Commit not matrimony except under the strongest provocation.(English proverb.)
Commit not matrimony except under the strongest provocation.
(English proverb.)
«Nouvelles matrimoniales,journal hebdomadaire consacré à la propagation du mariage et à la félicité conjugale. »
Voilà, certes, le journal le plus extraordinaire, le plus anglais, le plus excentrique, le plus original et le plus amusant de la Grande-Bretagne, le seul et unique qui réponde exactement à son titre et remplisse scrupuleusement sa mission.
Vierges en mal d’amour, veuves en mal de mari, douairières aux lèvres pâlies, brûlant de recevoir encore une fois, avant le baiser final de la mort, celui d’un époux légitime ; jeunes gens, hommes murs, vieux garçons, Céladons et Adonis, répondent chaque semaine au prud’hommesque et désopilant appel placé en tête du journal, et dont la teneur est immuable :
« Le mariage est une institution si ancienne, il a de tout temps excité un intérêt si universel dans la famille humaine, qu’en offrant au public un journal spécialement consacré à la propagation des félicités conjugales, nous sommes certains de répondre à un besoin national.
» La civilisation, combinée avec les froides formalités de la société et les règles de l’étiquette, impose de telles réserves aux sexes qu’il y a des milliers d’hommes et de femmes de tous âges capables de faire le bonheur les uns des autres et qui n’ont jamais l’occasion de se rencontrer, soit à la ville, soit à la campagne ; par conséquent, la nécessité d’avoir un organe au moyen duquel les dames et les messieurs aspirant au mariage peuvent entrer en communication d’une façon honorable, est trop évidente pour qu’il soit nécessaire d’insister ; et comme nous sommes fermement résolus de consacrer nos forces et notre énergie aux intérêts et au bonheur de nos lecteurs et de nos correspondants, nous sommes assurés que lesNouvelles Matrimonialesrecevront un généreux appui. »
L’appui attendu n’a pas fait défaut. LeMatrimonial Newsen est à sa quinzième année d’existence, et sa vente est considérable. N’ayant pas de rédaction à payer, puisqu’il ne se compose que d’annonces, les profits de l’entrepreneur ne peuvent manquer d’être énormes.
Chaque semaine, cinq ou six cents aspirants au bonheur conjugal, dont la partie féminine est représentée par 80 p. 100, exposent aux amateurs leurs chaleureux désirs avec une naïveté ou un cynisme étalés à l’aise derrière le voile de l’anonymat. Il faut être bien blasé ou bien difficile pour ne pas trouver dans le nombre l’idéal de ses rêves. Toutes les femmes y sont jolies, aimables, aimantes, douces, et n’ont qu’un but unique, la félicité de l’époux futur. De pauvres filles dépourvues de dot, pensez-vous ? Sans doute, il en est un grand nombre ; mais d’autres, riches, jeunes et belles, demandent un mari avec autant d’anxiété que les disgraciées du sort.
Et dans cette chasse à l’époux légitime, dans leur ardent désir d’atteindre le but elles mettent de côté toute modestie.
Les hommes ne se montrent pas moins âpres à la curée, mais tandis que c’est généralement un cœur, un ami, un soutien que poursuit la femme, eux courent après le sac d’écus, le déclarant avec une hypocrite candeur, ou un absolu dédain de l’opinion.
Qu’importe après tout ? Personne, à l’exception des correspondants, ne connaît et ne connaîtra jamais ni les uns ni les autres. En huit pages de trois colonnes, classés par numéros ou sous des pseudonymes, l’entrepreneura seul les noms et les adresses et ce n’est que par son intermédiaire que lesavertisseurspeuvent entrer en contact. Toutes précautions sont prises pour éviter des mystifications ou des indiscrétions. Nul doute que de temps en temps il ne se commette des unes et des autres, mais ces faits sont rares ; l’esprit positif de nos voisins les éloigne des farces de ce genre, d’autant plus que le jeu peut coûter gros, car on a vu plus d’un plaisant pris à son propre piège.
Il est évident que si le mariage ne suit pas toujours les préliminaires, il se fabrique de jolis petits romans d’amour sous le couvert de la feuille matrimoniale, et ce n’est pas la partie la moins amusante. Plus d’une postulante ne fait ainsi un appel public à l’épouseur que pour trouver aisément un amant de son goût.
