Chapter 2

LE PÈRE CHABOT VOLÉ (JEU DE SCÈNE)

LE PÈRE CHABOT VOLÉ (JEU DE SCÈNE)

LISA—Tu sais pas pourquoi qu'elle t'a fait une scène... c'est qu'il y en a là une autre... une nouvelle... une chouette... que tu connais bien et que tu serais peut-être pas fâché de revoir...

LEMERLAN.,intéressé.—Qui donc?

LISA—Vas-y voir, elle danse!(A part, pendant que le Merlan se dirige vers l'entrée du bal.)Nous y v'là!

LEMERLAN.—Laquelle donc?

LISA—Tu vois pas?... Celle qui lève la jambe à la hauteur de l'œil....

LEMERLAN.,pâle et faisant un pas en arrière.—Tonnerre! la Casserole!

LISA—Hein, quoi?

LEMERLAN.—La Casserole! Ah! mon pauvre Marin! Oui, c'est bien elle! C'est bien sa tronche! Elle a beau se farguer, je la reconnais aux châsses! Ah! la canaille!

LEGARDE RÉPUBLICAIN.—Allons! Entrez ou sortez! Restez pas là!

Il passe.

LEMERLAN.—De quoi est-ce qu'il s'occupe encore, celui-là?(il va jusqu'à la porte de la rue.)Encore des fliques qui passent! Quel sale quartier! On peut pas faire un pas sans se foutre dans de la rousse!

SCÈNE VI

Les Mêmes, LA TERREUR, PETIT-LOUIS

LATERREUR.—Elle est tout de même épatante, c'te môme-là! Elle vous pince une frétillante avec un chic! Tiens, le Merlan, bonjour!

LEMERLAN.,sombre.—Bonjour... Vous l'avez vue aussi, hein?

LATERREUR.—Qui?

LEMERLAN.—La grande Carcasse.

LATERREUR.—Oui! c'est une gigolette, je te dis que ça! Tu la connais aussi, toi?

LEMERLAN.,amèrement.—Oui, je la connais aussi! Mais c'est pas de ça qu'il s'agit! Méfiez-vous!(Confidentiellement.)C'est une castrole... elle marche avec la rousse!

PETIT-LOUIS—Ah, bah!

LATERREUR.—Je l'avais déjà entendu dire.

LEMERLAN.—Moi, j'en suis sûr! C'est elle qui a fait gerber le Marin, vous savez bien, le Marin?... Il est au dur et pour dix ans... à cause d'elle!

PETIT-LOUIS—Pas possible!... Et moi, qui tout à l'heure... j'étais bien tombé!

TIENS, CASSEROLE, V'LA POUR TOI!

TIENS, CASSEROLE, V'LA POUR TOI!

LEMERLAN.—Oui, à cause d'elle!... de c'te bonne femme qu'est en train de faire la belle jambe avec son vieux.... Je vas vous conter çà.(Il s'assied à la table de droite, la Terreur et Petit-Louis s'asseyent près de lui.)Garçon, du pétrole! Et puis, des brêmes! En maquillant les brêmes, on jaspine mieux!

LISA—Y aura bien un verre pour moi....

LEMERLAN.—Parfaitement! T'es pas de trop! Toi, t'es une frangine! Tu causes pas... quand il faut se taire...

Le garçon apporte un litre d'eau-de-vie, des verres et un jeu de cartes.

LISA—Garçon, un verre pour ma figure!

Elle s'assied.

LEMERLAN.,mettant dans son œil une pièce de cinq francs comme un monocle et la faisant sauter d'une chiquenaude sur la table.—Amarre la thune! C'est la dernière! Plus un radis, mais la gonzesse turbine, y aura de la galtouze ce soir!

LEGARÇON.—V'là votre monnaie, le Merlan!

LEMERLAN.—C'est bon!(Le garçon se retire. Le Merlan verse de l'eau-de-vie dans les verres.)Vous l'avez tous connu, l'Marin, n'est-ce pas? C'était un camarade à moi, un ami de cœur, je l'aimais!

LISA—La Rouquine en était jalouse.

LEMERLAN.,avec un sourire contenu.—Elle avait p't'être raison? Des amis comme ça, on y tient! C'est à la vie, à la mort! La preuve, c'est que je le regrette! Je me suis jamais consolé depuis son départ! Tandis que les femmes.... Pfff! Une de perdue, dix de retrouvées!...

