CXVIILe 5 octobre.Il était six heures du soir à peu près, un jour couleur d'opale, dans lequel un beau soleil d'automne infiltrait ses rayons d'or, tombait du ciel sur la mer bleuâtre.La chaleur du jour s'était éteinte graduellement, et l'on commençait à sentir cette légère brise qui semble la respiration de la nature se réveillant après la sieste brûlante du midi, souffle délicieux qui rafraîchit les côtes de la Méditerranée et qui porte de rivage en rivage le parfum des arbres, mêlé à l'âcre senteur de la mer.Sur cet immense lac qui s'étend de Gibraltar aux Dardanelles et de Tunis à Venise, un léger yacht, pur et élégant de forme, glissait dans les premières vapeurs du soir. Son mouvement était celui du cygne qui ouvre ses ailes au vent et qui semble glisser sur l'eau. Il s'avançait, rapide et gracieux à la fois, et laissant derrière lui un sillon phosphorescent.Peu à peu le soleil, dont nous avons salué les derniers rayons, avait disparu à l'horizon occidental; mais, comme pour donner raison aux rêves brillants de la mythologie, ses feux indiscrets, reparaissant au sommet de chaque vague, semblaient révéler que le dieu de flamme venait de se cacher au sein d'Amphitrite, qui essayait en vain de cacher son amant dans les plis de son manteau azuré.Le yacht avançait rapidement, quoique en apparence il y eût à peine assez de vent pour faire flotter la chevelure bouclée d'une jeune fille.Debout sur la proue, un homme de haute taille, au teint de bronze, à l'œil dilaté, voyait venir à lui la terre sous la forme d'une masse sombre disposée en cône, et sortant du milieu des flots comme un immense chapeau de Catalan.«Est-ce là Monte-Cristo? demanda d'une voix grave et empreinte d'une profonde tristesse le voyageur aux ordres duquel le petit yacht semblait être momentanément soumis.—Oui, Excellence, répondit le patron, nous arrivons.—Nous arrivons!» murmura le voyageur avec un indéfinissable accent de mélancolie.Puis il ajouta à voix basse:«Oui, ce sera là le port.»Et il se replongea dans sa pensée, qui se traduisait par un sourire plus triste que ne l'eussent été des larmes.Quelques minutes après, on aperçut à terre la lueur d'une flamme qui s'éteignit aussitôt, et le bruit d'une arme à feu arriva jusqu'au yacht.«Excellence, dit le patron, voici le signal de terre, voulez-vous y répondre vous-même?—Quel signal?» demanda celui-ci.Le patron étendit la main vers l'île aux flancs de laquelle montait, isolé et blanchâtre, un large flocon de fumée qui se déchirait en s'élargissant.«Ah! oui, dit-il, comme sortant d'un rêve, donnez.»Le patron lui tendit une carabine toute chargée, le voyageur la prit, la leva lentement et fit feu en l'air.Dix minutes après on carguait les voiles, et l'on jetait l'ancre à cinq cents pas d'un petit port.Le canot était déjà à la mer avec quatre rameurs et le pilote; le voyageur descendit, et au lieu de s'asseoir à la poupe, garnie pour lui d'un tapis bleu, se tint debout et les bras croisés.Les rameurs attendaient, leurs avirons à demi levés, comme des oiseaux qui font sécher leurs ailes.«Allez!» dit le voyageur.Les huit rames retombèrent à la mer d'un seul coup et sans faire jaillir une goutte d'eau; puis la barque, cédant à l'impulsion, glissa rapidement.En un instant on fut dans une petite anse formée par une échancrure naturelle, la barque toucha sur un fond de sable fin.«Excellence, dit le pilote, montez sur les épaules de deux de nos hommes, ils vous porteront à terre.»Le jeune homme répondit à cette invitation par un geste de complète indifférence, dégagea ses jambes de la barque et se laissa glisser dans l'eau qui lui monta jusqu'à la ceinture.«Ah! Excellence, murmura le pilote, c'est mal ce que vous faites là, et vous nous ferez gronder par le maître.»Le jeune homme continua d'avancer vers le rivage, suivant deux matelots qui choisissaient le meilleur fond.Au bout d'une trentaine de pas on avait abordé; le jeune homme secouait ses pieds sur un terrain sec, et cherchait des yeux autour de lui le chemin probable qu'on allait lui indiquer, car il faisait tout à fait nuit.Au moment où il tournait la tête, une main se posait sur son épaule, et une voix le fit tressaillir.«Bonjour, Maximilien, disait cette voix, vous êtes exact, merci!—C'est vous, comte, s'écria le jeune homme avec un mouvement qui ressemblait à de la joie, et en serrant de ses deux mains la main de Monte-Cristo.—Oui, vous le voyez, aussi exact que vous; mais vous êtes ruisselant, mon cher ami: il faut vous changer, comme dirait Calypso à Télémaque. Venez donc, il y a par ici une habitation toute préparée pour vous, dans laquelle vous oublierez fatigues et froid.»Monte-Cristo s'aperçut que Morrel se retournait; il attendit.Le jeune homme, en effet, voyait avec surprise que pas un mot n'avait été prononcé par ceux qui l'avaient amené, qu'il ne les avait pas payés et que cependant ils étaient partis. On entendait même déjà le battement des avirons de la barque qui retournait vers le petit yacht.«Ah! oui, dit le comte, vous cherchez vos matelots?—Sans doute, je ne leur ai rien donné, et cependant ils sont partis.—Ne vous occupez point de cela, Maximilien, dit en riant Monte-Cristo, j'ai un marché avec la marine pour que l'accès de mon île soit franc de tout droit de charroi et de voyage. Je suis abonné, comme on dit dans les pays civilisés.»Morrel regarda le comte avec étonnement.«Comte, lui dit-il, vous n'êtes plus le même qu'à Paris.—Comment cela?—Oui, ici, vous riez.»Le front de Monte-Cristo s'assombrit tout à coup.«Vous avez raison de me rappeler à moi-même, Maximilien, dit-il, vous revoir était un bonheur pour moi, et j'oubliais que tout bonheur est passager.—Oh! non, non, comte! s'écria Morrel en saisissant de nouveau les deux mains de son ami; riez au contraire, soyez heureux, vous, et prouvez-moi par votre indifférence que la vie n'est mauvaise qu'à ceux qui souffrent. Oh! vous êtes charitable; vous êtes bon, vous êtes grand, mon ami, et c'est pour me donner du courage que vous affectez cette gaieté.—Vous vous trompez, Morrel, dit Monte-Cristo, c'est qu'en effet j'étais heureux.—Alors vous m'oubliez moi-même; tant mieux!—Comment cela?—Oui, car vous le savez, ami, comme disait le gladiateur entrant dans le cirque au sublime empereur, je vous dis à vous: «Celui qui va mourir te salue.»