Ces articles furent imprimés, le dernier printemps, en diverses revues qui voulurent bien me laisser dire : lesEntretiens, laRevue Blanche, lesEssais d’Art libre, l’Ermitage, leLivre d’Art.
Les voici ensemble, liés par un seul fil, même les trois derniers dont le ton sera un peu discordant.
A cette heure, la théorie idéaliste n’est plus guère contestée que par quelques canards enclins à se plaire dans les vieux marécages. Les naturalistes les plus entêtés et les plus obtus ont cédé eux-mêmes à l’énergique pression intellectuelle qui, depuis quatre ans, depuis la mort de Villiers de l’Isle-Adam, pesa sur le monde où la pensée s’élabore en œuvres d’art.
La grande guerre est donc finie, mais selon le conseil de Machiavel, — le « maître bien-aimé de Tribulat Bonhomet » — il faut achever les blessés, afin qu’ils ne surgissent pas guéris et aptes à de nouvelles batailles. Si médiocre que soit un vaincu, sa colère est toujours à craindre : c’est pourquoi l’extermination est nécessaire.
J’espère que tant de férocité ne sera pas jugée contradictoire avec les principes de la liberté de l’art, que je préconise avant tout.
R. G.
25 mars 1893.