XVII

Au mois de juin eut lieu la bataille de Friedland, à laquelle les hussards de Pavlograd ne prirent aucune part, et qui fut suivie d'un armistice. Rostow, se sentant tout isolé sans son ami, n'en ayant eu aucune nouvelle depuis son départ, et inquiet des suites qu'avait pu avoir sa blessure, profita de la trêve pour se rendre à l'hôpital, situé dans un petit bourg, deux fois saccagé par les troupes russes et françaises. L'aspect en était d'autant plus sombre, que la saison était belle et que les champs réjouissaient la vue, pendant qu'on ne voyait dans ces rues ruinées que des habitants déguenillés, et des soldats ivres ou malades.

Une maison en pierres, dont les vitres étaient à moitié brisées, et entourée des restes d'une palissade, portait le nom d'hôpital. Quelques soldats, dont les membres étaient entourés de linge, pâles et bouffis, assis ou errants, se chauffaient au soleil.

À peine entré, Rostow fut saisi à la gorge par l'odeur de pharmacie et en même temps de décomposition qui y régnait. Il rencontra sur l'escalier un médecin militaire russe, un cigare à la bouche, accompagné d'un chirurgien:

«Je ne puis pas me fendre en deux, disait le premier, je t'attendrai ce soir chez Makar Alexéïévitch. Fais ce que tu pourras! N'est-ce pas la même chose?

—Qui demandez-vous, Votre Noblesse? dit le docteur à Rostow, pourquoi venez-vous ici chercher le typhus, quand vous avez échappé aux balles?... C'est ici la maison des pestiférés!

—Comment? demanda Rostow.

—Le typhus est terrible; qui entre ici est mort. Nous y avons résisté, Makéïew et moi, ajouta-t-il en montrant son collègue: cinq de nos confrères y ont succombé. Une semaine après l'entrée d'un nouveau..., et c'est fini. On nous a adjoint des Prussiens, mais cela leur déplaît, à nos alliés!»

Rostow lui expliqua qu'il désirait voir le major Denissow:

«Je ne sais pas, je ne le connais pas, et ce n'est pas étonnant; j'ai trois hôpitaux sur les bras, et quatre cents malades et plus! C'est encore heureux que les charitables dames allemandes nous envoient deux livres de café et de charpie par mois, sans cela nous n'y résisterions pas... quatre cents, entendez-vous, sans compter les nouveaux à recevoir.»

L'air fatigué et épuisé du chirurgien trahissait son impatience de voir le docteur bavard continuer son chemin.

«Le major Denissow, répéta Nicolas, blessé à Molliten?

—Ah oui! je crois qu'il est mort, n'est-ce pas, Makéïew? dit le docteur avec la plus parfaite indifférence; mais le chirurgien fut d'un autre avis.

—Est-ce un roux, de haute taille?» demanda le docteur, et au signalement que lui en donna Rostow, il s'écria avec joie:

«Oui, oui, je me rappelle, il doit être mort. Du reste, je vais regarder sur mes listes. Sont-elles chez toi, Makéïew?

—Elles sont chez Makar Alexéïévitch. Ayez l'obligeance, dit Makéïew, en s'adressant à Rostow, d'entrer vous-même dans la salle des officiers.

—Je vous engage, mon cher, à ne pas y aller, vous risqueriez d'y laisser votre peau, dit le docteur; mais Rostow prenant congé de lui, pria le chirurgien de l'y conduire.

—Ne vous en prenez qu'à vous-même s'il vous arrive malheur,» lui cria le médecin du bas de l'escalier.

L'odeur de l'hôpital était si écœurante dans le sombre corridor qu'ils traversaient, que Nicolas se boucha les narines, et s'arrêta même tout étourdi. Une porte s'ouvrit à droite, un squelette en sortit pâle, maigre, nu-pieds, marchant sur des béquilles, et regardant les nouveaux venus avec envie. Notre hussard jeta un coup d'œil dans la salle, et vit des malades et des blessés couchés par terre sur de la paille, ou sur leurs manteaux.

«Peut-on entrer? demanda-t-il.

—Il n'y a rien à voir,» répliqua le chirurgien; mais, cette réponse ne faisant qu'aiguillonner sa curiosité, Rostow entra dans les chambres des soldats. L'odeur y était encore plus acre et plus violente, car c'était là le foyer même de l'infection.

Dans une longue salle, exposée à un soleil ardent, étaient alignés, la tête contre le mur et laissant un passage au milieu, les blessés et les malades, dont la plupart avaient le délire et ne s'inquiétaient guère des survenants. Les autres, relevant la tête en les voyant entrer, tournèrent vers eux leurs figures de cire, sur lesquelles on lisait l'espérance d'un secours providentiel, et une jalousie involontaire à la vue de la bonne mine de Rostow. Celui-ci s'avança jusqu'au milieu de la chambre, et portant au loin, par les portes entr'ouvertes, son regard jusque dans les sections voisines, il n'aperçut partout que le même spectacle sinistre, qu'il considéra en silence. À ses pieds, presque en travers du passage, gisait un malade, un cosaque sans doute, facile à reconnaître à la coupe de ses cheveux; les jambes et les bras écartés, le visage enflammé, les yeux retournés et n'en laissant plus voir que le blanc, les veines des pieds et des mains gonflées et près d'éclater, il frappait sa tête contre le plancher, et répétait d'une voix rauque toujours le même mot. Rostow se pencha pour mieux entendre:

«À boire, à boire!» disait ce malheureux.

