[p. 60]PL. III,n° 24.Pl 3 24Conan remet les clés de la ville.Pl 3 24 imDans cette situation désespérée, Dinan n'a plus qu'à se rendre. Conan, qui commande la défense, le reconnaît enfin: il descend dans les lices, et de là tend, au bout de sa lance, les clés de la ville au vainqueur, qui les reçoit sur sa lance. C'est probablement Guillaume lui-même qui est ici représenté: ses chausses treillissées comme sa broigne, ce qui était très rare à cette époque, semblent bien le désigner.On ne peut songer à Harold; en effet, il ne porte pas la moustache qui désigne habituellement les Anglo-Saxons, et c'est seulement à la scène suivante, qu'il recevra les armes de chevalier.Les chroniques, qui si souvent mentionnent la reddition de villes assiégées, ne nous disent pas comment s'opérait la remise au vainqueur. La représentation peut-être unique que nous avons ici, est d'autant plus précieuse que Conan, en présentant ainsi les clés de Dinan au bout de sa lance, se conformait probablement à un usage général59.[p. 61]Dans les législations anciennes, la convention, l'accord des parties ne suffisait pas à transférer la propriété; il fallait latradition, c'est-à-dire une véritable mise à la disposition du nouveau propriétaire. Le droit romain, qui est resté en vigueur jusqu'au commencement du siècle dernier, consacrait cette règle par la maxime:traditionibus, non nudis pactis dominia rerum transferuntur. La tradition d'une maison se faisait par la remise des clés. C'est de ce moment, que l'ancien propriétaire perdait ses droits, et les transférait à l'acquéreur. De même Conan abandonnait ainsi ses droits de suzeraineté et autres sur Dinan.Ne trouvons-nous pas une survivance de ces idées dans l'usage de présenter aux souverains modernes les clés des villes qu'ils visitent?
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PL. III,n° 24.
Conan remet les clés de la ville.
Dans cette situation désespérée, Dinan n'a plus qu'à se rendre. Conan, qui commande la défense, le reconnaît enfin: il descend dans les lices, et de là tend, au bout de sa lance, les clés de la ville au vainqueur, qui les reçoit sur sa lance. C'est probablement Guillaume lui-même qui est ici représenté: ses chausses treillissées comme sa broigne, ce qui était très rare à cette époque, semblent bien le désigner.
On ne peut songer à Harold; en effet, il ne porte pas la moustache qui désigne habituellement les Anglo-Saxons, et c'est seulement à la scène suivante, qu'il recevra les armes de chevalier.
Les chroniques, qui si souvent mentionnent la reddition de villes assiégées, ne nous disent pas comment s'opérait la remise au vainqueur. La représentation peut-être unique que nous avons ici, est d'autant plus précieuse que Conan, en présentant ainsi les clés de Dinan au bout de sa lance, se conformait probablement à un usage général59.
[p. 61]Dans les législations anciennes, la convention, l'accord des parties ne suffisait pas à transférer la propriété; il fallait latradition, c'est-à-dire une véritable mise à la disposition du nouveau propriétaire. Le droit romain, qui est resté en vigueur jusqu'au commencement du siècle dernier, consacrait cette règle par la maxime:traditionibus, non nudis pactis dominia rerum transferuntur. La tradition d'une maison se faisait par la remise des clés. C'est de ce moment, que l'ancien propriétaire perdait ses droits, et les transférait à l'acquéreur. De même Conan abandonnait ainsi ses droits de suzeraineté et autres sur Dinan.
Ne trouvons-nous pas une survivance de ces idées dans l'usage de présenter aux souverains modernes les clés des villes qu'ils visitent?