Chapter 6

Craignez-vous de risquer l'argent de vos offices?Car on taxa vos droits de tripler les épices,Intègres opinants, de par la cour élus!

Craignez-vous de risquer l'argent de vos offices?Car on taxa vos droits de tripler les épices,Intègres opinants, de par la cour élus!

Craignez-vous de risquer l'argent de vos offices?

Car on taxa vos droits de tripler les épices,

Intègres opinants, de par la cour élus!

LE PARLEMENT.

Paix-là, paix! bonne ville!... On ne se vendra plus.Vous plaiderez sans frais; nos arrêts seront justes.

Paix-là, paix! bonne ville!... On ne se vendra plus.Vous plaiderez sans frais; nos arrêts seront justes.

Paix-là, paix! bonne ville!... On ne se vendra plus.

Vous plaiderez sans frais; nos arrêts seront justes.

PARIS.

Enregistrez donc bien vos promesses augustes.

Enregistrez donc bien vos promesses augustes.

Enregistrez donc bien vos promesses augustes.

LE PARLEMENT.

Oui, ce qu'on signe au greffe est au moins constaté.

Oui, ce qu'on signe au greffe est au moins constaté.

Oui, ce qu'on signe au greffe est au moins constaté.

PARIS.

Inscris donc, comme acquis, le droit illimitéQue délégue en tes mains, dans la grand'chambre ouverte,Paris, très-bonne ville, et capitale experte.Maintenant fais de moi tout ce que tu voudras:Je jure confiance à mes purs magistrats.

Inscris donc, comme acquis, le droit illimitéQue délégue en tes mains, dans la grand'chambre ouverte,Paris, très-bonne ville, et capitale experte.Maintenant fais de moi tout ce que tu voudras:Je jure confiance à mes purs magistrats.

Inscris donc, comme acquis, le droit illimité

Que délégue en tes mains, dans la grand'chambre ouverte,

Paris, très-bonne ville, et capitale experte.

Maintenant fais de moi tout ce que tu voudras:

Je jure confiance à mes purs magistrats.

LE PARLEMENT.

Or, vous vous soumettrez à nos lois, sans murmures?

Or, vous vous soumettrez à nos lois, sans murmures?

Or, vous vous soumettrez à nos lois, sans murmures?

PARIS.

Oui.

Oui.

Oui.

LE PARLEMENT.

Que dans les bureaux, dans les manufacturesRentrent donc ces commis et tous ces artisans,Des affaires d'état en tumulte jasans.

Que dans les bureaux, dans les manufacturesRentrent donc ces commis et tous ces artisans,Des affaires d'état en tumulte jasans.

Que dans les bureaux, dans les manufactures

Rentrent donc ces commis et tous ces artisans,

Des affaires d'état en tumulte jasans.

PARIS.

Pourquoi cela? chacun dissertait dans Athènes,Et la place publique a fait des Démosthènes.

Pourquoi cela? chacun dissertait dans Athènes,Et la place publique a fait des Démosthènes.

Pourquoi cela? chacun dissertait dans Athènes,

Et la place publique a fait des Démosthènes.

LE PARLEMENT.

Le décret est rendu: paix-là! plus de raisons.Silence aux orateurs! qu'on les mène aux prisons.

Le décret est rendu: paix-là! plus de raisons.Silence aux orateurs! qu'on les mène aux prisons.

Le décret est rendu: paix-là! plus de raisons.

Silence aux orateurs! qu'on les mène aux prisons.

PARIS.

C'est nous tyranniser qu'en agir de la sorte.

C'est nous tyranniser qu'en agir de la sorte.

C'est nous tyranniser qu'en agir de la sorte.

LE PARLEMENT.

Au retour de la nuit qu'on ferme chaque porte:Qu'aux barrières le jour n'en ouvre plus que cinq.Fouillez les voyageurs, agents de Charles-Quint.

Au retour de la nuit qu'on ferme chaque porte:Qu'aux barrières le jour n'en ouvre plus que cinq.Fouillez les voyageurs, agents de Charles-Quint.

Au retour de la nuit qu'on ferme chaque porte:

Qu'aux barrières le jour n'en ouvre plus que cinq.

Fouillez les voyageurs, agents de Charles-Quint.

PARIS.

Eh mais! c'est étouffer dans une étroite enceinteMes enfants consternés de tristesse et de crainte:C'est gêner le commerce, entraver le plaisir:Il me faut respirer, rire et boire à loisir.

Eh mais! c'est étouffer dans une étroite enceinteMes enfants consternés de tristesse et de crainte:C'est gêner le commerce, entraver le plaisir:Il me faut respirer, rire et boire à loisir.

Eh mais! c'est étouffer dans une étroite enceinte

Mes enfants consternés de tristesse et de crainte:

C'est gêner le commerce, entraver le plaisir:

Il me faut respirer, rire et boire à loisir.

LE PARLEMENT.

On vous fera murer, si vous êtes mutine.

On vous fera murer, si vous êtes mutine.

On vous fera murer, si vous êtes mutine.

PARIS.

Ah! de nos oppresseurs suivrais-tu la routine?

Ah! de nos oppresseurs suivrais-tu la routine?

Ah! de nos oppresseurs suivrais-tu la routine?

LE PARLEMENT.

Bourgeois, montez la garde! et prenez l'ordre iciDu président de Selve et de Montmorenci.

Bourgeois, montez la garde! et prenez l'ordre iciDu président de Selve et de Montmorenci.

Bourgeois, montez la garde! et prenez l'ordre ici

Du président de Selve et de Montmorenci.

PARIS.

Mes bourgeois casaniers sont mauvais satellites;Et, déja sur les dents, ronflent dans leurs guérites.

Mes bourgeois casaniers sont mauvais satellites;Et, déja sur les dents, ronflent dans leurs guérites.

Mes bourgeois casaniers sont mauvais satellites;

Et, déja sur les dents, ronflent dans leurs guérites.

LE PARLEMENT.

Soldez les régiments qui vont les remplacer.

Soldez les régiments qui vont les remplacer.

Soldez les régiments qui vont les remplacer.

PARIS.

Quoi! paîrai-je toujours pour me faire rosser?

Quoi! paîrai-je toujours pour me faire rosser?

Quoi! paîrai-je toujours pour me faire rosser?

LE PARLEMENT.

Payez: au Parlement ne faites plus outrage;La garnison est là.

Payez: au Parlement ne faites plus outrage;La garnison est là.

Payez: au Parlement ne faites plus outrage;

La garnison est là.

PARIS.

Bon dieu! quel esclavage!

Bon dieu! quel esclavage!

Bon dieu! quel esclavage!

LE PARLEMENT.

Çà, versez désormais le trésor dans ma main.(à soi-même.)Suprême Parlement, te voilà souverain!Fils du notariat, les rois ont fait ton lustre:Accrois à leurs dépens ton privilége illustre;Et convainc gravement le peuple sans savoirQu'en toi du triple état réside le pouvoir.Opposons à Paris la cour et la régence:Opposons à la cour la ville et sa vengeance:Je resterai seul maître.

Çà, versez désormais le trésor dans ma main.(à soi-même.)Suprême Parlement, te voilà souverain!Fils du notariat, les rois ont fait ton lustre:Accrois à leurs dépens ton privilége illustre;Et convainc gravement le peuple sans savoirQu'en toi du triple état réside le pouvoir.Opposons à Paris la cour et la régence:Opposons à la cour la ville et sa vengeance:Je resterai seul maître.

Çà, versez désormais le trésor dans ma main.

(à soi-même.)

Suprême Parlement, te voilà souverain!

Fils du notariat, les rois ont fait ton lustre:

Accrois à leurs dépens ton privilége illustre;

Et convainc gravement le peuple sans savoir

Qu'en toi du triple état réside le pouvoir.

Opposons à Paris la cour et la régence:

Opposons à la cour la ville et sa vengeance:

Je resterai seul maître.

PARIS.

Ah! je vois tes projets.

Ah! je vois tes projets.

Ah! je vois tes projets.

LE PARLEMENT.

Tout est pour votre bien: paix, bonne ville, paix!

Tout est pour votre bien: paix, bonne ville, paix!

Tout est pour votre bien: paix, bonne ville, paix!

PARIS,à soi-même.

Comme on me traite!... hélas! que n'ai-je pas à craindre!Si je me plains sans cesse ai-je tort de me plaindre?Quand je cède à mes rois, je me sens ruiner:Quand je sors de leurs mains, sais-je à qui me donner?Ceux que j'appelle à moi sont espions ou traîtres,Ou se font mes flatteurs pour s'ériger en maîtres.L'hydre que je nourris, épouvante de tous,S'apprivoise au premier qui caresse ses goûts:On le soûle de vin, de lard, et de saucisses,On l'attire béant à des feux d'artifices.Je prévois leurs complots et n'y peux échapper,Et passe ainsi pour folle, ou facile à duper.Voilà, dans mes chagrins dont j'affecte de rire,Ce qui soulève en moi mon levain de satire,Et pourquoi je chansonne en de malins coupletsMes bourreaux décorés, et leurs altiers valets.Si l'on prêtait l'oreille à l'esprit qui m'éclaire,On préviendrait ma haine et ma sourde colère.Mais Dieu, sans doute, veut que mes cris irritésForcent par-fois mes chefs à de justes traités;Et m'inspira souvent de bons accès de rage,Pour secouer le joug qui m'accable et m'outrage.Le Parlement bientôt, complice de mes torts,S'appuyant de moi-même appuiera mes efforts;Et la régente ou lui craignant leur propre chûte,Quelque soulagement naîtra de cette lutte.Ressort heureux du ciel! qui, faisant tout mouvoir,Des corps entre eux ainsi balance le pouvoir,Et sans qui monterait au comble de l'audaceL'aveuglement des chefs ou de la populace!Je raisonne, et défends mon peu de liberté,Comme le fit toujours chaque haute cité.La vieille Babylone eut un babil extrême;Memphis, Palmyre, Athêne ont babillé de même:Leur esprit, accusé par leurs contemporains,Leur a valu pourtant des honneurs souverains.Ah! lorsque, sur ce bord, comme elles enterrée,Le destin aura mis un terme à ma durée,Puisse le philosophe, en cherchant mes débris,Lire: «Tous les tyrans ont redouté Paris;«Et les muses, les arts, la science hardie,«L'avaient ceinte de gloire, et l'avaient aggrandie.»