—Vous n'êtes pas consolé? demanda Monte-Cristo avec un regard étrange.—Oh! fit Morrel avec un regard plein d'amertume, avez-vous cru réellement que je pouvais l'être?—Écoutez, dit le comte, vous entendez bien mes paroles, n'est-ce pas, Maximilien? Vous ne me prenez pas pour un homme vulgaire, pour une crécelle qui émet des sons vagues et vides de sens. Quand je vous demande si vous êtes consolé, je vous parle en homme pour qui le cœur humain n'a plus de secret. Eh bien, Morrel, descendons ensemble au fond de votre cœur et sondons-le. Est-ce encore cette impatience fougueuse de douleur qui fait bondir le corps comme bondit le lion piqué par le moustique? Est-ce toujours cette soif dévorante qui ne s'éteint que dans la tombe? Est-ce cette idéalité du regret qui lance le vivant hors de la vie à la poursuite du mort? ou bien est-ce seulement la prostration du courage épuisé, l'ennui qui étouffe le rayon d'espoir qui voudrait luire? est-ce la perte de la mémoire, amenant l'impuissance des larmes? Oh! mon cher ami, si c'est cela, si vous ne pouvez plus pleurer, si vous croyez mort votre cœur engourdi, si vous n'avez plus de force qu'en Dieu, de regards que pour le ciel, ami, laissons de côté les mots trop étroits pour le sens que leur donne notre âme. Maximilien, vous êtes consolé, ne vous plaignez plus.—Comte, dit Morrel de sa voix douce et ferme en même temps; comte, écoutez-moi, comme on écoute un homme qui parle le doigt étendu vers la terre, les yeux levés au ciel: je suis venu près de vous pour mourir dans les bras d'un ami. Certes, il est des gens que j'aime: j'aime ma sœur Julie, j'aime son mari Emmanuel; mais j'ai besoin qu'on m'ouvre des bras forts et qu'on me sourie à mes derniers instants; ma sœur fondrait en larmes et s'évanouirait; je la verrais souffrir, et j'ai assez souffert; Emmanuel m'arracherait l'arme des mains et remplirait la maison de ses cris. Vous, comte, dont j'ai la parole, vous qui êtes plus qu'un homme, vous que j'appellerais un dieu si vous n'étiez mortel, vous, vous me conduirez doucement et avec tendresse, n'est-ce pas, jusqu'aux portes de la mort?—Ami, dit le comte, il me reste encore un doute: auriez-vous si peu de force, que vous mettiez de l'orgueil à étaler votre douleur?—Non, voyez, je suis simple, dit Morrel en tendant la main au comte, et mon pouls ne bat ni plus fort ni plus lentement que d'habitude. Non, je me sens au bout de la route; non, je n'irai pas plus loin. Vous m'avez parlé d'attendre et d'espérer; savez-vous ce que vous avez fait, malheureux sage que vous êtes? J'ai attendu un mois, c'est-à-dire que j'ai souffert un mois! J'ai espéré (l'homme est une pauvre et misérable créature), j'ai espéré, quoi? je n'en sais rien, quelque chose d'inconnu, d'absurde, d'insensé! un miracle... lequel? Dieu seul peut le dire, lui qui a mêlé à notre raison cette folie que l'on nomme espérance. Oui, j'ai attendu; oui, j'ai espéré, comte, et depuis un quart d'heure que nous parlons vous m'avez cent fois, sans le savoir, brisé, torturé le cœur, car chacune de vos paroles m'a prouvé qu'il n'y a plus d'espoir pour moi. Ô comte! que je reposerai doucement et voluptueusement dans la mort!»Morrel prononça ces derniers mots avec une explosion d'énergie qui fit tressaillir le comte.«Mon ami, continua Morrel, voyant que le comte se taisait, vous m'avez désigné le 5 octobre comme le terme du sursis que vous me demandiez... mon ami, c'est aujourd'hui le 5 octobre...»Morrel tira sa montre.«Il est neuf heures, j'ai encore trois heures à vivre.—Soit, répondit Monte-Cristo, venez.»Morrel suivit machinalement le comte, et ils étaient déjà dans la grotte que Maximilien ne s'en était pas encore aperçu.Il trouva des tapis sous ses pieds, une porte s'ouvrit, des parfums l'enveloppèrent, une vive lumière frappa ses yeux.Morrel s'arrêta, hésitant à avancer; il se défiait des énervantes délices qui l'entouraient.Monte-Cristo l'attira doucement.«Ne convient-il pas, dit-il, que nous employions les trois heures qui nous restent comme ces anciens Romains qui, condamnés par Néron, leur empereur et leur héritier, se mettaient à table couronnés de fleurs, et aspiraient la mort avec le parfum des héliotropes et des roses?»Morrel sourit.«Comme vous voudrez, dit-il; la mort est toujours la mort, c'est-à-dire l'oubli, c'est-à-dire le repos, c'est-à-dire l'absence de la vie et par conséquent de la douleur.»Il s'assit, Monte-Cristo prit place en face de lui.On était dans cette merveilleuse salle à manger que nous avons déjà décrite, et où des statues de marbre portaient sur leur tête des corbeilles toujours pleines de fleurs et de fruits.Morrel avait tout regardé vaguement, et il était probable qu'il n'avait rien vu.«Causons en hommes, dit-il en regardant fixement le comte.—Parlez, répondit celui-ci.—Comte, reprit Morrel, vous êtes le résumé de toutes les connaissances humaines, et vous me faites l'effet d'être descendu d'un monde plus avancé et plus savant que le nôtre.—Il y a quelque chose de vrai là-dedans, Morrel, dit le comte avec ce sourire mélancolique qui le rendait si beau; je suis descendu d'une planète qu'on appelle la douleur.—Je crois tout ce que vous me dites sans chercher à en approfondir le sens, comte; et la preuve, c'est que vous m'avez dit de vivre, que j'ai vécu; c'est que vous m'avez dit d'espérer, et que j'ai presque espéré. J'oserai donc vous dire, comte, comme si vous étiez déjà mort une fois: comte, cela fait-il bien mal?»Monte-Cristo regardait Morrel avec une indéfinissable expression de tendresse.«Oui, dit-il; oui, sans doute, cela fait bien mal, si vous brisez brutalement cette enveloppe mortelle qui demande obstinément à vivre. Si vous faites crier votre chair sous les dents imperceptibles d'un poignard; si vous trouez d'une balle inintelligente et toujours prête à s'égarer dans sa route votre cerveau que le moindre choc endolorit, certes, vous souffrirez, et vous quitterez odieusement la vie, la trouvant, au milieu de votre agonie désespérée, meilleure qu'un repos acheté si cher.—Oui, je comprends, dit Morrel, la mort comme la vie a ses secrets de douleur et de volupté: le tout est de les connaître.