CHAPITRE XI

[1]Chapitre VIII.

[1]Chapitre VIII.

[2]Chapitre XXXVI.

[2]Chapitre XXXVI.

[3]DEL LUNGO,Beatrice nella vita e nella poesia del secolo XIII,Milano,1891.

[3]DEL LUNGO,Beatrice nella vita e nella poesia del secolo XIII,Milano,1891.

[4]Dans le XXIIechant de l'Enfer de laComédie, Dante fait allusion à une campagne qu'il aurait faite sur le territoire des Arétins: «J'ai vu des coureurs parcourir vos terres, O Arétins....»

[4]Dans le XXIIechant de l'Enfer de laComédie, Dante fait allusion à une campagne qu'il aurait faite sur le territoire des Arétins: «J'ai vu des coureurs parcourir vos terres, O Arétins....»

Il est intéressant de rapprocher du onzième chapitre de laVita nuovacette pensée de Vauvenargues, c'est-à-dire d'un contemporain de Voltaire et de Diderot:

«Quand un jeune homme ingénu aime pour la première fois, tous ceux qui le connaissent se ressentent de son bonheur. Il tend la main à ceux qui ont voulu lui nuire, il donne, il pardonne, il réconcilie: son amour devient pour lui toutes les vertus.»

N'est-ce pas une même inspiration qui a dicté ces lignes au poèteitalien et au philosophe français? Et l'on peut se demander si l'un d'eux n'a pas été le reflet direct de l'autre.

Ballata, io vo'che tu ritruovi amore....

Cette ballade se divise en trois parties: Dans la première, je lui dis où elle doit aller, et je l'encourage pour qu'elle s'en aille plus hardiment, et je lui dis quelle compagnie elle doit prendre pour aller en sécurité et sans courir aucun danger. Dans la seconde partie, je dis ce qu'il lui appartient de faire entendre. Dans la troisième, je la laisse libre de partir quand elle voudra en recommandant son voyage à la fortune. La seconde partie commence à: Dis-lui d'abord avec douceur....La troisième à: ma gentille ballade....

On pourrait m'adresser un reproche, et dire que l'on ne saurait pas à qui je me serais adressé à la seconde personne, parce que cette ballade n'est autre chose que mes propres paroles: aussi je dis que ce doute, j'entends le résoudre et l'éclaircir dans ce petit livre,ainsi qu'un doute plus grand encore. Et alors comprendra celui qui doutera encore et qui voudra me le reprocher de cette manière.

Si jusqu'ici nous n'avons guère vu dans la partie lyrique qu'une répétition ou un développement de la prose qui la précède, nous trouvons ici deux sujets différans dont l'un est la préparation de l'autre.

Le Poète, dont la pensée, suivant son habitude, s'abrite sous la fiction de l'Amour, se laisse d'abord aller à ses réflexions. Il sent bien qu'il s'est mis dans un mauvais cas. La femme dont il a voulu faire la nouvelle défense de son amour a été compromise (ha ricevuto alcuna noia) par les bavardages auxquels ont donné lieu ses assiduités simulées. Béatrice (laquelle estcontraria di tutta la noia) ne se soucieras de se trouver mêlée à tous ces commérages, et elle en veut à celui qui y a donné lieu. Dante en a conscience et cherche à corriger les choses. Il fait son plan, et la ballade en est l'exécution.

Peut-être trouvera-t-on que le lyrisme dont lanota suaveest pleine de charme, recouvre plus de politique que d'inspiration. Mais cela mêmetémoigne de la sincérité du Poète et de la réalité de son récit.

Quant à la ballade elle-même, elle nous représente une scène à quatre personnages, l'amoureux qui l'a écrite, l'aimée à qui elle est destinée, la ballade qui est chargée de présenter les excuses et les explications, enfin, l'Amour qui devra l'accompagner pour la faire agréer.

Il faut remarquer les précautions infinies que prend le premier. D'abord, il n'ose s'adresser directement à celle qui s'est crue offensée. Puis, il multiplie les formes les plus délicates et les plus pressantes de la courtoisie et de l'humilité. Il espère que la forme harmonieuse de son apologie disposera en sa faveur celle dont il implore le pardon: mais il ne se fie pas suffisamment à sa propre éloquence et à ses bonnes raisons. Alors il invoque l'Amour afin qu'il témoigne pour lui et qu'il plaide sa cause. Mais ce n'est pas seulement à l'amour qui habite son propre coeur, qu'il fait appel, c'est peut-être et surtout à l'amour même de Béatrice.

Tutti li miei pensier parlan d'amore....

Ce sonnet peut se diviser en quatre parties. Dans la première, je dis et j'établis que toutes mes pensées sont d'amour. Dans la deuxième, je dis quelles sont diverses, et je raconte leurs diversités. Dans la troisième, je dis en quoi elles paraissent toutes s'accorder. Dans la quatrième, je dis que, en voulant parler de l'Amour, je ne sais où je dois le prendre. Et si je veux le prendre de toutes, il faut que j'appelle mon ennemie madame la pitié. Je dis madame(madonna)par mode dédaigneux.

