum.
[12]R. S. H. signifient: Reparatæ salutis hominum.
[13]P. C. signifient: Posuerunt Consules.
[13]P. C. signifient: Posuerunt Consules.
[14]On lit dans Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 420: «Les fortifications qu'on y voit furent commencées le 11 d'Août de l'an 1533 et ne furent achevées qu'en 1559. Elles consistent en une courtine flanquée de bastions, et bordée de larges fossés à fond de cuve. Les propriétaires de Paris furent taxés pour cette dépense, depuis quatre livres, jusqu'à vingt-quatre livres tournois.»
[14]On lit dans Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 420: «Les fortifications qu'on y voit furent commencées le 11 d'Août de l'an 1533 et ne furent achevées qu'en 1559. Elles consistent en une courtine flanquée de bastions, et bordée de larges fossés à fond de cuve. Les propriétaires de Paris furent taxés pour cette dépense, depuis quatre livres, jusqu'à vingt-quatre livres tournois.»
[15]Ce bastion était situé à peu près vers le milieu du boulevard Bourdon actuel.
[15]Ce bastion était situé à peu près vers le milieu du boulevard Bourdon actuel.
[16]Cet autre bastion s'élevait sur l'emplacement actuel des premiers numéros pairs du boulevard Beaumarchais.
[16]Cet autre bastion s'élevait sur l'emplacement actuel des premiers numéros pairs du boulevard Beaumarchais.
[17]On lit dans lesMémoires de Sully: Le Roy avoit en 1604 sept millions d'or dans la Bastille et sur l'an 1610, en avait pour lors quinze millions huit cent soixante et dix mille livres d'argent comptant, dans les chambres voûtées, coffres et caques, étant en la Bastille; outre dix millions qu'on en avait tirés pour bailler au trésorier de l'épargne.
[17]On lit dans lesMémoires de Sully: Le Roy avoit en 1604 sept millions d'or dans la Bastille et sur l'an 1610, en avait pour lors quinze millions huit cent soixante et dix mille livres d'argent comptant, dans les chambres voûtées, coffres et caques, étant en la Bastille; outre dix millions qu'on en avait tirés pour bailler au trésorier de l'épargne.
[18]Est-ce une erreur ou intentionnellement que Linguet dit: «une femme». D'après le dessin que nous donnons de l'horloge de la Bastille et les documents qu'il nous a été donné de consulter au Musée Carnavalet, les deux figures représentaient un vieillard et un homme dans la force de l'âge.
[18]Est-ce une erreur ou intentionnellement que Linguet dit: «une femme». D'après le dessin que nous donnons de l'horloge de la Bastille et les documents qu'il nous a été donné de consulter au Musée Carnavalet, les deux figures représentaient un vieillard et un homme dans la force de l'âge.
[19]D'après les coupes et élévations de plan de la Bastille par Caffiéri (Musée Carnavalet) certains étages des tours étaient voûtés comme les calottes.
[19]D'après les coupes et élévations de plan de la Bastille par Caffiéri (Musée Carnavalet) certains étages des tours étaient voûtés comme les calottes.
[20]On lit dans Piganiol de la Force (1742—t. IV, p. 422): «Sur la première porte de la Bastille, c'est-à-dire sur celle qui donne dans une petite place qui est en cet endroit de la rue Saint-Antoine, est un magasin d'armes où l'on en trouve de toutes espèces et en grande quantité. Les curieux y remarqueront d'anciennes armures de chevalerie et ils trouveront toutes ces choses d'une propreté et dans un arrangement qui les surprendront agréablement.»
[20]On lit dans Piganiol de la Force (1742—t. IV, p. 422): «Sur la première porte de la Bastille, c'est-à-dire sur celle qui donne dans une petite place qui est en cet endroit de la rue Saint-Antoine, est un magasin d'armes où l'on en trouve de toutes espèces et en grande quantité. Les curieux y remarqueront d'anciennes armures de chevalerie et ils trouveront toutes ces choses d'une propreté et dans un arrangement qui les surprendront agréablement.»
[21]Aujourd'hui rue Jacques-Cœur.
[21]Aujourd'hui rue Jacques-Cœur.
[22]Ainsi appelée à cause d'un grand orme qui ombrageait l'un de ses coins.
[22]Ainsi appelée à cause d'un grand orme qui ombrageait l'un de ses coins.
[23]«Réveillon, le plus riche des fabricants de papier de Paris, employait un très grand nombre d'ouvriers à sa manufacture de la rue Saint-Antoine. On fit habilement courir le bruit qu'il allait réduire de moitié le salaire de ses ouvriers; on lui attribua même les propos les plus violents à leur égard; enfin, on chercha à soulever contre lui la population du faubourg Saint-Antoine. La famine et la misère publique avaient attiré une foule d'étrangers prêts à toutes les besognes. Ce furent ces individus, inconnus du vrai peuple, qui l'excitèrent à la révolte, au pillage, à l'incendie. Malheureusement quelques citoyens payèrent de leur vie leur trop prompte crédulité. Quoi qu'il en soit, le sang versé fut fécond et le piège ainsi tendu aux patriotes amena l'aurore de la liberté!»