—Justement, Maximilien, et vous venez de dire le grand mot. La mort est, selon le soin que nous prenons de nous mettre bien ou mal avec elle, ou une amie qui nous berce aussi doucement qu'une nourrice, ou une ennemie qui nous arrache violemment l'âme du corps. Un jour, quand notre monde aura vécu encore un millier d'années, quand on se sera rendu maître de toutes les forces destructives de la nature pour les faire servir au bien-être général de l'humanité; quand l'homme saura, comme vous le disiez tout à l'heure, les secrets de la mort, la mort deviendra aussi douce et aussi voluptueuse que le sommeil goûté aux bras de notre bien-aimée.—Et si vous vouliez mourir, comte, vous sauriez mourir ainsi, vous?—Oui.»Morrel lui tendit la main.«Je comprends maintenant, dit-il, pourquoi vous m'avez donné rendez-vous ici, dans cette île désolée au milieu d'un Océan, dans ce palais souterrain sépulcre à faire envie à un Pharaon: c'est que vous m'aimez, n'est-ce pas, comte? c'est que vous m'aimez assez pour me donner une de ces morts dont vous me parliez tout à l'heure, une mort sans agonie, une mort qui me permette de m'éteindre en prononçant le nom de Valentine et en vous serrant la main?—Oui, vous avez deviné juste, Morrel, dit le comte avec simplicité, et c'est ainsi que je l'entends.—Merci; l'idée que demain je ne souffrirai plus est suave à mon pauvre cœur.—Ne regrettez-vous rien? demanda Monte-Cristo.—Non, répondit Morrel.—Pas même moi?» demanda le comte avec une émotion profonde.Morrel s'arrêta, son œil si pur se ternit tout à coup puis brilla d'un éclat inaccoutumé; une grosse larme en jaillit et roula creusant un sillon d'argent sur sa joue.«Quoi! dit le comte, il vous reste un regret de la terre et vous mourez!—Oh! je vous en supplie, s'écria Morrel d'une voix affaiblie, plus un mot, comte, ne prolongez pas mon supplice!»Le comte crut que Morrel faiblissait.Cette croyance d'un instant ressuscita en lui l'horrible doute déjà terrassé une fois au château d'If.«Je m'occupe, pensa-t-il, de rendre cet homme au bonheur; je regarde cette restitution comme un poids jeté dans la balance en regard du plateau où j'ai laissé tomber le mal. Maintenant, si je me trompais, si cet homme n'était pas assez malheureux pour mériter le bonheur! hélas! qu'arriverait-il de moi qui ne puis oublier le mal qu'en me retraçant le bien?«Écoutez! Morrel, dit-il, votre douleur est immense, je le vois; mais cependant vous croyez en Dieu, et vous ne voulez pas risquer le salut de votre âme.»Morrel sourit tristement.«Comte, dit-il, vous savez que je ne fais pas de la poésie à froid; mais, je vous le jure, mon âme n'est plus à moi.—Écoutez, Morrel, dit Monte-Cristo, je n'ai aucun parent au monde, vous le savez. Je me suis habitué à vous regarder comme mon fils; eh bien, pour sauver mon fils, je sacrifierais ma vie, à plus forte raison ma fortune.—Que voulez-vous dire?—Je veux dire, Morrel, que vous voulez quitter la vie, parce que vous ne connaissez pas toutes les jouissances que la vie permet à une grande fortune. Morrel, je possède près de cent millions, je vous les donne; avec une pareille fortune vous pourrez atteindre à tous les résultats que vous vous proposerez. Êtes-vous ambitieux? toutes les carrières vous seront ouvertes. Remuez le monde, changez-en la face, livrez-vous à des pratiques insensées, soyez criminel s'il le faut, mais vivez.—Comte, j'ai votre parole, répondit froidement Morrel; et, ajouta-t-il en tirant sa montre, il est onze heures et demie.—Morrel! y songez-vous, sous mes yeux, dans ma maison?—Alors laissez-moi partir, dit Maximilien devenu sombre, ou je croirai que vous ne m'aimez pas pour moi, mais pour vous.»Et il se leva.«C'est bien, dit Monte-Cristo dont le visage s'éclaircit à ces paroles; vous le voulez, Morrel, et vous êtes inflexible; oui! vous êtes profondément malheureux, et vous l'avez dit, un miracle seul pourrait vous guérir; asseyez-vous, Morrel, et attendez.»Morrel obéit. Monte-Cristo se leva à son tour et alla chercher dans une armoire soigneusement fermée, et dont il portait la clef suspendue à une chaîne d'or, un petit coffret d'argent merveilleusement sculpté et ciselé, dont les angles représentaient quatre figures cambrées, pareilles à ces cariatides aux élans désolés, figures de femmes, symboles d'anges qui aspirent au ciel.Il posa le coffret sur la table.Puis l'ouvrant, il en tira une petite boîte d'or dont le couvercle se levait par la pression d'un ressort secret. Cette boîte contenait une substance onctueuse à demi solide dont la couleur était indéfinissable, grâce au reflet de l'or poli, des saphirs, des rubis et des émeraudes qui garnissaient la boîte. C'était comme un chatoiement d'azur, de pourpre et d'or.Le comte puisa une petite quantité de cette substance avec une cuiller de vermeil, et l'offrit à Morrel en attachant sur lui un long regard.On put voir alors que cette substance était verdâtre.«Voilà ce que vous m'avez demandé, dit-il. Voilà ce que je vous ai promis.—Vivant encore, dit le jeune homme, prenant la cuiller des mains de Monte-Cristo, je vous remercie du fond de mon cœur.»Le comte prit une seconde cuiller, et puisa une seconde fois dans la boîte d'or.«Qu'allez-vous faire, ami? demanda Morrel, en lui arrêtant la main.—Ma foi, Morrel, lui dit-il en souriant, je crois, Dieu me pardonne, que je suis aussi las de la vie que vous, et puisque l'occasion s'en présente...—Arrêtez! s'écria le jeune homme, oh! vous, qui aimez, vous qu'on aime, vous qui avez la foi de l'espérance, oh! ne faites pas ce que je vais faire; de votre part ce serait un crime. Adieu, mon noble et généreux ami, je vais dire à Valentine tout ce que vous avez fait pour moi.»Et lentement, sans aucune hésitation qu'une pression de la main gauche qu'il tendait au comte, Morrel avala ou plutôt savoura la mystérieuse substance offerte par Monte-Cristo.Alors tous deux se turent. Ali, silencieux et attentif, apporta le tabac et les narguilés, servit le café et disparut.Peu à peu les lampes pâlirent dans les mains des statues de marbre qui les soutenaient, et le parfum des cassolettes sembla moins pénétrant à Morrel.Assis vis-à-vis de lui, Monte-Cristo le regardait du fond de l'ombre, et Morrel ne voyait briller que les yeux du comte.Une immense douleur s'empara du jeune homme; il sentait le narguilé s'échapper de ses mains; les objets perdaient insensiblement leur forme et leur couleur; ses yeux troublés voyaient s'ouvrir comme des portes et des rideaux dans la muraille.