La deuxième partie commence à: et le font....la troisième à: elles s'accordent seulement....la quatrième à: c'est à ce point....

Coll' altre donne mia vista gabbate....

Je ne divise pas ce sonnet en plusieurs parties, parce que l'on n'établit de divisions que pourexpliquer le sens des parties ainsi divisées. Il n'y a donc pas lieu de le faire pour que la signification en soit comprise.

Il est vrai que, parmi les expressions relatives au sens de ce sonnet, il en est qui demeurent douteuses. Ainsi, quand je dis que l'Amour tue tous mes esprits et ne laisse en vie que ceux qui leur servent d'instrumens, ceci demeure inexplicable à qui n'est pas au même degré fidèle de l'Amour. Et il est certain que ces mots douteux seraient compris de ceux qui le sont.

Il n'est donc pas nécessaire de donner cette explication qui serait inutile et même superflue.

La scène qui vient d'être reproduite ne rappelle-t-elle pas ce que faisait ressentir aux Anciens l'approche imaginaire d'un Dieu, et surtout l'approche de sanctuaires particulièrement redoutés? Il s'agissait là de phénomènes d'hystéricisme soit isolés, soit communiqués aux foules par une véritable contagion. L'état général des esprits pendant toute la durée du moyen âge était tout à fait favorable à des manifestations de ce genre. Quelque part que l'on puisse faire à l'enveloppe romanesque dont sont entourés la plupart des incidents de laVita nuova, même les plus sûrement réels,on peut être assuré que le Poète n'a pas inventé de toutes pièces les sensations extraordinaires que l'aspect ou seulement l'approche de Béatrice déterminaient en lui.

Il m'a été reproché d'avoir parlé d'hystérie à propos des phénomènes singuliers qu'il s'attribue à lui-même dans mainte circonstance[1]. Ce sont des témoignages significatifs d'une nervosité véritablement maladive. Il faut ici que ce trouble du système se soit produit avant même que la présence de celle qui en était la cause se fût révélée ou fût même prévue. Il s'agit là d'un phénomène qui rentre dans ceux auxquels se rapporte la télépathie ou action à distance. Si je l'osais, je dirai que Dante eût pu faire un excellent medium.

NOTE:

[1]Giornale Dantesco.

[1]Giornale Dantesco.

Ciò che m'incontra nella mente more....

Ce sonnet se divise en deux parties: dans la première, je dis la raison pour laquelle je ne me décide pas àm'approcher de cette femme; dans la seconde, je dis ce qui m'arrive quand je m'approche d'elle; et cette partie commence par: et quand je suis....Et cette seconde partie se divise aussi encinq, suivant ce qui s'y raconte. Dans la première,je dis ce que l'Amour, sur le conseil de la raison,me dit quand je suis près d'elle; dans la seconde,j'explique l'état de mon coeur d'après celui de monvisage; dans la troisième, je dis comment je perdstout courage; dans la quatrième, je dis combien atort celui qui ne me témoigne aucune compassion,parce que cela me rassurerait; dans la dernière, jedis pourquoi les autres devraient avoir pitié demoi, c'est-à-dire en raison de l'angoisse qui memonte aux yeux; angoisse qui disparaît, c'est-à-diredont les autres ne s'aperçoivent pas, à cause dela moquerie de cette femme, laquelle attire à elleles regards de ceux qui verraient peut-être cetteangoisse. La seconde partie commence à: mon visage montre....la troisième à: et tout frissonnant....la quatrième à: il a bien tort....la cinquième à: et me montre....

Spesse fiate vennemi alla mente....

Ce sonnet se divise en quatre parties suivant qu'il comprend quatre choses. Et comme ces choses ont été exprimées plus haut, je n'ai pas besoin de distinguer les parties par lesquelles elles commencent. Je dis donc seulement que la deuxième partie commence à: que l'amour m'assaille....La troisième à: puis je, m'efforce....La quatrième à: et je lève mes yeux....

Il faut admettre, d'après les dernières paroles qui venaient de lui être adressées, que le Poète s'était plaint hautement de la, sévérité de sa Dame, soit en paroles, soit dans des vers qui auraient reçu déjà quelque publicité. Et nousvoyons qu'il en est honteux et repentant; et il exprime la résolution «de prendre toujours désormais ses louanges pour sujet de ses paroles», et il se demande comment il a pu parler différemment.

On sait que laVita nuovane nous donne pas la reproduction intégrale des pièces qu'il a composées à l'honneur ou à propos de Béatrice. Il en est un certain nombre qui datent certainement de la même époque et qu'il aura probablement éliminées lui-même, que l'on trouve généralement annexées au texte de laVita nuova.