Regardant autour de lui, il se demanda où il pourrait transporter le mourant et lui donner de l'eau.

«Qui donc les soigne?» demanda-t-il au chirurgien.

Au même moment, un soldat du train, sortant de l'autre pièce et le prenant pour un des chefs inspecteurs de l'hôpital, fit le salut militaire en passant devant lui:

«Transporte-le ailleurs et donne-lui de l'eau.

—Entendu, Votre Noblesse, répondit le soldat sans bouger.

—On n'en fera rien,» se dit Rostow, et il allait sortir, lorsqu'il se sentit instinctivement attiré vers un coin de la chambre par un regard fixé obstinément sur lui. Un vieux soldat, au teint jauni, à l'expression sombre, à la barbe grise et inculte, semblait vouloir lui demander quelque chose. Il s'approcha de lui et vit qu'une de ses jambes avait été amputée au-dessus du genou. Son voisin, un tout jeune homme, immobile, étendu la tête renversée en arrière, le visage d'une blancheur mate, les yeux fixes sous ses paupières à demi closes, attira l'attention de Rostow. Il frémit: «Mais il me semble, dit-il, que celui-ci est....

—Oui, Votre Noblesse, et nous avons déjà tant supplié! dit le vieux soldat dont la mâchoire tremblait. Il est mort à l'aube.... Ce sont pourtant des hommes et pas des chiens!

—On va l'emporter à l'instant, s'empressa de dire le chirurgien: venez, Votre Noblesse.

—Allons, allons,» dit Rostow avec la même hâte, en baissant les yeux, et, essayant de passer inaperçu sous le feu croisé de ces regards, braqués sur lui avec une expression de reproche et d'envie, il sortit de cet enfer.

Après avoir traversé le corridor, ils entrèrent dans la section des officiers, qui était composée de trois pièces communiquant entre elles: il y avait là des lits, sur lesquels les malades étaient couchés ou assis. Quelques-uns d'entre eux se promenaient en robe de chambre. Le premier que remarqua Rostow fut un petit homme maigre avec un bras de moins, en bonnet de coton, une pipe à la bouche, arpentant de long en large la première pièce. Il essaya de se rappeler où il l'avait déjà vu.

«Voilà comme on se retrouve, dit le petit homme. C'est moi, Touschine, celui qui vous a ramené là-bas à Schöngraben, et vous voyez, ajouta-t-il en montrant sa manche flottante, on m'a enlevé un petit morceau!... Vous cherchez Denissow... c'est mon compagnon!... Venez par ici,» et il l'emmena dans la chambre voisine, où l'on entendait rire aux éclats.

«Comment ont-ils envie de rire ici?» se demanda Rostow qui ne pouvait ni se débarrasser de l'odeur du mort, ni oublier les regards qui l'avaient suivi à sa sortie.

Denissow, la tête enfouie sous sa couverture, dormait encore, quoiqu'il fût déjà midi:

«Ah! Rostow! bonjour, bonjour!» s'écria-t-il de sa voix habituelle; mais Rostow remarqua avec peine qu'à travers sa vivacité et son insouciance ordinaire un sentiment étrange d'aigreur perçait sur sa figure et dans ses paroles.

Sa blessure, malgré son peu d'importance, n'était pas encore guérie après un séjour de six semaines à l'hôpital; son visage était bouffi et pâle comme ceux de ses camarades; mais ce n'était pas là ce qui avait frappé Rostow: c'était le sourire forcé de son ami, qui semblait ne pas se réjouir de sa visite, et qui ne le questionnait ni sur le régiment, ni sur ce qui s'y passait; il se bornait à l'écouter lorsque Nicolas en parlait.

Il ne témoignait aucun intérêt à rien: on aurait dit qu'il s'efforçait d'oublier le passé, et qu'il n'avait qu'une seule et constante préoccupation, son affaire avec l'intendance. Quand Rostow lui demanda où elle en était, il tira de dessous son oreiller plusieurs papiers, entre autres celui qu'il avait reçu en dernier lieu de la commission et le brouillon de sa réponse, qui évidemment lui plaisait, car il faisait remarquer à Rostow les réflexions piquantes dont il l'avait émaillée. Ses camarades, qui avaient entouré avec empressement le nouveau venu, porteur de nouvelles du monde extérieur, s'éloignèrent peu à peu, aussitôt que Denissow commença à lire. Leur figure disait assez qu'ils avaient par-dessus la tête de toute cette histoire. Seul son voisin de lit, un gros uhlan qui fumait sa pipe d'un air sombre, et le petit Touschine, branlant la tête d'un air désapprobateur, continuèrent à l'écouter:

«À mon avis, dit le uhlan en l'interrompant au beau milieu de sa lecture, il n'y a qu'une chose à faire, s'adresser à la clémence de l'Empereur. Il y aura, dit-on, une pluie de récompenses, et il graciera, c'est sûr....

