Chapter 7

32.Proximi Chattis certum jam alveo[1]Rhenum quique terminus esse sufficiat[2]Usipi ac Tencteri colunt. Tencteri super[3]solitum bellorum decus, equestris disciplinæ arte præcellunt; nec major apud Chattos[4]peditum laus quam Tencteris equitum. Sic instituere majores, posteri imitantur.Hi lusus infantium, hæc[5]juvenum æmulatio; perseverant senes. Inter[6]familiam et penates et jura successionum equi traduntur; excipit[7]filius, non, ut cetera, maximus natu, sed prout ferox bello et melior[8].

32.Proximi Chattis certum jam alveo[1]Rhenum quique terminus esse sufficiat[2]Usipi ac Tencteri colunt. Tencteri super[3]solitum bellorum decus, equestris disciplinæ arte præcellunt; nec major apud Chattos[4]peditum laus quam Tencteris equitum. Sic instituere majores, posteri imitantur.Hi lusus infantium, hæc[5]juvenum æmulatio; perseverant senes. Inter[6]familiam et penates et jura successionum equi traduntur; excipit[7]filius, non, ut cetera, maximus natu, sed prout ferox bello et melior[8].

[1]Certum jam alveo: par opposition au cours supérieur du Rhin.[2]Quique (talis qui)... sufficiat. Proposition relative marquant la conséquence (Gr. lat., 502). —Sufficereavec l’infinitif n’est pas classique.[3]Super, outre. Cf. 30, note13.[4]Apud Chattos,Tencteris. Tacite aime à varier les constructions.[5]Hi,hæc, ce sont là les jeux, etc. Cf. 13, note4.[6]Inter, comme faisant partie de, c.-à-d. sur le même pied. Cf. 30, note12.Familiadésigne ici spécialement les esclaves qu’on se partageait dans la succession. —Jura successionum. L’abstrait pour le concret: tout ce qui tombe sous la réglementation des droits de succession.[7]Excipit(et non pasaccipit) marque mieux la continuité d’une même tradition dans la famille.[8]Bellose rattache aussi àmelior, plus brave. Cf. en grecἀμείνων.Iliade, VI, 479:καί ποτέ τις εἴπῃσι· πατρός γ’ ὅδε πολλὸν ἀμείνων.

[1]Certum jam alveo: par opposition au cours supérieur du Rhin.

[2]Quique (talis qui)... sufficiat. Proposition relative marquant la conséquence (Gr. lat., 502). —Sufficereavec l’infinitif n’est pas classique.

[3]Super, outre. Cf. 30, note13.

[4]Apud Chattos,Tencteris. Tacite aime à varier les constructions.

[5]Hi,hæc, ce sont là les jeux, etc. Cf. 13, note4.

[6]Inter, comme faisant partie de, c.-à-d. sur le même pied. Cf. 30, note12.Familiadésigne ici spécialement les esclaves qu’on se partageait dans la succession. —Jura successionum. L’abstrait pour le concret: tout ce qui tombe sous la réglementation des droits de succession.

[7]Excipit(et non pasaccipit) marque mieux la continuité d’une même tradition dans la famille.

[8]Bellose rattache aussi àmelior, plus brave. Cf. en grecἀμείνων.Iliade, VI, 479:καί ποτέ τις εἴπῃσι· πατρός γ’ ὅδε πολλὸν ἀμείνων.

33.Juxta Tencteros Bructeri olim occurrebant[1]: nunc Chamavos et Angrivarios immigrasse narratur[2], pulsis Bructeris ac penitus excisis[3]vicinarum consensu[4]nationum, seu superbiæ odio, seu prædæ dulcedine, seu favore quodam erga nos deorum; nam ne spectaculo[5]quidem prœlii invidere. Super[6]sexaginta millia non armis telisque[7]Romanis, sed, quod magnificentius est, oblectationi oculisque[8]ceciderunt. Maneat, quæso, duretque gentibus, si non amor nostri, at certe[9]odium sui:quando[10], urgentibus[11]imperii fatis, nihil jam præstare fortuna majus potest quam hostium discordiam.

33.Juxta Tencteros Bructeri olim occurrebant[1]: nunc Chamavos et Angrivarios immigrasse narratur[2], pulsis Bructeris ac penitus excisis[3]vicinarum consensu[4]nationum, seu superbiæ odio, seu prædæ dulcedine, seu favore quodam erga nos deorum; nam ne spectaculo[5]quidem prœlii invidere. Super[6]sexaginta millia non armis telisque[7]Romanis, sed, quod magnificentius est, oblectationi oculisque[8]ceciderunt. Maneat, quæso, duretque gentibus, si non amor nostri, at certe[9]odium sui:quando[10], urgentibus[11]imperii fatis, nihil jam præstare fortuna majus potest quam hostium discordiam.

