II

Avant de répondre à celles-ci, il faut choisir son Univers, car nous avons le choix. Il s'agit de savoir de quelle manière nous envisagerons l'infini. Sera-ce l'infini immobile, immuable, de toute éternité parfait et à son apogée et l'Univers sans but que doit, à l'extrême pointe de nos pensées, concevoir notre raison? Croyons-nous qu'à notre mort, l'illusion de mouvement et de progrès que nous voyons du fond de cette vie s'évanouira brusquement? Il est inévitable, alors, qu'à l'instant de notre dernier soupir, nous serons absorbés dans ce que, faute de mieux, nous appelons la conscience universelle. Au contraire, sommes-nous persuadés que la mort nous révélera que l'illusion ne se trouve pas dans nos sens, mais dans notre raison, et qu'en un monde incontestablement vivant, malgré l'éternité antérieure à notre naissance, toutes les expériences n'ont pas été faites, c'est-à-dire que le mouvement et l'évolution continuent et ne s'arrêteront nulle part ni jamais; il nous faudra dès lors admettre la conscience modifiée ou progressive. Les deux aspects, au fond, sont également inintelligibles, mais défendables, et, bien qu'inconciliables, s'accordent sur un point, à savoir que la douleur sans terme et le malheur sans espérance en sont également et à jamais exclus.


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