—Moi, demander une grâce à l'Empereur! s'écria Denissow d'une voix irritée, bien qu'il tâchât seulement de lui rendre son énergie d'autrefois. Pourquoi? Si j'avais été un brigand, j'aurais pu demander ma grâce, et c'est parce que j'attaque des misérables?... Qu'on me juge, je n'ai pas peur: j'ai servi honorablement l'Empereur, la patrie, je n'ai pas volé! Et l'on me dégraderait pour.... Allons donc!... Écoute ce que je leur dis plus loin: «Si j'avais volé le gouvernement...»

—C'est bien écrit, assurément cela saute aux yeux, dit Touschine, mais là n'est pas la question, Vassili Dmitritch, il faut se soumettre... et il ne le veut pas, ajouta-t-il en s'adressant à Rostow; l'auditeur lui a bien dit que son affaire était mauvaise.

—Eh bien, tant pis, repartit Denissow.

—L'auditeur vous a pourtant préparé une supplique, dit Touschine; vous devriez la signer et la remettre à Rostow: il a sûrement des accointances avec l'état-major, et vous ne trouverez pas de meilleure occasion.

—J'ai déclaré que je ne ferais point de bassesse,» répondit Denissow, et il reprit sa lecture.

Rostow partageait l'opinion de Touschine et des autres officiers; c'était, il le sentait d'instinct, la seule et véritable voie à suivre; il aurait été heureux de rendre ce service à son camarade, mais, connaissant sa volonté inébranlable et le juste motif de son emportement, il n'osait l'y engager.

Lorsque cette lecture irritante, qui avait duré plus d'une heure, fut terminée, les groupes se reformèrent autour d'eux, et Rostow, profondément attristé, passa le reste de la journée à causer de choses et d'autres, et à écouter les récits de ces pauvres blessés, tandis que Denissow, sombre et morne, gardait constamment le silence.

S'étant enfin décidé à partir, fort avant dans la soirée, Rostow lui demanda s'il n'avait pas de commissions?

«Si! un moment,» répondit-il, et, tirant de dessous son oreiller les mêmes papiers, il s'approcha de la fenêtre, sur l'appui de laquelle il y avait un encrier, et il y trempa une plume:

«Il n'y a pas à dire, un fouet ne peut briser une hache,» dit-il en remettant à Rostow une grande enveloppe.

C'était sa supplique à l'Empereur, dans laquelle, sans parler de ses griefs contre l'intendance, il demandait sa grâce pure et simple:

«Tu la remettras à qui de droit; on voit bien...» Il n'acheva pas, un sourire douloureux et forcé contracta ses lèvres.

Revenu au régiment, Rostow, ayant mis le colonel au courant de la situation de Denissow, partit aussitôt pour Tilsitt, avec la supplique de Denissow dans sa poche.

Le 13/25 juin, eut lieu l'entrevue des deux Empereurs, Alexandre et Napoléon. Boris Droubetzkoï obtint d'un haut personnage de faire partie ce jour-là de sa suite.

«Je voudrais voir le grand homme,» avait-il dit en parlant de Napoléon, qu'il avait jusque-là, comme tous les autres, appelé Bonaparte.

«Vous voulez dire Bonaparte?» répondit le général en souriant.

Boris comprit aussitôt que c'était une manière aimable de le mettre à l'épreuve.

«Mon prince, je parle de l'Empereur Napoléon...»

Et le général lui tapa amicalement sur l'épaule.

«Tu iras loin,» lui dit-il, et il le prit avec lui.

Ce fut ainsi que Boris fit partie des élus qui assistèrent à l'entrevue sur les bords du Niémen. Il vit les tentes et les radeaux ornés des chiffres des deux souverains. Napoléon, sur la rive opposée, passant devant le front de sa garde, l'Empereur Alexandre, pensif, attendant dans un cabaret l'arrivée de son futur allié. Il vit les deux souverains monter en bateau et Napoléon, abordant le premier le radeau, s'avancer rapidement vers Alexandre, lui tendre la main, et disparaître avec lui sous la tente. Depuis son entrée dans les hautes sphères, Boris avait pris l'habitude d'observer attentivement tout ce qu'il voyait autour de lui et d'en tenir note; il s'informa donc du nom des personnages de la suite de Napoléon, s'inquiéta de leurs uniformes, écouta les propos des dignitaires importants, regarda à sa montre pour savoir au juste l'heure à laquelle les Empereurs s'étaient retirés sous la tente, et ne manqua pas d'en faire autant à leur sortie. L'entretien dura une heure cinquante-trois minutes, et il le nota aussitôt parmi les autres faits historiques qui avaient leur importance. La suite de l'Empereur Alexandre n'étant pas très nombreuse, il devenait dès lors très important de se trouver à Tilsitt à cette occasion, et Boris ne tarda pas à s'en apercevoir. Sa position se raffermit, on s'habitua à lui, il fit dorénavant partie de ce milieu choisi, et il fut chargé deux fois d'une mission pour l'Empereur. Ce dernier le connaissait, et l'entourage, ne le considérant plus comme un nouveau venu, aurait été même étonné de ne plus le voir.

Il logeait avec un autre aide de camp, le comte Gelinski, un Polonais élevé à Paris, très riche, partisan enthousiaste des Français, et dont la tente devint pendant ces quelques jours à Tilsitt le point de réunion, pour les dîners et les déjeuners, des officiers français de la garde et de l'état-major.

