— Songer qu’hier, à cette heure-ci, nous étions en plein boulevard.
— Le calme aussi a du bon.
— Nos cousins habitent Vaugirard, et, le soir, pour peu qu’on aille au théâtre…
— Vaugirard, ce n’est déjà plus tout à fait Paris.
— Quand on est à Paris, on n’a le temps de voir personne.
— Nos cousins sont de vrais Parisiens, ils savent ce qu’il en est, et ils nous excusent.
— Nous avons découvert un petit restaurant au Palais-Royal, où l’on mange admirablement pour ses 2 fr. 50.
— Je ne sais pas comment font certains restaurateurs parisiens.
— L’avantage du restaurant à prix fixe, c’est qu’on ne dépense jamais que ce qu’on veut bien dépenser.
— Évidemment, dans ces grands magasins, on trouve des occasions extraordinaires, mais une fois que l’on est là, on voudrait tout emporter.
— Si j’habitais Paris, je voudrais m’habiller pour rien.
— Croiriez-vous que nous n’étions jamais allés au musée Grévin ?
— Les Parisiens ne paient jamais leur place au théâtre.
— Nous avons hésité entre l’Opéra-Comique et la Porte-Saint-Martin, et puis, au dernier moment, il était trop tard.
— Il faudrait avoir le loisir de s’installer à la terrasse d’un café, rien que pour voir défiler cette foule.
— On a vite fait de passer la moitié de ses journées en omnibus.
— Monter et descendre tous ces étages !
— Si l’on pouvait, à Paris, emporter son installation de province.
— Paris n’est vraiment agréable à habiter que si l’on a 50.000 livres de rente.
— En général, les gens qui ont 50.000 livres de rente séjournent à peine trois mois d’hiver à Paris.
— Je ne demanderais qu’à venir y passer trois semaines tous les ans, au moment du Salon.
— Les théâtres, les grands concerts, les musées, les cours au Collège de France…
— Nous avons rencontré deux fois Coquelin Cadet sur les grands boulevards : la seconde fois je n’en suis pas bien sûre, mais la première, nous l’avons vu comme je vous vois.
— Ce que la province ne peut pas nous donner, c’est ce foyer intellectuel !…
— Paris est Paris.