[1]Occurrebant, se présentaient, c.-à-d. se trouvaient.[2]Narraturne s’emploie impersonnellement qu’après l’époque classique (Gr. lat., 448 et 449).[3]Penitus excisis. C’est exagéré sans doute, car les Bructères apparaissent encore à diverses reprises dans l’histoire.[4]Consensu, ici, «coalition».[5]Spectaculo: datif. —Invideresignifie littéralement regarder d’un œil malveillant, puis envier, enfin, comme ici, refuser par sentiment de jalousie.[6]Super, au delà de. Cf. 30, note13.[7]Armis telisque: cf. 29, note7.[8]Oblectationi oculisque: datifs d’intérêt et hendiadyn, au lieu deoblectationi oculorum. Tacite se montre ici bien Romain: Rome a assisté tranquille aux luttes sanglantes de ses ennemis et goûté le plaisir qu’éprouvaient les spectateurs en regardant les gladiateurs s’égorger dans l’arène.[9]Si non,at certe:Gr. lat., 543. —Amor nostri, l’affection envers nous: génitif objectif (Gr. lat., 249).[10]Quando=quandoquidem, du moment que.[11]Urgentibus. Nous n’avons pu nous décider à supprimer ce mot malgré les difficultés qu’il soulève et les spécieuses raisons données par M. Brunot (Étude sur leDe moribus Germanorum). Tite-Live avait déjà dit, V, 36:Jam urgentibus Romanam urbem fatis...Ce mot résume toutes les inquiétudes de Tacite sur l’avenir de son pays. Cf. Introduction.

[1]Occurrebant, se présentaient, c.-à-d. se trouvaient.

[2]Narraturne s’emploie impersonnellement qu’après l’époque classique (Gr. lat., 448 et 449).

[3]Penitus excisis. C’est exagéré sans doute, car les Bructères apparaissent encore à diverses reprises dans l’histoire.

[4]Consensu, ici, «coalition».

[5]Spectaculo: datif. —Invideresignifie littéralement regarder d’un œil malveillant, puis envier, enfin, comme ici, refuser par sentiment de jalousie.

[6]Super, au delà de. Cf. 30, note13.

[7]Armis telisque: cf. 29, note7.

[8]Oblectationi oculisque: datifs d’intérêt et hendiadyn, au lieu deoblectationi oculorum. Tacite se montre ici bien Romain: Rome a assisté tranquille aux luttes sanglantes de ses ennemis et goûté le plaisir qu’éprouvaient les spectateurs en regardant les gladiateurs s’égorger dans l’arène.

[9]Si non,at certe:Gr. lat., 543. —Amor nostri, l’affection envers nous: génitif objectif (Gr. lat., 249).

[10]Quando=quandoquidem, du moment que.

[11]Urgentibus. Nous n’avons pu nous décider à supprimer ce mot malgré les difficultés qu’il soulève et les spécieuses raisons données par M. Brunot (Étude sur leDe moribus Germanorum). Tite-Live avait déjà dit, V, 36:Jam urgentibus Romanam urbem fatis...Ce mot résume toutes les inquiétudes de Tacite sur l’avenir de son pays. Cf. Introduction.

34.Angrivarios et Chamavos a tergo[1]Dulgubnii et Chasuarii claudunt aliæque gentes haud perinde memoratæ[2], a fronte Frisii excipiunt. Majoribus minoribusque Frisiis vocabulum[3]est ex modo virium. Utræque nationes[4]usque ad Oceanum Rheno prætexuntur, ambiuntque[5]immensos insuper lacus et Romanis classibus navigatos. Ipsum quin etiam Oceanum illa[6]tentavimus, et superesse adhuc Herculis columnas[7]fama vulgavit, sive[8]adiit Hercules, seu quicquid ubique magnificum est inclaritatem ejus referre consensimus. Nec defuit audentia Druso Germanico[9], sed obstitit Oceanus in se simul atque in Herculem inquiri[10]. Mox[11]nemo tentavit, sanctiusque ac reverentius visum de actis deorum credere quam scire.

34.Angrivarios et Chamavos a tergo[1]Dulgubnii et Chasuarii claudunt aliæque gentes haud perinde memoratæ[2], a fronte Frisii excipiunt. Majoribus minoribusque Frisiis vocabulum[3]est ex modo virium. Utræque nationes[4]usque ad Oceanum Rheno prætexuntur, ambiuntque[5]immensos insuper lacus et Romanis classibus navigatos. Ipsum quin etiam Oceanum illa[6]tentavimus, et superesse adhuc Herculis columnas[7]fama vulgavit, sive[8]adiit Hercules, seu quicquid ubique magnificum est inclaritatem ejus referre consensimus. Nec defuit audentia Druso Germanico[9], sed obstitit Oceanus in se simul atque in Herculem inquiri[10]. Mox[11]nemo tentavit, sanctiusque ac reverentius visum de actis deorum credere quam scire.