Le 24 juin, le comte Gelinski organisa un souper: un aide de camp de Napoléon y occupait la place d'honneur, et parmi les autres invités on voyait quelques officiers français de la garde, et un tout jeune homme, d'une grande et ancienne famille, qui était page de Napoléon. Ce même jour, Rostow, profitant de l'obscurité pour ne pas être reconnu en habit civil, se rendit tout droit chez Boris.

L'armée, qu'il venait de quitter, n'était point encore au diapason des nouveaux rapports établis au quartier général avec Napoléon et les Français, nos anciens ennemis devenus nos amis; rapports qui étaient la conséquence naturelle du changement survenu dans la politique des deux pays. Bonaparte y inspirait encore à tous le même sentiment de haine, de mépris et de terreur. Rostow, discutant peu de jours auparavant avec un officier du détachement de Platow, s'était acharné à lui prouver qu'on traiterait Napoléon en criminel, et non en souverain, si on avait la bonne fortune de le faire prisonnier. Une autre fois, causant avec un colonel français blessé, il s'était échauffé au point de lui dire qu'il ne pouvait être question de paix entre un Empereur légitime et un brigand! Aussi éprouva-t-il un singulier étonnement à la vue des officiers français et de ces uniformes qu'il avait l'habitude de ne rencontrer qu'aux avant-postes. À peine les aperçut-il, que le sentiment naturel à un militaire, l'animosité qu'il ressentait toujours à leur vue, se réveilla en lui. Il s'arrêta sur le seuil du logement de Droubetzkoï, et demanda en russe s'il y était. Boris, au son d'une voix étrangère, sortit à sa rencontre, et ne put s'empêcher de laisser percer un certain déplaisir:

«Ah! c'est toi! je suis très content de te voir, dit-il néanmoins, mais pas assez à temps pour que Rostow n'eût pas saisi sa première impression.

—Je viens mal à propos? dit-il froidement, je viens pour affaire, autrement....

—Mais pas du tout: je suis seulement étonné de te voir ici!... Je suis à vous dans un moment, répondit-il à quelqu'un qui l'appelait de l'autre chambre.

—Ah! je le vois bien... je viens mal à propos, répéta Nicolas; mais Boris avait déjà arrêté sa ligne de conduite, et il l'entraîna avec lui. Son regard calme et tranquille semblait s'être voilé et se dérober derrière «les lunettes bleues» du savoir-vivre.

—Tu as tort de le croire. Viens!» Le couvert était mis, il le présenta à ses invités, et leur expliqua qu'il n'était pas un civil, mais un militaire et son ancien ami. Rostow regardait les Français d'un air maussade et les salua avec raideur.

Gelinski, nullement satisfait de l'apparition de ce Russe, ne lui fit aucun accueil. De son côté, Boris faisait mine de ne point s'apercevoir de la gêne qu'il avait ainsi introduite dans leur cercle, et s'efforçait de ranimer la conversation. Un des hôtes s'adressant, avec une politesse toute française, à Rostow qui gardait un silence opiniâtre, demanda s'il n'était pas venu avec l'intention de voir l'Empereur Napoléon.

«Non, je suis venu pour affaire,» répondit brièvement Rostow.

Sa mauvaise humeur, accrue par le déplaisir évident qu'il causait à son ami, lui fit supposer que tous le regardaient également de travers: Ce n'était du reste que trop vrai: sa présence les gênait, et à cause de lui, la conversation languissait.

«Que font-ils ici?» se demanda-t-il à lui-même.

«Je sens que je suis de trop, dit-il à Boris, laisse-moi te conter mon affaire, et je m'en vais.

—Mais non, reste! Si tu es fatigué, va te reposer un peu dans ma chambre.»

Ils entrèrent dans la petite pièce où couchait Boris. Nicolas, sans prendre même la peine de s'asseoir, lui déroula, d'un ton irrité, toute l'affaire de Denissow, et lui demanda carrément s'il pouvait et voulait remettre sa supplique au général, pour être transmise à l'Empereur. Pour la première fois, le regard de Boris lui produisit un effet désagréable: Boris, en effet, les jambes croisées, regardait de côté et d'autre, et ne prêtait qu'une vague attention à son ami; il l'écoutait comme un général écoute le rapport de son subordonné:

«Oui, j'ai entendu conter beaucoup de choses de ce genre, l'Empereur est très sévère à ce sujet. Il vaudrait mieux, à mon avis, ne pas la faire parvenir jusqu'à Sa Majesté, et l'adresser tout simplement au chef du corps d'armée; ensuite, je crois que....

—C'est-à-dire que tu ne veux rien faire, dis-le-moi tout net! s'écria Rostow avec irritation.

—Au contraire, je ferai ce que je pourrai.»

Gelinski appela Boris à travers la porte.

«Vas-y, vas-y...» dit Nicolas, et, refusant de prendre part au souper, il resta dans la petite chambre, qu'il se mit à arpenter dans tous les sens, au bruit animé des voix françaises.

Le jour était mal choisi pour faire des démarches de ce genre. Il était impossible de se présenter chez le général de service, en frac et sans congé, et quand même Boris l'aurait voulu, celui-ci n'aurait pu rien faire le lendemain 27 juin (9 juillet), jour où furent signés les préliminaires de la paix. Les Empereurs échangèrent les grands-cordons de leurs ordres: Alexandre reçut la Légion d'honneur, et Napoléon, le Saint-André. Un grand banquet, auquel les Empereurs devaient assister, fut offert par le bataillon de la garde française au bataillon de Préobrajensky.