Comme on me traite!... hélas! que n'ai-je pas à craindre!Si je me plains sans cesse ai-je tort de me plaindre?Quand je cède à mes rois, je me sens ruiner:Quand je sors de leurs mains, sais-je à qui me donner?Ceux que j'appelle à moi sont espions ou traîtres,Ou se font mes flatteurs pour s'ériger en maîtres.L'hydre que je nourris, épouvante de tous,S'apprivoise au premier qui caresse ses goûts:On le soûle de vin, de lard, et de saucisses,On l'attire béant à des feux d'artifices.Je prévois leurs complots et n'y peux échapper,Et passe ainsi pour folle, ou facile à duper.Voilà, dans mes chagrins dont j'affecte de rire,Ce qui soulève en moi mon levain de satire,Et pourquoi je chansonne en de malins coupletsMes bourreaux décorés, et leurs altiers valets.Si l'on prêtait l'oreille à l'esprit qui m'éclaire,On préviendrait ma haine et ma sourde colère.Mais Dieu, sans doute, veut que mes cris irritésForcent par-fois mes chefs à de justes traités;Et m'inspira souvent de bons accès de rage,Pour secouer le joug qui m'accable et m'outrage.Le Parlement bientôt, complice de mes torts,S'appuyant de moi-même appuiera mes efforts;Et la régente ou lui craignant leur propre chûte,Quelque soulagement naîtra de cette lutte.Ressort heureux du ciel! qui, faisant tout mouvoir,Des corps entre eux ainsi balance le pouvoir,Et sans qui monterait au comble de l'audaceL'aveuglement des chefs ou de la populace!Je raisonne, et défends mon peu de liberté,Comme le fit toujours chaque haute cité.La vieille Babylone eut un babil extrême;Memphis, Palmyre, Athêne ont babillé de même:Leur esprit, accusé par leurs contemporains,Leur a valu pourtant des honneurs souverains.Ah! lorsque, sur ce bord, comme elles enterrée,Le destin aura mis un terme à ma durée,Puisse le philosophe, en cherchant mes débris,Lire: «Tous les tyrans ont redouté Paris;«Et les muses, les arts, la science hardie,«L'avaient ceinte de gloire, et l'avaient aggrandie.»

Comme on me traite!... hélas! que n'ai-je pas à craindre!

Si je me plains sans cesse ai-je tort de me plaindre?

Quand je cède à mes rois, je me sens ruiner:

Quand je sors de leurs mains, sais-je à qui me donner?

Ceux que j'appelle à moi sont espions ou traîtres,

Ou se font mes flatteurs pour s'ériger en maîtres.

L'hydre que je nourris, épouvante de tous,

S'apprivoise au premier qui caresse ses goûts:

On le soûle de vin, de lard, et de saucisses,

On l'attire béant à des feux d'artifices.

Je prévois leurs complots et n'y peux échapper,

Et passe ainsi pour folle, ou facile à duper.

Voilà, dans mes chagrins dont j'affecte de rire,

Ce qui soulève en moi mon levain de satire,

Et pourquoi je chansonne en de malins couplets

Mes bourreaux décorés, et leurs altiers valets.

Si l'on prêtait l'oreille à l'esprit qui m'éclaire,

On préviendrait ma haine et ma sourde colère.

Mais Dieu, sans doute, veut que mes cris irrités

Forcent par-fois mes chefs à de justes traités;

Et m'inspira souvent de bons accès de rage,

Pour secouer le joug qui m'accable et m'outrage.

Le Parlement bientôt, complice de mes torts,

S'appuyant de moi-même appuiera mes efforts;

Et la régente ou lui craignant leur propre chûte,

Quelque soulagement naîtra de cette lutte.

Ressort heureux du ciel! qui, faisant tout mouvoir,

Des corps entre eux ainsi balance le pouvoir,

Et sans qui monterait au comble de l'audace

L'aveuglement des chefs ou de la populace!

Je raisonne, et défends mon peu de liberté,

Comme le fit toujours chaque haute cité.

La vieille Babylone eut un babil extrême;

Memphis, Palmyre, Athêne ont babillé de même:

Leur esprit, accusé par leurs contemporains,

Leur a valu pourtant des honneurs souverains.

Ah! lorsque, sur ce bord, comme elles enterrée,

Le destin aura mis un terme à ma durée,

Puisse le philosophe, en cherchant mes débris,

Lire: «Tous les tyrans ont redouté Paris;

«Et les muses, les arts, la science hardie,

«L'avaient ceinte de gloire, et l'avaient aggrandie.»

La scène se transporte, en variant d'acteurs,Aux lieux où de Paris l'une des riches sœurs,Lyon, s'enorgueillit de l'hymen de la Saône,Que presse en mugissant l'azur des flancs du Rhône.Le soir a réuni sous l'abri d'un palais,Et la mère et la sœur du monarque français.Tout se passe en silence et n'est que pantomimes.Éminences sont là, près des Sérénissimes;Et vingt nobles seigneurs y frappent les regards,En singes transformés, quelques-uns en renards.Le parterre jugeait, aux muscles de leurs faces,Le jeu des sentiments sous le jeu des grimaces.D'abord, une princesse avait-elle souri,Bientôt le cercle singe avait doucement ri.L'infortune d'un fils, l'esclavage d'un frère,Avaient-ils contristé l'Altesse ou sœur, ou mère,Soudain les longs museaux brunissaient de son deuil.Les notables bourgeois, honorés d'un accueil,Novices peu soumis à ces métamorphoses,De leurs pudiques fronts sentant rougir les roses,Restaient seuls étrangers à tous ces changements,Et roulaient de leurs yeux les grands étonnements.Les moins lourds s'efforçaient, en suant sous leurs linges,D'être aussi des renards, et de singer les singes:D'autres, d'un sang plus vif, changés en étourneaux,Par le trouble aveuglés, heurtaient tous les panneaux.La crainte cependant des publiques tempêtesAmasse les soucis dans les augustes têtes:Mais, des cartes en main, on joue; et le babilCouvre un fond sérieux d'enjoûment puéril.—Votre perle est du monde une des sept merveilles!—L'admirable velours!—Les beaux pendants-d'oreilles!Ce sont là les seuls mots qu'on se répète en chœur,Tandis qu'en chuchottant on ouvre un peu son cœur.La régente, ce soir, sous un air d'assurance,Déguise du matin la longue défaillance:Tandis que dans Lyon son corps paraît assis,Son ame vers Madrid voyage avec son fils;Louise a déja su le piége qui l'attire:Sa fille Marguerite, éprouvant son martyre,Sous un dehors distrait pense, non sans terreur,Au soin d'aller ravir son frère à l'empereur.Charles-Quint, se dit-on, n'est qu'un monstre effroyable;Pour son ambassadeur on en est plus affable.Duprat sait que l'état par sa faute est perdu,Que la France et Paris veulent qu'il soit pendu;Demain le parlement vient, l'accuse, et réclame:Ministres, conseillers, tous ont la mort dans l'ame;Et chacun d'eux pourtant ne s'en montre pas moinsCalme, silencieux, et vide de tous soins.O noirs esprits d'enfer, du mensonge idolâtres,Envoyez vos acteurs jouer sur nos théâtres!Jamais, avec tant d'art, nul mime en ses portraitsN'a fait, par sa couleur et ses mobiles traits,Mieux ressortir un masque, et parler le silence;Et des rôles muets exprimé l'éloquence.Le lendemain présente en auguste appareilLa cour au Parlement ouvrant son grand conseil.Siéges, tabourets, bancs, parquet, hauteur, distance,Sont au lieu qu'a fixé la grave Préséance,Dont l'orgueil mesuré n'est pas plus la grandeurQue le point-d'honneur faux n'est le sincère honneur.Des degrés compassés le spectacle la touche.Tel, en cérémonie, un maître de la boucheVoit se ranger la table, et suivre à tous les platsL'ordre immémorial prescrit aux estomacs:Qu'on l'osât subvertir, la cuisine funesteFerait des aliments un chaos indigeste:Ni chef, ni marmiton, ne saurait plus quels metsAuraient droit les premiers d'arriver aux banquets:Elle fait donc passer dans la foule introduite,Les gros poissons d'abord, et le fretin ensuite.La Préséance est vieille; et les dictons des GothsLui confirment toujours que les peuples sont sots:J'en appelle aux plus grands, s'abuse-t-elle encore?Et croit-on qu'en ce jour la bonne dame ignoreQu'en Espagne Léva vieillit sous son drapeau,Pour s'asseoir près des pairs sans ôter son chapeau?O digne ambition de fous tels que nous sommes!La Préséance classe avec soin tous les hommes;Et prévient les procès pour les rangs mal gardés,Pour les dais, les fauteuils par elle échafaudés.Du Parlement, la nuit, de peur d'un choc sinistre,Le premier-président vit le premier-ministre.Ce qui dans le secret s'est déja dit sans fard,Va devant le public se redire avec art;Et, jouet de la scène, il n'aura plus nul douteQue le Parlement gronde, et que la Cour l'écoute.Les dames cependant, présentes aux débats,Viennent des deux partis juger les avocats;Et cette noble farce, amusement pour elles,Les surcharge d'un poids de graves bagatelles.