Mais il y avait alors des élémens de publicité dont il est difficile de nous faire une idée précise, et un côté de cette Société qui nous échappe complètement.

Nous voyons que le premier sonnet de laVita nuova, purement symbolique, a été adressé à des rimeurs notables. «Sitôt que ce sonnet fut répandu», dit le poète. Et nous connaissons quelques-unes des réponses qui lui furent faites. Parlant du sonnetDonne ch'avete intelletto d'amore....(chap. XX), il dit encore: «Après que ce sonnet eut été répandu dans le monde....» (chap. XX).

Il y avait certainement là un mode de correspondance analogue à cette correspondancepar petits vers, madrigaux, sonnets, que nous retrouvons dans le XVIIIesiècle, et dont Voltaire faisait un si large usage.

N'y avait-il pas également alors quelque chose d'analogue à ce qu'on appelait, au dernier siècle, des bureaux d'esprit? Nous voyons un de ses amis (le frère de Béatrice) venir demander à Dante de dire quelque chose à propos d'une femme qui venait de mourir (chap. XXXIII). Un autre de ses amis (Forese) le prie de lui dire ce que c'est que l'amour (sonnet, page 57). De nobles dames viennent lui demander de ses vers (chap. LXII), et il en écrit de nouveaux pour mieux leur faire honneur.

Les Florentins avaient l'habitude de se réunir le soir,al fresco dei marmi, sur les bancs de marbre que l'on voit encore autour de la cathédrale (Santa Maria del fiore), et où l'on montreil sasso di Dante, la pierre où Dante venait s'asseoir.

C'est là que devaient s'échanger les racontars de la ville et les commérages du jour, et se communiquer les productions journalières des rimeurs à la mode. N'est-ce pas la fidèle représentation des cafés et des cercles de nos villes de province?

Donne, ch' avete intelletto d'amore....

Cette canzone, afin qu'elle soit mieux comprise, Je la diviserai avec plus de soin que les précédentes, et j'en ferai ainsi trois parties.

La première partie est la préface de ce qui suit; la deuxième est le sujet traité; la troisième est comme la servante(una servigiale)des précédentes. La deuxième commence à: un ange a fait appel...;la troisième à: Canzone, je sais....

La première partie se divise en quatre.

Dans la première, je dis à qui je veux parler de ma Dame et pourquoi je veux le faire. Dans la deuxième, je dis ce que je pense de ses mérites, et comment j'en parlerais si je l'osais. Dans la troisième, je dis comment je crois devoir m'exprimer, afin que je ne sois pas empêché par timidité. Dans la quatrième, revenant à ceux à qui j'ai voulu m'adresser, je dis la raison pour laquelle j'ai fait ainsi.

La deuxième partie commence à: je dis donc que lorsque...;la troisième à: et je ne veux pas non plus...;la quatrième à: avec vous, femmes et jeunes filles....

Puis quand je dis: un ange a fait appel....je commence à traiter de cette femme; et cette partie doit se diviser en deux. Dans la première, je dis qu'on s'occupe d'elle dans le ciel, et dans la deuxième qu'on s'occupe d'elle sur la terre: ma dame est désirée....Cette deuxième partie se divise encore en deux: dans la première, je dis quelle est la noblesse de son âme en parlant des vertus qui procèdent de celle-ci. Dans la deuxième, je parle de la noblesse de son corps en signalant quelques-unes de ses beautés, ainsi: l'amour dit d'elle....Cette deuxième partie se divise encore en deux. Dans la première, je parle des beautés de toute sa personne; dans la deuxième, je parle de certaines beautés appartenant à certaines parties déterminées de sa personne, ainsi: de ses yeux....

Cette même deuxième partie se subdivise encore en deux: dans l'une, je parle de ses yeux qui sont le principe de l'amour et dans l'autre de sa bouche qui est la fin (le but) de l'amour. Et afin que ceci ne sollicite aucune pensée blâmable, que le lecteur se rappelle ce qui a été écrit plus haut: que le salut de cette femme, qui étaitl'opération de sa bouche, était la fin de mes désirs, quand il m'était permis de le recevoir.

Lorsque ensuite je dis: Canzone, je sais....j'ajoute une stance qui est comme la servante des autres, où je dis ce que je demande à cette Canzone. Et comme cette dernière partie est facile à comprendre, je ne m'occuperai plus d'autres divisions.

Je dis que pour bien pénétrer le sens de cette Canzone il faudrait avoir recours à des divisions plus détaillées: mais cependant celui qui n'a pas assez d'entendement pour se contenter de celles-ci, il ne me déplaît pas qu'il s'en tienne â cela. Car certainement je crains d'avoir expliqué à trop de gens la signification de cette Canzone.

Le passage de ce sonnet entre «un ange a fait appel à la divine Intelligence» et «ma Dame est donc désirée dans le ciel» est fort difficile à interpréter, et a exercé sans grands résultats apparens la sagacité des commentateurs.