«Ami, dit-il, je sens que je meurs, merci.»Il fit un effort pour lui tendre une dernière fois la main, mais sa main sans force retomba près de lui.Alors il lui sembla que Monte-Cristo souriait, non plus de son rire étrange et effrayant qui plusieurs fois lui avait laissé entrevoir les mystères de cette âme profonde, mais avec la bienveillante compassion que les pères ont pour leurs petits enfants qui déraisonnent.En même temps le comte grandissait à ses yeux; sa taille, presque doublée, se dessinait sur les tentures rouges, il avait rejeté en arrière ses cheveux noirs, et il apparaissait debout et fier comme un de ces anges dont on menace les méchants au jour du jugement dernier.Morrel, abattu, dompté, se renversa sur son fauteuil: une torpeur veloutée s'insinua dans chacune de ses veines. Un changement d'idées meubla pour ainsi dire son front, comme une nouvelle disposition de dessins meuble le kaléidoscope.Couché, énervé, haletant, Morrel ne sentait plus rien de vivant en lui que ce rêve: il lui semblait entrer à pleines voiles dans le vague délire qui précède cet autre inconnu qu'on appelle la mort.Il essaya encore une fois de tendre la main au comte, mais cette fois sa main ne bougea même plus; il voulut articuler un suprême adieu, sa langue roula lourdement dans son gosier comme une pierre qui boucherait un sépulcre.Ses yeux chargés de langueurs se fermèrent malgré lui: cependant, derrière ses paupières, s'agitait une image qu'il reconnut malgré cette obscurité dont il se croyait enveloppé.C'était le comte qui venait d'ouvrir la porte.Aussitôt, une immense clarté rayonnant dans une chambre voisine, ou plutôt dans un palais merveilleux, inonda la salle où Morrel se laissait aller à sa douce agonie.Alors il vit venir au seuil de cette salle, et sur la limite des deux chambres, une femme d'une merveilleuse beauté.Pâle et doucement souriante, elle semblait l'ange de miséricorde conjurant l'ange des vengeances.«Est-ce déjà le ciel qui s'ouvre pour moi? pensa le mourant; cet ange ressemble à celui que j'ai perdu.»Monte-Cristo montra du doigt, à la jeune femme, le sofa où reposait Morrel.Elle s'avança vers lui les mains jointes et le sourire sur les lèvres.«Valentine! Valentine!» cria Morrel du fond de l'âme.Mais sa bouche ne proféra point un son; et comme si toutes ses forces étaient unies dans cette émotion intérieure, il poussa un soupir et ferma les yeux.Valentine se précipita vers lui.Les lèvres de Morrel firent encore un mouvement.«Il vous appelle, dit le comte; il vous appelle du fond de son sommeil, celui à qui vous aviez confié votre destinée, et la mort a voulu vous séparer: mais j'étais là par bonheur, et j'ai vaincu la mort! Valentine, désormais vous ne devez plus vous séparer sur la terre; car, pour vous retrouver, il se précipitait dans la tombe. Sans moi vous mourriez tous deux, je vous rends l'un à l'autre: puisse Dieu me tenir compte de ces deux existences que je sauve!»Valentine saisit la main de Monte-Cristo, et dans un élan de joie irrésistible elle la porta à ses lèvres.«Oh! remerciez-moi bien, dit le comte, oh! redites-moi, sans vous lasser de me le redire, redites-moi que je vous ai rendue heureuse! vous ne savez pas combien j'ai besoin de cette certitude.—Oh! oui, oui, je vous remercie de toute mon âme, dit Valentine, et si vous doutez que mes remerciements soient sincères, eh bien, demandez à Haydée, interrogez ma sœur chérie Haydée, qui depuis notre départ de France m'a fait attendre patiemment, en me parlant de vous, l'heureux jour qui luit aujourd'hui pour moi.—Vous aimez donc Haydée? demanda Monte-Cristo avec une émotion qu'il s'efforçait en vain de dissimuler.—Oh! de toute mon âme.—Eh bien, écoutez, Valentine, dit le comte, j'ai une grâce à vous demander.—À moi, grand Dieu! Suis-je assez heureuse pour cela?...—Oui, vous avez appelé Haydée votre sœur: qu'elle soit votre sœur en effet Valentine; rendez-lui, à elle, tout ce que vous croyez me devoir à moi; protégez-la, Morrel et vous, car (la voix du comte fut prête à s'éteindre dans sa gorge), car désormais elle sera seule au monde...—Seule au monde! répéta une voix derrière le comte, et pourquoi?»Monte-Cristo se retourna.Haydée était là debout, pâle et glacée, regardant le comte avec un geste de mortelle stupeur.«Parce que demain, ma fille, tu seras libre, répondit le comte; parce que tu reprendras dans le monde la place qui t'est due, parce que je ne veux pas que ma destinée obscurcisse la tienne. Fille de prince! je te rends les richesses et le nom de ton père.»Haydée pâlit, ouvrit ses mains diaphanes comme fait la vierge qui se recommande à Dieu, et d'une voix rauque de larmes:«Ainsi, mon seigneur, tu me quittes? dit-elle.—Haydée! Haydée! tu es jeune, tu es belle; oublie jusqu'à mon nom et sois heureuse.—C'est bien, dit Haydée, tes ordres seront exécutés, mon seigneur; j'oublierai jusqu'à ton nom et je serai heureuse.»Et elle fit un pas en arrière pour se retirer.«Oh! mon Dieu! s'écria Valentine, tout en soutenant la tête engourdie de Morrel sur son épaule, ne voyez-vous donc pas comme elle est pâle, ne comprenez-vous pas ce qu'elle souffre?»Haydée lui dit avec une expression déchirante:«Pourquoi veux-tu donc qu'il me comprenne, ma sœur? il est mon maître et je suis son esclave, il a le droit de ne rien voir.»Le comte frissonna aux accents de cette voix qui alla éveiller jusqu'aux fibres les plus secrètes de son cœur; ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune fille et ne purent en supporter l'éclat.«Mon Dieu! mon Dieu! dit Monte-Cristo, ce que vous m'aviez laissé soupçonner serait donc vrai! Haydée, vous seriez donc heureuse de ne point me quitter?—Je suis jeune, répondit-elle doucement, j'aime la vie que tu m'as toujours faite si douce, et je regretterais de mourir.—Cela veut-il donc dire que si je te quittais, Haydée...—Je mourrais, mon seigneur, oui!—Mais tu m'aimes donc?—Oh! Valentine, il demande si je l'aime! Valentine, dis-lui donc si tu aimes Maximilien!»Le comte sentit sa poitrine s'élargir et son cœur se dilater; il ouvrit ses bras, Haydée s'y élança en jetant un cri.«Oh! oui, je t'aime! dit-elle, je t'aime comme on aime son père, son frère, son mari! Je t'aime comme on aime sa vie, comme on aime son Dieu, car tu es pour moi le plus beau, le meilleur et le plus grand des êtres créés!