[p. 114]PL. VIII,n° 65.Pl 8 65Ici les Français combattentet les soldats de Harold succombent.Pl 8 65ab imRamenés au combat, les Normands reprennent la lutte avec une nouvelle ardeur. Les Anglais, qui, pour les poursuivre, avaient abandonné leurs redoutables retranchements et rompu leur ordre de bataille, surpris par ce retour offensif, ne peuvent conserver leur avantage. Leur camp est envahi et le combat terrible, surtout là où était arboré le dragon, étendard des Anglais98. Auprès de lui, pour assurer sa défense, s'étaient groupés les meilleurs soldats. De leur côté les chevaliers normands redoublaient d'efforts pour le conquérir, pendant que leurs archers ne cessaient de faire pleuvoir des flèches sur leurs ennemis.N'est-ce pas le roi d'Angleterre que nous voyons arracher une flèche qui lui a crevé un œil? De toute cette scène, Wace nous donne ce récit bien vivant:« Normanz archiers ki ars teneient,« As Engleiz mult espez traeient,[p. 115]« Maiz de lor escuz se covreient,« Ke en char ferir nes' poeient;« Ne por viser ne por bien traire,« Ne lor poeient nul mal faire« Cunseil pristrent ke halt traireient;« Quant li saetes descendreient« De sor lor testes dreit charreient,« Et as viaires les ferreient.« Cel cunseil ont li archier fait« Sor li Engleis unt en halt trait;« Quant li saetes reveneient,« De sor les testes lor chaeient,« Chies è viaires lor perçoent« Et à plusors les oilz crévoent« Ne n'osoent les oilz ovrir,« Ne lor viaires descovrir.« Saetes plus espessement« Voloent ke pluie par vent;« Mult espès voloent saetes« Ke Engleiz clamoentvibetes.« Issi avint k' une saete,« Ki de verz li ciel est chaete,« Fèri Héraut de sus l'oil dreit.« Ke l'un des oilz li a toleit;« E Heraut l'a par air traite,« Getée a les mains, si l'a fraite« Por li chief ki li a dolu« S'est apuié sor son escu99. »« Rom. de Rou, v. 13276. »Dans la bordure du bas, on remarque quatre meubles très spéciaux, sortes de carquois de grande dimension,[p. 116]véritables magasins de flèches, que, selon toute vraisemblance, on amenait dans la bataille, là où le besoin s'en faisait particulièrement sentir, afin de permettre aux archers de renouveler leurs provisions, qui s'épuisaient forcément très vite. Ce détail archéologique ne semble pas avoir été remarqué malgré sa réelle importance.
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PL. VIII,n° 65.
Ici les Français combattentet les soldats de Harold succombent.
Ramenés au combat, les Normands reprennent la lutte avec une nouvelle ardeur. Les Anglais, qui, pour les poursuivre, avaient abandonné leurs redoutables retranchements et rompu leur ordre de bataille, surpris par ce retour offensif, ne peuvent conserver leur avantage. Leur camp est envahi et le combat terrible, surtout là où était arboré le dragon, étendard des Anglais98. Auprès de lui, pour assurer sa défense, s'étaient groupés les meilleurs soldats. De leur côté les chevaliers normands redoublaient d'efforts pour le conquérir, pendant que leurs archers ne cessaient de faire pleuvoir des flèches sur leurs ennemis.
N'est-ce pas le roi d'Angleterre que nous voyons arracher une flèche qui lui a crevé un œil? De toute cette scène, Wace nous donne ce récit bien vivant:
« Normanz archiers ki ars teneient,« As Engleiz mult espez traeient,[p. 115]« Maiz de lor escuz se covreient,« Ke en char ferir nes' poeient;« Ne por viser ne por bien traire,« Ne lor poeient nul mal faire« Cunseil pristrent ke halt traireient;« Quant li saetes descendreient« De sor lor testes dreit charreient,« Et as viaires les ferreient.« Cel cunseil ont li archier fait« Sor li Engleis unt en halt trait;« Quant li saetes reveneient,« De sor les testes lor chaeient,« Chies è viaires lor perçoent« Et à plusors les oilz crévoent« Ne n'osoent les oilz ovrir,« Ne lor viaires descovrir.« Saetes plus espessement« Voloent ke pluie par vent;« Mult espès voloent saetes« Ke Engleiz clamoentvibetes.« Issi avint k' une saete,« Ki de verz li ciel est chaete,« Fèri Héraut de sus l'oil dreit.« Ke l'un des oilz li a toleit;« E Heraut l'a par air traite,« Getée a les mains, si l'a fraite« Por li chief ki li a dolu« S'est apuié sor son escu99. »
« Rom. de Rou, v. 13276. »
Dans la bordure du bas, on remarque quatre meubles très spéciaux, sortes de carquois de grande dimension,[p. 116]véritables magasins de flèches, que, selon toute vraisemblance, on amenait dans la bataille, là où le besoin s'en faisait particulièrement sentir, afin de permettre aux archers de renouveler leurs provisions, qui s'épuisaient forcément très vite. Ce détail archéologique ne semble pas avoir été remarqué malgré sa réelle importance.