La scène se transporte, en variant d'acteurs,Aux lieux où de Paris l'une des riches sœurs,Lyon, s'enorgueillit de l'hymen de la Saône,Que presse en mugissant l'azur des flancs du Rhône.Le soir a réuni sous l'abri d'un palais,Et la mère et la sœur du monarque français.Tout se passe en silence et n'est que pantomimes.Éminences sont là, près des Sérénissimes;Et vingt nobles seigneurs y frappent les regards,En singes transformés, quelques-uns en renards.Le parterre jugeait, aux muscles de leurs faces,Le jeu des sentiments sous le jeu des grimaces.D'abord, une princesse avait-elle souri,Bientôt le cercle singe avait doucement ri.L'infortune d'un fils, l'esclavage d'un frère,Avaient-ils contristé l'Altesse ou sœur, ou mère,Soudain les longs museaux brunissaient de son deuil.Les notables bourgeois, honorés d'un accueil,Novices peu soumis à ces métamorphoses,De leurs pudiques fronts sentant rougir les roses,Restaient seuls étrangers à tous ces changements,Et roulaient de leurs yeux les grands étonnements.Les moins lourds s'efforçaient, en suant sous leurs linges,D'être aussi des renards, et de singer les singes:D'autres, d'un sang plus vif, changés en étourneaux,Par le trouble aveuglés, heurtaient tous les panneaux.La crainte cependant des publiques tempêtesAmasse les soucis dans les augustes têtes:Mais, des cartes en main, on joue; et le babilCouvre un fond sérieux d'enjoûment puéril.—Votre perle est du monde une des sept merveilles!—L'admirable velours!—Les beaux pendants-d'oreilles!Ce sont là les seuls mots qu'on se répète en chœur,Tandis qu'en chuchottant on ouvre un peu son cœur.La régente, ce soir, sous un air d'assurance,Déguise du matin la longue défaillance:Tandis que dans Lyon son corps paraît assis,Son ame vers Madrid voyage avec son fils;Louise a déja su le piége qui l'attire:Sa fille Marguerite, éprouvant son martyre,Sous un dehors distrait pense, non sans terreur,Au soin d'aller ravir son frère à l'empereur.Charles-Quint, se dit-on, n'est qu'un monstre effroyable;Pour son ambassadeur on en est plus affable.Duprat sait que l'état par sa faute est perdu,Que la France et Paris veulent qu'il soit pendu;Demain le parlement vient, l'accuse, et réclame:Ministres, conseillers, tous ont la mort dans l'ame;Et chacun d'eux pourtant ne s'en montre pas moinsCalme, silencieux, et vide de tous soins.O noirs esprits d'enfer, du mensonge idolâtres,Envoyez vos acteurs jouer sur nos théâtres!Jamais, avec tant d'art, nul mime en ses portraitsN'a fait, par sa couleur et ses mobiles traits,Mieux ressortir un masque, et parler le silence;Et des rôles muets exprimé l'éloquence.

La scène se transporte, en variant d'acteurs,

Aux lieux où de Paris l'une des riches sœurs,

Lyon, s'enorgueillit de l'hymen de la Saône,

Que presse en mugissant l'azur des flancs du Rhône.

Le soir a réuni sous l'abri d'un palais,

Et la mère et la sœur du monarque français.

Tout se passe en silence et n'est que pantomimes.

Éminences sont là, près des Sérénissimes;

Et vingt nobles seigneurs y frappent les regards,

En singes transformés, quelques-uns en renards.

Le parterre jugeait, aux muscles de leurs faces,

Le jeu des sentiments sous le jeu des grimaces.

D'abord, une princesse avait-elle souri,

Bientôt le cercle singe avait doucement ri.

L'infortune d'un fils, l'esclavage d'un frère,

Avaient-ils contristé l'Altesse ou sœur, ou mère,

Soudain les longs museaux brunissaient de son deuil.

Les notables bourgeois, honorés d'un accueil,

Novices peu soumis à ces métamorphoses,

De leurs pudiques fronts sentant rougir les roses,

Restaient seuls étrangers à tous ces changements,

Et roulaient de leurs yeux les grands étonnements.

Les moins lourds s'efforçaient, en suant sous leurs linges,

D'être aussi des renards, et de singer les singes:

D'autres, d'un sang plus vif, changés en étourneaux,

Par le trouble aveuglés, heurtaient tous les panneaux.

La crainte cependant des publiques tempêtes

Amasse les soucis dans les augustes têtes:

Mais, des cartes en main, on joue; et le babil

Couvre un fond sérieux d'enjoûment puéril.

—Votre perle est du monde une des sept merveilles!

—L'admirable velours!—Les beaux pendants-d'oreilles!

Ce sont là les seuls mots qu'on se répète en chœur,

Tandis qu'en chuchottant on ouvre un peu son cœur.

La régente, ce soir, sous un air d'assurance,

Déguise du matin la longue défaillance:

Tandis que dans Lyon son corps paraît assis,

Son ame vers Madrid voyage avec son fils;

Louise a déja su le piége qui l'attire:

Sa fille Marguerite, éprouvant son martyre,

Sous un dehors distrait pense, non sans terreur,

Au soin d'aller ravir son frère à l'empereur.

Charles-Quint, se dit-on, n'est qu'un monstre effroyable;

Pour son ambassadeur on en est plus affable.

Duprat sait que l'état par sa faute est perdu,

Que la France et Paris veulent qu'il soit pendu;

Demain le parlement vient, l'accuse, et réclame:

Ministres, conseillers, tous ont la mort dans l'ame;

Et chacun d'eux pourtant ne s'en montre pas moins

Calme, silencieux, et vide de tous soins.

O noirs esprits d'enfer, du mensonge idolâtres,

Envoyez vos acteurs jouer sur nos théâtres!

Jamais, avec tant d'art, nul mime en ses portraits

N'a fait, par sa couleur et ses mobiles traits,

Mieux ressortir un masque, et parler le silence;

Et des rôles muets exprimé l'éloquence.

Le lendemain présente en auguste appareilLa cour au Parlement ouvrant son grand conseil.Siéges, tabourets, bancs, parquet, hauteur, distance,Sont au lieu qu'a fixé la grave Préséance,Dont l'orgueil mesuré n'est pas plus la grandeurQue le point-d'honneur faux n'est le sincère honneur.Des degrés compassés le spectacle la touche.Tel, en cérémonie, un maître de la boucheVoit se ranger la table, et suivre à tous les platsL'ordre immémorial prescrit aux estomacs:Qu'on l'osât subvertir, la cuisine funesteFerait des aliments un chaos indigeste:Ni chef, ni marmiton, ne saurait plus quels metsAuraient droit les premiers d'arriver aux banquets:Elle fait donc passer dans la foule introduite,Les gros poissons d'abord, et le fretin ensuite.La Préséance est vieille; et les dictons des GothsLui confirment toujours que les peuples sont sots:J'en appelle aux plus grands, s'abuse-t-elle encore?Et croit-on qu'en ce jour la bonne dame ignoreQu'en Espagne Léva vieillit sous son drapeau,Pour s'asseoir près des pairs sans ôter son chapeau?O digne ambition de fous tels que nous sommes!La Préséance classe avec soin tous les hommes;Et prévient les procès pour les rangs mal gardés,Pour les dais, les fauteuils par elle échafaudés.

Le lendemain présente en auguste appareil

La cour au Parlement ouvrant son grand conseil.

Siéges, tabourets, bancs, parquet, hauteur, distance,

Sont au lieu qu'a fixé la grave Préséance,

Dont l'orgueil mesuré n'est pas plus la grandeur

Que le point-d'honneur faux n'est le sincère honneur.

Des degrés compassés le spectacle la touche.

Tel, en cérémonie, un maître de la bouche

Voit se ranger la table, et suivre à tous les plats

L'ordre immémorial prescrit aux estomacs:

Qu'on l'osât subvertir, la cuisine funeste

Ferait des aliments un chaos indigeste:

Ni chef, ni marmiton, ne saurait plus quels mets

Auraient droit les premiers d'arriver aux banquets:

Elle fait donc passer dans la foule introduite,

Les gros poissons d'abord, et le fretin ensuite.

La Préséance est vieille; et les dictons des Goths

Lui confirment toujours que les peuples sont sots:

J'en appelle aux plus grands, s'abuse-t-elle encore?

Et croit-on qu'en ce jour la bonne dame ignore

Qu'en Espagne Léva vieillit sous son drapeau,

Pour s'asseoir près des pairs sans ôter son chapeau?

O digne ambition de fous tels que nous sommes!

La Préséance classe avec soin tous les hommes;

Et prévient les procès pour les rangs mal gardés,

Pour les dais, les fauteuils par elle échafaudés.

Du Parlement, la nuit, de peur d'un choc sinistre,Le premier-président vit le premier-ministre.Ce qui dans le secret s'est déja dit sans fard,Va devant le public se redire avec art;Et, jouet de la scène, il n'aura plus nul douteQue le Parlement gronde, et que la Cour l'écoute.Les dames cependant, présentes aux débats,Viennent des deux partis juger les avocats;Et cette noble farce, amusement pour elles,Les surcharge d'un poids de graves bagatelles.

Du Parlement, la nuit, de peur d'un choc sinistre,

Le premier-président vit le premier-ministre.

Ce qui dans le secret s'est déja dit sans fard,

Va devant le public se redire avec art;

Et, jouet de la scène, il n'aura plus nul doute

Que le Parlement gronde, et que la Cour l'écoute.

Les dames cependant, présentes aux débats,

Viennent des deux partis juger les avocats;

Et cette noble farce, amusement pour elles,

Les surcharge d'un poids de graves bagatelles.

LE PRÉSIDENT DE SELVE.