Sans qu’il soit besoin de plus amples détails, je vais donner une série d’extraits pris dans deux numéros de janvier dernier, celui du 7 et du 21, scrupuleusement et littéralement traduits.
Commençons par le clan le plus intéressant, celui des amoureuses qui veulent un homme pour l’amour de lui :
2091. —Gordon, jeune demoiselle, 18 ans, fille d’un docteur, 50 livres sterling par an, cheveux châtain clair, yeux gris, belle complexion, expression souriante, taille moyenne et bien prise, tempérament gai et aimable, femme d’intérieur, très musicienne, serait dévouée et utile petite femme pour un bel homme de n’importe quel âge.
3726. — Une dame de bonne famille, 25 ans, grande, brune et belle, désire entendre parler d’ungentlemanqui voudrait une jeune et jolie femme. Aucune considération d’argent ne pourrait l’influencer ; mais elle suivrait l’homme aimé jusqu’au bout du monde.
8843. —Maudie, 19 ans, superbe fille, taille moyenne, blonde, traits exquis et bien définis, aimables dispositions, arts d’agrément, ferait une femme aimable ; demande à correspondre avec ungentlemand’environ 23 ans, de taille moyenne, pas gros, cheveux bruns et moustaches ; doit connaître quelques langues étrangères ; le manque de fortune n’est pas un obstacle.
3484. —Laura, âgée de 22 ans, taille moyenne, séduisant extérieur, habitudes modestes et sédentaires, mais nullement ennemie des voyages, ayant une suffisante aisance, désire correspondre avec un monsieur en vue d’un prompt mariage. Elle ferait moins attention à l’âge qu’à un caractère enjoué et aimable.
8730. —Bessie, 22 ans, très aimable, très bonne famille, blonde, bien élevée et bien instruite, très musicienne, ferait une femme aimante, ne demande pas d’argent, car elle a un revenu de cinquante mille francs par an, désire entrer en relations avec ungentlemanqui apprécierait une compagne au cœur chaud.
3558. — Une dame, 28 ans, brune et très belle, taille fine, aimable, chaleureuse, de dispositions aimantes, demande à entrer en relations avec ungentlemande n’importe quel âge qui voudrait apprécier une telle femme.
3445. —Sengadésirerait correspondre avec un homme honorable, aimable, affectueux ; un homme à qui elle pourrait se fier, honorer, respecter ; un bon chrétien aurait l’avantage. Elle a les yeux bleus, les cheveux châtains, une douce et mignonne figure, une taille moyenne et 26 ans. Elle ne possède rien, mais est soigneuse, économe et bien élevée.
3824. —Lily, blonde et jolie, yeux bleus, musicienne, aimante et gaie, bien élevée, avec un peu de fortune, désire donner le tout, orné de ses doux dix-sept ans, à un jeune homme aimant capable de l’apprécier.
3712. — Une belle jeune veuve, 25 ans, voudrait se remarier. Elle a d’excellentes relations, elle est aimable et accomplie et ferait une épouse aimante : préférerait ungentlemand’un âge mûr mais doué de qualités solides.
Quelles qualités ? la belle veuve ne les énumère pas ; les suivantes sont plus explicites :
Mariage.— Une veuve superbe, brune, aimable et aimante, 30 ans, désirerait entrer en correspondance en vue d’un prochain mariage avec un jeunegentlemanqui aurait un tempérament plein de vigueur et apprécierait davantage une jeune et belle femme que l’argent.
3485. —Madgedésirerait correspondre avec les messieurs suivants : 3353, 3194, 3249, 3423, 3300, 3427. Excellente femme de ménage, 29 ans, 5 pieds 2 pouces, figure agréable, aimable, affectueuse ; elle est certaine qu’elle serait une épouse dévouée pour tout homme bon, honorable et viril.
3490. — Une belle jeune demoiselle, âgée de 19 ans, douce, charmante, accomplie et aimante, désire entrer en relations avec un jeune homme de 22 ou 23 ans ayant de la fortune. Il doit être beau, viril, grand, brun, pas gros. Elle ferait une femme bien désirable.
Si nombre de dames et demoiselles aspirent à des hommes à tempérament, et vraiment virils, en voici une série qui paraît avoir relégué au second plan les amoureuses bagatelles :
9941. — Orpheline, fille d’un officier, jeune, remarquablement belle, haute éducation, très aimable, cœur très chaud, désire rencontrer un monsieur âgé voulant une jeune et jolie femme.