LISA—Ça, c'est vrai, les femmes! c'est pas rare!

LEMERLAN.—Aussi, un beau jour, vous verrez... faudra que je la crève, la sale Carcasse!

LATERREUR.—Ah! tu sais, faut bien réfléchir avant... moi, je suis pour la prudence.

LEMERLAN.—La prudence! Tu me fais rire, tiens! T'as donc jamais été touché là, toi, au cœur?(Il se frappe la poitrine.)Quand ça me prendra, ça ne traînera pas! A toi de faire, Petit-Louis, maquille, maquille! Ça regarde pas le bistro, ce que je jaspine là! Faut qu'y croit que nous jouons!

LISA—Ah! oui, le cœur! Ça fait souffrir! Je sais ce que c'est! Quand vous en aurez souffert autant comme moi! J'en ai eu deux, des amis, moi, à qui qu'on a coupé le cou.... Eh bien! j'sais la peine que ça m'a fait!

LEMERLAN.—Il l'avait prise, sortant du claque, sans un radis, sans une liquette à se foutre sur le dos! Rien de rien! On turbinait ensemble dans ce temps-là, et on l'avait nippée, fringuée, quoi! Un béguin qui l'avait pris comme ça, l'pauvre Marin! C'est un malheur! Eh bien, un jour, elle l'a fait pincer... en flagrant délit... un coup d'escalade et d'effraction... la nuit!... Attrapé, dix ans... et devant le juge, elle l'a chargé! Encore heureux que j'ai pas trinqué, j'étais du même coup, mais elle m'avait pas vu!

LATERREUR.—N'en faut pas, des castroles, ici!

C'EST QUE JE VOUS CONNAIS TOUS, MOI

C'EST QUE JE VOUS CONNAIS TOUS, MOI

PETIT-LOUIS—Sans compter qu'ça grille le métier! N'y faut pas de mec à la gonzesse, mince alors!

L'orchestre se tait. On entend un long murmure dans le bal et des cris:—Bravo! Bravo!

LEPATRON.,à l'entrée du bal.—C'est pour avoir l'honneur de vous remercier! Il va être deux heures, les enfants!

LEMERLAN.—On va fermer! C'est le moment! V'là la coterie qui défile et la Carcasse aussi! Faut pas qu'elle aille se bâcher tranquille! On y dégringolera son pante! Ça y est-il? Si alle bouge, quelques bonnes poignées de salsifis sur la poire... et faudra qu'elle paye la sauce!... Entendu?

TOUS.—Oui!

La salle de bal se vide. Le garde républicain part, les musiciens sortent, les danseurs s'attablent. Puis la Carcasse apparaît, dépeignée, le visage enflammé, traînant le père Chabot veule, avachi, fléchissant sur ses jambes. Le Merlan et ses acolytes sont debout à droite de la salle.

SCÈNE VII

LES MÊMES, LA CARCASSE, LE PÈRE CHABOT,SOUTENEURS ET FILLES.

LACARCASSE.,soutenant Chabot.—Tu sais, mon oncle, t'es rien lourd!

CHABOT.,remuant péniblement la tête.—Fatigué!... Fatigué!...

LACARCASSE.—T'es fatigué, mon pauv' vieux! T'as mal à tes gambettes! Dam! tu sais, faut être jeune pour tricoter des pincettes! Tiens, sis-toi là!(Elle le fait asseoir à la table de gauche.)Tout à l'heure, on va aller faire dodo! Ça te reposera! Tu prends du kirsch, dis? C'est très bon, le kirsch, pour vous remettre.... Garçon, du kirsch!

CHABOT.—Du krisch! Oui, j'veux prendre du krisch!... C'est bon, le krisch!...

LEMERLAN.,s'approchant en se dandinant.—Bonjour, Carcasse, tu payes rien?

LACARCASSE.—Tiens, le Merlan! T'payer quelque chose? Tu t'en ferais mourir, c'est pas dans mes habitudes. D'abord, c'est pas moi... c'est mon oncle qui régale... à moins que le vieux.... Dis donc, vieux, veux-tu y offrir quelque chose, au Merlan?... C'est un ancien copain.

CHABOT.—Hein, quoi?

LACARCASSE.—Je te demande si tu veux y offrir quelque chose, au Merlan... un verre de kirsch?

CHABOT.—Du krisch?... C'est bon... le krisch!