—Qu'il soit donc fait ainsi que tu le veux, mon ange chéri! dit le comte; Dieu, qui m'a suscité contre mes ennemis et qui m'a fait vainqueur, Dieu je le vois bien, ne veut pas mettre ce repentir au bout de ma victoire; je voulais me punir, Dieu veut me pardonner. Aime-moi donc, Haydée! Qui sait? ton amour me fera peut-être oublier ce qu'il faut que j'oublie.—Mais que dis-tu donc là, mon seigneur? demanda la jeune fille.—Je dis qu'un mot de toi, Haydée, m'a plus éclairé que vingt ans de ma lente sagesse; je n'ai plus que toi au monde, Haydée; par toi je me rattache à la vie, par toi je puis souffrir, par toi je puis être heureux.—L'entends-tu, Valentine? s'écria Haydée; il dit que par moi il peut souffrir! par moi, qui donnerais ma vie pour lui!»Le comte se recueillit un instant.«Ai-je entrevu la vérité? dit-il, ô mon Dieu! n'importe! récompense ou châtiment, j'accepte cette destinée. Viens, Haydée, viens...»Et jetant son bras autour de la taille de la jeune fille, il serra la main de Valentine et disparut.Une heure à peu près s'écoula, pendant laquelle haletante, sans voix, les yeux fixes, Valentine demeura près de Morrel. Enfin elle sentit son cœur battre, un souffle imperceptible ouvrit ses lèvres, et ce léger frissonnement qui annonce le retour de la vie courut par tout le corps du jeune homme.Enfin ses yeux se rouvrirent, mais fixes et comme insensés d'abord; puis la vue lui revint, précise, réelle; avec la vue le sentiment, avec le sentiment la douleur.«Oh! s'écria-t-il avec l'accent du désespoir, je vis encore! le comte m'a trompé!»Et sa main s'étendit vers la table, et saisit un couteau.«Ami, dit Valentine avec son adorable sourire, réveille-toi donc et regarde de mon côté.»Morrel poussa un grand cri, et délirant, plein de doute, ébloui comme par une vision céleste, il tomba sur ses deux genoux...Le lendemain, aux premiers rayons du jour, Morrel et Valentine se promenaient au bras l'un de l'autre sur le rivage, Valentine racontant à Morrel comment Monte-Cristo était apparu dans sa chambre, comment il lui avait tout dévoilé, comment il lui avait fait toucher le crime du doigt, et enfin comment il l'avait miraculeusement sauvée de la mort, tout en laissant croire qu'elle était morte.Ils avaient trouvé ouverte la porte de la grotte, et ils étaient sortis; le ciel laissait luire dans son azur matinal les dernières étoiles de la nuit.Alors Morrel aperçut dans la pénombre d'un groupe de rochers un homme qui attendait un signe pour avancer; il montra cet homme à Valentine.«Ah! c'est Jacopo, dit-elle, le capitaine du yacht.»Et d'un geste elle l'appela vers elle et vers Maximilien.«Vous avez quelque chose à nous dire? demanda Morrel.—J'avais à vous remettre cette lettre de la part du comte.—Du comte! murmurèrent ensemble les deux jeunes gens.—Oui, lisez.»Morrel ouvrit la lettre et lut:«Mon cher Maximilien,«Il y a une felouque pour vous à l'ancre. Jacopo vous conduira à Livourne, où M. Noirtier attend sa petite-fille, qu'il veut bénir avant qu'elle vous suive à l'autel. Tout ce qui est dans cette grotte, mon ami, ma maison des Champs-Élysées et mon petit château du Tréport sont le présent de noces que fait Edmond Dantès au fils de son patron Morrel. Mlle de Villefort voudra bien en prendre la moitié car je la supplie de donner aux pauvres de Paris toute la fortune qui lui revient du côté de son père devenu fou, et du côté de son frère, décédé en septembre dernier avec sa belle-mère.«Dites à l'ange qui va veiller sur votre vie, Morrel, de prier quelquefois pour un homme qui, pareil à Satan, s'est cru un instant l'égal de Dieu, et qui a reconnu, avec toute l'humilité d'un chrétien, qu'aux mains de Dieu seul sont la suprême puissance et la sagesse infinie. Ces prières adouciront peut-être le remords qu'il emporte au fond de son cœur.«Quant à vous, Morrel, voici tout le secret de ma conduite envers vous: il n'y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d'un état à un autre, voilà tout. Celui-là seul qui a éprouvé l'extrême infortune est apte à ressentir l'extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de vivre.«Vivez donc et soyez heureux, enfants chéris de mon cœur, et n'oubliez jamais que, jusqu'au jour où Dieu daignera dévoiler l'avenir à l'homme, toute la sagesse humaine sera dans ces deux mots:«Attendre et espérer!«Votre ami.«EDMOND DANTES«Comte de MONTE-CRISTO.»Pendant la lecture de cette lettre, qui lui apprenait la folie de son père et la mort de son frère, mort et folie qu'elle ignorait, Valentine pâlit, un douloureux soupir s'échappa de sa poitrine, et des larmes, qui n'en étaient pas moins poignantes pour être silencieuses, roulèrent sur ses joues; son bonheur lui coûtait bien cher.Morrel regarda autour de lui avec inquiétude.«Mais, dit-il, en vérité le comte exagère sa générosité; Valentine se contentera de ma modeste fortune. Où est le comte, mon ami? conduisez-moi vers lui.»Jacopo étendit la main vers l'horizon.«Quoi! que voulez-vous dire? demanda Valentine. Où est le comte? où est Haydée?—Regardez», dit Jacopo.Les yeux des deux jeunes gens se fixèrent sur la ligne indiquée par le marin, et, sur la ligne d'un bleu foncé qui séparait à l'horizon le ciel de la Méditerranée, ils aperçurent une voile blanche, grande comme l'aile d'un goéland.«Parti! s'écria Morrel; parti! Adieu, mon ami, mon père!—Partie! murmura Valentine. Adieu, mon amie! adieu, ma sœur!—Qui sait si nous les reverrons jamais? fit Morrel en essuyant une larme.