3723. — Belle et jeune demoiselle de 20 ans avec 12,500 francs désire se marier. Elle préférerait ungentlemande 40 ans, bien posé, affectueux et chrétien.
3728. — Veuve de 30 ans, belle, aimable et avenante, 7,500 francs de rente, veut se marier. Ungentlemande 50 ans et même plus serait le bienvenu, pourvu qu’il ait une fortune en rapport avec la sienne.
Faisons une petite excursion au côté des hommes :
3675. — Ungentlemande très bonne famille, d’une éducation exquise, d’un caractère excellent, âgé de 28 ans et paraissant beaucoup plus jeune, blond et de belle apparence, très belles moustaches d’un brun doré, taille 5 pieds 8 pouces et un revenu actuel de 5,000 fr. avec de bonnes espérances d’augmentation, désire communiquer avec Bessy, Flory, Myra, Alice Beaufort, Geraldine et voir leur photographie.
3629. —Gentleman, 28 ans, 5 pieds 8 pouces, belle mine, un peu brun, petites moustaches, cheveux bouclés, bien élevé, bon chanteur, joue bien du piano, bon caractère, aimable et joyeux, aimant le chez soi, employé dans la Cité, 3,750 francs par an ; pas d’autres revenus, désire se rencontrer avec une jeune demoiselle en vue d’un prompt mariage ; elle doit être bien élevée et accomplie, aussi bien que femme de ménage. Un cœur vrai et aimant serait préféré à une jolie figure. Les numéros 3501, 2097, 3293, 3588, 3184, du 3 janvier, et Alice Beaufort voudraient-ils entrer en correspondance ?
3679. — Un jeune artiste, 23 ans, désire correspondre avec une dame ou demoiselle aimante et aimable. Apparence personnelle, etc. ; jugez par vous-même : trois photographies sont chez l’éditeur. Les suivantes voudraient-elles correspondre ? Alice Beaufort, Éveline, Geraldine ?
Il ne m’a pas été difficile de trouver le nom de cette Alice Beaufort, qui semble attirer tant de convoitises, et je m’expliquais alors ses désirs tendres. Son annonce est revenue bien des fois et à l’heure où j’écris, se renouvelle encore. Cette jeune Alice est difficile sans doute et lente à se fixer, elle en a le droit du reste, s’il faut s’en rapporter à elle. Jugez-en.
Mariage.— Une jeune et belle demoiselle, orpheline, âgée de 24 ans, hautement apparentée et avec un revenu de 50,000 francs désire se marier. Elle n’exige pas un mari d’une grande fortune, mais ungentlemande bonne mine, aimable et viril, tel enfin qu’une femme au cœur tendre puisse l’aimer et le respecter. — Alice Beaufort.
Sans vouloir en rien nuire àmissAlice Beaufort, il me semble que j’aimerais mieux la petite Lily, qui n’y va pas par quatre chemins :
Lily, blonde et jolie, 18 ans, demande un bon mari, qu’elle aimerait bien.
J’espère qu’elle aura rencontré le jeune clerc, numéro 3425 :
3425. — Un clerc, âgé de 22 ans, veut se marier. Quelque jolie fille veut-elle lui écrire ?
Encore de belles occasions pour les coureurs de dot :
— Une dame blonde, jeune et belle avec un revenu de 26,250 francs, désire entrer en relation avec un jeune homme en vue du mariage. La fortune n’est pas exigée, pourvu que legentlemanplaise. Myra.
Cette héritière doit être aussi fort difficile à contenter, car l’annonce est revenue souvent sous des formes différentes, ainsi que celles-ci :
— Une dame possédant jeunesse, beauté, fortune, veut se marier. Elle ne demande pas de l’homme qu’elle prendrait, la richesse, Elle veut, au contraire, ne tenir qu’avec ses propres ressources son rang et sa maison. Geraldine.
3657. — Monica et Gladys, âgées l’une de 21 ans, l’autre de 19 ans, taille moyenne, jolies, bien élevées, blondes, ayant des revenus suffisants, désirent correspondre avec deux amis en vue du mariage. Toutes deux ont un cœur très chaud, sont très aimables et d’un naturel gai. Au bras d’un mari viril, elles braveraient tout. Elles préféreraient une entrevue, si possible. La plus extrême discrétion est promise et demandée. L’éditeur a leur adresse.