LACARCASSE.,désignant le Merlan.—Garçon, un kirsch pour monsieur!

Le Merlan s'assied en face de la Carcasse.

LISA,se glissant vers la porte, à part.—C'est le moment! La Rouquine doit pas être loin. Vous allez voir le tableau!

Elle sort.

PAS DE DISPUTES CHEZ MOI!... ALLONS, OUST!

PAS DE DISPUTES CHEZ MOI!... ALLONS, OUST!

LEMERLAN.—A ta santé, Carcasse!

LACARCASSE.—A la tienne! Trinque donc, mon oncle!

Ils trinquent.

LEMERLAN.,après avoir bu.—Y a tout de même longtemps qu'on s'est pas vu. T'es rien devenu belle fille!

LACARCASSE.—Oui... y en a déjà quelques-uns qui me l'ont dit.

LEMERLAN.—Et le Marin? Y-a-t'il longtemps que t'en as eu des nouvelles, du Marin?

LACARCASSE.—Le Marin! Mon petit, c'est de l'histoire ancienne, ça! Ah bien! il est loin, s'il court toujours!

SCÈNE VIII

Les Mêmes, LA ROUQUINE, LISA.

LEMERLAN.,voyant apparaître la Rouquine sur le seuil.—Ma femme!

Il recule sa chaise.

LACARCASSE.—Ta femme... c'te mal roussie? Qu'est-ce que ça peut me foutre, ta femme? J'suis pas libre, p't'être bien, d'trinquer avec qui que je veux?

LAROUQUINE.,s'arrêtant à deux pas de la Carcasse.—Ah! rosse, t'as pas assez de ton vieux? Y t'faut encore les hommes des autres! Eh bien, attends un peu pour voir!

LACARCASSE.,debout, les poings sur les hanches.—Hein, de quoi? Des menaces? Eh bien, viens-y donc! Et puis, après tout, y a longtemps que tu me cherches.... Tu m'as trouvée, c'te fois!... Allons, je t'attends!

LAROUQUINE.—Tu m'attends? Eh bien! me v'là!

Elle se jette sur la Carcasse, mais celle-ci la saisit à bras-le-corps et profitant de sa grande taille, elle fait pleuvoir sur la tête de la Rouquine une grêle de coups.

LACARCASSE.—Ah! sale bête! tu veux goûter de mes salsifis! Tiens... en v'là un... et puis un autre... et puis encore un autre!

TOUS.—Kiss! Kiss!

Un grand cercle s'est formé, au milieu duquel a lieu le combat. Le père Chabot, toujours assis et très entouré, considère les deux femmes d'un air hébété, tandis qu'adroitement Petit-Louis explore ses poches et subtilise son porte-monnaie.

LEMERLAN.—Allume, allume!

LAROUQUINE.—A mon tour, maintenant!

Elle se baisse, enlace les jambes de la Carcasse, la fait basculer et toutes deux tombent, la Carcasse dessous. La Rouquine lui enfonce ses ongles dans la face.

LACARCASSE.—Oh! la rosse!

LAROUQUINE.—Tiens, Casserole, v'là pour toi... et encore pour toi!

V'LA DE LA GALTOUZE!

V'LA DE LA GALTOUZE!

LEMERLAN.,sans bouger.—Allume! Allume!

LEPATRON.—C'est vot'dame qui a commencé, le Merlan! J'veux pas d'ça chez moi!

LEMERLAN.—Des disputes de femmes, ça me regarde pas!

Le patron saisit la Rouquine, l'arrache avec peine de dessus la Carcasse et la jette à la porte.

LACARCASSE.,se relevant ensanglantée et montrant le poing à la Rouquine.—As pas peur! Tu perds rien pour attendre! Je te repincerai! Et ce sera pas long! Viens-t'en, mon vieux, paye et viens-nous-en!

Tous les souteneurs se retirent, laissant isolés au milieu de la salle la Carcasse et le père Chabot.

SCÈNE IX

Les Mêmes, moins LA ROUQUINE.

LACARCASSE.—Allons, voyons! Eh bien, paye donc et que ça finisse!

CHABOT.,se fouillant, atterré.—Porte-monnaie!... Porte-monnaie!... Rien!... Je suis volé!