[1]A tergo,a fronte. Tacite indique la position relative de ces peuples par rapport à un spectateur placé sur le Rhin. C’est de là surtout que Rome surveillait la Germanie. Cf. 42, note3. —Claudunt,excipiuntexpriment d’une façon pittoresque l’idée qui correspond aux expressionsa tergo,a fronte.[2]Haud perinde memoratæ, dont on ne parle pas autant, c.-à-d. moins connues, ou plutôt de moindre importance.[3]Vocabuluméquivaut ànomenet se construit comme lui (Gr. lat., 282). —Ex, d’après. Cf. 7, note1.[4]Le pluriel deuterquepour désigner deux nations est peu correct. On trouve aussi,Ann., XVI, 11:illa utrosque intuens, où il s’agit de deux personnes.[5]Ambiunt, embrassent. —Immensos lacus. Ce qu’on appelle le Zuiderzée n’avait pas à l’époque de Tacite toute l’étendue actuelle, mais il devait exister de vastes lacs dans ces contrées. —Etsignifie «aussi» et tombe surRomanis classibus. Cf. 10, note15. Tacite fait allusion aux expéditions de Drusus et de Germanicus.[6]Illa, s.-e.parte, de ce côté. —Tentavimuset plus basobstitit in se inquiri: on voit que l’océan est en quelque sorte personnifié. Ces sortes de personnifications sont un des caractères du style de Tacite.[7]Herculis columnas. Les anciens plaçaient aussi des colonnes d’Hercule au détroit de Gibraltar.[8]Sive,seu. Le changement de forme de la conjonction accentue l’absence de symétrie des deux propositions.[9]Germanico. Ce surnom est aussi donné à Drusus,Hist., V, 19.[10]Obstitit inquiri. Cette construction ne se rencontre qu’ici.Obstareest construit avec l’infinitif, commeprohiberedont il a le sens.[11]Mox: cf. 10, note4.

[1]A tergo,a fronte. Tacite indique la position relative de ces peuples par rapport à un spectateur placé sur le Rhin. C’est de là surtout que Rome surveillait la Germanie. Cf. 42, note3. —Claudunt,excipiuntexpriment d’une façon pittoresque l’idée qui correspond aux expressionsa tergo,a fronte.

[2]Haud perinde memoratæ, dont on ne parle pas autant, c.-à-d. moins connues, ou plutôt de moindre importance.

[3]Vocabuluméquivaut ànomenet se construit comme lui (Gr. lat., 282). —Ex, d’après. Cf. 7, note1.

[4]Le pluriel deuterquepour désigner deux nations est peu correct. On trouve aussi,Ann., XVI, 11:illa utrosque intuens, où il s’agit de deux personnes.

[5]Ambiunt, embrassent. —Immensos lacus. Ce qu’on appelle le Zuiderzée n’avait pas à l’époque de Tacite toute l’étendue actuelle, mais il devait exister de vastes lacs dans ces contrées. —Etsignifie «aussi» et tombe surRomanis classibus. Cf. 10, note15. Tacite fait allusion aux expéditions de Drusus et de Germanicus.

[6]Illa, s.-e.parte, de ce côté. —Tentavimuset plus basobstitit in se inquiri: on voit que l’océan est en quelque sorte personnifié. Ces sortes de personnifications sont un des caractères du style de Tacite.

[7]Herculis columnas. Les anciens plaçaient aussi des colonnes d’Hercule au détroit de Gibraltar.

[8]Sive,seu. Le changement de forme de la conjonction accentue l’absence de symétrie des deux propositions.

[9]Germanico. Ce surnom est aussi donné à Drusus,Hist., V, 19.

[10]Obstitit inquiri. Cette construction ne se rencontre qu’ici.Obstareest construit avec l’infinitif, commeprohiberedont il a le sens.

[11]Mox: cf. 10, note4.

35.Hactenus[1]in occidentem Germaniam novimus. In septentrionem ingenti flexu redit[2]. Ac primo statim Chaucorum gens, quanquam[3]incipiat a Frisiis ac partem littoris occupet, omnium quas exposui gentium lateribus obtenditur, donec[4]in Chattos usque sinuetur. Tam immensum terrarum spatium non tenent tantum Chauci, sed et[5]implent, populus inter Germanos nobilissimus, quique magnitudinem suam malit[6]justitia tueri. Sine cupiditate, sine impotentia[7], quieti secretique[8]nulla provocant bella, nullis raptibus aut latrociniis populantur. Id præcipuum[9]virtutis ac virium argumentum est, quod,ut superiores[10]agant, non per injurias assequuntur. Prompta tamen omnibus arma ac, si res poscat, exercitus, plurimum virorum equorumque; et quiescentibus[11]eadem fama.

35.Hactenus[1]in occidentem Germaniam novimus. In septentrionem ingenti flexu redit[2]. Ac primo statim Chaucorum gens, quanquam[3]incipiat a Frisiis ac partem littoris occupet, omnium quas exposui gentium lateribus obtenditur, donec[4]in Chattos usque sinuetur. Tam immensum terrarum spatium non tenent tantum Chauci, sed et[5]implent, populus inter Germanos nobilissimus, quique magnitudinem suam malit[6]justitia tueri. Sine cupiditate, sine impotentia[7], quieti secretique[8]nulla provocant bella, nullis raptibus aut latrociniis populantur. Id præcipuum[9]virtutis ac virium argumentum est, quod,ut superiores[10]agant, non per injurias assequuntur. Prompta tamen omnibus arma ac, si res poscat, exercitus, plurimum virorum equorumque; et quiescentibus[11]eadem fama.