Les chasseurs ne manquent pas pour ces gibiers ; l’on voit les noms des héritières ou leur numéro d’inscription, revenir sans cesse dans les demandes en mariage.
Beaucoup, afin de mieux attirer l’attention et de mériter du premier coup les sympathies jouent au désintéressement et à la vertu.
3651. Ungentleman, 25 ans, belle mine, capital médiocre, mais santé supérieure, serait heureux de communiquer avec une dame de revenus modestes, en vue du mariage. L’avertisseur place une plus haute valeur sur un caractère strictement moral que sur l’argent ; tout ce qu’il désire, c’est d’avoir un petit appoint pour se lancer convenablement dans les affaires. Il apprécierait hautement une dame d’un caractère aimant et sensible, mais avant tout vertueux. Il est bon chrétien, s’abstient des liqueurs fortes et ferait tous ses efforts pour rendre sa femme heureuse. Geraldine Myra, Alice Beaufort voudraient-elles bien lui écrire ?
Le jeune Tennyson, no3244 qui s’intitulea Young medical man from abroadn’est pas modeste. Écoutez le détail de ses qualités et de ses exigences :
— Je suis très aimant, très beau, hautement moral. Je désire correspondre avec dame ou demoiselle riche, de bonne famille, de belle figure, de traits délicats et fins, d’un caractère noble et vertueux. Il est essentiel qu’elle ait des talents nombreux et variés, des goûts littéraires de premier ordre. Je n’ai pas d’argent, mais de bons projets, et j’estime une digne et chrétienne compagne au-dessus de tous les biens de la terre. Alice Beaufort, Bessie, Myra, Eveleen, Geraldine, Gordon voudraient-elles correspondre avec moi ?
Le beau Tennyson n’est pas le seul de son genre sur la brèche, un autre suit immédiatement :
— Ungentlemanétranger, 27 ans, blond, beau, distingué, large poitrine, taille moyenne et bien prise, musculeux, naturel aimable, grande moralité, parlant trois langues, voudrait se marier de suite avec veuve ou demoiselle qui n’aurait aucune objection à vivre en Allemagne et à l’aider de son argent.
Je lui propose cette vieille, inscrite sous le no3444.
— Veuve de 60 ans, très bien conservée, caractère enjoué, sansencumbrance, désire entendre parler d’ungentlemanrespectable, vertueux et parfait chrétien, en vue d’un prompt mariage. Elle peut disposer de 5,000 francs comptant.
Les officiers, les retraités surtout, en quête de femmes sont nombreux. D’ordinaire leur demande est brève comme un commandement. Les deux suivantes font exception.
8398. — Un lieutenant-colonel retraité, veuf, sansencumbrance(sans enfants), homme chrétien, Église d’Angleterre, fortune suffisante, 48 ans, yeux bleus foncés, moustaches et cheveux bruns, taille moyenne, teint frais, passant pour beau garçon, caractère égal, état de premier ordre quant au corps et à l’intelligence, est tout disposé à s’abandonner de nouveau à une digne et chrétienne épouse qui dans le bien-être comme dans la malechance, l’aimerait, l’honorerait et lui obéirait, et ajouterait à tout cela une aimable parole et un doux sourire au cher vieux camarade qui lui assurerait en échange le repos, l’amour, l’honneur et le confort avec l’aide de Dieu. Les dames suivantes, inscrites auMatrimonial Newsdu 21 octobre, sont invitées à correspondre avec « cavalier » brûlant de le devenir : Grace Granville, Eveleen, Nelly,missElliott, Minnie, Connie,mistressBranscourbe, Lena, Ada, Longfor, et les numéros 7400, 7406, 7338 et 7292. Photographies reçues, envoyées et retournées. La plus grande discrétion de part et d’autre.
2999. — Un officier de ligne en activité, qui s’est élevé des rangs, est très désireux de se marier. Il a 34 ans, est grand, blond, bien portant, d’un caractère aimant et généreux, sent qu’il ferait un excellent mari. Il voudrait une femme qui ait quelque fortune ; mais elle doit avant tout être unedame; elle doit être aussi affectueuse, bonne ménagère, au-dessous de 40 ans et capable d’aimer son mari. Il lui rendrait son amour avec intérêts. Quelque dame veut-elle correspondre ? Il enverra sa photographie, ou arrangera une entrevue si on le désire.
