SUBJONCTIF
Que siégueoufugue,—que je sois, etc.
IMPARFAIT
Que siguésseoufuguésse,—que je fusse, etc.
PARTICIPE PRÉSENT
Estènt,—étant.
La première conjugaison des verbes est enaou enarqui correspond àer.
INFINITIF
Cantar,—chanter.
INDICATIF PRÉSENT
Canti,—je chante.
IMPARFAIT
Cantavi,—je chantais.
PARTICIPE PASSÉ
Canta,cantado,—chanté, chantée.
PARTICIPE PRÉSENT
Cantan,—chantant.
FUTUR
Cantarai,—je chanterai, etc.
SUBJONCTIF
Que canti,—que je chante, etc.
Dans la première conjugaison, les verbes qui se terminent enia, commeremercia, et qui font en rhodanienremercie,remerciès,remercian, etc..., changent cette terminaison en dialecte marseillais, ainsi qu’il suit:remercien,remerciès,remerciè,remercias, etc.
Deuxième conjugaison eni:
INFINITIF
Fini,—finir.
PASSÉ
Avé fini,—avoir fini.
PARTICIPE PRÉSENT
Finissènt,—finissant.
PASSÉ
Fini,finido,—fini, finie.
INDICATIF PRÉSENT
Finisse,—je finis.
IMPARFAIT
Finissieù,—je finissais.
PASSÉ DÉFINI
Finiguère,—je finis.
FUTUR
Finirai,—je finirai.
PASSÉ
Aurièù fini,—j’aurai fini.
IMPÉRATIF
SUBJONCTIF
Que finigue,—que je finisse.
IMPARFAIT
La troisième conjugaison se termine eneet correspond à la quatrième du français endre, ainsi:rèndreà l’infinitif, rendre.
PASSÉ
Avé rendu,—avoir rendu.
PARTICIPE PRÉSENT
Rendènt,—rendant.
PASSÉ
Rendu,rendudo,—rendu, ue.
INDICATIF
Rènde,—je rends.
IMPARFAIT
PASSÉ DÉFINI
PASSÉ INDÉFINI
Ai rendu,—j’ai rendu.
FUTUR
IMPÉRATIF
SUBJONCTIF
IMPARFAIT
Les verbes pronominaux des trois conjugaisons se forment en provençal en ajoutant les pronomsme,te,se,nous,vous,se. Exemples: se couper,me coupi,te coupès,se coupe, etc...
Enfin, pour terminer ce chapitre des verbes, nous ajouterons que, comme en français, l’infinitif, en provençal, peut s’employer comme substantif. Exemple:lou dourmi, le sommeil;lou mangea, le manger.
L’accord du participe avec le sujet ou le régime diffère absolument des règles grammaticales appliquées en français.Es estado brave, elle a été sage;l’oustaù qu’ai louga, la maison que j’ai louée.
Dans les verbes pronominaux, on se sert des pronoms,me,te,se,nous,vous,se, que l’on supprime devant les personnes des verbessieu,siès,ès; mais, dans les autres cas et contrairement au français, un seul pronom suffit au lieu de deux. Exemple:
Ces pronoms se placent après le verbe à l’impératif:
Les principales prépositions usitées en provençal sont:
A, en françaisà.
Mais, devant un nom commençant par une voyelle, on la remplace paren:m’en vaù en Avignoun.
On distingue en provençal plusieurs sortes d’adverbes.
Dans ce genre d’adverbes, comme dans les adjectifs, on remarquera des augmentatifs qui donnent aux mots une grande expression de clarté et de force.
Les principales conjonctions sont les suivantes:
Les interjections, trop nombreuses pour être reproduites ici, sont très usitées dans le provençal, pour exprimer la joie, la douleur, la compassion, la crainte, le désir, l’admiration, la surprise, l’aversion, le dégoût, l’indifférence, l’approbation, etc...
Ici se termine l’exposé grammatical du provençal parlé et écrit selon la nouvelle méthode orthographique. Nous en avons puisé les principaux éléments dans les ouvrages du Frère Savinien et laGrammairede dom Xavier de Fourvières qui, aujourd’hui répandue dans les écoles congréganistes des départements de Vaucluse, du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Var, rend les plus grands services aux élèves en facilitant leurs progrès, tant dans la langue française que dans la langue du pays natal. Nous renouvelons le vœu déjà formulé, à savoir que cet ouvrage ainsi que ceux du Frère Savinien (Lectures ou versions provençales-françaises) soient répandus également dans les écoles communales laïques (garçons et filles) de tous nos départements du Midi.
Nous ne saurions trop insister sur l’application de la méthode de dom Xavier de Fourvières et du Frère Savinien, dont les résultats passés garantissent les succès futurs. Ce faisant, nous ravivons la pensée, nous nous associonsau intentions de ceux qui l’ont patronnée et encouragée par leurs discours ou leurs écrits. Elle a été recommandée au Ministre de l’Instruction publique parM. de Boislisle, qui présidait le Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements à la Sorbonne, en 1896; parMistral, le grand poète de notre Provence, qui, dans une lettre rendue publique adressée à l’auteur, en signalait les avantages en un style étincelant de verve, de logique et de clarté; parPaul Meyer, le distingué directeur de l’École des Chartes; parMgrDupanloup, l’évêque patriote, dont le souvenir est encore présent à la mémoire de tous les Français qui l’ont vu lutter contre l’invasion allemande, en 1870; parMichel Bréal, qui n’a jamais cessé d’être l’apôtre de cette juste revendication; parSaint-René Taillandier, qui disait si justement: «Pour fortifier le sentiment de la grande patrie, il faut cultiver les traditions et la langue de la petite province; pour atteindre ce but et obtenir les meilleurs résultats, il faut faire voir aux enfants les rapports intimes, profonds, naturels du provençal et de la langue nationale. Ainsi envisagée, l’étude du provençal ne peut être qu’utile, car, en même temps qu’elle nous attache plus fortement à notre foyer, à notre Provence, elle nous fait mieux aimer la France, en nous montrant l’unité de notre origine et le berceau commun de notre développement.»
Ici se termine cet ouvrage que nous mettons sous la haute protection des noms autorisés que nous venons de citer, aussi bien que de tous ceux qui s’intéressent à notre passé historique, à notre langue provençale et à sa propagation dans nos écoles du Midi, où elle sera le moyen le plus sûr, le plus prompt et le plus direct d’améliorer l’enseignement de la langue nationale: le français.
NOTE:[102]D’après le Frère Savinien.
NOTE:
[102]D’après le Frère Savinien.
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