On a cru y percevoir d'abord le pressentiment de la fin prématurée de Béatrice, et comme une allusion à la descente du Poète aux enfers.

Mais, suivant cette hypothèse, il faudrait admettre que le plan de laComédie se fût trouvé déjà arrêté dans son esprit lorsqu'il écrivait ce sonnet. On a fait observer que les expressionsinferno, l'enfer, etmal nati, les méchans, pourraient s'appliquer simplement à la conception qu'il a plus d'une fois exprimée dans des termes analogues, de la condition de notre monde, un véritableinferno, et des hommes,malvagioumalnati.

Quoi qu'il en soit de cette interprétation, s'il n'a pas adressé cette Canzone directement à Béatrice, mais aux femmes (ch'avete intelletto d'amore), il dit qu'elle sera envoyée à celle dont il célèbre la louange, et il la prie (la Canzone) de le recommander à elle et à l'Amour qui sera près d'elle. Et d'ailleurs, si elle est désirée dans le ciel, c'est qu'elle est encore vivante.

Ceci ne saurait donc faire de doute, mais ne nous donne pas le sens énigmatique de la première partie de la canzone. M. Scherillo pense qu'il a dû y avoir une interpolation introduite dans sa rédaction plus tard, après la mort de Béatrice[1]. Dante ne se conforme pas toujours dans ses récite à l'ordre des temps.LaDivine Comédieest pleine de prédictions qui n'étaient que la reproduction de faits accomplis. Il est permis de croire que laVita nuova, lors de sa rédaction définitive et de son encadrement dans ses récits en prose, a subi plus de retouches, de corrections, d'additions que nous ne pouvons le discerner.

Il ne me paraît pas possible d'admettre que, pendant que se déroulait le roman de laVita nuovaet qu'il écrivait ce poème d'amour, alors qu'il n'avait pas encore pénétré, bien avant au moins, dans la vie publique, il eût déjà conçu le plan de laDivine Comédieet fait les préparatifs de son voyage sacré.[2]

Dans un article tout récent[3]consacré à l'important ouvrage de Scherillo (alcuni capitoli dalla biografia di Dante) un éminent critique, M. Barbi, ne croit pas non plus que ce passage provienne d'une source antérieure à laVita nuova. Je reproduis à peu près ses paroles:

Il ne pouvait prévoir encore la fiction de ce voyage dans les royaumes ultra mondains, entrepris pour le bien du monde qui vivait mal, et pour lequel il n'avait aucun titre, «n'étant pas Énée ni saint Paul».[4]

Alors que Dante écrivait cette canzone, les infortunes ne lui avaient pas encore donné l'expérience des besoins du siècle pour lui faire concevoir une telle entreprise et dans un pareil but.[5]

C'est parce que nous sommes familiers avec la fiction de la Comédie que nous interprétons ainsi le voyage en question. On comprenait autrement en 1289 que Dieu fît dire dans l'Enfer aux perdus par la bouche du Poète: «J'ai vu l'espérance des Bienheureux....»

Je ne puis m'empêcher de faire encore remarquer le caractère depolitesse raffinée qui était dans les habitudes du Poète. Dans les milieux les plus dramatiques de la Comédie, comme dans la vie sociale où nous amène laVita nuova,il se montre toujours d'une correction et d'une courtoisie irréprochables, soit qu'il se rencontre avec des femmes, soit qu'il se trouve en présence de personnages dont il veut reconnaître la supériorité intellectuelle ou sociale. Il nous apparaît toujours comme un homme bien élevé, et la délicatesse de ses manières et de ses expressions nous laisse l'idée que nous nous faisons d'un homme qui a été élevé par des femmes.[6]Il y a là un contraste manifeste avec l'apreté de son caractère et la violence habituelle de son langage.

Nous ne savons rien du reste de sa première éducation et de son milieu domestique. J'ai déjà rappelé le silence absolu qu'il garde sur sa famille et sur les premières impressions de son enfance, en dehors de sa passion précoce. Pour ce qui est de la Comédie, nous pouvons dire que le Virgile qu'il nous présente pouvait bien lui servir de modèle en matière de courtoisie; cequi paraît mieux en harmonie avec les souvenirs de la cour d'Auguste qu'avec le milieu où Dante a vécu, et avec la barbarie effective que recouvraient encore à peine certains raffinemens bien superficiels sans doute.

NOTES:

[1]SCHERILLO,alcuni capitoli della biografia di Dante.«Quand Dieu dit: «il dira, aux âmes desmalvagi», c'est déjà une allusion à laComédie.» (Page 835.)

[1]SCHERILLO,alcuni capitoli della biografia di Dante.«Quand Dieu dit: «il dira, aux âmes desmalvagi», c'est déjà une allusion à laComédie.» (Page 835.)