Plus Rostow pensait à la façon d'agir de Boris, plus il en était affecté. Il feignit de dormir quand Boris rentra, et le lendemain matin il s'éclipsa de bonne heure, pour aller courir les rues en habit civil et en chapeau rond, et examiner les Français, leurs uniformes et les maisons occupées par les deux souverains. Sur la place, on commençait à disposer les tables destinées au repas, et à pavoiser les façades des maisons de drapeaux russes et français, ornés des chiffres A et N.

«Il est évident que Boris ne veut rien faire, se disait Nicolas, et tout est fini entre nous!... mais je ne m'en irai pas sans avoir tenté l'impossible pour Denissow. Il faut que sa lettre parvienne à l'Empereur... et l'Empereur est là!» ajoutait-il mentalement en se rapprochant sans le vouloir de la demeure impériale.

Deux chevaux tout sellés attendaient devant la porte: la suite se rassemblait pour escorter Alexandre.

«Je le verrai, mais comment lui remettrai-je moi-même la supplique? Comment lui dirai-je tout?... M'arrêterait-on par hasard à cause de mon habit civil?... Non! non! Il comprendra que c'est une injustice, car il comprend tout, lui.... Et si l'on m'arrête?... Après tout, le grand mal.... Ah! on se rassemble.... Eh bien, j'irai et je la remettrai: tant pis pour Droubetzkoï, qui m'y oblige!...»

Et avec une décision dont il ne se serait pas cru capable, il se dirigea vers l'entrée.

«Cette fois-ci, je ne laisserai pas échapper l'occasion comme à Austerlitz. Je tomberai à ses pieds, je le prierai, je le supplierai!» Son cœur battait avec violence à la pensée de le revoir: «Il m'écoutera, me relèvera, me remerciera! Il me dira: «Je suis heureux de pouvoir faire le bien et réparer les injustices!»...

Et il passa, sans faire la moindre attention aux regards curieusement dirigés sur lui.

Un large escalier montait du perron au premier étage; à droite était une porte fermée, et sous la voûte de l'escalier une autre porte, qui conduisait au rez-de-chaussée.

«Qui demandez-vous? lui dit-on.

—C'est une supplique à remettre à Sa Majesté, répondit Nicolas d'une voix tremblante.

—Veuillez alors passer de son côté.»

À cette invitation faite avec indifférence, Rostow s'effraya de son entreprise; la pensée de se trouver inopinément face à face avec l'Empereur était si séduisante et si terrible à la fois, qu'il était presque sur le point de s'enfuir, mais le fourrier de la chambre lui ouvrit la porte et le fit entrer chez l'officier de service.

Un homme de taille moyenne, de trente ans environ, en pantalon blanc, en bottes fortes, qui venait de passer une fine chemise de batiste, se faisait boutonner ses bretelles par son valet de chambre.

«Bien faite et la beauté du diable!» disait-il à quelqu'un dans la pièce voisine. À la vue du jeune homme, il fronça le sourcil et se tut.

«Que désirez-vous? Une supplique?...

—Qu'est-ce que c'est? demanda une voix dans l'autre chambre.

—Encore un pétitionnaire! répondit celui qui s'habillait.

—Dites-lui d'attendre, remettez-le à plus tard. Il va sortir, il faut l'accompagner.

—Demain, demain, il est trop tard à présent...»

Rostow fit quelques pas vers la porte:

«De qui est la supplique, et qui êtes-vous?

—Du major Denissow.

—Mais vous, qui êtes-vous? un officier?

—Le comte Rostow, lieutenant.

—Quelle hardiesse! La supplique aurait dû être remise par votre chef. Partez vite, partez vite!...»

Et il reprit sa toilette interrompue.

Rostow sortit; le perron était envahi par une foule de généraux en grande tenue, devant lesquels il se trouvait forcé de passer.

Et, mourant de peur, rien qu'en songeant qu'il pouvait rencontrer l'Empereur, il craignait de se couvrir de honte, d'être mis aux arrêts devant lui, il comprenait et regrettait toute l'inconvenance de sa conduite, et se glissait les yeux baissés hors de cette brillante réunion, lorsqu'une voix de basse bien connue l'appela par son nom, et une main se posa sur son épaule:

«Que faites-vous donc là, mon cher, et en habit civil encore?»

C'était un général de cavalerie, ancien divisionnaire de Rostow, qui avait su pendant cette campagne conquérir les bonnes grâces de l'Empereur.

Le jeune homme, effrayé, s'empressa de se justifier, mais, la bonhomie railleuse de son chef l'ayant rassuré, il le prit à part, lui exposa l'affaire d'une voix émue et implora son appui. Le général branla la tête d'un air soucieux:

«C'est triste pour ce brave, dit-il, donne-moi la supplique.»

