[p. 75]PL. IV,nos33 et 34.Pl 4 33 34Harold, roi des Anglais, siège sur son trône.L'archevêque Stigand.Pl 4 33 34 imLe parjure est accompli; malgré son serment, Harold est roi d'Angleterre. La Tapisserie constate ce fait, et cesse de lui donner le titre deDux; elle l'appelle désormais Roi des Anglais,Rex Anglorum.Ici, elle nous le représente sur son trône avec les insignes de la royauté, la couronne, le sceptre, le globe, et recevant les hommages de ses sujets, d'abord des seigneurs qui l'ont choisi; l'un des principaux porte devant lui l'épée royale; puis du clergé représenté par l'archevêque Stigand; et enfin du peuple qui vient, par ses acclamations, ratifier le choix du nouveau roi. Le peuple n'est pas admis, même par des délégués, dans la salle du trône; il reste dans une des cours du palais. Le dessinateur nous le représente, mais l'inscription ne mentionne même pas sa présence. Cela nous montre bien les degrés qu'observait la hiérarchie féodale.Revêtu de ses ornements sacerdotaux, rochet, manipule, chasuble ornée de larges galons, qu'il ne faut pas confondre avec un pallium, l'archevêque Stigand occupe, à gauche du trône, une place d'honneur. Son nom, inscrit[p. 76]au-dessus de sa tête, le signale à notre attention, et sa présence ici insinue que c'est lui qui a sacré le nouveau roi et lui a remis la couronne et le sceptre.Sans rechercher si, réellement, il a célébré cette cérémonie, disons que l'opinion publique l'a cru72. Or Stigand, appelé au siège de Cantorbéry à la suite de la révolution, qui en avait chassé l'archevêque normand Robert, n'avait pas obtenu de Rome les pouvoirs nécessaires. Il ne pouvait, sans sacrilège, exercer ses nouvelles fonctions, et le sacre auquel il aurait présidé aurait été nul. On comprend facilement quelle force cette situation anormale donnait aux attaques de Guillaume, dans un pays catholique.Enfin avec Fowke73remarquons l'orthographe du mot « Stigant ». Un Anglais aurait écrit « Stigand ». Cette substitution du t au d est un de ces indices qui montrent aux grammairiens, que l'artiste, qui a tracé les inscriptions, était bien normand.
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PL. IV,nos33 et 34.
Harold, roi des Anglais, siège sur son trône.L'archevêque Stigand.
Le parjure est accompli; malgré son serment, Harold est roi d'Angleterre. La Tapisserie constate ce fait, et cesse de lui donner le titre deDux; elle l'appelle désormais Roi des Anglais,Rex Anglorum.
Ici, elle nous le représente sur son trône avec les insignes de la royauté, la couronne, le sceptre, le globe, et recevant les hommages de ses sujets, d'abord des seigneurs qui l'ont choisi; l'un des principaux porte devant lui l'épée royale; puis du clergé représenté par l'archevêque Stigand; et enfin du peuple qui vient, par ses acclamations, ratifier le choix du nouveau roi. Le peuple n'est pas admis, même par des délégués, dans la salle du trône; il reste dans une des cours du palais. Le dessinateur nous le représente, mais l'inscription ne mentionne même pas sa présence. Cela nous montre bien les degrés qu'observait la hiérarchie féodale.
Revêtu de ses ornements sacerdotaux, rochet, manipule, chasuble ornée de larges galons, qu'il ne faut pas confondre avec un pallium, l'archevêque Stigand occupe, à gauche du trône, une place d'honneur. Son nom, inscrit[p. 76]au-dessus de sa tête, le signale à notre attention, et sa présence ici insinue que c'est lui qui a sacré le nouveau roi et lui a remis la couronne et le sceptre.
Sans rechercher si, réellement, il a célébré cette cérémonie, disons que l'opinion publique l'a cru72. Or Stigand, appelé au siège de Cantorbéry à la suite de la révolution, qui en avait chassé l'archevêque normand Robert, n'avait pas obtenu de Rome les pouvoirs nécessaires. Il ne pouvait, sans sacrilège, exercer ses nouvelles fonctions, et le sacre auquel il aurait présidé aurait été nul. On comprend facilement quelle force cette situation anormale donnait aux attaques de Guillaume, dans un pays catholique.
Enfin avec Fowke73remarquons l'orthographe du mot « Stigant ». Un Anglais aurait écrit « Stigand ». Cette substitution du t au d est un de ces indices qui montrent aux grammairiens, que l'artiste, qui a tracé les inscriptions, était bien normand.