IIIROME

PREMIER PASSAGE SUR LA BASILIQUE DE SAINT-PIERRE

Au Vainqueur.

Tout fut beau : la Victoire, et le cri qui la nomme,Et la Ville Éternelle, et la jeune saison,Et le Captif sacré quittant son oraisonPour voir l’Aile franchir les collines de Rome !La minute est sublime où le vieux Pape, commePour laisser pénétrer le siècle et l’horizon,Fait ouvrir la fenêtre, et veut, de sa prison,Bénir l’oiseau lointain qu’on lui dit être un homme !O le plus pur effet du plus grand des exploits !Elle vient de monter pour la première fois,La bénédiction qui dut toujours descendre !«Pulvis es… », dit l’Église au fragile mortel.Mais il s’est envolé si haut, ce grain de cendre,Qu’il faut, pour le bénir, le chercher dans le ciel !

Tout fut beau : la Victoire, et le cri qui la nomme,

Et la Ville Éternelle, et la jeune saison,

Et le Captif sacré quittant son oraison

Pour voir l’Aile franchir les collines de Rome !

La minute est sublime où le vieux Pape, comme

Pour laisser pénétrer le siècle et l’horizon,

Fait ouvrir la fenêtre, et veut, de sa prison,

Bénir l’oiseau lointain qu’on lui dit être un homme !

O le plus pur effet du plus grand des exploits !

Elle vient de monter pour la première fois,

La bénédiction qui dut toujours descendre !

«Pulvis es… », dit l’Église au fragile mortel.

Mais il s’est envolé si haut, ce grain de cendre,

Qu’il faut, pour le bénir, le chercher dans le ciel !

Mai 1911.


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