À peine la lui avait-il remise, qu'un bruit d'éperons résonna sur l'escalier, et le général se rapprocha des autres. C'était la suite qui descendait et qui se mit immédiatement en selle. L'écuyer Heine, le même qui était à Austerlitz, amena le cheval de l'Empereur; un léger craquement de bottes se fit entendre, et Rostow devina aussitôt quel était celui qui descendait les degrés. Oubliant sa crainte d'être reconnu, il s'avança au milieu de quelques autres curieux, et revit, après un intervalle de deux ans, ces traits, ce regard, cette démarche, cet ensemble séduisant de douceur et de majesté qui lui étaient si chers.... Son enthousiasme et son amour se réveillèrent avec une nouvelle force. L'Empereur portait l'uniforme du régiment de Préobrajensky, le pantalon de peau collant, les bottes fortes, et sur la poitrine la plaque d'un ordre étranger (la Légion d'honneur) que Nicolas ne connaissait pas. Tenant son chapeau sous son bras, et mettant ses gants, il s'arrêta au haut des marches du perron, et éclaira tout ce qui l'entourait de son lumineux regard. Il jeta quelques mots en passant à certains privilégiés, et, reconnaissant le général de cavalerie, il lui sourit et l'appela à lui d'un signe de la main.

Toute la suite recula, et Rostow put s'apercevoir qu'une assez longue conversation s'engageait entre eux deux.

L'Empereur fit un pas vers son cheval, la suite et la foule de la rue s'élancèrent en avant, et Alexandre, saisissant le pommeau de la selle, se retourna encore une fois vers le général, et lui dit d'une voix accentuée, comme s'il tenait à être entendu de tous:

«Impossible, général, et c'est impossible parce que la loi est au-dessus de moi!» Il posa le pied dans l'étrier, le général s'inclina respectueusement. Pendant que l'Empereur s'éloignait au galop, Nicolas, oubliant tout dans son exaltation, courut à sa suite avec la foule.

Les bataillons de Préobrajensky et de la garde française avec ses hauts bonnets à poils étaient alignés, le premier à droite, le second à gauche.

Au moment où l'Empereur s'avançait vers eux et où ils lui présentaient les armes, un autre groupe de cavaliers, en avant desquels s'avançait un personnage que Rostow devina tout de suite être Napoléon, déboucha de l'autre côté de la place. Il arrivait au galop sur un cheval gris, pur sang arabe, couvert d'une chabraque amarante brodée d'or. Il portait son petit chapeau, le grand cordon de Saint-André et un uniforme bleu foncé entr'ouvert sur un gilet blanc. Dès qu'il fut près de l'Empereur Alexandre, il souleva son chapeau, et l'œil exercé de Rostow remarqua qu'il ne se tenait pas bien en selle. Les bataillons crièrent: «Hourra!» et «Vive l'Empereur!» Ayant échangé quelques paroles, les illustres alliés descendirent de cheval et se donnèrent la main. Le sourire de Napoléon était contraint et désagréable, tandis que celui d'Alexandre se distinguait par une bienveillance toute naturelle.

Rostow ne les quitta pas des yeux, malgré les ruades des chevaux de la gendarmerie française, chargée de contenir la foule; il était stupéfait de voir l'Empereur traiter Napoléon d'égal à égal, et ce dernier en faire autant avec une parfaite aisance.

Les deux souverains, accompagnés de leur suite, s'approchèrent du bataillon de Préobrajensky; Rostow, qui se trouvait au premier rang d'une foule considérable massée en cet endroit, se trouva si près de son Empereur bien-aimé, qu'il eut peur d'être reconnu.

«Sire, je vous demande la permission de donner la Légion d'honneur au plus brave de vos soldats,» dit une voix nette, en prononçant distinctement chaque syllabe. C'était le petit Bonaparte qui parlait ainsi, en regardant, de bas en haut, droit dans les yeux du Tsar, qui, l'écoutant avec attention, lui sourit en lui faisant un signe affirmatif.

«À celui qui s'est le plus vaillamment conduit dans cette guerre! ajouta Napoléon avec un calme irritant pour Rostow, et en regardant avec assurance les soldats russes alignés, qui présentaient les armes et fixaient, immobiles, les yeux sur la figure du Tsar:

—Votre Majesté me permettra-t-elle de demander l'avis du colonel?» dit Alexandre, en faisant quelques pas vers le prince Kozlovsky, commandant du bataillon. Bonaparte ôta avec peine de sa petite main blanche son gant, qui se déchira, et le jeta. Un aide de camp s'élança pour le ramasser.

«À qui la donner? demanda l'Empereur Alexandre, assez bas et en russe.

—À celui que Votre Majesté choisira.»

L'Empereur fronça le sourcil involontairement et ajouta:

«Il faut pourtant lui répondre.»

Le regard de Kozlovsky parcourut les rangs et glissa sur Rostow.

«Serait-ce à moi par hasard?» se dit celui-ci.

«Lazarew,» dit le colonel d'un air décidé, et le premier soldat du rang en sortit aussitôt, le visage tressaillant d'émotion, comme il arrive toujours à un appel fait inopinément devant le front.

«Où vas-tu? ne bouge pas!» murmurèrent plusieurs voix, et Lazarew, ne sachant où aller, s'arrêta effrayé.