[23]«Réveillon, le plus riche des fabricants de papier de Paris, employait un très grand nombre d'ouvriers à sa manufacture de la rue Saint-Antoine. On fit habilement courir le bruit qu'il allait réduire de moitié le salaire de ses ouvriers; on lui attribua même les propos les plus violents à leur égard; enfin, on chercha à soulever contre lui la population du faubourg Saint-Antoine. La famine et la misère publique avaient attiré une foule d'étrangers prêts à toutes les besognes. Ce furent ces individus, inconnus du vrai peuple, qui l'excitèrent à la révolte, au pillage, à l'incendie. Malheureusement quelques citoyens payèrent de leur vie leur trop prompte crédulité. Quoi qu'il en soit, le sang versé fut fécond et le piège ainsi tendu aux patriotes amena l'aurore de la liberté!»
[24]On nommait ainsi les députes du tiers.
[24]On nommait ainsi les députes du tiers.
[25]Aujourd'hui place de la Concorde.
[25]Aujourd'hui place de la Concorde.
[26]En effet, après la prise de la Bastille, on trouva, dans une des poches du gouverneur de Launay, un billet ainsi conçu: «J'amuse les Parisiens avec des cocardes; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort.—Signé: Flesselles.» Ce billet fut l'arrêt de mort du dernier prévôt des marchands.Carnot.—La révolution française.
[26]En effet, après la prise de la Bastille, on trouva, dans une des poches du gouverneur de Launay, un billet ainsi conçu: «J'amuse les Parisiens avec des cocardes; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort.—Signé: Flesselles.» Ce billet fut l'arrêt de mort du dernier prévôt des marchands.Carnot.—La révolution française.
[27]Des Invalides.
[27]Des Invalides.
[28]Quelques auteurs écrivent de Flue, cette orthographe semble du reste être la véritable.
[28]Quelques auteurs écrivent de Flue, cette orthographe semble du reste être la véritable.
[29]Munis de leur charge de poudre.
[29]Munis de leur charge de poudre.
[30]Officier de la milice parisienne qui avait pris, suivant les districts, les noms de: Volontaires du Palais-Royal, des Tuileries, de la Bazoche, de l'Arquebuse, etc., etc.
[30]Officier de la milice parisienne qui avait pris, suivant les districts, les noms de: Volontaires du Palais-Royal, des Tuileries, de la Bazoche, de l'Arquebuse, etc., etc.
[31]X du plan d'ensemble (page 50).
[31]X du plan d'ensemble (page 50).
[32]Actuellement ce qu'on appelle le quartier du Marais.
[32]Actuellement ce qu'on appelle le quartier du Marais.
[33]Un dogue terrible de la race de Danton, dit Michelet (Histoire de la Révolution française).
[33]Un dogue terrible de la race de Danton, dit Michelet (Histoire de la Révolution française).
[34]Certains auteurs écriventà basla troupe au lieu deen basla troupe, expression qui seule pouvait avoir un sens dans la bouche du peuple.
[34]Certains auteurs écriventà basla troupe au lieu deen basla troupe, expression qui seule pouvait avoir un sens dans la bouche du peuple.
[35]La pièce de canon chargée à mitraille qui était braquée sur le pont de l'avancée se nommait lapetite Suédoiseet d'après l'invalide Guiot de Fléville, qui fit une relation de la défense de la Bastille, «cette pièce est la seule qui ait été tirée pendant tout le combat qui a duré cinq heures, les assiégés ne s'étant toujours défendus qu'avec leurs fusils».
[35]La pièce de canon chargée à mitraille qui était braquée sur le pont de l'avancée se nommait lapetite Suédoiseet d'après l'invalide Guiot de Fléville, qui fit une relation de la défense de la Bastille, «cette pièce est la seule qui ait été tirée pendant tout le combat qui a duré cinq heures, les assiégés ne s'étant toujours défendus qu'avec leurs fusils».
[36]Fusil de rempart portant une livre et demie de balles.
[36]Fusil de rempart portant une livre et demie de balles.
[37]Michelet.Histoire de la Révolution.
[37]Michelet.Histoire de la Révolution.
[38]Cette capitulation portait simplement ces mots:«Nous avons vingt milliers de poudres; nous ferons sauter la garnison et tout le quartier si vous n'acceptez la capitulation.» Signé:De Launay.De la Bastille, 5heures du soir, 14juillet1789.Elie a postérieurement écrit au-dessous: «Je certifie avoir reçu cette capitulation au dernier pont-levis par un trou oval du grand pont-levis, que j'ai fait passer une planche sur le fossé pour la recevoir, et que j'ai donné ma parole d'honueur, foy d'officier, que je l'accepte.» Signé: «Elie, officier au régiment d'infanterie de la Reine.»
[38]Cette capitulation portait simplement ces mots:
«Nous avons vingt milliers de poudres; nous ferons sauter la garnison et tout le quartier si vous n'acceptez la capitulation.» Signé:De Launay.De la Bastille, 5heures du soir, 14juillet1789.
Elie a postérieurement écrit au-dessous: «Je certifie avoir reçu cette capitulation au dernier pont-levis par un trou oval du grand pont-levis, que j'ai fait passer une planche sur le fossé pour la recevoir, et que j'ai donné ma parole d'honueur, foy d'officier, que je l'accepte.» Signé: «Elie, officier au régiment d'infanterie de la Reine.»