Encore un médecin. Il se déclaremedical gentlemanéminent :
2502. — Un médecin éminent, âgé de 40 ans, l’un des premiers praticiens du Canada, 5 pieds 9 pouces, superbe physionomie, belles dents blanches, magnifique voix de ténor, bon pianiste et bon organiste, parlant quatre langues, auteur et conférencier, ayant voyagé dans toutes les parties du monde, et tout à fait cosmopolite, très affectueux et désireux d’un intérieur, relations depremière classe, belle résidence, voudrait correspondre avec une dame riche, en vue du mariage, et qui consentirait à demeurer au Canada ; aimant beaucoup les enfants, une veuve avec deux ou trois ne lui serait nullement désagréable.
3677. —Henry, 31 ans, 5 pieds 8 pouces, 500 livres sterling par an, poids 150 livres, projets de première classe, désire correspondre avec une dame en vue d’un prompt mariage. Il a voyagé dans le monde entier, fait des vers, est d’un tempérament chaud et aimant. La dame doit avoir des rentes, être bien élevée et musicienne.
Les Alphonses du mariage abondent. Je cueille dans le tas :
3630. —Albert, grand, brun, 27 ans, pas d’autre fortune que ses appointements de 2,000 francs par an, demande à lier connaissance avec une dame de 30 à 45 ans qui aurait les moyens de lui faire un intérieur confortable. Envoyer sa photographie.
3514. —Robert, ingénieur, 27 ans, 6 pieds, beau garçon, brun et solide, bien élevé, bonnes relations, veut se marier. Sa position est bonne, mais insuffisante. Il désirerait correspondre avec une dame âgée ou une veuve ayant de la fortune.
3604. —Hubert, 26 ans, 5 pieds 8 pouces, brun, considéré comme très beau garçon, de dispositions aimables et amoureuses, commerce facile et agréable, appointements modestes, désire correspondre avec une dame âgée, mais pas au-dessus de 60 ans, en vue d’un mariage immédiat. Elle doit avoir les moyens de tenir confortablement sa maison.
3676. —Fred, 22 ans, 5 pieds 10 pouces, brun, yeux très noirs, belle prestance et belle santé,gentlemanpar la naissance et l’éducation, mais sans argent, désirerait entrer en relation avec une dame riche en vue d’un prompt mariage. Il ferait un mari ardent, fidèle et dévoué.
3527. — Ungentlemanallemand, 26 ans, grand, professeur de langues, sans fortune, désire correspondre avec une dame ayant de l’aisance et qui voudrait un mari aimable, au cœur dévoué et brûlant. Il est passionné pour la musique, la peinture et les voyages. Les dames suivantes voudraient-elles avoir la gracieuseté de correspondre, si elles en ont l’envie : Alice Beaufort,ladyAlice, Bessie, Lilian, Geraldine, Nora, Myra, Eveleen, 3315, 3130, 3160, 3187, 3280, 3286, 3291, 3284, 3506 ou d’autres inscrites dans le numéro du 13 décembre. Le plus profond secret doit être observé de part et d’autre. L’éditeur a l’adresse et la photographie.
Voici le rastaquouère.
3516. — Un jeune, brun, et titré gentilhomme étranger, 5 pieds 11 pouces, yeux noirs, cheveux noirs, noble naissance, occupant une haute position diplomatique, reçu à la cour, désire épouser une jeune demoiselle agréable et affectueuse. Son mariage la rendra comtesse. Nulle objection quant à la religion. Elle doit avoir au moins 75,000 francs de revenus.
Les Allemands ont une prédilection marquée pour les Anglaises, cellesqui ont le sac, bien entendu, car en voici un autre qui les relance de Berlin.
2388. — Ungentlemanallemandorphelin(!), âgé de 34 ans et demi, 5 pieds 7 pouces, bien portant, cheveux et favoris blond clair, considéré comme beau garçon, doux, bien élevé, d’une apparence degentleman, très sobre, parlant l’anglais, le hollandais et assez bien le français, employé dans le gouvernement avec des appointements de cent livres par an, qui s’augmenteront, sans fortune, désire correspondre avec une dame anglaise ou une veuve sans enfants, de l’âge de 24 à 45 ans, une orpheline préférée, ayant de la fortune et consentant à vivre en Allemagne. L’avertisseur a un esprit droit, un cœur chaud, une âme vertueuse, et serait un mari très dévoué, excessivement passionné pour son intérieur ; il préférerait un doux caractère à la beauté. Il demande et il promet la plus grande discrétion. Est-ce que Bessie, Geraldine, Alice Beaufort, Myra, Eveleen et la veuve no3444 voudraient répondre ?
