On ne sait quelle mort qui rend le ciel tout rouge ;Désire cette pourpre, accepte cette mort,Jette sa grande peau sur son épaule, et sort.
On ne sait quelle mort qui rend le ciel tout rouge ;
Désire cette pourpre, accepte cette mort,
Jette sa grande peau sur son épaule, et sort.
Et pendant qu’il s’en va du côté des montagnesEt que la Reine pleure en griffant ses compagnes,Comme il ne se peut pas qu’un homme aussi divinAit filé de la laine et que ce soit en vain,Comme il faut que toujours d’une âme vraiment hauteServe chaque souffrance, — et même chaque faute, —Le déplorable fil resté sur les carreaux,Ce fil qui, malgré tout, est l’œuvre d’un HérosDont l’âme s’est tordue avec sa laine torse,Et qui, filé dans le malheur, prit tant de forceQu’il ne pourra jamais dans l’ombre être cassé,Ce fil mystérieux, Vénus l’a ramassé ;Et, l’enroulant autour de son doigt diaphane,Elle emporte ce fil, et dit : « Pour Ariane. »
Et pendant qu’il s’en va du côté des montagnes
Et que la Reine pleure en griffant ses compagnes,
Comme il ne se peut pas qu’un homme aussi divin
Ait filé de la laine et que ce soit en vain,
Comme il faut que toujours d’une âme vraiment haute
Serve chaque souffrance, — et même chaque faute, —
Le déplorable fil resté sur les carreaux,
Ce fil qui, malgré tout, est l’œuvre d’un Héros
Dont l’âme s’est tordue avec sa laine torse,
Et qui, filé dans le malheur, prit tant de force
Qu’il ne pourra jamais dans l’ombre être cassé,
Ce fil mystérieux, Vénus l’a ramassé ;
Et, l’enroulant autour de son doigt diaphane,
Elle emporte ce fil, et dit : « Pour Ariane. »
Cambo, septembre 1909.