[2]Voir encore sur ce dernier sujet l'intéressant et compendieux travail de M. Leynardi (la Psicologia dell' arte nella Divina Commedia). L'éminent professeur de philosophie au lycée Doria de Gênes a étudié avec autant de sagacité que de finesse (sottilezza) tous les points qui se rapportent à la composition de laDivine Comédie. Dans la dissertationcome avenne la preparazione dell' opera, il fait observer que l'intention première du Poète, entièrement annoncée dans laVita nuova,était d'élever un monument à Béatrice: et ce n'est que peu à peu, et suivant le cours des événemens et l'évolution de son propre esprit, et enfin le développement de son génie, que cette oeuvre est devenue laDivine Comédie. Et il proteste contre l'idée exprimée par Giuliani d'une construction architecturale de laDivine Comédie, qui aurait été arrêtée dans l'esprit du Poète dès ses années de jeunesse.

[2]Voir encore sur ce dernier sujet l'intéressant et compendieux travail de M. Leynardi (la Psicologia dell' arte nella Divina Commedia). L'éminent professeur de philosophie au lycée Doria de Gênes a étudié avec autant de sagacité que de finesse (sottilezza) tous les points qui se rapportent à la composition de laDivine Comédie. Dans la dissertationcome avenne la preparazione dell' opera, il fait observer que l'intention première du Poète, entièrement annoncée dans laVita nuova,était d'élever un monument à Béatrice: et ce n'est que peu à peu, et suivant le cours des événemens et l'évolution de son propre esprit, et enfin le développement de son génie, que cette oeuvre est devenue laDivine Comédie. Et il proteste contre l'idée exprimée par Giuliani d'une construction architecturale de laDivine Comédie, qui aurait été arrêtée dans l'esprit du Poète dès ses années de jeunesse.

[3]Bullettino della Società Dantesca Italiana, Firenze, octobre, novembre 1896.

[3]Bullettino della Società Dantesca Italiana, Firenze, octobre, novembre 1896.

[4]La Divine Comédie, l'Enfer, ch. IL.

[4]La Divine Comédie, l'Enfer, ch. IL.

[5]Se reporter à mon Introduction, p. 14.

[5]Se reporter à mon Introduction, p. 14.

[6]Ceci a déjà été signalé dansl'Introduction.

[6]Ceci a déjà été signalé dansl'Introduction.

Amor e cor gentil sono una cosa....

Ce sonnet se divise en deux parties: dans la première, je parle de l'amour en tant qu'il est en puissance. Dans la seconde, j'en parle en tant que de la puissance il s'est résolu en acte. Cette seconde commence à: puis la beauté apparaît....

La première partie se divise elle-même en deux. Dans la première, je dis de quel genre est cette puissance. Dans la seconde, je dis comment ce sujet et cette puissance sont produits ensemble, et comment l'un est à l'autre, ce que la forme est à la matière. Cette seconde commence à: quand la nature....

Et quand je dis: puis la beauté apparaît ...je discomment cette puissance s'est résolue en acte, et d'abord comment elle se fait chez l'homme, ensuite comment elle se fait chez la femme, e simil fa la donna.

L'amour en puissance est celui dont on a les éléments sans avoir eu l'occasion de l'appliquer. L'amour en acte est celui qui s'adresse à un objet déterminé.

Negli occhi porta la mia donna Amore....

Ce sonnet a trois parties. Dans la première,je dis comment cette femme résout en acte cette puissance par la grande noblesse de ses yeux; et la troisième dit la même chose de la noblesse de sa bouche. Et entre ces deux parties, il s'en trouve une moindre gui a l'air de demander leur aide à celle qui précède et à celle qui suit: et elle commence à: Aidez-moi, Mesdames....Cette troisième commence à: toute douceur....La première partie se divise en trois. Dans la première, je dis comment par sa vertu tout ce qu'elle voit devient noble, ce gui va jusqu'à amener l'amour en puissance là où il n'était pas. Dans la seconde partie, je dis comment elle résout l'amour en acte dans les coeurs de tous ceux qu'elle voit. Dans la troisième, je dis ce qu'ensuite par sa vertu elle accomplit dans leurs coeurs.

La deuxième partie commence à: où elle passe....et la troisième commence à: et son salut.

Quant je dis ensuite: aidez-moi, mesdames ... je donne à entendre à qui j'ai l'intention de m'adresser, en demandant aux femmes de m'aider à l'honorer. Puis quand je dis: toute douceur ...je répète ce que j'ai dit dans la première partie à propos des deux actes de sa bouche dont l'un est sa douce parole et l'autre son admirable sourire: sauf que je ne dis pas de ce dernier comment il agit dans les coeurs des autres, parce que la mémoire ne peut le garder pas plus que l'impression qu'il a produite.

Voi che portate la sembianza umile....