Napoléon tourna imperceptiblement la tête en arrière, et tendit sa petite main potelée comme pour saisir quelque chose. Les personnes de sa suite, devinant à l'instant son désir, s'agitèrent, chuchotèrent, se passèrent de l'une à l'autre un petit objet, et un page, le même que Nicolas avait vu chez Boris, s'élança en avant, et, saluant avec respect, déposa dans cette main tendue une croix à ruban rouge. Napoléon la prit sans la regarder et s'approcha de Lazarew, qui, les yeux écarquillés, continuait obstinément à regarder son Empereur. Jetant un coup d'œil au Tsar pour bien lui prouver que ce qu'il allait faire était une gracieuseté à son intention, Napoléon posa sa main, qui tenait la croix, sur la poitrine du soldat, comme si son attouchement seul devait suffire à rendre à tout jamais ce brave heureux d'avoir été décoré et distingué entre tous. Sa main daigna donc toucher la poitrine du soldat, et la croix qu'il y appliquait fut aussitôt attachée par les officiers empressés des deux suites. Lazarew suivait d'un air sombre les gestes de ce petit homme, et reporta, sans changer de pose, son regard sur son souverain, comme pour lui demander ce qu'il devait faire; n'en recevant aucun ordre, il resta pendant un certain temps dans son immobilité de statue.

Les Empereurs remontèrent à cheval et s'éloignèrent. Les Préobrajensky rompirent les rangs, se mêlèrent aux grenadiers français et s'assirent autour des tables.

Lazarew occupait la place d'honneur; militaires et civils, officiers russes et français, tous l'embrassaient, le félicitaient, lui serraient les mains, l'entouraient à l'envi, et le bourdonnement des deux langues, mêlé aux rires et aux chants, s'entendait de tous côtés sur la place. Deux officiers, aux figures échauffées et joyeuses, passèrent devant Rostow:

«Quel régal, mon cher!... et servis avec de l'argenterie!... As-tu vu Lazarew?

—Je l'ai vu.

—On assure que demain les Préobrajensky traiteront les Français.

—Quel bonheur pour ce Lazarew! 1 200 francs de pension à vie!

—En voilà un bonnet! criait un Préobrajensky, en mettant sur sa tête le bonnet à poil d'un grenadier.

—C'est charmant!

—Connais-tu le mot d'ordre? disait un officier de la garde à un camarade. Avant-hier c'était: «Napoléon, France, bravoure»; hier c'était «Alexandre, Russie, grandeur» Un jour c'est Napoléon qui le donne, le lendemain c'est l'Empereur, et demain il enverra la croix de Saint-Georges au plus brave soldat de la garde française. On ne peut faire autrement que de lui rendre la pareille.»

Boris, qui, avec son ami Gelinski, était venu pour admirer le banquet, aperçut Rostow appuyé au coin d'une maison:

«Nicolas! bonjour; qu'es-tu donc devenu?... nous ne nous sommes pas vus. Qu'as-tu donc? ajouta-t-il, en remarquant son air farouche et défait.

—Rien, rien.

—Tu viendras tantôt?

—Oui, j'irai.»

Rostow resta longtemps adossé contre la muraille, suivant des yeux les héros de la fête, pendant qu'un douloureux travail intérieur s'accomplissait en lui. Des doutes terribles envahissaient son âme, et il ne pouvait leur donner de solution satisfaisante. Il pensait à Denissow, à son indifférence chagrine, à sa soumission inattendue; il revoyait l'hôpital, sa saleté, ses épouvantables maladies, ces bras et ces jambes qui manquaient, et il croyait encore sentir l'odeur du cadavre. Cette impression fut si vive, qu'il chercha instinctivement autour de lui d'où elle lui montait à la gorge. Il pensait à Bonaparte, à son air satisfait, à Bonaparte empereur, aimé et respecté de son souverain bien-aimé! Mais alors, pourquoi tous ces membres mutilés? pourquoi tous ces gens tués? D'un côté, Lazarew décoré, de l'autre Denissow puni sans espoir de grâce!... Et il s'effrayait lui-même du tour que prenaient ses réflexions.

La faim et le fumet des plats le tirèrent de cette rêverie, et comme, après tout, il fallait manger avant de s'en retourner, il entra dans l'auberge voisine. Un grand nombre d'officiers, arrivés comme lui en habit civil, y étaient réunis, et ce fut à grand'peine qu'il parvint à se faire servir à dîner. Deux camarades de sa division se joignirent à lui: on causa de la paix, et tous, comme du reste la majeure partie de l'armée, en exprimèrent leur mécontentement. Ils assuraient que si on avait tenu bon après Friedland, Napoléon était perdu, parce qu'il n'avait plus ni vivres ni munitions. Nicolas mangeait en silence et buvait encore plus qu'il ne mangeait; deux bouteilles de vin y avaient déjà passé, et cependant le chaos qui était dans sa tête l'accablait toujours et ne se débrouillait pas; il avait peur de s'abandonner à ses pensées et ne pouvait parvenir à les écarter. Tout à coup, à la réflexion d'un officier qui disait que la vue des Français était chose humiliante, il s'écria, avec une violence que rien ne justifiait dans ce moment et qui étonna son voisin, qu'il ne lui convenait pas de juger ce qui aurait le mieux valu. Sa figure s'empourpra:

«Comment pouvez-vous censurer les actions de l'Empereur? poursuivit-il. Quel droit avons-nous de le faire? Nous ne connaissons ni son but, ni son mobile!

—Mais je n'ai pas dit un mot de l'Empereur, reprit l'officier, ne pouvant attribuer qu'à l'ivresse cette étrange sortie.