3688. — Ungentleman, 57 ans, bonne famille, belle manières, excellente santé, grande expérience, a vécu longtemps à l’étranger, aimant son intérieur, aimable, gai, possédant tous les attributs virils capables de faire le bonheur d’une femme, est désireux, en vue d’un prochain mariage, de lier connaissance avec une dame d’âge, de respectabilité, de dispositions semblables et de suffisantes ressources pour que, les deux fortunes réunies, on puisse s’assurer une existence confortable et heureuse.
3425. — Ungentlemanaméricain, 26 ans, résidant à New-York, demande à correspondre avec quelques dames, en vue d’une amélioration mutuelle et peut-être de mariage. Suis un agent d’une compagnie de chemin de fer, et ai tout le temps voulu pour répondre aux lettres. Celles qui contiennent une photographie recevront une attention toute spéciale. Dire si l’on a de l’éducation et des connaissances musicales. Les lettres pour l’Amérique demandent un timbre extra. Je ne suis pas laid. Yeux bleus, cheveux bruns ondoyants, 5 pieds 9 pouces.Pèse15stones(210 livres).
Encore un Allemand ; décidément dans la chasse aux héritages, à eux le point.Germanus tulit punctum qui miscuit utile dulci.
3635. — Jeunegentleman. Allemand d’origine, 26 ans, ayant l’air d’en avoir 30, 5 pieds 6 pouces, fort et sain, sobre, très affectionné, très naturel, tranquille, modeste, pas encombrant, considéré comme un peu timide, pas mal comme figure, a des propriétés en Amérique, serait désireux de correspondre avec une dame chrétienne, pieuse et sage en vue du mariage. Elle doit avoir des rentes, car lui n’en a pas ; mais il aime beaucoup un intérieur et est d’un tempérament très aimant. L’âge de la dame est de nulle importance, et il prendrait aussi bien une veuve que toute autre.
Il n’aura pas en tout cas celle-ci.
3448. — Une dame parisienne, résidant en Angleterre, désire se marier à un monsieur plus âgé qu’elle, de n’importe quelle nationalité, excepté un Allemand : elle prendrait volontiers un veuf. Elle a 28 ans, elle est aimable, spirituelle, bonne ménagère. Elle gagne environ 3,000 fr. par an, et pourrait continuer à exercer sa profession étant mariée.
Voici maintenant le Werther ardent :
— Ungentlemanprussien ayant de bons revenus, désire faire la connaissance d’une dame entre 25 et 35 ans. Elle doit être grande, douée d’une bonne santé et d’un embonpoint raisonnable, avoir la peau brune et des cheveux noirs et abondants. S’adresser en toute confiance.
Un autre jeune passionné, mais que dès l’entrée en matière on reconnaît pour britannique :
3631. — Hautement respectable et respecté. Beau jeune homme de 25 ans. Petits revenus. Châtain foncé, moustaches. Yeux noisette. Bien constitué et solide en tous points ; désire se marier tout de suite à belle dame ou jolie demoiselle ayant des revenus. Elle doit être très aimante et très affectionnée, car il est lui-même de joyeuse, aimante, affectueuse disposition et sait qu’il fera un excellent mari capable d’attacher à jamais une épouse.
3079. — Une respectable personne de 40 ans, cheveux et yeux noirs, 5 pieds, extérieur mignon, pas de parents, 3 à 400 livres sterling, économe et excellente ménagère, faisant ses propres robes, désire correspondre avec un homme dans les affaires et qui soit d’à peu près son âge. L’argent est moins pour elle-même un objet d’attention que la fermeté, la constance, la sobriété et les dispositions à réussir en affaires ; de plus elle veut ungentlemande manières et d’aspect ; un veuf avec un ou deux enfants ne serait pas repoussé. Elle ferait une industrieuse, constante, fidèle, dévouée épouse et mère.