Le premier sonnet se divise en deux parties. Dans la première, j'appelle ces femmes, et je leur demande si elles viennent d'auprès d'elle, en leur disant que je le crois, alors qu'elles reviennent ennoblies par son approche. Dans la seconde partie, je les prie de me parler d'elle. Cette seconde partie commence à: et si vous venez....

Se' tu colui c'hai trattato sovente....

Ce second sonnet a quatre parties suivant que les femmes au nom desquelles je réponds auraient eu quatre réponses à me faire. Et, comme je l'ai exprimé, plus haut, je n'ai pas à les reproduire; aussi j'en fais seulement la distinction. La deuxième partie commence à: pourquoi pleures-tu?...La troisième commence à: laisse-nous pleurer ...la quatrième à: elle a la pitié....

M. Del Lungo nous a conservé le testamentde Folco Portinari, daté du 14 janvier 1287. Ce testament très long, et rédigé d'une manière fort minutieuse, distribue la grande fortune du testateur, d'abord et pour la plus grande partie à des oeuvres ou fondations pieuses et durables, puis à chacun des membres de sa famille, parmi lesquels nous trouvons Bice (Béatrice) l'une de ses filles,uxori domini Simonis dei Bardi, pour cinquante florins.[1]

NOTE:

[1]Del Lungo,Beatrice nella vita e nella poesia del secolo XIII, Milano, 1891.

[1]Del Lungo,Beatrice nella vita e nella poesia del secolo XIII, Milano, 1891.

Donna pietosa e di novella etate....

Cette canzone a deux parties: dans la première, je dis en parlant à une personne indéterminée comment je fus tiré d'une imagination délirante parcertaines femmes, et comment je leur promis de la leur raconter. Dans la seconde, je dis comment je l'ai fait. La seconde commence à: tandis que je pensais....La première partie se divise en deux: dans la première, je dis ce que certaines femmes, et une en particulier, dirent et firent au sujet de mon délire avant que j'eusse repris ma connaissance. Dans la seconde, je dis ce que ces femmes me dirent après que feus cessé de divaguer, et elle commence à: ma voix était....Ensuite, quand je dis: tandis que je pensais ...je dis comment je leur ai raconté mon imagination. Et relativement à ceci, je fais deux parties: dans la première, je les raconte dans l'ordre. Dans la seconde, en disant à quelle heure ces femmes m'ont appelé, je les remercie intérieurement; et cette partie commence à: vous m'avez appelé....

La femme jeune et compatissante (donna pietosa e di novella etate) qui se trouve à la tête de la canzone est la même que la femme jeune et gentille qui n'a fait que passer dans le récit. C'est celle qui se tenait près de son lit, et que les autres femmes en avaient écartée, à cause sans doute de ses frayeurs et de ses bruyantes lamentations.

Il a suffi au poète de quelques mots à peine pour donner la vie à une image gracieuse, mais toute fugitive. Celle-ci était sa plus proche parente (eta meio di propinquissima sanguinità,) c'est-à-dire sa soeur, mariée depuis à un Léone Poggi (Fraticelli).

Io mi sentii svegliar dentro allo core....

Ce sonnet a plusieurs parties.

La première dit comment je sentis s'éveiller en moi le tremblement bien connu de mon coeur, et comment il me sembla que l'amour venait à m'apparaître de loin tout joyeux. La deuxième dit comment il me sembla que l'amour parlait dans mon coeur et ce qu'il me semblait dire. La troisième dit comment, après qu'il fut resté ainsi avec moi un peu de temps, je vis et j'entendis certaines choses.

La deuxième partie commence à: et il disait ...la troisième commence à: et comme mon Seigneur....

Cette troisième partie se divise en deux: dans la première, je dis ce que j'ai vu; et dans la deuxième, ce que j'ai entendu. Et elle commence à: l'amour me dit....

Ceci nous fait assister à la réconciliation deDante avec Béatrice. Il a plu au Poète de donner à ce récit une forme presque sibylline, sans doute à cause du caractère solennel qu'il lui attribuait. Il paraîtra peut-être difficile d'en saisir au premier abord la signification: voici l'interprétation qui peut en être donnée.

Guido Cavalcanti «le premier des amis de Dante», avait aussi une amie, qui se nommaitGiovanna. Dante la vit donc s'approcher de lui, et derrière elle marchait Béatrice. Voilà tout ce que contient le récit. Cette Giovanna, qui était connue sous le nom dePrimaveraqu'on lui avait donné sans doute à cause de son genre de beauté, il traduit son nom de Primavera par celui dePrima verrà(celle qui viendra la première). Et il trouve en outre que le nom de Giovanna lui convient parce qu'il lui vient de celui de Giovanni (saint Jean), qui avait annoncé la vraie lumière (Vox clamantis...).

Ici la vraie lumière, c'est Béatrice. Et c'est Giovanna qui la précède et l'annonce, s'étant sans doute chargée de ramener Béatrice à Dante, et de mettre fin à la brouille qui les séparait.