LACARCASSE.—Volé! On t'a volé! C'est vous autres, tas de mufles, qui lui avez volé sa bourse à ce pauv'vieux! Ça se passera pas comme ça! Ah! vous me traitez de castrole! Eh bien, j'vas vous montrer si j'en suis une, de castrole! C'est que je vous connais tous, moi! Toi, le Marseillais, c'est pas la peine de te foutre ta casquette sur l'œil, je te vois bien, va! Et toi, Petit-Louis, avec ton grimpant que t'as fabriqué à la Maube! Et toi, la Terreur, avec ta pelure que t'as grinché à l'étalage!

LEMERLAN.,s'avançant.—Et moi?

LACARCASSE.—Toi! T'aurais mieux fait de ne pas ouvrir la gargoine! Du haut en bas, t'as rien à toi... pas seulement tes croquenauds!

CHABOT.—Je suis volé!... Je suis volé!...

LEMERLAN.,les dents serrées.—V'là un mot de trop, la Carcasse!

LACARCASSE.—De quoi, v'là un mot de trop? Il avait deux cents balles dans sa poche, mon vieux, et vous y avez secoué son porte-monnaie! A moins que ce soit moi.... C'est peut-être bien moi... au fait!

LATERREUR.—Pourquoi pas?

LACARCASSE.—Ah! mais non, tu sais!... Putain, tant qu'on voudra! Et encore pas pour toi, entends-tu, la Terreur! Putain, mais pas voleuse! A preuve, le Marin, mon ancien amant! Tant qu'il est resté bon fieu, ça a été! Mais le jour qu'il est venu me trouver et qu'il m'a dit:—«La môme, je te gobe, si tu veux, on va prendre une chambre ensemble, tu feras le turbin et pour l'argent on s'arrangera!» J'en ai eu assez!... Le jour qu'il est venu me trouver pour faire un coup, j'en ai eu de trop!... Je mange pas de ce pain-là! Y ne m'en faut pas de camelotte à moi! J'peux pas souffrir les pègres!

TOUTE LA TIERCE... Y PASSERA

TOUTE LA TIERCE... Y PASSERA

LEMERLAN.—Quand t'avais pus le rond, t'étais bien aise de palper ses pièces de vingt balles, au Marin!

LACARCASSE.—Mais j'savais pas d'où qu'elles devenaient!.. D'abord toi, le Merlan, t'étais son ami, son poteau! Tu passeras en jugement comme lui! As pas peur, j'vas m'occuper de toi et pas plus tard que demain, au bureau du quart d'œil.... Le porte-monnaie du vieux se retrouvera, crains rien! Viens, mon oncle, t'as pus le rond, eh ben! c'est moi qui vas casquer!

LEPATRON.—En v'là assez, n'est-ce pas? Encore une fois, j'veux pas de disputes chez moi! Allons, oust!

Murmures dans la foule. Le patron aidé de son garçon pousse tout le monde dehors, sauf Chabot et la Carcasse.

LEMERLAN.,sortant le dernier.—C'est bon! C'est bon! On s'en va!

Il jette en sortant un coup d'œil menaçant à la Carcasse, qui soutient son regard.

SCÈNE X

LA CARCASSE, CHABOT, LE PATRON, LE GARÇON.

LACARCASSE.,jetant de l'argent sur le comptoir.—V'là de la galtouze! Alle est pas grinchée, celle-là!

LEPATRON.,rendant la monnaie.—Voyez-vous, la Carcasse, moi, j'suis juste! Tout ça, c'est un peu de vot' faute, si vous aviez pas bu avec le Merlan....

LACARCASSE.—Laissez-moi donc tranquille! Tout ça, c'est voleur et compagnie!(Allant auprès du père Chabot qu'elle essaye de remettre sur ses jambes.)Viens, mon vieux, viens-nous-en! Je te ferai rendre, moi, ton porte-monnaie, crains rien! Ils y passeront tous, les uns après les autres!

CHABOT.—Je suis volé.... Je suis volé!...

LACARCASSE.—Va donc! puisque je te le ferai rendre! J'irai trouver le quart d'œil! Demain, ils auront tous les flicards à leurs trousses... ils n'y couperont pas!

LEPATRON.—Allons! la Carcasse, dépêchons! C'est l'heure! En route!

LACARCASSE.,qui est parvenue à remettre Chabot sur ses pieds.—Si vous croyez que c'est facile! Allons, viens-nous-en, mon vieux!

Elle soutient Chabot et tous deux font quelques pas vers la porte.