[1]Hactenus: sens local. C’était la Germanie occidentale que les Romains connaissaient le mieux. Aussi les indications géographiques de Tacite, qui étaient jusqu’ici assez peu précises, vont devenir de plus en plus vagues. La description des mœurs se mêlera également de détails fabuleux.[2]Ingenti flexu redit: elle forme un vaste détour en remontant vers le nord. Les côtes de la Germanie ont en effet cette forme, mais il ne s’agit peut-être que de la presqu’île Cimbrique.[3]Quanquam: cf. 28, note16.[4]Donec... sinuetur, «forme une enclave qui se prolonge jusqu’aux Chattes». Cf.sinus, 29, note15.[5]Sed et=sed etiam. —Implent, ils le remplissent (par la densité de leur population).[6]Malit. Le subjonctif indique que cette proposition relative marque la conséquence. Ce peuple est, entre tous les peuples germaniques, le plus noble et tel qu’il préfère, c.-à-d. le seul qui préfère.[7]Impotentia, passion violente.Impotensse dit de celui qui n’est pas maître de lui-même; le contraire estsui compos. Cf.ἀκρατήςetἐγκρατής.[8]Secreti, vivant retirés, isolés, c.-à-d. ne sortant pas de leurs frontières pour inquiéter leurs voisins.[9]Præcipuum: cf. 6, note18.[10]Superioresest au nominatif et se rapporte àChauci. —Agant: cf. 17, note2.[11]Quiescentibus: en temps de paix.

[1]Hactenus: sens local. C’était la Germanie occidentale que les Romains connaissaient le mieux. Aussi les indications géographiques de Tacite, qui étaient jusqu’ici assez peu précises, vont devenir de plus en plus vagues. La description des mœurs se mêlera également de détails fabuleux.

[2]Ingenti flexu redit: elle forme un vaste détour en remontant vers le nord. Les côtes de la Germanie ont en effet cette forme, mais il ne s’agit peut-être que de la presqu’île Cimbrique.

[3]Quanquam: cf. 28, note16.

[4]Donec... sinuetur, «forme une enclave qui se prolonge jusqu’aux Chattes». Cf.sinus, 29, note15.

[5]Sed et=sed etiam. —Implent, ils le remplissent (par la densité de leur population).

[6]Malit. Le subjonctif indique que cette proposition relative marque la conséquence. Ce peuple est, entre tous les peuples germaniques, le plus noble et tel qu’il préfère, c.-à-d. le seul qui préfère.

[7]Impotentia, passion violente.Impotensse dit de celui qui n’est pas maître de lui-même; le contraire estsui compos. Cf.ἀκρατήςetἐγκρατής.

[8]Secreti, vivant retirés, isolés, c.-à-d. ne sortant pas de leurs frontières pour inquiéter leurs voisins.

[9]Præcipuum: cf. 6, note18.

[10]Superioresest au nominatif et se rapporte àChauci. —Agant: cf. 17, note2.

[11]Quiescentibus: en temps de paix.

36.In latere Chaucorum Chattorumque Cherusci nimiam ac marcentem[1]diu pacem illacessiti nutrierunt: idque jucundius quam tutius fuit, quia inter impotentes[2]et validos falso quiescas; ubi manu agitur, modestia ac probitas nomina superioris sunt[3]. Ita qui olim[4]boni æquique Cherusci, nunc inertes ac stulti vocantur; Chattis victoribus, fortuna in sapientiam cessit[5]. Tracti ruina[6]Cheruscorum et Fosi, contermina gens; adversarum rerum ex æquo[7]socii sunt, cum in secundis minores fuissent.

36.In latere Chaucorum Chattorumque Cherusci nimiam ac marcentem[1]diu pacem illacessiti nutrierunt: idque jucundius quam tutius fuit, quia inter impotentes[2]et validos falso quiescas; ubi manu agitur, modestia ac probitas nomina superioris sunt[3]. Ita qui olim[4]boni æquique Cherusci, nunc inertes ac stulti vocantur; Chattis victoribus, fortuna in sapientiam cessit[5]. Tracti ruina[6]Cheruscorum et Fosi, contermina gens; adversarum rerum ex æquo[7]socii sunt, cum in secundis minores fuissent.