Organes d'équité, ministres de Thémis,Par votre ordre suprême au pied du trône admis,Notre seule présence est un signal propiceDu zèle que la cour montre pour la justice.Comment craindrions-nous, mère auguste du roi,D'élever nos accents pour appuyer la loi;De déplorer ici les désordres sans nombreQu'un voile d'imposture a couverts de son ombre,Et qu'à votre vertu dénonceraient assezLes revers si nombreux dont nous sommes pressés?Le plus grand des fléaux, sans doute, est l'hérésie,Dont, malgré nos bûchers, s'accroît la frénésie:Mais comment l'arrêter dans ses emportementsSi toujours sa fureur trouve des aliments?Si les prêtres sans foi, se souillant par des crimes,Prêtent à ses erreurs des armes légitimes?Si l'amour scrupuleux d'un fatal concordatTransporte au Vatican les tributs de l'état?Si, du clergé français gênant l'indépendance,De ses élections enchaînant la prudence,A la brigue étrangère, aux présents corrupteurs,Sont vendus les troupeaux, et le choix des pasteurs?Vainement aux abus s'opposent nos entraves;Toute digue est rompue, et les lois sont esclaves:Leurs plus sages arrêts, au conseil évoqués,N'atteignent point les grands par elles attaqués.Des faibles dépouillés où seraient les refuges?Leurs vils accusateurs sont proclamés leurs juges:Et, ce que sans frémir on n'ose publier,Leur arbitre est souvent leur futur héritier!Ainsi, rendus jaloux de leurs biens qu'ils se volent,L'un de l'autre ennemis, les citoyens s'immolent.A des bourreaux gagés notre glaive est remis:Les premiers tribunaux aux derniers sont soumis,Et combattent en vain la foule mercenaireQue la vénalité pousse en leur sanctuaire.Ah! madame, empêchez que Thémis voie encorSa balance en nos mains pencher au poids de l'or.Ah! qu'en deux factions ne soit plus séparéeDes justes magistrats la chambre révérée.Proscrivez le trafic de nos dignes emplois:Qu'on ne partage plus le domaine des rois.Que d'avares flatteurs, trop comblés de largesses,Aux sources de l'état rendent tant de richesses:Qu'ils cessent d'engraisser leurs lâches favorisDu fruit de tant d'impôts que le peuple a souscrits:Ces trésors suffiront, sans de nouveaux subsides,A racheter le roi de ses vainqueurs avides.Les soldats, non payés, malheureux déserteurs,N'iront plus, désolant les bons cultivateursQu'écrasent à-la-fois la taille et le pillage,Se nourrir en nos champs d'un affreux brigandage.Non, non, si tant de chefs, qu'on ne surveillait pas,N'eussent point dévoré l'aliment des soldats,Notre roi n'eût point vu son armée appauvrieL'abandonner captif loin de notre patrie!Et cependant, hélas! quel âge désastreuxFoula jamais l'état de poids plus onéreux!Comparez du trésor les antiques registres.....Mais quoi? jettez plutôt les yeux sur ses ministres:Quel fut leur héritage, et quels sont leurs grands biens!A leur faste naissant qui prête des soutiens?Est-ce que la pudeur, seule dot de leurs filles,Fut l'attrait qui charma les plus hautes familles?Non: mais le seul amour d'un superflu pompeuxDégrade la noblesse alliée avec eux:Ses titres et leur or font un coupable échange;Et les besoins du luxe ont forcé ce mélange.Ainsi tout se confond; et l'exemple des grandsD'un ruineux orgueil agite tous les rangs.Réprimez-le, madame: et si notre influenceDonne à des yeux jaloux un peu de méfiance,En dépit des pervers écartés ou punis,Convoquez de l'état les trois ordres unis.

Organes d'équité, ministres de Thémis,Par votre ordre suprême au pied du trône admis,Notre seule présence est un signal propiceDu zèle que la cour montre pour la justice.Comment craindrions-nous, mère auguste du roi,D'élever nos accents pour appuyer la loi;De déplorer ici les désordres sans nombreQu'un voile d'imposture a couverts de son ombre,Et qu'à votre vertu dénonceraient assezLes revers si nombreux dont nous sommes pressés?Le plus grand des fléaux, sans doute, est l'hérésie,Dont, malgré nos bûchers, s'accroît la frénésie:Mais comment l'arrêter dans ses emportementsSi toujours sa fureur trouve des aliments?Si les prêtres sans foi, se souillant par des crimes,Prêtent à ses erreurs des armes légitimes?Si l'amour scrupuleux d'un fatal concordatTransporte au Vatican les tributs de l'état?Si, du clergé français gênant l'indépendance,De ses élections enchaînant la prudence,A la brigue étrangère, aux présents corrupteurs,Sont vendus les troupeaux, et le choix des pasteurs?Vainement aux abus s'opposent nos entraves;Toute digue est rompue, et les lois sont esclaves:Leurs plus sages arrêts, au conseil évoqués,N'atteignent point les grands par elles attaqués.Des faibles dépouillés où seraient les refuges?Leurs vils accusateurs sont proclamés leurs juges:Et, ce que sans frémir on n'ose publier,Leur arbitre est souvent leur futur héritier!Ainsi, rendus jaloux de leurs biens qu'ils se volent,L'un de l'autre ennemis, les citoyens s'immolent.A des bourreaux gagés notre glaive est remis:Les premiers tribunaux aux derniers sont soumis,Et combattent en vain la foule mercenaireQue la vénalité pousse en leur sanctuaire.Ah! madame, empêchez que Thémis voie encorSa balance en nos mains pencher au poids de l'or.Ah! qu'en deux factions ne soit plus séparéeDes justes magistrats la chambre révérée.Proscrivez le trafic de nos dignes emplois:Qu'on ne partage plus le domaine des rois.Que d'avares flatteurs, trop comblés de largesses,Aux sources de l'état rendent tant de richesses:Qu'ils cessent d'engraisser leurs lâches favorisDu fruit de tant d'impôts que le peuple a souscrits:Ces trésors suffiront, sans de nouveaux subsides,A racheter le roi de ses vainqueurs avides.Les soldats, non payés, malheureux déserteurs,N'iront plus, désolant les bons cultivateursQu'écrasent à-la-fois la taille et le pillage,Se nourrir en nos champs d'un affreux brigandage.Non, non, si tant de chefs, qu'on ne surveillait pas,N'eussent point dévoré l'aliment des soldats,Notre roi n'eût point vu son armée appauvrieL'abandonner captif loin de notre patrie!Et cependant, hélas! quel âge désastreuxFoula jamais l'état de poids plus onéreux!Comparez du trésor les antiques registres.....Mais quoi? jettez plutôt les yeux sur ses ministres:Quel fut leur héritage, et quels sont leurs grands biens!A leur faste naissant qui prête des soutiens?Est-ce que la pudeur, seule dot de leurs filles,Fut l'attrait qui charma les plus hautes familles?Non: mais le seul amour d'un superflu pompeuxDégrade la noblesse alliée avec eux:Ses titres et leur or font un coupable échange;Et les besoins du luxe ont forcé ce mélange.Ainsi tout se confond; et l'exemple des grandsD'un ruineux orgueil agite tous les rangs.Réprimez-le, madame: et si notre influenceDonne à des yeux jaloux un peu de méfiance,En dépit des pervers écartés ou punis,Convoquez de l'état les trois ordres unis.

Organes d'équité, ministres de Thémis,

Par votre ordre suprême au pied du trône admis,

Notre seule présence est un signal propice

Du zèle que la cour montre pour la justice.

Comment craindrions-nous, mère auguste du roi,

D'élever nos accents pour appuyer la loi;

De déplorer ici les désordres sans nombre

Qu'un voile d'imposture a couverts de son ombre,

Et qu'à votre vertu dénonceraient assez

Les revers si nombreux dont nous sommes pressés?

Le plus grand des fléaux, sans doute, est l'hérésie,

Dont, malgré nos bûchers, s'accroît la frénésie:

Mais comment l'arrêter dans ses emportements

Si toujours sa fureur trouve des aliments?

Si les prêtres sans foi, se souillant par des crimes,

Prêtent à ses erreurs des armes légitimes?

Si l'amour scrupuleux d'un fatal concordat

Transporte au Vatican les tributs de l'état?

Si, du clergé français gênant l'indépendance,

De ses élections enchaînant la prudence,

A la brigue étrangère, aux présents corrupteurs,

Sont vendus les troupeaux, et le choix des pasteurs?

Vainement aux abus s'opposent nos entraves;

Toute digue est rompue, et les lois sont esclaves:

Leurs plus sages arrêts, au conseil évoqués,

N'atteignent point les grands par elles attaqués.

Des faibles dépouillés où seraient les refuges?

Leurs vils accusateurs sont proclamés leurs juges:

Et, ce que sans frémir on n'ose publier,

Leur arbitre est souvent leur futur héritier!

Ainsi, rendus jaloux de leurs biens qu'ils se volent,

L'un de l'autre ennemis, les citoyens s'immolent.

A des bourreaux gagés notre glaive est remis:

Les premiers tribunaux aux derniers sont soumis,

Et combattent en vain la foule mercenaire

Que la vénalité pousse en leur sanctuaire.

Ah! madame, empêchez que Thémis voie encor

Sa balance en nos mains pencher au poids de l'or.

Ah! qu'en deux factions ne soit plus séparée

Des justes magistrats la chambre révérée.

Proscrivez le trafic de nos dignes emplois:

Qu'on ne partage plus le domaine des rois.

Que d'avares flatteurs, trop comblés de largesses,

Aux sources de l'état rendent tant de richesses:

Qu'ils cessent d'engraisser leurs lâches favoris

Du fruit de tant d'impôts que le peuple a souscrits:

Ces trésors suffiront, sans de nouveaux subsides,

A racheter le roi de ses vainqueurs avides.

Les soldats, non payés, malheureux déserteurs,

N'iront plus, désolant les bons cultivateurs

Qu'écrasent à-la-fois la taille et le pillage,

Se nourrir en nos champs d'un affreux brigandage.

Non, non, si tant de chefs, qu'on ne surveillait pas,

N'eussent point dévoré l'aliment des soldats,

Notre roi n'eût point vu son armée appauvrie

L'abandonner captif loin de notre patrie!