3181. — Une dame veuve, 30 ans, en paraissant 25, cheveux bruns, yeux noisette, complexion saine, taille moyenne, charmante tournure, chante avec une douceur attrayante, joue modérément bien, très bon naturel et dispositions aimantes, excellente femme d’intérieur, très bonne santé, a beaucoup voyagé, 1,500 francs de rente, aura davantage ; elle désire ardemment devenir la petite femme aimante et dévouée d’ungentlemanau cœur chaud et à principes solides avant que le printemps de sa vie soit passé.
3780. — La fille d’unclergyman, 24 ans, d’un naturel brillant et aimable, musicienne, serait heureuse de correspondre avec le numéro 8398, ou tout autre semblablegentleman. Elle est grande, a les cheveux noirs, les yeux d’un bleu sombre. Le principal mérite de son mari serait d’être un bon et chaleureux chrétien. La dame est très femme de ménage, très sobre, très affectueuse ; elle ne voit nul inconvénient à un échange de photographies, si on le désire. Son père est à la tête d’une paroisse de Londres. Ses vues religieuses sont strictement évangéliques.
3377. — Un monsieur de 60 ans très grand, plus grand que la moyenne et de bonne mine, bon tempérament, et persuadé qu’il peut rendre heureuse toute femme raisonnable, veut se marier. Il a un revenu de plusieurs milliers de livres sterling, une magnifique résidence à la campagne, chevaux et voitures et ferait un mari bon et indulgent.
3443. — Une dame de physionomie agréable, beau teint, convenable en tous points pour unclergyman, ou ungentlemanévangélique ou appartenant à une profession chrétienne, ou tout autre cherchant une compagne intellectuelle et agréable et une épouse affectionnée. On préférerait Londres et les environs. Le revenu actuel est de 50 livres sterling ; augmentation probable. Nulle objection pour un veuf avec enfants, pourvu qu’il ait de quoi les entretenir.
Le souci de leur salut, celui du troupeau et l’attente des joies célestes ne font pas dédaigner les terrestres aux pieuxclergymen. Je ne les en blâme pas, je constate simplement.
Divinité.— Étudiant pour les ordres sacrés, 24 ans, grand, blond, viril, aimant, tendre, cherche une compagne affectueuse. Nombreux projets d’avenir, perspectives inattendues, moyens désirables, la dame jugera. J’aimerais à correspondre avec Alice Beaufort ou toute autre de même catégorie.
Mariage.—Clergymande l’Église d’Angleterre, gradé célibataire, 32 ans, grand, bien fait, considéré comme possédant des avantages physiques, désire épouser une dame riche, bien élevée, d’un caractère aimable, et pas au-dessus de 33 ans, capable d’apprécier un époux aimant. Malheureusement l’avertisseur n’a que des revenus très médiocres.
Celui-ci, plus bref, semble ne douter de rien.
3606. — Unclergyman, 70 ans, recteur, revenus modestes, désire se remarier avec une aimable dame qui ait un peu d’aisance. Celles au-dessous de 40 ans préférées.
Plus je vais, plus je trouve à puiser dans cette mine riche, où jeunesse et vieillesse dévorées du même mal, assoiffées des mêmes désirs ou de cupidités identiques, se coudoient au mêmehandicap.
Ne sont-elles pas bien naturelles, ces jeunesmisses, ces veuves ardentes, ces vieilles à qui il faut un mari à tout prix ! Et ces escrocs à la chasse aux héritières, ces pieux oints du Seigneur voulant aimer, et jouir gratis de la vie sont-ils assez dans la note humaine ! Le tout suant le vice, puisqueviceils prétendent qu’il y a, sous le manteau de la vertu.
Je me hâte de terminer, laissant au lecteur le soin de conclure ; mais avant de finir ma récolte dans ces terres grasses d’excentricités, je veux encore cueillir ces deux fleurs pour compléter le bouquet :
3644. — Un prêtre français, 38 ans, occupant une haute position en Angleterre, désire se rencontrer avec une dame d’un cœur tendre et fidèle qui comprendrait sa solitude et consentirait à une prompte union.
Aucune pieuse personne n’ayant répondu à cet émule du père Hyacinthe, il fit dans le numéro suivant un nouvel appel :
3744. — Rencontrera-t-il jamais le prêtre français qui occupe une haute position en Angleterre, un cœur compatissant qui comprendrait ses souffrances et sa captivité (?). L’éditeur a l’adresse et la photographie.
FIN