[1]Marcentem, énervante. —Illacessiti, sans agresseurs. Les Chérusques que Tacite peint ici comme amollis avaient autrefois lutté courageusement contre les Romains sous la conduite d’Arminius.[2]Impotentes, turbulents. Cf. 35, note7. —Falso quiescas, «le repos est illusoire». Cf. 14, note8.[3]Nomina superioris sunt: ces vertus sont attribuées à celui qui l’emporte, au plus fort.[4]Qui olim, s.-e.vocabantur: zeugma. Cf. 2, note17.[5]In sapientiam cessit, litt., tourna en sagesse, c.-à-d. leur succès leur tint lieu de sagesse, leur fit une réputation de sagesse.[6]Tracti ruina, qui forme ici image, est employé au sens propre.Histoires,III, 29:Quæ (balista) summa valli ruina sua traxit.[7]Ex æquo. Tacite emploie l’ablatif neutre d’un adjectif avecexdans le sens d’un adverbe. Cf.Agricola, 15:ex facili. Le même tour existe en grec:ἐκ τοῦ εὐθέος,ἐξ ἴσου.

[1]Marcentem, énervante. —Illacessiti, sans agresseurs. Les Chérusques que Tacite peint ici comme amollis avaient autrefois lutté courageusement contre les Romains sous la conduite d’Arminius.

[2]Impotentes, turbulents. Cf. 35, note7. —Falso quiescas, «le repos est illusoire». Cf. 14, note8.

[3]Nomina superioris sunt: ces vertus sont attribuées à celui qui l’emporte, au plus fort.

[4]Qui olim, s.-e.vocabantur: zeugma. Cf. 2, note17.

[5]In sapientiam cessit, litt., tourna en sagesse, c.-à-d. leur succès leur tint lieu de sagesse, leur fit une réputation de sagesse.

[6]Tracti ruina, qui forme ici image, est employé au sens propre.Histoires,III, 29:Quæ (balista) summa valli ruina sua traxit.

[7]Ex æquo. Tacite emploie l’ablatif neutre d’un adjectif avecexdans le sens d’un adverbe. Cf.Agricola, 15:ex facili. Le même tour existe en grec:ἐκ τοῦ εὐθέος,ἐξ ἴσου.

37.Eumdem Germaniæ sinum[1]proximi Oceano Cimbri tenent, parva nunc civitas, sed gloria[2]ingens. Veterisque famæ lata vestigia manent, utraque ripa[3]castra ac spatia[4],quorum ambitu nunc quoque metiaris[5]molem manusque gentis et tam magni exitus fidem[6]. Sexcentesimum et quadragesimum annum[7]Urbs nostra agebat, cum primum Cimbrorum audita sunt arma, Cæcilio Metello ac Papirio Carbone consulibus. Ex quo si ad alterum[8]imperatoris Trajani consulatum computemus, ducenti ferme et decem anni colliguntur. Tam diu Germania vincitur[9]. Medio tam longi ævi spatio multa invicem[10]damna. Non Samnis, non Pœni, non Hispaniæ Galliæve, ne Parthi quidem sæpius admonuere[11]: quippe regno Arsacis[12]acrior est Germanorum libertas. Quid enim aliud nobis quam cædem Crassi, amisso et ipse Pacoro[13],infra Ventidium[14]dejectus Oriens objecerit? At[15]Germani, Carbone et Cassio et Scauro Aurelio et Servilio Cæpione Cn. quoque Manlio fusis vel captis, quinque simul[16]consulares exercitus populo Romano[17], Varum tresque cum eo legiones etiam Cæsari abstulerunt. Nec impune[18]C. Marius in Italia, divus Julius in Gallia, Drusus ac Nero et Germanicus in suis eos sedibus[19]perculerunt. Mox[20]ingentes Gai Cæsaris minæ in ludibrium versæ. Inde otium, donec occasione discordiæ nostræ et civilium armorum[21]expugnatis legionum hibernis, etiam Gallias affectavere[22], ac rursus inde pulsi proximis temporibus triumphati[23]magis quam victi sunt.

37.Eumdem Germaniæ sinum[1]proximi Oceano Cimbri tenent, parva nunc civitas, sed gloria[2]ingens. Veterisque famæ lata vestigia manent, utraque ripa[3]castra ac spatia[4],quorum ambitu nunc quoque metiaris[5]molem manusque gentis et tam magni exitus fidem[6]. Sexcentesimum et quadragesimum annum[7]Urbs nostra agebat, cum primum Cimbrorum audita sunt arma, Cæcilio Metello ac Papirio Carbone consulibus. Ex quo si ad alterum[8]imperatoris Trajani consulatum computemus, ducenti ferme et decem anni colliguntur. Tam diu Germania vincitur[9]. Medio tam longi ævi spatio multa invicem[10]damna. Non Samnis, non Pœni, non Hispaniæ Galliæve, ne Parthi quidem sæpius admonuere[11]: quippe regno Arsacis[12]acrior est Germanorum libertas. Quid enim aliud nobis quam cædem Crassi, amisso et ipse Pacoro[13],infra Ventidium[14]dejectus Oriens objecerit? At[15]Germani, Carbone et Cassio et Scauro Aurelio et Servilio Cæpione Cn. quoque Manlio fusis vel captis, quinque simul[16]consulares exercitus populo Romano[17], Varum tresque cum eo legiones etiam Cæsari abstulerunt. Nec impune[18]C. Marius in Italia, divus Julius in Gallia, Drusus ac Nero et Germanicus in suis eos sedibus[19]perculerunt. Mox[20]ingentes Gai Cæsaris minæ in ludibrium versæ. Inde otium, donec occasione discordiæ nostræ et civilium armorum[21]expugnatis legionum hibernis, etiam Gallias affectavere[22], ac rursus inde pulsi proximis temporibus triumphati[23]magis quam victi sunt.