Tout ceci est bien alambiqué et typique de l'époque, ainsi que cette intrusion d'allusions sacrées au simple fait du rapprochement de deuxamans brouillés par suite d'un malentendu. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes au XIIIesiècle.

Voici encore un sonnet, compris dans lesrime spettanti alla Vita nuova, qui se rapporte à ce même incident, et dont les termes mêmes ne permettent aucun doute sur son authenticité.[1]

J'ai vu une gracieuse compagnie de femmes,C'était le jour de la Toussaint passée.Et l'une d'elles venait presque la première,Menant avec elle l'amour à sa droite.Ses yeux jetaient une lumièreQui semblait un esprit enflammé:Et ayant eu la hardiesse de regarder son visage,J'y vis la figure d'un ange.Cette douce et sainte créatureSaluait de ses yeuxCeux qui en étaient dignes.Et le coeur de chacun s'imprégnait de sa vertu.Je crois que c'est dans le ciel qu'est née cette merveille.Et qu'elle est venue sur la terre pour notre salut.Heureuses donc celles qui l'accompagnent.

NOTE:

[1]Di donne io vidi una gentil Schiera.... (Altre rime spettanti alla Vita nuova.)

[1]Di donne io vidi una gentil Schiera.... (Altre rime spettanti alla Vita nuova.)

Est-ce pour satisfaire aux règles qu'il vient d'établir qu'il exprimera plus tard en strophes amoureuses les louanges de la philosophie dansIl Convito? (Fraticelli.) Et, s'il a transformé la Philosophie en une femme douée de tous les attraits de son sexe, est-ce afin de pouvoir la célébrer ainsi, et la louer dans un langage approprié? Et, chose assez singulière, les expressions symboliques qu'il adresse à la Philosophie ont un caractère de sensualité que nous ne rencontrons dans aucune des invocations dont Béatrice est l'objet.

On est très embarrassé avec le poète de laVita nuovaet de laDivine Comédie. S'il a bien établi la distinction dans le discours du sens littéral et du sens allégorique[1], il ne nous aide pas souvent à faire la part de l'un et de l'autre. Il fait penser, si l'on ne trouve pas un tel rapprochement un peu irrespectueux, à cespersonnes que nous rencontrons dans le monde, quelquefois très intelligentes ou très spirituelles, mais d'un esprit ainsi fait qu'on ne sait jamais si elles parlent sérieusement, ou si elles ne pensent pas le contraire de ce qu'elles disent.

NOTE:

[1]Il Convito, Trait, ii.

[1]Il Convito, Trait, ii.

Tanto gentile e tanto onesta pare....

Ce sonnet est si facile à comprendre, après le récit gui précède, qu'il n'a besoin d'aucune division. Je n'y insisterai donc pas.

Il est remarquable que, parmi toutes les expressions de pieuse adoration que le poète adresse à sa bien-aimée, nous ne percevions aucun indice propre à la personne même de Béatrice.

Il nous dit bien: «quand on la voyait passer, on répétait: ce n'est pas une femme, c'est un des plus beaux anges de Dieu.» Ou bien: «c'est une merveille, béni soit Dieu qui a fait uneoeuvre si belle!» Mais nous ne connaissons rien de plus.

Était-elle brune ou blonde? Nous ne savons pas la couleur de ses yeux, de ses beaux yeux,begli occhi, qui lui versaient ses joies et ses douleurs. Elle ne reste pour nous qu'un pur esprit, une âme impalpable et insaisissable.

Si, dans les oeuvres consacrées à la représentation des passions humaines, on aime à apercevoir quelques lueurs immatérielles, on n'aime pas moins à voir une oeuvre idéale et mystique s'éclairer de quelques rayons humains.

Aussi je n'ai pu vivre avec elle, comme j'ai vécu, sans chercher à m'en faire une représentation sensible.

Je la vois d'une taille moyenne, blonde comme la Laure de Pétrarque, mais sans la froideur un peu hautaine que nous montre le profil de celle-ci conservé à laLauranzianade Florence. Ses yeux sont changeants comme la surface de la Méditerranée, tantôt d'un saphir étincelant et tantôt d'une teinte assombrie. Elle a la démarche d'une Déesse et le charme d'une Grâce. Nous reconnaissons, dans la pâleur de perle que son poète lui attribue, la pâle morbidesse de celles qui doivent mourir jeunes....

Et, si nous voulons compléter cette représentation tout idéale des traits plus marqués que, plus tard, elle laissera entrevoir à celui qu'elle guidera sur le chemin du Paradis, nous distinguerons alors, sous une beauté fulgurante que les yeux auront souvent de la peine à supporter, cette expression maternelle que les femmes aiment à prendre auprès de ceux qu'elles sentent asservis à leurs charmes, un sourire doux, indulgent, et par instant légèrement ironique.

Vede perfettamente ogni salute....