Et cependant, hélas! quel âge désastreux

Foula jamais l'état de poids plus onéreux!

Comparez du trésor les antiques registres.....

Mais quoi? jettez plutôt les yeux sur ses ministres:

Quel fut leur héritage, et quels sont leurs grands biens!

A leur faste naissant qui prête des soutiens?

Est-ce que la pudeur, seule dot de leurs filles,

Fut l'attrait qui charma les plus hautes familles?

Non: mais le seul amour d'un superflu pompeux

Dégrade la noblesse alliée avec eux:

Ses titres et leur or font un coupable échange;

Et les besoins du luxe ont forcé ce mélange.

Ainsi tout se confond; et l'exemple des grands

D'un ruineux orgueil agite tous les rangs.

Réprimez-le, madame: et si notre influence

Donne à des yeux jaloux un peu de méfiance,

En dépit des pervers écartés ou punis,

Convoquez de l'état les trois ordres unis.

MARGUERITE,bas à ses femmes.

Convoquer les états!... Ah! prétentions folles!

Convoquer les états!... Ah! prétentions folles!

Convoquer les états!... Ah! prétentions folles!

UNE DES DAMES.

Leur remontrance est faite en très-belles paroles!

Leur remontrance est faite en très-belles paroles!

Leur remontrance est faite en très-belles paroles!

MARGUERITE,de même.

Tant que la politique aura le même cours,Sur ce fonds-là sans peine on brodera toujours;Et tant que les humains auront des cœurs, des langues,Se suivront des faits vils, et de nobles harangues.Admirez dans son coin l'impassibilitéDe Duprat, dont leur voix blesse l'autorité.Le sujet du débat naît de sa folle envieDe donner, à son choix, une grasse abbaye:Les moines ont ligué messieurs du parlement,Et ce grief les sert dans leur ressentiment.On couvre tous ces riens de grands mots qu'on prononce.Ma mère va parler.... écoutons sa réponse.

Tant que la politique aura le même cours,Sur ce fonds-là sans peine on brodera toujours;Et tant que les humains auront des cœurs, des langues,Se suivront des faits vils, et de nobles harangues.Admirez dans son coin l'impassibilitéDe Duprat, dont leur voix blesse l'autorité.Le sujet du débat naît de sa folle envieDe donner, à son choix, une grasse abbaye:Les moines ont ligué messieurs du parlement,Et ce grief les sert dans leur ressentiment.On couvre tous ces riens de grands mots qu'on prononce.Ma mère va parler.... écoutons sa réponse.

Tant que la politique aura le même cours,

Sur ce fonds-là sans peine on brodera toujours;

Et tant que les humains auront des cœurs, des langues,

Se suivront des faits vils, et de nobles harangues.

Admirez dans son coin l'impassibilité

De Duprat, dont leur voix blesse l'autorité.

Le sujet du débat naît de sa folle envie

De donner, à son choix, une grasse abbaye:

Les moines ont ligué messieurs du parlement,

Et ce grief les sert dans leur ressentiment.

On couvre tous ces riens de grands mots qu'on prononce.

Ma mère va parler.... écoutons sa réponse.

LA RÉGENTE.

Le plus sacré devoir des princes et des roisEst de prêter l'oreille aux organes des lois;Et je croirais trahir la puissance suprêmeQue mon fils, en partant, ne remit qu'à moi-même,Si je ne pesais pas vos avis importants,Salutaire secours au malheur de nos temps.Il est, j'en fais l'aveu, des abus innombrables:Mais de tous à mes yeux les plus considérablesNaissent dans un royaume où les séditieuxDivisent le pouvoir en partis factieux.Des ordres assemblés quelque appui qu'on attende,Ils rendraient de nos lys l'adversité plus grande.Le timon de l'empire est un fardeau pesant:Mais dois-je le céder quand mon fils est absent;Et déposant du roi le sceptre respectableVous livrer un trésor dont il me fit comptable?Mon sexe et ma faiblesse ont excité l'effroi:Je l'ai su: de vains bruits sont venus jusqu'à moi:Mais ai-je témoigné la moindre négligencePour tous les intérêts liés à ma régence?Le succès de mes soins n'en est-il pas le prix?N'ai-je pas dans nos ports recueilli nos débris,Depuis que votre roi, trahi des destinées,A sous Pavie, hélas! vu ses mains enchaînées?Que dis-je? triste mère! il m'eût été permisDe pleurer les malheurs où le sort l'a soumis:Mais le péril de tous a suspendu mes larmes.Nos voisins détrompés nous promettant leurs armes,Henri de l'empereur détachant Albion,Et de Rome avec moi la nouvelle union,Tout vous atteste enfin que de ma vigilanceJ'ai porté les effets au-delà de la France.Quel effort tentiez-vous dans le commun danger?Ce prince généreux qu'ici l'on voit siéger,Vendôme, ce héros, à mes côtés fidèle,Avait reçu de vous l'offre de la tutelle;Et vous autorisiez vos nocturnes travauxDu cri de tout le peuple accablé de fardeaux.Le calme cependant des villes, des frontières,Qu'a-t-il coûté de plus que de saintes prières?Ah! cessez de vous plaindre: et, comme vos aïeux,De l'enceinte des lois protecteurs studieux,Vivez loin de la brigue à la cour si funeste.

Le plus sacré devoir des princes et des roisEst de prêter l'oreille aux organes des lois;Et je croirais trahir la puissance suprêmeQue mon fils, en partant, ne remit qu'à moi-même,Si je ne pesais pas vos avis importants,Salutaire secours au malheur de nos temps.Il est, j'en fais l'aveu, des abus innombrables:Mais de tous à mes yeux les plus considérablesNaissent dans un royaume où les séditieuxDivisent le pouvoir en partis factieux.Des ordres assemblés quelque appui qu'on attende,Ils rendraient de nos lys l'adversité plus grande.Le timon de l'empire est un fardeau pesant:Mais dois-je le céder quand mon fils est absent;Et déposant du roi le sceptre respectableVous livrer un trésor dont il me fit comptable?Mon sexe et ma faiblesse ont excité l'effroi:Je l'ai su: de vains bruits sont venus jusqu'à moi:Mais ai-je témoigné la moindre négligencePour tous les intérêts liés à ma régence?Le succès de mes soins n'en est-il pas le prix?N'ai-je pas dans nos ports recueilli nos débris,Depuis que votre roi, trahi des destinées,A sous Pavie, hélas! vu ses mains enchaînées?Que dis-je? triste mère! il m'eût été permisDe pleurer les malheurs où le sort l'a soumis:Mais le péril de tous a suspendu mes larmes.Nos voisins détrompés nous promettant leurs armes,Henri de l'empereur détachant Albion,Et de Rome avec moi la nouvelle union,Tout vous atteste enfin que de ma vigilanceJ'ai porté les effets au-delà de la France.Quel effort tentiez-vous dans le commun danger?Ce prince généreux qu'ici l'on voit siéger,Vendôme, ce héros, à mes côtés fidèle,Avait reçu de vous l'offre de la tutelle;Et vous autorisiez vos nocturnes travauxDu cri de tout le peuple accablé de fardeaux.Le calme cependant des villes, des frontières,Qu'a-t-il coûté de plus que de saintes prières?Ah! cessez de vous plaindre: et, comme vos aïeux,De l'enceinte des lois protecteurs studieux,Vivez loin de la brigue à la cour si funeste.

Le plus sacré devoir des princes et des rois

Est de prêter l'oreille aux organes des lois;

Et je croirais trahir la puissance suprême

Que mon fils, en partant, ne remit qu'à moi-même,

Si je ne pesais pas vos avis importants,

Salutaire secours au malheur de nos temps.

Il est, j'en fais l'aveu, des abus innombrables:

Mais de tous à mes yeux les plus considérables

Naissent dans un royaume où les séditieux

Divisent le pouvoir en partis factieux.

Des ordres assemblés quelque appui qu'on attende,

Ils rendraient de nos lys l'adversité plus grande.

Le timon de l'empire est un fardeau pesant:

Mais dois-je le céder quand mon fils est absent;

Et déposant du roi le sceptre respectable

Vous livrer un trésor dont il me fit comptable?

Mon sexe et ma faiblesse ont excité l'effroi:

Je l'ai su: de vains bruits sont venus jusqu'à moi:

Mais ai-je témoigné la moindre négligence

Pour tous les intérêts liés à ma régence?

Le succès de mes soins n'en est-il pas le prix?

N'ai-je pas dans nos ports recueilli nos débris,

Depuis que votre roi, trahi des destinées,

A sous Pavie, hélas! vu ses mains enchaînées?

Que dis-je? triste mère! il m'eût été permis

De pleurer les malheurs où le sort l'a soumis:

Mais le péril de tous a suspendu mes larmes.

Nos voisins détrompés nous promettant leurs armes,

Henri de l'empereur détachant Albion,

Et de Rome avec moi la nouvelle union,

Tout vous atteste enfin que de ma vigilance

J'ai porté les effets au-delà de la France.

Quel effort tentiez-vous dans le commun danger?

Ce prince généreux qu'ici l'on voit siéger,

Vendôme, ce héros, à mes côtés fidèle,

Avait reçu de vous l'offre de la tutelle;

Et vous autorisiez vos nocturnes travaux

Du cri de tout le peuple accablé de fardeaux.

Le calme cependant des villes, des frontières,

Qu'a-t-il coûté de plus que de saintes prières?

Ah! cessez de vous plaindre: et, comme vos aïeux,

De l'enceinte des lois protecteurs studieux,

Vivez loin de la brigue à la cour si funeste.

MARGUERITE,à ses femmes.

Le chancelier se lève, et leur dira le reste.

Le chancelier se lève, et leur dira le reste.

Le chancelier se lève, et leur dira le reste.