[1]Sinum. Il s’agit de la presqu’île Cimbrique dont Tacite parle plus haut. Cf.35:Germania in septentrionem ingenti flexu redit, et la note2.[2]Gloria: ablatif de relation.[3]Utraque ripa: ablatif de lieu sansin. Cf. 10, note10.[4]Castra ac spatia=castrorum spatia;spatiarenferme l’idée de vaste étendue.[5]Metiaris: cf. 14, note8. —Molem manusque, la masse et la force de ce peuple. Cf.Ann., I, 61:Prima Vari castra lato ambitu et dimensis principiis trium legionum manus ostentabant.[6]Fidem, la foi qu’il faut ajouter à, c.-à-d. une si vaste enceinte rend croyable ce qu’on raconte de leur émigration (exitus).[7]Les historiens anciens, qui ne visent pas à une précision scientifique, se contentent souvent du nombre rond: ici 640 est pour 641 ou 113 av. J.-C. et plus loin 210 est pour 211.[8]Ad alterum. Trajan fut consul pour la seconde fois aussitôt après la mort de Nerva en 98 après J.-C. Ce passage nous donne la date de la composition dela Germanie.[9]Vincitur. Le présent, comme l’imparfait, marque une action qu’on est en train de faire, qui, par conséquent, n’est point encore achevée: on est occupé à vaincre la Germanie, sans qu’on puisse dire une fois pour toutes qu’elle est soumise. Cf. plus loin la même idée:Triumphati magis quam victi.[10]Invicem: cf. 22, note9. Ce mot joue le rôle d’adjectif auprès dedamna: des dommages réciproques. Cf. 2, note5.[11]Sæpius admonuere, ne nous donnèrent de plus fréquents avertissements. Sur le parfait enēre, cf. 6, note19.[12]Regno Arsacis, la monarchie des Parthes dont Arsace fut le fondateur. —Regnumforme antithèse aveclibertas. —Acrior, plus vigoureuse, résistante, opiniâtre dans la défense.[13]Amisso et ipse Pacoro. Construction hardie, assez fréquente chez Tite-Live, qui consiste à conserver au nominatif, dans une proposition au participe absolu passif,ipse(ouquisque) représentant la personne qui jouerait le rôle de sujet dans la tournure active. C’est comme s’il y avait:cum et ipse (oriens) Pacorum amisisset. Il faut d’ailleurs que ce nominatif ainsi conservé représente la même personne que le sujet du verbe principal. —Pacorus: cf.lexique.[14]Infra Ventidium, sous un homme comme Ventidius. Ce Ventidius avait été muletier et s’était élevé, grâce à la protection de César, jusqu’aux plus hautes charges. Cf.lexique.[15]Atmarque une forte opposition (Gr. lat., 542).[16]Simul: toutes les défaites dont parle ici Tacite avaient été subies en quelques années et durant la même guerre. Pour la date de ces luttes, voir lelexique.[17]Populo Romano, au peuple Romain, c.-à-d. au temps de la République par opposition au gouvernement des Césars.Cæsaridésigne ici Auguste. Jules César est nommé dans ce chapitre et au chap.XXVIII:divus Julius.[18]Nec impune, et ce ne fut pas impunément, c.-à-d. sans éprouver de grandes pertes.[19]In suis eos sedibus.Suuss’emploie régulièrement pour renvoyer à un mot autre que le sujet de la proposition, lorsque le contact est immédiat.Suusa d’ailleurs ici le sens emphatique de «leur propre» (Gr. lat., 446, 1o).[20]Mox, puis. Cf. 10, note4. —Ingentes: il y a de l’ironie dans ce mot. Cf.Agricola, 13:Ingentes adversus Germaniam conatus. Caligula termina la guerre par une ridicule supercherie. Cf.Gaius, aulexique.[21]Civilium armorum. Il s’agit des guerres civiles entre les empereurs Othon, Vitellius et Vespasien.[22]Gallias affectavere. Civilis et les Bataves voulaient enlever la Gaule à l’empire romain.[23]Triumphati. Le passif detriumpharese trouve déjà dans Virgile,Én., VI, 836:triumphata Corintho. En prose, il est postérieur à l’âge classique. Cf. 25, note11. Tacite fait peut-être allusion à Domitien et à son ridicule triomphe.

[1]Sinum. Il s’agit de la presqu’île Cimbrique dont Tacite parle plus haut. Cf.35:Germania in septentrionem ingenti flexu redit, et la note2.

[2]Gloria: ablatif de relation.

[3]Utraque ripa: ablatif de lieu sansin. Cf. 10, note10.

[4]Castra ac spatia=castrorum spatia;spatiarenferme l’idée de vaste étendue.