LEPATRON.—Eh! le loufiat! Viens m'aider un peu à ranger les bancs dans la salle de bal, avant d'éteindre.

LEGARÇON.—On y va!

Tous deux disparaissent dans la salle de bal.—Demi-obscurité.

SCÈNE XI

LA CARCASSE, CHABOT, puis successivement LA TERREUR,LE MERLAN, LA ROUQUINE, LISA.

LACARCASSE.—Allons! un peu de courage!(On entend au dehors un coup de sifflet.)Sifflez donc, tas de gouapeurs! J'vous crains pas!(Nouveau coup de sifflet.)Ah, çà! est-ce qu'ils nous attendraient?

Elle s'arrête au milieu de la salle, soutenant toujours le père Chabot.

LATERREUR.Il passe sa tête dans l'entre-bâillement de la porte, jette un regard circulaire dans la salle pour s'assurer que le patron n'est plus là, puis il se retire en faisant un signal.—Pi... ouitt!

LEMERLAN.,répondant à la cantonade.—Pi... ouitt!

LACARCASSE.,immobile et inquiète.—Les v'là! Tiens-toi bien, mon homme!

LEMERLAN.,apparaissant à la porte et marchant vers la Carcasse, à petits pas, les bras croisés.—T'as trop jaspiné pour ce soir, la Carcasse!

LACARCASSE.—J'ai dit ce qu'il fallait! Vous êtes des grinches, laisse-moi passer!

Elle veut écarter le Merlan qui ne bouge pas.

LAROUQUINE.,apparaissant à la porte, suivie de Lisa.—Mais saigne-la donc!

LACARCASSE.,à la Rouquine.—Me saigner! Viens-y donc!(Se reculant tout à coup avec un geste d'effroi.)T'as pas envie de me suriner, je suppose?

LEMERLAN.—P't-être bien que si!

Il lui enfonce un couteau dans la poitrine.

LACARCASSE.,lâchant Chabot, tombe.—Oh! la rosse! Il m'a linguée! Barre-toi, mon vieux!

CHABOT.,tombant assis lourdement, d'un air hébété.—J'suis volé!... j'suis volé!...

LATERREUR.,debout près de la porte.—Acrès! V'là l'arnaque!

Il disparaît dans la rue. Le Merlan, les bras croisés, ne bronche pas. Il regarde la Carcasse se tordant et râlant à ses pieds.

LAROUQUINE.—T'as donc pas entendu? V'là la rousse!

LEMERLAN.—Je suis pas sourd!

LAROUQUINE.,essayant de l'entraîner.—Viens-t'en donc!... Ils vont t'aggriffer!

LEMERLAN.,la repoussant.—Lâche-moi le coude! C'est ce que je veux! J'ai vengé le Marin! C'était mon poteau!... Je veux aller le retrouver!...

LAROUQUINE.—Eh bien? Et moi?...

LEMERLAN.—Toi?... Je m'en fous pas mal!

LAROUQUINE.—Cochon, va!

SCÈNE XII

Les Mêmes, LE PATRON, LE GARÇON, puis desGardiens de la paix.

LACARCASSE.,râlant.—A moi!... A moi!...

LEGARÇON.—Ah! mon Dieu!... Madame Carcasse!

LISA,montrant la Carcasse.—Oh! c'te poëlée! V'là où que ça mène, la mauvaise conduite!

Des gardiens entrent en courant. Ils saisissent la Rouquine, qui cherche à s'enfuir.

LAROUQUINE.,se débattant.—Tas de brigands! Tas de canailles!...

Un gardien l'entraîne.

LEPATRON.,survenant.—C'est lui!... C'est le Merlan!... Ah! le bandit! Prenez garde!... Il a son couteau!

Les agents saisissent le Merlan.

LEMERLAN.,très calme, souriant.—Oui! c'est moi qui l'ai surinée!... Mais n'ayez pas peur, allez!... Je me sauverai pas.... Je me rends.... V'là mon lingue!...

Il tend son couteau ensanglanté. On l'entraîne aussitôt, pendant que le patron, le garçon et un dernier gardien relèvent la Carcasse et Chabot.

LACARCASSE.,à moitié soulevée.—Je vous le dis... vous pouvez... me croire... tous... tous... toute la tierce... y... passera!...

Elle retombe dans les bras de ceux qui la soutiennent.

CHABOT.—J'suis volé!... J'suis volé!...

RIDEAU

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