DUPRAT.

Quel spectacle à-la-fois touchant et solennel,Qu'une régente, ouvrant un cœur si maternelAux plaintes des sujets que des lois trop muettesLui viennent exprimer les doctes interprètes!Heureux si le passé, couvert d'un crêpe obscur,Laissait en bien présent changer l'espoir futur.Mais ce qu'on fit jadis règle ce qu'il faut faire.Briser le concordat peut sembler salutaire:Mais on doit respecter l'œuvre du souverain,Et ménager en tout le pontife romain.Des chefs du parlement on connaît la sagesse:Louise d'Angoulême, équitable duchesse,Du trafic de leur charge a plaint comme eux l'affront:Mais au retour du roi tous ces maux finiront.L'excès du faste exige un édit somptuaire:La régente a prévu qu'il serait nécessaire:J'en tiens là, sous le sceau, les utiles décrets:Enregistrez; et tous concourons à la paix.

Quel spectacle à-la-fois touchant et solennel,Qu'une régente, ouvrant un cœur si maternelAux plaintes des sujets que des lois trop muettesLui viennent exprimer les doctes interprètes!Heureux si le passé, couvert d'un crêpe obscur,Laissait en bien présent changer l'espoir futur.Mais ce qu'on fit jadis règle ce qu'il faut faire.Briser le concordat peut sembler salutaire:Mais on doit respecter l'œuvre du souverain,Et ménager en tout le pontife romain.Des chefs du parlement on connaît la sagesse:Louise d'Angoulême, équitable duchesse,Du trafic de leur charge a plaint comme eux l'affront:Mais au retour du roi tous ces maux finiront.L'excès du faste exige un édit somptuaire:La régente a prévu qu'il serait nécessaire:J'en tiens là, sous le sceau, les utiles décrets:Enregistrez; et tous concourons à la paix.

Quel spectacle à-la-fois touchant et solennel,

Qu'une régente, ouvrant un cœur si maternel

Aux plaintes des sujets que des lois trop muettes

Lui viennent exprimer les doctes interprètes!

Heureux si le passé, couvert d'un crêpe obscur,

Laissait en bien présent changer l'espoir futur.

Mais ce qu'on fit jadis règle ce qu'il faut faire.

Briser le concordat peut sembler salutaire:

Mais on doit respecter l'œuvre du souverain,

Et ménager en tout le pontife romain.

Des chefs du parlement on connaît la sagesse:

Louise d'Angoulême, équitable duchesse,

Du trafic de leur charge a plaint comme eux l'affront:

Mais au retour du roi tous ces maux finiront.

L'excès du faste exige un édit somptuaire:

La régente a prévu qu'il serait nécessaire:

J'en tiens là, sous le sceau, les utiles décrets:

Enregistrez; et tous concourons à la paix.

MARGUERITE,à ses femmes.

De ce haut verbiage enfin me voilà quitte!Et Paris de la cour recevra l'eau bénite.Le premier-président qu'on nomme ambassadeurDe sa ligue à ce prix a refroidi l'ardeur:Hier on l'a gagné: leur beau zèle est chimère.Mesdames, au passage allons joindre ma mère.

De ce haut verbiage enfin me voilà quitte!Et Paris de la cour recevra l'eau bénite.Le premier-président qu'on nomme ambassadeurDe sa ligue à ce prix a refroidi l'ardeur:Hier on l'a gagné: leur beau zèle est chimère.Mesdames, au passage allons joindre ma mère.

De ce haut verbiage enfin me voilà quitte!

Et Paris de la cour recevra l'eau bénite.

Le premier-président qu'on nomme ambassadeur

De sa ligue à ce prix a refroidi l'ardeur:

Hier on l'a gagné: leur beau zèle est chimère.

Mesdames, au passage allons joindre ma mère.

LA RÉGENTE,à Marguerite.

Ah! ma fille!... sortons, je me sens toute en feu...Si d'avance un long bain ne m'eût calmée un peu,Je n'aurais pu vraiment soutenir un tel rôle.

Ah! ma fille!... sortons, je me sens toute en feu...Si d'avance un long bain ne m'eût calmée un peu,Je n'aurais pu vraiment soutenir un tel rôle.

Ah! ma fille!... sortons, je me sens toute en feu...

Si d'avance un long bain ne m'eût calmée un peu,

Je n'aurais pu vraiment soutenir un tel rôle.

MARGUERITE.

Quel charme dans votre air et dans votre parole!Votre ton respirait la douce majesté.

Quel charme dans votre air et dans votre parole!Votre ton respirait la douce majesté.

Quel charme dans votre air et dans votre parole!

Votre ton respirait la douce majesté.

LA RÉGENTE.

Je n'ai presque rien dit comme on me l'a dicté.

Je n'ai presque rien dit comme on me l'a dicté.

Je n'ai presque rien dit comme on me l'a dicté.

DUPRAT.

Votre cœur vous poussait: de là, tant d'éloquence.

Votre cœur vous poussait: de là, tant d'éloquence.

Votre cœur vous poussait: de là, tant d'éloquence.

LE PRÉSIDENT DE SELVE.

Au nom du parlement, j'ai parlé d'abondance.

Au nom du parlement, j'ai parlé d'abondance.

Au nom du parlement, j'ai parlé d'abondance.

PREMIER CONSEILLER.

Ah! comme un Démosthène.

Ah! comme un Démosthène.

Ah! comme un Démosthène.

DEUXIÈME CONSEILLER.

Ah! comme un Cicéron.

Ah! comme un Cicéron.

Ah! comme un Cicéron.

LE PRÉSIDENT DE SELVE.

Messieurs, épargnez-moi toute comparaison:Ma modestie en souffre.... il suffit qu'on publieQue la France est sauvée, et ma tâche remplie.

Messieurs, épargnez-moi toute comparaison:Ma modestie en souffre.... il suffit qu'on publieQue la France est sauvée, et ma tâche remplie.

Messieurs, épargnez-moi toute comparaison:

Ma modestie en souffre.... il suffit qu'on publie

Que la France est sauvée, et ma tâche remplie.

UNE DAME D'HONNEUR.

De leur péroraison qu'auront-ils obtenu?

De leur péroraison qu'auront-ils obtenu?

De leur péroraison qu'auront-ils obtenu?

LA RÉGENTE.

Un édit contre un luxe au comble parvenu,Une défense expresse aux femmes de la villeDe traîner à leur robe une queue inutile;Ornement, dont le poids les doit embarrasser,Attirail de princesse, et qu'il faut nous laisser.Je prescris désormais que ni velours ni soie,N'habille la roture et la fille de joie:La laine et les couleurs sombres, tristes à l'œil,Pour la prison du roi marqueront mieux le deuil;Et par mon réglement il faut que les coquettesBaissent leurs chaperons, leur huppe et leurs cornettes.

Un édit contre un luxe au comble parvenu,Une défense expresse aux femmes de la villeDe traîner à leur robe une queue inutile;Ornement, dont le poids les doit embarrasser,Attirail de princesse, et qu'il faut nous laisser.Je prescris désormais que ni velours ni soie,N'habille la roture et la fille de joie:La laine et les couleurs sombres, tristes à l'œil,Pour la prison du roi marqueront mieux le deuil;Et par mon réglement il faut que les coquettesBaissent leurs chaperons, leur huppe et leurs cornettes.

Un édit contre un luxe au comble parvenu,

Une défense expresse aux femmes de la ville

De traîner à leur robe une queue inutile;

Ornement, dont le poids les doit embarrasser,

Attirail de princesse, et qu'il faut nous laisser.

Je prescris désormais que ni velours ni soie,

N'habille la roture et la fille de joie:

La laine et les couleurs sombres, tristes à l'œil,

Pour la prison du roi marqueront mieux le deuil;

Et par mon réglement il faut que les coquettes

Baissent leurs chaperons, leur huppe et leurs cornettes.

LA DAME D'HONNEUR.

Sage Altesse! l'état ne se peut mieux régir!Les dames de la cour, (c'était de quoi rougir,)Sentaient, comme on le dit, les filles d'une lieue:Mais seules maintenant nous prendrons une queue.On nous distinguera de ces femmes de rien,Qui.... fi! grâce au décret, enfin tout ira bien.

Sage Altesse! l'état ne se peut mieux régir!Les dames de la cour, (c'était de quoi rougir,)Sentaient, comme on le dit, les filles d'une lieue:Mais seules maintenant nous prendrons une queue.On nous distinguera de ces femmes de rien,Qui.... fi! grâce au décret, enfin tout ira bien.

Sage Altesse! l'état ne se peut mieux régir!

Les dames de la cour, (c'était de quoi rougir,)

Sentaient, comme on le dit, les filles d'une lieue:

Mais seules maintenant nous prendrons une queue.

On nous distinguera de ces femmes de rien,

Qui.... fi! grâce au décret, enfin tout ira bien.

Le conseil se sépare; et les diables de rire!Tout change; et vers les bords dont Gênes tient l'empire,Est une humble cabane, au dos des Apennins,Où serpente une route entre de vieux sapins.Au nord, s'ouvrent des monts les sauvages entrées;A l'orient, paraît sur les mers azuréesLe port lointain, séjour des vaisseaux voyageurs;Au midi, sont épars quelques toits de pêcheurs,Seuls hôtes indigents d'une arène étendue,Devant qui l'onde immense, applanie à la vue,Termine l'horizon, et borne l'occidentOù le soleil alors plongeait son disque ardent:Sa pourpre qui reluit sur le gouffre bleuâtreDes hauts sommets voisins rougit l'amphithéâtre:Et là, sous de beaux cieux, le sage AgathémiGuidait un passager, autrefois son ami.

Le conseil se sépare; et les diables de rire!

Le conseil se sépare; et les diables de rire!