[5]Metiaris: cf. 14, note8. —Molem manusque, la masse et la force de ce peuple. Cf.Ann., I, 61:Prima Vari castra lato ambitu et dimensis principiis trium legionum manus ostentabant.

[6]Fidem, la foi qu’il faut ajouter à, c.-à-d. une si vaste enceinte rend croyable ce qu’on raconte de leur émigration (exitus).

[7]Les historiens anciens, qui ne visent pas à une précision scientifique, se contentent souvent du nombre rond: ici 640 est pour 641 ou 113 av. J.-C. et plus loin 210 est pour 211.

[8]Ad alterum. Trajan fut consul pour la seconde fois aussitôt après la mort de Nerva en 98 après J.-C. Ce passage nous donne la date de la composition dela Germanie.

[9]Vincitur. Le présent, comme l’imparfait, marque une action qu’on est en train de faire, qui, par conséquent, n’est point encore achevée: on est occupé à vaincre la Germanie, sans qu’on puisse dire une fois pour toutes qu’elle est soumise. Cf. plus loin la même idée:Triumphati magis quam victi.

[10]Invicem: cf. 22, note9. Ce mot joue le rôle d’adjectif auprès dedamna: des dommages réciproques. Cf. 2, note5.

[11]Sæpius admonuere, ne nous donnèrent de plus fréquents avertissements. Sur le parfait enēre, cf. 6, note19.

[12]Regno Arsacis, la monarchie des Parthes dont Arsace fut le fondateur. —Regnumforme antithèse aveclibertas. —Acrior, plus vigoureuse, résistante, opiniâtre dans la défense.

[13]Amisso et ipse Pacoro. Construction hardie, assez fréquente chez Tite-Live, qui consiste à conserver au nominatif, dans une proposition au participe absolu passif,ipse(ouquisque) représentant la personne qui jouerait le rôle de sujet dans la tournure active. C’est comme s’il y avait:cum et ipse (oriens) Pacorum amisisset. Il faut d’ailleurs que ce nominatif ainsi conservé représente la même personne que le sujet du verbe principal. —Pacorus: cf.lexique.

[14]Infra Ventidium, sous un homme comme Ventidius. Ce Ventidius avait été muletier et s’était élevé, grâce à la protection de César, jusqu’aux plus hautes charges. Cf.lexique.

[15]Atmarque une forte opposition (Gr. lat., 542).

[16]Simul: toutes les défaites dont parle ici Tacite avaient été subies en quelques années et durant la même guerre. Pour la date de ces luttes, voir lelexique.

[17]Populo Romano, au peuple Romain, c.-à-d. au temps de la République par opposition au gouvernement des Césars.Cæsaridésigne ici Auguste. Jules César est nommé dans ce chapitre et au chap.XXVIII:divus Julius.

[18]Nec impune, et ce ne fut pas impunément, c.-à-d. sans éprouver de grandes pertes.

[19]In suis eos sedibus.Suuss’emploie régulièrement pour renvoyer à un mot autre que le sujet de la proposition, lorsque le contact est immédiat.Suusa d’ailleurs ici le sens emphatique de «leur propre» (Gr. lat., 446, 1o).

[20]Mox, puis. Cf. 10, note4. —Ingentes: il y a de l’ironie dans ce mot. Cf.Agricola, 13:Ingentes adversus Germaniam conatus. Caligula termina la guerre par une ridicule supercherie. Cf.Gaius, aulexique.

[21]Civilium armorum. Il s’agit des guerres civiles entre les empereurs Othon, Vitellius et Vespasien.

[22]Gallias affectavere. Civilis et les Bataves voulaient enlever la Gaule à l’empire romain.

[23]Triumphati. Le passif detriumpharese trouve déjà dans Virgile,Én., VI, 836:triumphata Corintho. En prose, il est postérieur à l’âge classique. Cf. 25, note11. Tacite fait peut-être allusion à Domitien et à son ridicule triomphe.

38.Nunc de Suebis dicendum est, quorum non una ut Chattorum Tencterorumve gens; majorem enim Germaniæ partem[1]obtinent, propriis adhuc[2]nationibus nominibusque discreti, quanquam in commune Suebi vocentur. Insigne[3]gentis obliquare crinem nodoque substringere. Sic Suebi a ceteris Germanis, sic Sueborum ingenui a servis separantur. In aliis gentibus, seu cognatione aliqua Sueborum seu, quod sæpe accidit, imitatione, rarum[4]et intra juventæ spatium: apud Suebos usque ad canitiem horrentem capillum retorquent[5], ac sæpe in ipso vertice religant. Principes[6]et ornatiorem habent. Ea cura formæ[7], sed innoxia: neque enim ut ament amenturve, in altitudinem[8]quamdam et terrorem adituri bella comptius[9]hostium oculis ornantur.

