The Project Gutenberg eBook ofLa duchesse bleue

The Project Gutenberg eBook ofLa duchesse bleueThis ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.Title: La duchesse bleueAuthor: Paul BourgetRelease date: January 18, 2017 [eBook #54002]Most recently updated: October 23, 2024Language: FrenchCredits: Produced by Clarity, Hélène de Mink, and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisfile was produced from images generously made availableby The Internet Archive/American Libraries.)*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LA DUCHESSE BLEUE ***

This ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.

Title: La duchesse bleueAuthor: Paul BourgetRelease date: January 18, 2017 [eBook #54002]Most recently updated: October 23, 2024Language: FrenchCredits: Produced by Clarity, Hélène de Mink, and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisfile was produced from images generously made availableby The Internet Archive/American Libraries.)

Title: La duchesse bleue

Author: Paul Bourget

Author: Paul Bourget

Release date: January 18, 2017 [eBook #54002]Most recently updated: October 23, 2024

Language: French

Credits: Produced by Clarity, Hélène de Mink, and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisfile was produced from images generously made availableby The Internet Archive/American Libraries.)

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Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.

Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.

ŒUVRES COMPLÈTESDEPaul Bourget

PAUL BOURGETLaDuchesse BleuePARISALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR23-31, PASSAGE CHOISEUL, 23-31M DCCC XCVIII

PAUL BOURGETLaDuchesse Bleue

PARISALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR23-31, PASSAGE CHOISEUL, 23-31

M DCCC XCVIII

I

Madame et amie,

JAURAISvoulu écrire votre nom en tête d'une œuvre plus digne d'être offerte au romancier génial à qui nous devonsle Pays de Cocagne.Quand on sort de lire des livres tels que celui-là, où l'âme d'un peuple a passé tout entière, des études de sensibilité individuelle du genre dela Duchesse Bleueparaissent bien minces, bien grêles. C'est un tableau de genre, placé en regard d'une de ces colossales fresques où excellèrent les maîtres italiens du quinzième siècle. Vous tenezd'eux, madame, cette largeur de touche, cette spontanéité créatrice qui met sur pied les personnages par centaines avec une aisance que n'ont surpassé de nos jours ni l'auteur del'Assommoir,ni celui deBel-Ami,ces deux autres admirables peintres de foules. En vous étudiant, vous et eux, je ne dirai pas que j'aie jamais douté de la forme littéraire à laquelle j'ai voué mon constant effort: le roman d'analyse; mais j'ai toujours senti la limitation d'un genre auquel manque presque fatalement ce prestige qui est le vôtre et le leur après avoir été celui de Scott et de Balzac, de Tolstoï et de tous les conteurs qui procèdent par vastes ensembles: le coloris de la vie en mouvement.

Si pourtant j'avais exécuté ce livre-ci tel que je l'ai conçu, il aurait eu, à défaut de cette large humanité propre au roman de mœurs, ce mérite de poser un très intéressant problème de psychologie. Quand j'ai commencé de l'écrire, voici quelques années déjà, j'avais l'idée de reprendre, à ma manière, la question traitée par Diderot dans son célèbreParadoxe sur le Comédien.Cette ambition s'est même traduite par le titre sous lequel ce roman a paru dans un des grands périodiques Parisiens, le Journal,à la place réservéeau feuilleton: Trois Ames d'Artistes.Ce problème n'est rien moins que celui des rapports de l'expression et de l'impression. L'artiste, à prendre ce mot dans le sens le plus large, c'est-à-dire l'être capable de traduire les sentiments humains, sculpteur et peintre par des formes, acteur par la voix et la mimique, musicien par des accords, écrivain par des mots,—doit-il éprouver réellement ces émotions dont il est l'interprète, ou bien s'accomplit-il en lui un de ces dédoublements de personnalité, admis aujourd'hui comme quotidiens par la science de l'esprit, et lemoidu talent peut-il être absolument distinct dumoide la vie? En d'autres termes, un grand artiste doit-il être de toute nécessité l'homme de son œuvre? Il n'est pas besoin d'aller chercher parmi les anecdotes plus ou moins controuvées de l'histoire littéraire des preuves pour ou contre cette théorie. Il suffit de rappeler que Shakespeare et Molière ont pu reproduire l'un les sentiments d'un Yago, l'autre ceux d'un Tartufe, sans les avoir jamais éprouvés. Le fait inverse ne saurait-il pas se rencontrer, et la peinture des sentiments les plus délicats ou les plus sublimes n'a-t-elle pas dû souvent être exécutée par des écrivains qui les concevaientdans leur seule imagination? Balzac le croyait. C'est l'idée maîtresse qui circule d'un bout à l'autre desIllusions perdueset deModeste Mignon.Rubempré et Canalis sont deux exemplaires, anatomisés avec une merveilleuse lucidité, du poète chez lequel cette imagination des sentiments élevés fonctionne à part, comme un organe indépendant, si bien qu'il y a chez eux non seulement un divorce total, mais une contradiction absolue, entre l'homme qui écrit et l'homme qui agit, entre le cerveau qui compose et le cœur qui sent.