Tout change; et vers les bords dont Gênes tient l'empire,Est une humble cabane, au dos des Apennins,Où serpente une route entre de vieux sapins.Au nord, s'ouvrent des monts les sauvages entrées;A l'orient, paraît sur les mers azuréesLe port lointain, séjour des vaisseaux voyageurs;Au midi, sont épars quelques toits de pêcheurs,Seuls hôtes indigents d'une arène étendue,Devant qui l'onde immense, applanie à la vue,Termine l'horizon, et borne l'occidentOù le soleil alors plongeait son disque ardent:Sa pourpre qui reluit sur le gouffre bleuâtreDes hauts sommets voisins rougit l'amphithéâtre:Et là, sous de beaux cieux, le sage AgathémiGuidait un passager, autrefois son ami.

Tout change; et vers les bords dont Gênes tient l'empire,

Est une humble cabane, au dos des Apennins,

Où serpente une route entre de vieux sapins.

Au nord, s'ouvrent des monts les sauvages entrées;

A l'orient, paraît sur les mers azurées

Le port lointain, séjour des vaisseaux voyageurs;

Au midi, sont épars quelques toits de pêcheurs,

Seuls hôtes indigents d'une arène étendue,

Devant qui l'onde immense, applanie à la vue,

Termine l'horizon, et borne l'occident

Où le soleil alors plongeait son disque ardent:

Sa pourpre qui reluit sur le gouffre bleuâtre

Des hauts sommets voisins rougit l'amphithéâtre:

Et là, sous de beaux cieux, le sage Agathémi

Guidait un passager, autrefois son ami.

AGATHÉMI.

Pourquoi ce nom de Dave, et ce mince équipage?

Pourquoi ce nom de Dave, et ce mince équipage?

Pourquoi ce nom de Dave, et ce mince équipage?

DAVE.

Pour déguiser mon rang et mon secret message:Je m'en vais de ma cour transmettre les rapportsAu noble André-Dorie, amiral dans ces ports.

Pour déguiser mon rang et mon secret message:Je m'en vais de ma cour transmettre les rapportsAu noble André-Dorie, amiral dans ces ports.

Pour déguiser mon rang et mon secret message:

Je m'en vais de ma cour transmettre les rapports

Au noble André-Dorie, amiral dans ces ports.

AGATHÉMI.

Vous volez donc toujours en oiseau diplomate?

Vous volez donc toujours en oiseau diplomate?

Vous volez donc toujours en oiseau diplomate?

DAVE.

Et toi, toujours en paix, tu rêves en Socrate.Je naquis agissant: trop heureux mon métier,S'il m'acquiert la faveur du grand François-Premier.

Et toi, toujours en paix, tu rêves en Socrate.Je naquis agissant: trop heureux mon métier,S'il m'acquiert la faveur du grand François-Premier.

Et toi, toujours en paix, tu rêves en Socrate.

Je naquis agissant: trop heureux mon métier,

S'il m'acquiert la faveur du grand François-Premier.

AGATHÉMI.

De complaire à ses rois l'homme eut toujours l'envie:L'amour de s'élever qui consume sa vieEst sans cesse attisé par les regards jalouxQu'il porte sur les grands, non moins petits que nous:Moi, jugeant la valeur sous les vaines surfaces,Je mesure leur taille et non pas leurs échasses;Et pour n'être ébloui ni des titres d'honneur,Ni par l'éclat de l'or, ni par un faux bonheur,J'ai toujours des humains regardé le visage;Et mon seul maître est Dieu, qui règne d'âge en âge.

De complaire à ses rois l'homme eut toujours l'envie:L'amour de s'élever qui consume sa vieEst sans cesse attisé par les regards jalouxQu'il porte sur les grands, non moins petits que nous:Moi, jugeant la valeur sous les vaines surfaces,Je mesure leur taille et non pas leurs échasses;Et pour n'être ébloui ni des titres d'honneur,Ni par l'éclat de l'or, ni par un faux bonheur,J'ai toujours des humains regardé le visage;Et mon seul maître est Dieu, qui règne d'âge en âge.

De complaire à ses rois l'homme eut toujours l'envie:

L'amour de s'élever qui consume sa vie

Est sans cesse attisé par les regards jaloux

Qu'il porte sur les grands, non moins petits que nous:

Moi, jugeant la valeur sous les vaines surfaces,

Je mesure leur taille et non pas leurs échasses;

Et pour n'être ébloui ni des titres d'honneur,

Ni par l'éclat de l'or, ni par un faux bonheur,

J'ai toujours des humains regardé le visage;

Et mon seul maître est Dieu, qui règne d'âge en âge.

DAVE.

Je confesse avec vous qu'il est le roi des rois,Si j'en juge au destin du malheureux Valois.

Je confesse avec vous qu'il est le roi des rois,Si j'en juge au destin du malheureux Valois.

Je confesse avec vous qu'il est le roi des rois,

Si j'en juge au destin du malheureux Valois.

AGATHÉMI.

Le bruit de son désastre a percé ma montagne.

Le bruit de son désastre a percé ma montagne.

Le bruit de son désastre a percé ma montagne.

DAVE.

Lannoy dans ce moment le conduit en Espagne.Aux pieds de son vainqueur il se laisse attirerPour sortir de ses fers, que l'on va resserrer.Si l'on m'eût écouté, certes, la LigurieLe garderait encor aux vœux de sa patrie.Songeant à réparer ses crimes envers lui,Bourbon fût devenu son invincible appui;Et déja, de son prince achetant la clémence,Il voulait à Milan rétablir sa puissance:Pesquaire, qui dans Naple eût pu se couronner,Mécontent de la cour, jaloux de dominer,Oubliait de Bourbon les rivalités vaines,Et du roi, leur espoir, tous deux brisaient les chaînes:Quand Lannoy plus rusé, (peignez-vous leur fureur,)Leur enlevant leur proie, a fui chez l'empereur.

Lannoy dans ce moment le conduit en Espagne.Aux pieds de son vainqueur il se laisse attirerPour sortir de ses fers, que l'on va resserrer.Si l'on m'eût écouté, certes, la LigurieLe garderait encor aux vœux de sa patrie.Songeant à réparer ses crimes envers lui,Bourbon fût devenu son invincible appui;Et déja, de son prince achetant la clémence,Il voulait à Milan rétablir sa puissance:Pesquaire, qui dans Naple eût pu se couronner,Mécontent de la cour, jaloux de dominer,Oubliait de Bourbon les rivalités vaines,Et du roi, leur espoir, tous deux brisaient les chaînes:Quand Lannoy plus rusé, (peignez-vous leur fureur,)Leur enlevant leur proie, a fui chez l'empereur.

Lannoy dans ce moment le conduit en Espagne.

Aux pieds de son vainqueur il se laisse attirer

Pour sortir de ses fers, que l'on va resserrer.

Si l'on m'eût écouté, certes, la Ligurie

Le garderait encor aux vœux de sa patrie.

Songeant à réparer ses crimes envers lui,

Bourbon fût devenu son invincible appui;

Et déja, de son prince achetant la clémence,

Il voulait à Milan rétablir sa puissance:

Pesquaire, qui dans Naple eût pu se couronner,

Mécontent de la cour, jaloux de dominer,

Oubliait de Bourbon les rivalités vaines,

Et du roi, leur espoir, tous deux brisaient les chaînes:

Quand Lannoy plus rusé, (peignez-vous leur fureur,)

Leur enlevant leur proie, a fui chez l'empereur.

AGATHÉMI.

Ah! prince infortuné, que la brigue environne!On se vend ta faveur, et même ta personne.Qui croirait qu'un monarque ait ce honteux destinDe se voir disputé, ravi comme un butin?

Ah! prince infortuné, que la brigue environne!On se vend ta faveur, et même ta personne.Qui croirait qu'un monarque ait ce honteux destinDe se voir disputé, ravi comme un butin?

Ah! prince infortuné, que la brigue environne!

On se vend ta faveur, et même ta personne.

Qui croirait qu'un monarque ait ce honteux destin

De se voir disputé, ravi comme un butin?

DAVE.

Qu'entends-je sur les flots?

Qu'entends-je sur les flots?

Qu'entends-je sur les flots?

AGATHÉMI.

Un pêcheur qui soupire.

Un pêcheur qui soupire.

Un pêcheur qui soupire.

LE PÊCHEUR,à soi-même.

Le souffle de la nuit veut que je me retire.Ah! cessons d'amorcer tous nos vains hameçons,Et levons mon filet, vide encor de poissons.Les eaux grondent ... ployons ma voile misérable!Je jette avec ennui mon ancre sur le sable;Mes enfants chercheront, hélas! à mon retour,Le produit de ma pêche, attendu chaque jour...Perfide mer! avant que le soleil arriveJe viens sonder ton lit et cotoyer ta rive;Sur ton sein immobile et pur comme un miroir,Je fixe mon esquif, mon œil et mon espoir:Voici l'ombre; ton calme a trompé mon attente.Eh bien! que cette nuit l'orage te tourmente,Mer fatale aux pêcheurs, dangereuse aux nochers,Plains-toi, rugis, aboie, hurle sous tes rochers,Capricieuse, avare, infidèle, traîtresse..!

Le souffle de la nuit veut que je me retire.Ah! cessons d'amorcer tous nos vains hameçons,Et levons mon filet, vide encor de poissons.Les eaux grondent ... ployons ma voile misérable!Je jette avec ennui mon ancre sur le sable;Mes enfants chercheront, hélas! à mon retour,Le produit de ma pêche, attendu chaque jour...Perfide mer! avant que le soleil arriveJe viens sonder ton lit et cotoyer ta rive;Sur ton sein immobile et pur comme un miroir,Je fixe mon esquif, mon œil et mon espoir:Voici l'ombre; ton calme a trompé mon attente.Eh bien! que cette nuit l'orage te tourmente,Mer fatale aux pêcheurs, dangereuse aux nochers,Plains-toi, rugis, aboie, hurle sous tes rochers,Capricieuse, avare, infidèle, traîtresse..!

