Le vent fait rage, la neige tourbillonne, et dans cette nappe immaculée qui s’étend à perte du regard, je m’effraie de voir mon pauvre voyageur se hasarder.
Par instants, il me semble que cet aspect est une image de ma vie : tout unie et toujours pareille, et n’attendant, comme les champs, qu’une marque de pas !… Puis j’oublie les analogies pour ne plus penser qu’au moment présent, au côté pratique.
Entre les deux talus, verra-t-il seulement sa route, et si, comme moi, l’autre jour, le pied lui manque inopinément au bord de quelque fossé, qui viendra m’en avertir ?
Si j’en avais encore le temps, je chercherais quelque autre saint, et je le prierais d’illuminer son chemin d’un rayon de soleil pour faire sa venue moins rude.
Mais ce serait du doute, mon saint à moi s’en fâcherait peut-être, et je remets tout entre ses mains, décidément !…