Ce sonnet a trois parties: dans la première, je dis près de quelles personnes cette personne paraissait le plus admirable; dans la seconde, je dis combien sa compagnie était agréable; dans la troisième, je dis l'effet qu'elle produisait sur les autres par la vertu de sa présence. La deuxième partie commence à: celles qui vont ...la troisième à:et sa beauté....

Cette dernière partie se divise en trois. Dans la première,je dis l'action qu'elle exerçait sur les femmes au sujet d'elle-même; dans la seconde, je dis l'action qu'elle exerçait sur elles au sujet des autres; dans la troisième, je dis comment cette action se faisait sentir merveilleusement non seulement sur elles, mais sur tout le monde, non seulement par sa présence mais aussi par son souvenir. La seconde partie commence à: à sa vue....La troisième à: et tout ce qu'elle fait....

Lorsque le Poète nous dit que la noblesse et la beauté de Béatrice répandaient leur reflet «sur les femmes qui allaient avec elle,» et que tous ceux qui l'approchaient se pénétraient de sa perfection au point d'en oublier leurs bassesses et leurs fautes, il ne semble d'abord se livrer qu'à quelque amplification poétique.

Lorsqu'il nous montre les anges du ciel réclamant cette merveille pour qu'elle vienne partager la paix dont ils jouissent, nous n'y apercevons d'abord qu'une figure de rhétorique propre à nous faire pressentir la destinée d'une créature dont «le monde où elle vit n'est pas digne».

Cependant, n'est-il pas vrai que, dans la vie commune, le commerce assidu d'une grande beauté ou d'un pouvoir insigne nous relève aux yeuxdes autres et à nos propres yeux, et que l'intimité avec une intelligence supérieure ou une vertu éclatante réagit sur notre propre personnalité, et exerce une influence, consciente ou non, sur nos jugemens et sur nos actes?

Et qui, présent aux lamentations d'une mère pleurant une fille adorée ne l'a entendue s'écrier, presque dans les mêmes termes que le Poète: elle était trop belle et trop bonne, c'est le ciel qui nous l'a prise et qui en a fait un ange?

C'est que, sous ces hyperboles familières à la poésie, et surtout à la poésie trécentiste, nous retrouvons toujours une conscience précise de la réalité, et, sous la grandiloquence habituelle du langage, une expression fidèle des sentimens et des sensations humaines. C'est là un des caractères les plus frappans du génie du Poète que, dans ses harmonies les plus éclatantes ou les plus confuses, on ne saisit jamais une note douteuse.

Giuliani pense qu'en s'exprimant ainsi le Poète fait allusion par avance à la place queBéatrice tiendra dans le Paradis (Rose mystique) auprès de Marie, cette reine bénie, et qu'il faut voir là un «témoignage de l'architecture qui a présidé à toute son oeuvre».[1]

C'est voir les choses de loin. Si l'on suppose que le nom de Marie est invoqué ici parce que la place de Béatrice près de Marie dans la Rose mystique se trouvait déjà déterminée dans l'esprit du Poète, on pourrait aussi bien supposer que l'épisode paradisiaque de Marie n'est qu'un souvenir de laVita nuova.

D'ailleurs Dante nous dit qu'il avait lui-même une dévotion particulière à la Sainte Vierge, et l'invocation qu'il lui adresse (nel paradiso della Divina Commedia) est une des plus belles pages du Poème.

L'idée que, peu après la mort de Béatrice (1292), fût arrêté le plan du Paradis de la Comédie, qu'il devait travailler encore et terminer vingt ans après, c'est-à-dire l'année même de sa mort, me paraît tout à fait inadmissible. Je suis déjà revenu à plusieurs reprises sur ce sujet.[2]

On peut s'étonner de voir exprimées d'unefaçon aussi dogmatique les raisons pour lesquelles le Poète ne parlera pas de la mort de Béatrice.

M. Scherillo, dans le livre si intéressant que j'ai cité plusieurs fois, s'est livré sur ce sujet à une longue dissertation où, comme d'habitude, on voit chercher à relier avec l'oeuvre future du Poète les passages dont l'interprétation paraît douteuse. Cette interprétation me paraît cependant assez simple.

Je ne dis pas cela pour la première raison, peu importante du reste, parce qu'on ne comprend pas bien en quoi, de la préface(proemio)du livre, il résulterait que ceci n'entrait pas dans son plan. La seconde raison renvoie ce récit; qu'il ne saurait entreprendre lui-même (sans doute parce qu'il lui serait trop douloureux), à un autreglossatore: ceci peut être pris dans un sens général sans qu'il soit nécessaire de chercher si l'auteur a entendu faire allusion à un glossateur en particulier. Quanta la troisième raison,il ne saurait faire ce récit sans s'y introduire lui-même, et dans un sens plutôtlaudatore. Or il a établi quelque part qu'il est toujours blâmable de parler de soi, sans une nécessité formelle.[3]

NOTES:


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