Poussé à ce degré, ce phénomène de dédoublement devient une déformation morale presque monstrueuse, à laquelle il faut maintenir, et Balzac n'y a point manqué, son caractère d'exception. Il y a certes un point normal, qui est pour l'artiste l'état de santé, où le pouvoir d'expression et celui d'impression s'équilibrent, où le talent se développe sans contredire la vie, bien plus en la complétant et la couronnant. Ce fut toute l'éthique de Gœthe de rechercher ce point de santé et de s'y tenir. On peut affirmer, à l'honneur de la nature artiste, que, presque toujours, elle s'y place d'instinct. Mais ce n'est qu'un point et il est aisé enétudiant la suite des œuvres des hommes les plus sincères de distinguer celles où cet équilibre entre l'expression et l'impression a été faussé, presque rompu; celles aussi où il s'est brisé tout à fait. Pour ne citer qu'un nom, et lointain, que j'emprunterai aux gloires de votre pays, Perugin vieillissant aura donné un des plus significatifs exemples d'une rupture de cet ordre, lui qui continuait à peindre ses mystiques madones, avec les mêmes têtes lourdes d'extase, les mêmes yeux levés au ciel, les mêmes gaucheries de ferveur naïve, alors qu'il avait cessé de croire en Dieu... Quel chemin ce grand homme avait-il suivi pour en descendre là? Quel chemin suivent tous ceux qui, moins illustres que lui, subissent une déchéance analogue, et arrivent à ne plus raccorder leur art à leur cœur? J'ai toujours pensé qu'il y avait matière à une étude singulièrement pathétique dans cette histoire d'un beau génie devenant, sous des influences dépravantes, incapable de sentir ce qu'il reste capable d'exprimer. C'est cette étude que j'avais eu l'intention d'essayer dansTrois Ames d'Artistes.Je voulais montrer trois types d'artistes à côté l'un de l'autre: l'un d'abord, dégradé par ce divorce définitif de l'artet de la vie, et systématisant cette dualité avec le plus brutal utilitarisme,—un second, au contraire, portant dans son cœur toutes les émotions dont le premier a toutes les éloquences, mais incapable de s'exprimer tout entier et paralysant sa sensibilité imaginative par l'excès de sa sensibilité réelle,—un troisième enfin, placé à ce point d'équilibre dont je parlais tout à l'heure et à la veille d'en sortir. Pour que les diverses formes d'art fussent représentées dans cette étude, j'avais fait du premier de ces types d'artistes un écrivain à la mode, mi-romancier, mi-auteur dramatique, du second un peintre, du troisième une comédienne, et j'avais rêvé de faire sortir tout un drame des contrastes entre ces trois âmes, affrontées dans une crise de passion tragique.Vous retrouverez, madame et amie, les débris de ce premier roman dansla Duchesse Bleue,et vous vous rendrez compte, vous qui connaissez par expérience les involontaires détours de la composition littéraire, des raisons pour lesquelles ce premier sujet a dérivé dans un autre. J'avais projeté une étude de vie intellectuelle, puis, en route, l'anecdote sentimentale m'a pris tout entier, et ce qui devait n'être quel'accessoire a peu à peu passé pour moi au premier plan. Je n'ai plus vu, dans mon sujet, qu'une aventure d'amour à conter, et ce livre est devenu le simple récit de la passion malheureuse d'une comédienne à ses débuts et naïve encore pour un auteur célèbre et corrompu par la dangereuse épreuve du succès. Il m'a paru que le titre ambitieux qui convenait au premier projet ne convenait guère à ce que j'en avais réalisé, et j'ai cru devoir le changer. Je souhaite qu'un romancier plus puissant reprenne quelque jour ce problème de psychologie artistique, que je m'obstine à croire bien riche et bien significatif comme tout ce qui touche au domaine presque inexploré de la sensibilité intellectuelle. Je ne connais, parmi nos contemporains, que M. Henry James qui ait donné quelques analyses de cet ordre, dans son remarquable recueil de nouvelles: Terminations.Pensant à lui, dans cette minute où je vous écris cette dédicace, je ne peux m'empêcher de songer avec une joie profonde, combien, dans notre âge trop durement traité par les théoriciens de la dégénérescence, cet art du roman, si vaste, si souple, si complètement adapté à l'âme moderne, compte à cette heure, dans tous lespays de vigoureux représentants. Cet admirable genre n'a pas été épuisé par l'étonnante suite de génies qui depuis Scott jusqu'à Maupassant et Daudet, pour ne parler que des morts, y ont dépensé le meilleur d'eux-mêmes. Parmi ceux qui restent, il n'en est point dont nous attendions davantage que de Mathilde Serao, de l'auteur deCœur Maladeet dela Conquête de Rome,à qui je suis heureux d'envoyer ici ce faible témoignage de ma sincère admiration.

PAUL BOURGET.

6 juillet 1898.


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