— En voilà un qui a été vite enlevé !
— Ce que c’est que de nous, tout de même !
— D’ailleurs, il paraît que ce dont il est mort, ce n’est pas du tout pour ça qu’on le soignait.
— Est-ce que vous croyez aux médecins, vous ?
— Je ne crois pas à la médecine, mais je crois à la chirurgie.
— Tous les médecins ne sont pas des empiriques.
— Et puis, on aura beau dire, faire venir le médecin, ça rassure toujours.
— Parce que, en général, c’est le moral qui est atteint, et que les médecins agissent sur le moral.
— Il est certain que le moral joue un très grand rôle.
—Menssanoin corporesana!
— Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait certaines précautions à prendre.
— Pas de drogues, mais de l’hygiène !
— Il n’est pas douteux que, si l’on suivait un peu mieux les règles de l’hygiène, il n’y aurait pas tant de pharmaciens.
— Et ils ne vendraient pas deux francs ce qui leur revient à deux sous.
— Ce n’est toujours pas dans notre famille qu’on enrichit les pharmaciens.
— Mon père est mort à soixante-seize ans sans avoir jamais été malade.
— Je voudrais seulement qu’on m’en souhaite autant.
— Je crois que nous sommes tous les deux de la même promotion.
— Oui, comme on dit, quand l’un partira, l’autre fera bien de graisser ses bottes.
— J’espère que nous n’en sommes pas encore là.
— Ça vient quand ça vient, le mieux est de n’y pas songer.
— Oh ! je vous garantis que ce n’est pas ça qui m’empêche de dormir.
— Tout dépend aussi de ce qu’on laisse derrière soi.
— Il passait pour avoir une certaine situation de fortune, indépendamment de sa position.
— On n’est jamais riche quand on a quatre enfants.
— Et le voilà parti sans sa croix…
— Avouez que maintenant ça lui ferait une belle jambe !
— Je ne dis pas ça : il y a toujours la satisfaction morale.
— Voyez si Rabaud se donne de l’importance !
— Voilà une petite mort qui lui fait gagner au moins deux ans et demi.
— Je ne lui veux pas de mal et je ne suis pas riche, mais je donnerais bien quelque chose de ma poche pour que ce ne soit pas lui qui soit nommé.
— Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
— C’est la vie.