Le souffle de la nuit veut que je me retire.

Ah! cessons d'amorcer tous nos vains hameçons,

Et levons mon filet, vide encor de poissons.

Les eaux grondent ... ployons ma voile misérable!

Je jette avec ennui mon ancre sur le sable;

Mes enfants chercheront, hélas! à mon retour,

Le produit de ma pêche, attendu chaque jour...

Perfide mer! avant que le soleil arrive

Je viens sonder ton lit et cotoyer ta rive;

Sur ton sein immobile et pur comme un miroir,

Je fixe mon esquif, mon œil et mon espoir:

Voici l'ombre; ton calme a trompé mon attente.

Eh bien! que cette nuit l'orage te tourmente,

Mer fatale aux pêcheurs, dangereuse aux nochers,

Plains-toi, rugis, aboie, hurle sous tes rochers,

Capricieuse, avare, infidèle, traîtresse..!

DAVE.

Ecoutez les clameurs qu'à la mer il adresse.Le pauvre est sans raison quand il est courroucé.

Ecoutez les clameurs qu'à la mer il adresse.Le pauvre est sans raison quand il est courroucé.

Ecoutez les clameurs qu'à la mer il adresse.

Le pauvre est sans raison quand il est courroucé.

AGATHÉMI.

L'opulent roi Xerxès était-il plus senséQuand il fouetta l'Euxin à ses flottes rebelle?L'homme est par-tout semblable et faible de cervelle.Holà, pêcheur! ce soir tu grondes en tes dents.

L'opulent roi Xerxès était-il plus senséQuand il fouetta l'Euxin à ses flottes rebelle?L'homme est par-tout semblable et faible de cervelle.Holà, pêcheur! ce soir tu grondes en tes dents.

L'opulent roi Xerxès était-il plus sensé

Quand il fouetta l'Euxin à ses flottes rebelle?

L'homme est par-tout semblable et faible de cervelle.

Holà, pêcheur! ce soir tu grondes en tes dents.

LE PÊCHEUR.

Hélas! comment nourrir mes trois pauvres enfants?Mes filets aujourd'hui n'ont fait nulle capture...J'ai bien maudit la mer depuis mon aventure.En songe, l'autre nuit, Jésus vint, brillant d'or,M'avertir que sur l'eau flottait un grand trésor.Je cours, et du matin je devance l'étoile;Rien sur l'eau, rien au bord: mais, auprès de leur voileEtaient deux compagnons dans leur barque assoupis:Ils s'éveillent; du ciel je leur conte l'avis.«Voguons, me dirent-ils, nous aurons chance heureuse.»Notre pêche bientôt fut si miraculeuse,Qu'ayant fait de poissons un troupeau prisonnierNous nommions le plus gros notre François-premier.Vous riez!... il était beau, doré, grand de taille,C'était un roi des flots, tout cuirassé d'écaille.Nous bénissions le sort, contents de l'avoir pris:Avec moi l'un des deux en disputait le prix;Il me suit chez le juge; et, pour clorre l'affaire,L'autre, qui le gardait, nous l'enlève en corsaire.

Hélas! comment nourrir mes trois pauvres enfants?Mes filets aujourd'hui n'ont fait nulle capture...J'ai bien maudit la mer depuis mon aventure.En songe, l'autre nuit, Jésus vint, brillant d'or,M'avertir que sur l'eau flottait un grand trésor.Je cours, et du matin je devance l'étoile;Rien sur l'eau, rien au bord: mais, auprès de leur voileEtaient deux compagnons dans leur barque assoupis:Ils s'éveillent; du ciel je leur conte l'avis.«Voguons, me dirent-ils, nous aurons chance heureuse.»Notre pêche bientôt fut si miraculeuse,Qu'ayant fait de poissons un troupeau prisonnierNous nommions le plus gros notre François-premier.Vous riez!... il était beau, doré, grand de taille,C'était un roi des flots, tout cuirassé d'écaille.Nous bénissions le sort, contents de l'avoir pris:Avec moi l'un des deux en disputait le prix;Il me suit chez le juge; et, pour clorre l'affaire,L'autre, qui le gardait, nous l'enlève en corsaire.

Hélas! comment nourrir mes trois pauvres enfants?

Mes filets aujourd'hui n'ont fait nulle capture...

J'ai bien maudit la mer depuis mon aventure.

En songe, l'autre nuit, Jésus vint, brillant d'or,

M'avertir que sur l'eau flottait un grand trésor.

Je cours, et du matin je devance l'étoile;

Rien sur l'eau, rien au bord: mais, auprès de leur voile

Etaient deux compagnons dans leur barque assoupis:

Ils s'éveillent; du ciel je leur conte l'avis.

«Voguons, me dirent-ils, nous aurons chance heureuse.»

Notre pêche bientôt fut si miraculeuse,

Qu'ayant fait de poissons un troupeau prisonnier

Nous nommions le plus gros notre François-premier.

Vous riez!... il était beau, doré, grand de taille,

C'était un roi des flots, tout cuirassé d'écaille.

Nous bénissions le sort, contents de l'avoir pris:

Avec moi l'un des deux en disputait le prix;

Il me suit chez le juge; et, pour clorre l'affaire,

L'autre, qui le gardait, nous l'enlève en corsaire.

AGATHÉMI.

Seigneur, qu'en dites-vous? c'est ainsi qu'un grand roiA Pesquaire, à Bourbon, fut ravi par Lannoy.Les petits et les grands ont les mêmes querelles:Tous ont l'amour du gain, et des ruses cruelles.(Au pêcheur.)Tiens, prends ce peu d'argent, bonhomme.

Seigneur, qu'en dites-vous? c'est ainsi qu'un grand roiA Pesquaire, à Bourbon, fut ravi par Lannoy.Les petits et les grands ont les mêmes querelles:Tous ont l'amour du gain, et des ruses cruelles.(Au pêcheur.)Tiens, prends ce peu d'argent, bonhomme.

Seigneur, qu'en dites-vous? c'est ainsi qu'un grand roi

A Pesquaire, à Bourbon, fut ravi par Lannoy.

Les petits et les grands ont les mêmes querelles:

Tous ont l'amour du gain, et des ruses cruelles.

(Au pêcheur.)

Tiens, prends ce peu d'argent, bonhomme.

LE PÊCHEUR.

Grand merci!

Grand merci!

Grand merci!

AGATHÉMI.

L'entendez-vous qui siffle et marche sans souci?Au moins dans son état peu de chose console.

L'entendez-vous qui siffle et marche sans souci?Au moins dans son état peu de chose console.

L'entendez-vous qui siffle et marche sans souci?

Au moins dans son état peu de chose console.

DAVE.

La paix de la chaumière est une triste idole.Je ne vis qu'à la cour.

La paix de la chaumière est une triste idole.Je ne vis qu'à la cour.

La paix de la chaumière est une triste idole.

Je ne vis qu'à la cour.

AGATHÉMI.

Moi, je respire aux champs.

Moi, je respire aux champs.

Moi, je respire aux champs.

DAVE.

J'escorte les seigneurs.

J'escorte les seigneurs.

J'escorte les seigneurs.

AGATHÉMI.

J'évite les méchants.

J'évite les méchants.

J'évite les méchants.

DAVE.

J'apprends l'art de régner.

J'apprends l'art de régner.

J'apprends l'art de régner.

AGATHÉMI.

Moi, l'industrie agreste.

Moi, l'industrie agreste.

Moi, l'industrie agreste.

DAVE.

Je vois des lambris d'or.

Je vois des lambris d'or.

Je vois des lambris d'or.

AGATHÉMI.

Et moi, l'azur céleste.

Et moi, l'azur céleste.

Et moi, l'azur céleste.

DAVE.

J'ai de pompeux banquets.

J'ai de pompeux banquets.

J'ai de pompeux banquets.

AGATHÉMI.

Moi, de prompts appétits.

Moi, de prompts appétits.

Moi, de prompts appétits.

DAVE.

J'ai la faveur des grands.

J'ai la faveur des grands.

J'ai la faveur des grands.

AGATHÉMI.

J'ai l'amour des petits.

J'ai l'amour des petits.

J'ai l'amour des petits.

DAVE.

J'éblouis par mon faste, et soumets Vénus même.

J'éblouis par mon faste, et soumets Vénus même.

J'éblouis par mon faste, et soumets Vénus même.

AGATHÉMI.

Moi, quand on m'aime un peu, c'est pour moi seul qu'on m'aime.

Moi, quand on m'aime un peu, c'est pour moi seul qu'on m'aime.

Moi, quand on m'aime un peu, c'est pour moi seul qu'on m'aime.

DAVE.

Je marche décoré.

Je marche décoré.

Je marche décoré.

AGATHÉMI.

Moi, sans vain appareil.

Moi, sans vain appareil.

Moi, sans vain appareil.

DAVE.

Je vois lever le roi.

Je vois lever le roi.

Je vois lever le roi.

AGATHÉMI.

Moi, lever le soleil.

Moi, lever le soleil.

Moi, lever le soleil.

DAVE.

Mes pieds foulent la pourpre.

Mes pieds foulent la pourpre.

Mes pieds foulent la pourpre.

AGATHÉMI.

Et les miens, la verdure.

Et les miens, la verdure.

Et les miens, la verdure.

DAVE.

Je parle aux souverains.

Je parle aux souverains.

Je parle aux souverains.

AGATHÉMI.

J'écoute la nature.

J'écoute la nature.

J'écoute la nature.

DAVE.

J'entends les bruits publics; j'admire les héros.

J'entends les bruits publics; j'admire les héros.

J'entends les bruits publics; j'admire les héros.

AGATHÉMI.

J'entends murmurer l'onde, et vois s'enfler les flots.

J'entends murmurer l'onde, et vois s'enfler les flots.

J'entends murmurer l'onde, et vois s'enfler les flots.

DAVE.


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