—Mon ami, dit Valentine, le comte ne vient-il pas de nous dire que l'humaine sagesse était tout entière dans ces deux mots:«Attendre et espérer!»FINBibliographie—Œuvres complètesTiré deBibliographie des Auteurs Modernes (1801—1934)par Hector Talvart et Joseph Place, Paris, Editions de la Chronique des Lettres Françaises, Aux Horizons de France, 39 rue du Général Foy, 1935 Tome 5.1. Élégie sur la mort du général Foy. Paris, Sétier, 1825, in-8 de 14 pp.2. La Chasse et l'Amour. Vaudeville en un acte, par MM. Rousseau, Adolphe (M. Ribbing de Leuven) et Davy (Davy de la Pailleterie: A. Dumas). Représenté pour la première fois, à Paris, au théâtre de l'Ambigu-Comique (22 sept.1825). Paris, Chez Duvernois, Sétier, 1825, in-8 de 40 pp.3. Canaris. Dithyrambe. Au profit des Grecs. Paris, Sanson, 1826, in-12 de 10 pp.4. Nouvelles contemporaines. Paris, Sanson, 1826, in-12 de 4 ff., 216 pp.5. La Noce et l'Enterrement. Vaudeville en trois tableaux, par MM. Davy, Lassagne et Gustave. Représenté pour la première fois, à Paris, au théâtre de la Porte-Saint-Martin (21 nov.1826). Paris, Chez Bezou, 1826, in-8 de 46 pp.6. Henri III et sa cour. Drame historique en cinq actes et en prose. Représenté au Théâtre-Français (11 fév.1829). Paris, Vezard et Cie, 1829, in-8 de 171 pp.7. Christine ou Stockholm, Fontainebleau et Rome. Trilogie dramatique sur la vie de Christine, cinq actes en vers, avec prologue et épilogue. Représenté à Paris sur le Théâtre Royal de l'Odéon (30 mars 1830). Paris, Barba, 1830, in-8 de 3 ff. et 191 pp.8. Rapport au Général La Fayette sur l'enlèvement des poudres de Soissons. Paris, Impr. de Sétier, s.d. (1830), in-8 de 7 pp.9. Napoléon Bonaparte, ou trente ans de l'histoire de France. Drame en six actes. Représenté pour la première fois, sur le Théâtre Royal de l'Odéon (10 janv.1831). Paris, chez Tournachon-Molin, 1831, in-8 de XVI-219 pp.10. Antony. Drame en cinq actes en prose. Représenté pour la première fois sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (3 mai 1831). Paris, Auguste Auffray, 1831, in-8 de 4 ff. n. ch., 106 pp. et 1 f.n. ch. (post-scriptum).11. Charles VII chez ses grands vassaux. Tragédie en cinq actes. Représentée pour la première fois sur le Théâtre Royal de l'Odéon (20 oct. 1831). Paris, Publications de Charles Lemesle, 1831, in-8 de 120 pp.12. Richard Darlington. Drame en cinq actes et en prose, précédé de La Maison du Docteur, prologue par MM. Dinaux. Représenté pour la première fois sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (10 déc. 1831). Paris, J.-N. Barba, 1832, in-8 de 132 pp.13. Teresa. Drame en cinq actes et en prose. Représenté pour la première fois sur le Théâtre Royal de l'Opéra-Comique (6 fév. 1832). Paris, Barba; Vve Charles Béchet; Lecointe et Pougin, 1832, in-8 de 164 pp.14. Le Mari de la veuve. Comédie en un acte et en prose, par M.***. Représentée pour la première fois sur le Théâtre-Français (4 avr. 1832). Paris, Auguste Auffray, 1832, in-8 de 63 pp.15. La Tour de Nesle. Drame en cinq actes et en neuf tableaux, par MM. Gaillardet et ***. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (29 mai 1832). Paris, J.-N. Barba, 1832, in-8 de 4 ff., 98 pp.16. Gaule et France. Paris, U. Canel; A. Guyot, 1833, in-8 de 375 pp.17. Impressions de voyage. Paris, A. Guyot, Charpentier et Dumont, 1834-1837, 5 vol. in-8.18. Angèle. Drame en cinq actes. Paris, Charpentier, 1834, in-8 de 254 pp.19. Catherine Howard. Drame en cinq actes et en huit tableaux. Paris, Charpentier, 1834, in-8 de IV-208 pp.20. Souvenirs d'Antony. Paris, Librairie de Dumont, 1835, in-8 de 360 pp.21. Chroniques de France. Isabel de Bavière (Règne de Charles VI). Paris, Librairie de Dumont, 1835, 2 vol. in-8 de 406 pp. et 419 pp.22. Don Juan de Marana ou la chute d'un ange. Mystère en cinq actes. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (30 avr.1836). Paris, Marchant, Éditeur du Magasin Théâtral, 1836 in-8 de 303 p.23. Kean. Comédie en cinq actes. Représentée pour la première fois aux Variétés (31 août 1836). Paris, J.-B. Barba, 1836, in-8 de 3 ff. et 263 pp.24. Piquillo. Opéra-comique en trois actes. Représenté pour la première fois sur le Théâtre Royal de l'Opéra-Comique (31 oct. 1837). Paris, Marchant, 1837, in-8 de 82 pp.25. Caligula. Tragédie en cinq actes et en vers, avec un prologue. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (26 déc. 1837). Paris, Marchant, Editeur du Magasin Théâtral, 1838 in-8 de 170 p.26. La Salle d'armes. I. Pauline II. Pascal Bruno (précédé de Murat). Paris, Dumont, Au Salon littéraire, 1838, 2 vol. in-8 de 376 e t 352 pp.27. Le Capitaine Paul (La main droite du Sire de Giac). Paris, Dumont, 1838, 2 vol. in-8 de 316 et 323 pp.28. Paul Jones. Drame en cinq actes. Représenté pour la première fois, à Paris (8 oct. 1838). Paris, Marchant, 1838, gr. in-8 de 32 pp.29. Nouvelles impressions de voyage. Quinze jours au Sinaï, par MM. A. Dumas et A. Dauzats. Paris, Dumont, 1839, 2 vol. in-8 de 358 et 406 pp30. Acté. Paris, Librairie de Dumont, 1839, 2 vol. in-8 de 3 ff., 242 et 302 pp.31. La Comtesse de Salisbury. Chroniques de France. Paris, Dumont, (et Alexandre Cadot), 1839-1848, 5 vol. in-8.32. Jacques Ortis. Paris, Dumont, 1839, in-8 de XVI pp. (préface de Pier-Angelo-Fiorentino) et 312 pp.33. Mademoiselle de Belle-Isle. Drame en cinq actes, en prose. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (2 avr. 1839). Paris, Dumont, 1839, in-8 de 202 pp.34. Le Capitaine Pamphile. Paris, Dumont, 1839, 2 vol. in-8 de 307 et 296 pp.35. L'Alchimiste. Drame en cinq actes en vers. Représenté pour la première fois, sur le Théâtre de la Renaissance (10 avr. 1839). Paris, Dumont, 1839, in-8 de 176 pp.36. Crimes célèbres. Paris, Administration de librairie, 1839-1841, 8 vol. in-8.37. Napoléon, avec douze portraits en pied, gravés sur acier par les meilleurs artistes, d'après les peintures et les dessins de Horace Vernet, Tony Johannot, Isabey, Jules Boily, etc. Paris, Au Plutarque français; Delloye, 1840, gr; in-8 de 410 pp.38. Othon l'archer. Paris, Dumont, 1840, in-8 de 324 pp.39. Les Stuarts. Paris, Dumont, 1840, 2 vol. in-8 de 308 et 304 pp.40. Maître Adam le Calabrais. Paris, Dumont, 1840, in-8 de 347 pp.41. Aventures de John Davys. Paris, Librairie de Dumont, 1840, 4 vol. in-8.42. Le Maître d'armes. Paris, Dumont, 1840-1841, 3 vol. in-8 de 320, 322 et 336 pp.43. Un Mariage sous Louis XV. Comédie en cinq actes. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (1erjuin 1841). Paris, Marchant; C. Tresse, 1841, in-8 de 140 pp.44. Praxède, suivi de Don Martin de Freytas et de Pierre-le-Cruel. Paris, Dumont, 1841, in-8 de 307 pp.45. Nouvelles impressions de voyage. Midi de la France. Paris, Dumont, 1841, 3 vol. in-8 de 340, 326 et 357 pp.46. Excursions sur les bords du Rhin. Paris, Dumont, 1841, 3 vol. in-8 de 328, 326 et 334 pp.47. Une année à Florence. Paris, Dumont, 1841, 2 vol. in-8 de 340 et 343 pp.48. Jehanne la Pucelle. 