—Nous ne sommes pas des bureaucrates diplomates, nous sommes des soldats et rien de plus, continua Rostow exaspéré. On ordonne de mourir et l'on meurt!... et si l'on est puni, eh bien, tant pis, c'est qu'on l'a mérité!... ce n'est pas à nous de juger! S'il plaît à notre souverain de reconnaître Napoléon comme Empereur, et de conclure avec lui une alliance, c'est qu'il faut que ce soit ainsi; et si nous nous mettons à tout juger, à tout critiquer, il ne restera bientôt plus rien de sacré pour nous. Nous finirons par dire que Dieu n'existe pas, qu'il n'y a rien!» ajouta-t-il en frappant du poing sur la table, et ses idées, tout incohérentes qu'elles paraissaient évidemment à ses auditeurs, étaient au contraire la conséquence logique et sensée de ses réflexions.

«Nous n'avons qu'une chose à faire: remplir notre devoir, nous battre et ne jamais penser, voilà tout! s'écria-t-il en terminant.

—Et boire! ajouta un des officiers, désirant éviter une querelle.

—Oui, et boire! répéta avec empressement Nicolas. Eh! garçon, encore une bouteille!»

[1]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[1]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[2]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[2]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[3]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[3]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[4]Bailli du village. (Note du traducteur.)

[4]Bailli du village. (Note du traducteur.)

[5]En français dans le texte.

[5]En français dans le texte.

[6]En français dans le texte.

[6]En français dans le texte.

[7]À cette époque, les grands seigneurs avaient toujours à leur équipage quatre chevaux et un petit postillon sur l'un des deux chevaux de devant.

[7]À cette époque, les grands seigneurs avaient toujours à leur équipage quatre chevaux et un petit postillon sur l'un des deux chevaux de devant.

[8]En français dans le texte.

[8]En français dans le texte.

[9]Hors-d'œuvre et eau-de-vie servis avant le dîner. (Note du traducteur.)

[9]Hors-d'œuvre et eau-de-vie servis avant le dîner. (Note du traducteur.)

[10]En hiver, les paysans russes couchent sur leurpoêle, construit de façon à leur permettre de s'y étendreplusieurs à la fois.(Note du traducteur.)

[10]En hiver, les paysans russes couchent sur leurpoêle, construit de façon à leur permettre de s'y étendreplusieurs à la fois.(Note du traducteur.)

[11]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[11]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[12]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[12]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[13]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[13]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[14]Eau-de-vie de Riga. (Note du traducteur.)

[14]Eau-de-vie de Riga. (Note du traducteur.)

[15]Nom d'une promenade de Moscou. (Note du traducteur.)

[15]Nom d'une promenade de Moscou. (Note du traducteur.)

[16]La sagène est égale à 7 pieds, ou 2,13 m. La versteest égale à 500 sagènes.(Note du correcteur.)

[16]La sagène est égale à 7 pieds, ou 2,13 m. La versteest égale à 500 sagènes.(Note du correcteur.)

[17]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[17]En français dans le texte. (Note du traducteur.)

[18]Le traducteur croit devoir relever l'erreur commisepar M. Bilibine au sujet du général Belliard, qui n'a jamais été maréchal.

[18]Le traducteur croit devoir relever l'erreur commisepar M. Bilibine au sujet du général Belliard, qui n'a jamais été maréchal.

[19]Caban en étoffe de laine. (Note du traducteur.)

[19]Caban en étoffe de laine. (Note du traducteur.)

[20]Traduction littérale : « Heureux de nous donner dela peine ». Réponse obligatoire des soldats dans l'armée russeaux remerciements de leurs chefs. (Note du traducteur.)

[20]Traduction littérale : « Heureux de nous donner dela peine ». Réponse obligatoire des soldats dans l'armée russeaux remerciements de leurs chefs. (Note du traducteur.)

[21]Ici eut lieu l'attaque dont M. Thiers parle en cestermes : « Les Russes se conduisirent vaillamment et, choserare à la guerre, on vit deux masses d'infanterie marcher l'unecontre l'autre sans qu'aucune des deux cédât avant d'êtreabordée. » Napoléon à Sainte-Hélène s'exprime ainsi :« Quelques bataillons russes montrèrent de l'intrépidité. »(Note de l'auteur.) Voici textuellement les paroles de M. Thiers : « et, ce quiest rare à la guerre, les deux masses d'infanterie marchèrentrésolument l'une contre l'autre sans qu'aucune des deux cédâtavant d'être abordée. » Puis, quelques lignes plus loin : « LesRusses se conduisirent vaillamment. » (Note du traducteur.)

[21]Ici eut lieu l'attaque dont M. Thiers parle en cestermes : « Les Russes se conduisirent vaillamment et, choserare à la guerre, on vit deux masses d'infanterie marcher l'unecontre l'autre sans qu'aucune des deux cédât avant d'êtreabordée. » Napoléon à Sainte-Hélène s'exprime ainsi :« Quelques bataillons russes montrèrent de l'intrépidité. »(Note de l'auteur.) Voici textuellement les paroles de M. Thiers : « et, ce quiest rare à la guerre, les deux masses d'infanterie marchèrentrésolument l'une contre l'autre sans qu'aucune des deux cédâtavant d'être abordée. » Puis, quelques lignes plus loin : « LesRusses se conduisirent vaillamment. » (Note du traducteur.)


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