38.Nunc de Suebis dicendum est, quorum non una ut Chattorum Tencterorumve gens; majorem enim Germaniæ partem[1]obtinent, propriis adhuc[2]nationibus nominibusque discreti, quanquam in commune Suebi vocentur. Insigne[3]gentis obliquare crinem nodoque substringere. Sic Suebi a ceteris Germanis, sic Sueborum ingenui a servis separantur. In aliis gentibus, seu cognatione aliqua Sueborum seu, quod sæpe accidit, imitatione, rarum[4]et intra juventæ spatium: apud Suebos usque ad canitiem horrentem capillum retorquent[5], ac sæpe in ipso vertice religant. Principes[6]et ornatiorem habent. Ea cura formæ[7], sed innoxia: neque enim ut ament amenturve, in altitudinem[8]quamdam et terrorem adituri bella comptius[9]hostium oculis ornantur.

[1]Majorem partem, la majeure partie (Gr. lat., 340).[2]Adhuc, jusqu’à présent. —Quanquam: Cf. 28, note16. —In commune: cf. 5, note2.[3]Insigne, «trait distinctif». Cf. 31, note9, et 29, note4. —Obliquare, détourner quelque chose de sa direction naturelle; ici, retrousser les cheveux pour les nouer.[4]Rarum. Pour expliquerseu cognatione aliqua seu imitatione, il faut traduire: cet usage se rencontre, mais rarement.[5]Retorquent, ils retroussent leurs cheveux en les tordant pour les nouer soit sur la nuque, soit souvent sur le sommet même de la tête (in ipso vertice). Cf. Martial (De spect., 3):Crinibus in nodum tortis venere Sicambri.[6]Principes, non seulement les rois ou chefs de cité, mais les nobles en général.[7]Ea cura formæ, c’est là le souci qu’ils prennent de leur beauté.[8]In altitudinem: acc. avecinpour marquer le but. L’omission de la particulesedqu’on attendrait devant ces mots (asyndeton), jointe au changement de tournure, marque énergiquement l’opposition des deux membres de phrase.[9]Comptius(solito): cf. Ragon,Gr. lat., 334. —Oculis: datif d’intérêt.

[1]Majorem partem, la majeure partie (Gr. lat., 340).

[2]Adhuc, jusqu’à présent. —Quanquam: Cf. 28, note16. —In commune: cf. 5, note2.

[3]Insigne, «trait distinctif». Cf. 31, note9, et 29, note4. —Obliquare, détourner quelque chose de sa direction naturelle; ici, retrousser les cheveux pour les nouer.

[4]Rarum. Pour expliquerseu cognatione aliqua seu imitatione, il faut traduire: cet usage se rencontre, mais rarement.

[5]Retorquent, ils retroussent leurs cheveux en les tordant pour les nouer soit sur la nuque, soit souvent sur le sommet même de la tête (in ipso vertice). Cf. Martial (De spect., 3):Crinibus in nodum tortis venere Sicambri.

[6]Principes, non seulement les rois ou chefs de cité, mais les nobles en général.

[7]Ea cura formæ, c’est là le souci qu’ils prennent de leur beauté.

[8]In altitudinem: acc. avecinpour marquer le but. L’omission de la particulesedqu’on attendrait devant ces mots (asyndeton), jointe au changement de tournure, marque énergiquement l’opposition des deux membres de phrase.

[9]Comptius(solito): cf. Ragon,Gr. lat., 334. —Oculis: datif d’intérêt.

39.Vetustissimos se nobilissimosque Sueborum Semnones memorant. Fides[1]antiquitatis religione firmatur. Stato[2]tempore in silvam auguriis[3]patrum et prisca formidinesacram omnes ejusdem sanguinis populi legationibus[4]coeunt, cæsoque publice homine, celebrant barbari ritus horrenda primordia. Est et alia luco reverentia[5]: nemo nisi vinculo ligatus ingreditur, ut[6]minor et potestatem numinis præ se ferens. Si forte prolapsus est, attolli et insurgere[7]haud licitum; per humum evolvuntur. Eoque omnis superstitio[8]respicit, tanquam inde[9]initia gentis, ibi regnator omnium deus, cetera subjecta atque parentia. Adjicit auctoritatem[10]fortuna Semnonum: centum pagi iis habitantur, magnoque corpore[11]efficitur ut se Sueborum caput credant.

39.Vetustissimos se nobilissimosque Sueborum Semnones memorant. Fides[1]antiquitatis religione firmatur. Stato[2]tempore in silvam auguriis[3]patrum et prisca formidinesacram omnes ejusdem sanguinis populi legationibus[4]coeunt, cæsoque publice homine, celebrant barbari ritus horrenda primordia. Est et alia luco reverentia[5]: nemo nisi vinculo ligatus ingreditur, ut[6]minor et potestatem numinis præ se ferens. Si forte prolapsus est, attolli et insurgere[7]haud licitum; per humum evolvuntur. Eoque omnis superstitio[8]respicit, tanquam inde[9]initia gentis, ibi regnator omnium deus, cetera subjecta atque parentia. Adjicit auctoritatem[10]fortuna Semnonum: centum pagi iis habitantur, magnoque corpore[11]efficitur ut se Sueborum caput credant.


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