Chapter 49

[p. 89]PL. V,n° 47.Pl 5 47Ici est Wadard.Pl 5 47 imVoici Wadard, personnage qui n'est connu que par cette unique mention. Ses armes, son rôle, le désignent comme un officier supérieur, chargé d'assurer la subsistance de l'armée. Il commande la troupe qui revient de marauder, et préside au partage du butin.Par ses ordres, un homme, armé d'une hache, s'apprête à abattre un bœuf; pendant qu'il donne des instructions, un autre lui amène un cheval, trouvé dans les environs, comme l'indique sa crinière coupée en brosse.On s'est beaucoup demandé qui était ce Wadard, si connu de ses contemporains, malgré le silence des chroniques, que le rédacteur des inscriptions se borne à nous dire son nom, sans nous indiquer sa qualité, ou sa fonction. Les commentateurs ont donné libre cours à leur imagination. Les uns pensent que Wadard était un de ces Normands fixés en Angleterre, dans les environs de Hastings, qui accourait au-devant de l'armée, pour la renseigner et la guider; d'autres, que c'est lui qui a averti Guillaume du couronnement de Harold79. Mais, plus probablement, c'était un Bayeusain, très connu dans sa ville, et qui avait été chargé de l'intendance générale de l'armée.N'est-ce pas ce rôle qu'il remplit sous nos yeux?[p. 90]Toutefois, ce n'est qu'une hypothèse; on ne peut même affirmer s'il était anglais ou normand. La seule chose certaine c'est que leDomesday Book, rédigé de 1080 à 1086, mentionne un Wadard parmi les vassaux du comté de Kent, attribué à l'évêque Odon de Bayeux. Il est probable que c'est lui que mentionne la Tapisserie.Avec beaucoup d'autres auteurs, nous signalons ce détail qui montre bien que la Tapisserie est une œuvre contemporaine, destinée à des contemporains au courant de tous les incidents de la conquête, et dessinée non d'après les chroniques, qui toutes ignorent Wadard, mais d'après des souvenirs, ou des renseignements personnels.

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PL. V,n° 47.

Ici est Wadard.

Voici Wadard, personnage qui n'est connu que par cette unique mention. Ses armes, son rôle, le désignent comme un officier supérieur, chargé d'assurer la subsistance de l'armée. Il commande la troupe qui revient de marauder, et préside au partage du butin.

Par ses ordres, un homme, armé d'une hache, s'apprête à abattre un bœuf; pendant qu'il donne des instructions, un autre lui amène un cheval, trouvé dans les environs, comme l'indique sa crinière coupée en brosse.

On s'est beaucoup demandé qui était ce Wadard, si connu de ses contemporains, malgré le silence des chroniques, que le rédacteur des inscriptions se borne à nous dire son nom, sans nous indiquer sa qualité, ou sa fonction. Les commentateurs ont donné libre cours à leur imagination. Les uns pensent que Wadard était un de ces Normands fixés en Angleterre, dans les environs de Hastings, qui accourait au-devant de l'armée, pour la renseigner et la guider; d'autres, que c'est lui qui a averti Guillaume du couronnement de Harold79. Mais, plus probablement, c'était un Bayeusain, très connu dans sa ville, et qui avait été chargé de l'intendance générale de l'armée.

N'est-ce pas ce rôle qu'il remplit sous nos yeux?[p. 90]Toutefois, ce n'est qu'une hypothèse; on ne peut même affirmer s'il était anglais ou normand. La seule chose certaine c'est que leDomesday Book, rédigé de 1080 à 1086, mentionne un Wadard parmi les vassaux du comté de Kent, attribué à l'évêque Odon de Bayeux. Il est probable que c'est lui que mentionne la Tapisserie.

Avec beaucoup d'autres auteurs, nous signalons ce détail qui montre bien que la Tapisserie est une œuvre contemporaine, destinée à des contemporains au courant de tous les incidents de la conquête, et dessinée non d'après les chroniques, qui toutes ignorent Wadard, mais d'après des souvenirs, ou des renseignements personnels.


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