1429-1431. Paris, Magen et Comon, 1842, in-8 de VII-327 pp.49. Le Speronare Paris, Dumont, 1842, 4 vol. in-8.50. Le Capitaine Arena. Paris, Dolin, 1842, 2 vol. in-8 de 309 et 314 pp.51. Lorenzino. Magasin théâtral. Théâtre français. Drame en cinq actes et en prose. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1842), gr. in-8 de 36 pp.52. Halifax. Magasin théâtral. Choix de pièces nouvelles, jouées sur tous les théâtres de Paris. Théâtre des Variétés. Comédie en trois actes et un prologue. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1842), gr. in-8 de 36 pp.53. Le Chevalier d'Harmental. Paris, Dumont, 1842, 4 vol. in-8.54. Le Corricolo. Paris, Dolin, 1843, 4 vol. in-8.55. Les Demoiselles de Saint-Cyr. Comédie en cinq actes, suivie d'une lettre à l'auteur à M. Jules Janin. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (25 juill.1843). Paris, chez Marchant, et tous les Marchands de Nouveautés, 1843, gr. in-8 de 1 f. (lettre de Dumas à son éditeur), 38 pp. et VIII pp. (lettre à J. Janin).56. La Villa Palmieri. Paris, Dolin, 1843, 2 vol. in-8.57. Louise Bernard. Magasin théâtral. Choix de pièces nouvelles, jouées sur tous les théâtres de Paris. Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Drame en cinq actes. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1843), gr. in-8 de 34 pp.58. Un Alchimiste au dix-neuvième siècle. Paris, Imprimerie de Paul Dupont, 1843, in-8 de 23 pp.59. Filles, Lorettes et Courtisanes. Paris, Dolin, 1843, in-8. de 338 pp.60. Ascanio. Paris, Petion, 1844, 5 vol. in-8.61. Le Laird de Dumbicky. Magasin théâtral. Choix de pièces nouvelles, jouées sur tous les théâtres de Paris. Théâtre Royal de l'Odéon. Drame en cinq actes. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1844), gr. in-8 de 42 pp.62. Sylvandire. Paris, Dumont, 1844, 3 vol. in-8 de 318, 310 et 324 pp.63. Fernande. Paris, Dumont, 1844, 3 vol. in-8 de 320, 336 et 320 pp.64. A. Les Trois Mousquetaires Paris, Baudry, 1844, 8 vol. in-8.B. Les Mousquetaires Drame en cinq actes et douze tableaux, précédé de L'Auberge de Béthune, prologue par MM. A. Dumas et Auguste Maquet. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Ambigu-Comique (27 oct. 1845). Paris, Marchant, 1845, gr. in-8 de 59 pp.C. La Jeunesse des Mousquetaires. Pièce en 14 tableaux, par MM. A. Dumas et Auguste Maquet. Paris, Dufour et Mulat, 1849, in-8 de 76 pp.D. Le Prisonnier de la Bastille, fin des Mousquetaires. Drame en cinq actes et neuf tableaux. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Impérial du Cirque (22 mars 1861). Paris, Michel Lévy frères, s. d. (1861), gr. in-8 de 24 pp.65. Le Château d'Eppstein. Paris, L. de Potter, 1844, 3 vol. in-8 de 323, 353 et 322 pp.66. Amaury. Paris, Hippolyte Souverain, 1844, 4 vol. in-8.67. Cécile. Paris, Dumont, 1844, 2 vol. in-8 de 330 et 324 pp.68. A. Gabriel Lambert. Paris, Hippolyte Souverain, 1844, 2 vol. in-8.B. Gabriel Lambert. Drame en cinq actes et un prologue, par A. Dumas et Amédée de Jallais. Paris, Michel Lévy frères, 1866, in-18 de 132 pp.69. Louis XIV et son siècle. Paris, Chez J.-B. Fellens et L.-P. Dufour, 1844-1845, 2 vol. gr. in-8 de II-492 et 512 pp.70. A. Le Comte de Monte-Cristo. Paris, Pétion, 1845-1846, 18 vol. in-8.B. Monte-Cristo. Drame en cinq actes et onze tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, N. Tresse, 1848, gr. in-8 de 48 pp.C. Le Comte de Morcerf. Drame en cinq actes et dix tableaux de MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, N. Tresse, 1851, gr. in-8 de 50 pp.D. Villefort. Drame en cinq actes et dix tableaux de MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, N. Tresse, 1851, gr. in-8 de 59 pp.71. A. La Reine Margot. Paris, Garnier frères, 1845, 6 vol. in-8.B. La Reine Margot. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Drame en cinq actes et en 13 tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy frères, 1847, in-12 de 152 pp.72. Vingt Ans après, suite des Trois Mousquetaires. Paris, Baudry, 1845, 10 vol.73. A. Une Fille du Régent. Paris, A. Cadot, 1845, 4 vol. in-8.B. Une Fille du Régent. Comédie en cinq actes dont un prologue. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (1eravr. 1846). Paris, Marchant, 1846, gr. in-8 de 35 pp.74. Les Médicis. Paris, Recoules, 1845, 2 vol. in-8 de 343 et 345 pp.75. Michel-Ange et Raphaël Sanzio. Paris, Recoules, 1845, 2 vol. in-8 de 345 et 306 pp.76. Les Frères Corses. Paris, Hippolyte Souverain, 1845, 2 vol. in-8 de 302 et 312 pp.77. A. Le Chevalier de Maison-Rouge. Paris, A. Cadot, 1845-1846, 6 vol. in-8.B. Le Chevalier de Maison-Rouge. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Épisode du temps des Girondins, drame en 5 actes et 12 tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy frères, 1847, in-18 de 139 pp.78. Histoire d'un casse-noisette. Paris, J. Hetzel, 1845, 2 vol. pet. in-8.79. La Bouillie de la Comtesse Berthe. Paris, J. Hetzel, 1845, pet. in-8 de 126 pp.80. Nanon de Lartigues. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 324 et 331 pp.81. Madame de Condé. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 315 et 307 pp.82. La Vicomtesse de Cambes. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 334 et 324 pp.83. L'Abbaye de Peyssac. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 324 et 363 pp.N. B. Ces 8 volumes (n 80 à 83) constituent une série intitulée: La Guerre des femmes, qui a inspiré la pièce:La Guerre des femmes. Drame en cinq actes et dix tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Historique (1eroct. 1849). Paris, A. Cadot, 1849, gr. in-8 de 57 pp.84. A. La Dame de Monsoreau. Paris, Pétion, 1846, 8 vol. in-8.B. La Dame de Monsoreau. Drame en cinq actes et dix tableaux, précédé de L'Etang de Beaugé, prologue par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy, 1860, in-12 de 196 pp.85. Le Bâtard de Mauléon. Paris, A. Cadot, 1846-1847, 9 vol. in-8.86. Les Deux Diane. Paris, A. Cadot, 1846-1847, 10 vol. in-8.87. Mémoires d'un médecin. Paris, Fellens et Dufour (et A. Cadot), 1846-1848, 19 vol. in-8.88. Les Quarante-Cinq. Paris, A. Cadot, 1847-1848, 10 vol. in-8.89. Intrigue et Amour. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Drame en cinq actes et neuf tableaux. Paris, Michel Lévy frères, 1847, in-12 de 99 pp.90. Impressions de voyage. De Paris à Cadix. Paris, Ancienne maison Delloye, Garnier frères, 1847-1848, 5 vol. in-8.91. Hamlet, prince de Danemark. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Drame en vers, en 5 actes et 8 parties, par MM. A. Dumas et Paul Meurice. Paris, Michel Lévy frères, 1848, in-18 de 106 pp.92. Catilina. Drame en 5 actes et 7 tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy frères, 1848, in-18 de 151 pp.93. Le Vicomte de Bragelonne ou Dix ans plus tard, suite des Trois Mousquetaires et de Vingt Ans après. Paris, Michel Lévy frères, 1848-1850, 26 vol. in-8.94. Le Véloce, ou Tanger, Alger et Tunis. Paris, A. Cadot, 1848-1851, 4 vol. in-8.95. Le Comte Hermann. 2èmeSérie du Magasin théâtral... Drame en cinq actes, avec préface et épilogue. Paris, Marchant, s. d. (1849), gr. in-8 de 40 pp.96. Les Mille et un fantômes. Paris, A. Cadot, 1849, 2 vol. in-8 de 318 et 309 pp.97. La Régence. Paris, A. Cadot, 1849, 2 vol. in-8 de 349 et 301 pp.98. Louis Quinze. Paris, A. Cadot, 1849, 5 vol. in-8.99. Les Mariages du père Olifus. Paris, A. Cadot, 1849, 5 vol. in-8.100. Le Collier de la Reine. Paris, A. Cadot, 1849-1850, 11 vol. in-8.101. Mémoires de J.-F. Talma. Écrits par lui-même et recueillis et mis en ordre sur les papiers de sa famille, par A. Dumas. Paris, 1849 (et 1850), Hippolyte Souverain, 4 vol. in-8.102. La Femme au collier de velours. Paris, A. Cadot, 1850, 2 vol. in-8 de 326 et 333 pp.103. Montevideo ou une nouvelle Troie. Paris, Imprimerie centrale de Napoléon Chaix et Cie, 1850, in-18 de 167 pp.104. La Chasse au chastre. Magasin théâtral. Pièces nouvelles... Fantaisie en trois actes et huit tableaux. Paris, Administration de librairie théâtrale. Ancienne maison Marchant, 1850, gr. in-8 de 24 pp.105. La Tulipe noire. Paris, Baudry, s. d. (1850), 3 vol. in-8 de 313, 304 et 316 pp.106. Louis XVI (Histoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette.) Paris, A. Cadot, 1850-1851, 5 vol. in-8.107. Le Trou de l'enfer. (Chronique de Charlemagne). Paris, A. Cadot, 1851, 4 vol. in-8.108. Dieu dispose. Paris, A. Cadot, 1851, 4 vol. in-8.109. La Barrière de Clichy. Drame militaire en 5 actes et 14 tableaux. Représenté pour la première fois à Paris sur le Théâtre National (ancien Cirque, 21 avr. 1851). Paris, Librairie Théâtrale, 1851, in-8 de 48 pp.110. Impressions de voyage. Suisse. Paris, Michel Lévy frères, 1851, 3 vol. in-18.111. Ange Pitou. Paris, A. Cadot, 1851, 8 vol. in-8.112. Le Drame de Quatre-vingt-treize. Scènes de la vie révolutionnaire. Paris, Hippolyte Souverain, 1851, 7 vol. in-8.113. Histoire de deux siècles ou la Cour, l'Église et le peuple depuis 1650 jusqu'à nos jours. Paris, Dufour et Mulat, 1852, 2 vol. gr. in-8.114. Conscience. Paris, A. Cadot, 1852, 5 vol. in-8.115. Un Gil Blas en Californie. Paris, A. Cadot, 1852, 2 vol. in-8 de 317 et 296 pp.116. Olympe de Clèves. Paris, A. Cadot, 1852, 9 vol. in-8.117. Le Dernier roi (Histoire de la vie politique et privée de Louis-Philippe.) Paris, Hippolyte Souverain, 1852, 8 vol. in-8. 118. Mes Mémoires. Paris, A. Cadot, 1852-1854, 22 vol. in-8.119. La Comtesse de Charny. Paris, A. Cadot, 1852-1855, 19 vol. in-8.120. Isaac Laquedem. Paris, A la Librairie Théâtrale, 1853, 5 vol. in-8.121. Le Pasteur d'Ashbourn. Paris, A. Cadot, 1853, 8 vol. in-8.122. Les Drames de la mer. Paris, A. Cadot, 1853, 2 vol. in-8 de 296 et 324 pp.123. Ingénue. Paris, A. Cadot, 1853-1855, 7 vol. in-8.124. La Jeunesse de Pierrot. Par Aramis. Publications du Mousquetaire Paris, A la Librairie Nouvelle, 1854, in-16, 150 pp.125. Le Marbrier. Drame en trois actes. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Vaudeville (22 mai 1854). Paris, Michel Lévy frères, 1854, in-18 de 48 pp.126. La Conscience. Drame en cinq actes et en six tableaux. Paris, Librairie d'Alphonse Tarride, 1854, in-18 de 108 pp.127. A. El Salteador. Roman de cape et d'épée. Paris, A. Cadot, 1854, 3 vol. in-8. Il a été tiré de ce roman une pièce dont voici le titre:B. Le Gentilhomme de la montagne. Drame en cinq actes et huit tableaux, par A. Dumas (et Ed. Lockroy). Paris, Michel Lévy, 1860, in-18 de 144 pp.128. Une Vie d'artiste. Paris, A. Cadot, 1854, 2 vol. in-8 de 315 et 323 pp.129. Saphir, pierre précieuse montée par Alexandre Dumas. Bibliothèque du Mousquetaire. Paris, Coulon-Pineau, 1854, in-12 de 242 pp.130. Catherine Blum. Paris, A. Cadot, 1854, 2 vol. in-8.131. Vie et aventures de la princesse de Monaco. Recueillies par A. Dumas. Paris, A. Cadot, 1854, 6 vol. in-8.132. La Jeunesse de Louis XIV. Comédie en cinq actes et en prose. Paris, Librairie Théâtrale, 1856, in-16 de 306 pp.133. Souvenirs de 1830 à 1842. Paris, A. Cadot, 1854-1855, 8 vo l. in-8.134. Le Page du Duc de Savoie. Paris, A. Cadot, 1855, 8 vol. in-8.135. Les Mohicans de Paris. Paris, A. Cadot, 1854-1855, 19 vol. in-8.136. A. Les Mohicans de Paris (Suite) Salvator le commissionnaire. Paris, A. Cadot, 1856 (-1859), 14 vol. in-8. Il a été tiré des Mohicans de Paris, la pièce suivante:B. Les Mohicans de Paris. Drame en cinq actes, en neuf tableaux, avec prologue. Paris, Michel Lévy, 1864, in-12 de 162 pp.137. Taïti. Marquises. Californie. Journal de Madame Giovanni. Rédigé et publié par A. Dumas. Paris, A. Cadot, 1856, 4 vol. in-8.138. La dernière année de Marie Dorval. Paris, Librairie Nouvelle, 1855, in-32 de 96 pp.139. Le Capitaine Richard. (Une Chasse aux éléphants.) Paris, A. Cadot, 1858, 3 vol. in-8.140. Les Grands hommes en robe de chambre. César. Paris, A. Cadot, 1856, 7 vol. in-8.141. Les Grands hommes en robe de chambre. Henri IV. Paris, A. Cadot, 1855, 2 vol. in-8 de 322 et 330 pp.142. Les Grands hommes en robe de chambre. Richelieu. Paris, A. Cadot, 1856, 5 vol. in-8.143. L'Orestie. Tragédie en trois actes et en vers, imitée de l'antique. Paris, Librairie Théâtrale, 1856, in-12 de 108 pp.144. Le Lièvre de mon grand-père. Paris, A. Cadot, 1857, in-8 de 309 pp.145. La Tour Saint-Jacques-la-Boucherie. Drame historique en 5 actes et 9 tableaux, par MM. A. Dumas et X. de Montépin. Représenté pour la première fois sur le Théâtre Impérial du Cirque (15 nov. 1856). A la Librairie Théâtrale, 1856, gr. in-8 de 16 pp.146. Pèlerinage de Hadji-Abd-el-Hamid-Bey (Du Couret). Médine et la Mecque. Paris, A. Cadot, 1856-1857, 6 vol. in-8.147. Madame du Deffand. Paris, A. Cadot, 1856-1857, 8 vol. in-8.148. La Dame de volupté. Mémoires de Mlle de Luynes, publiés par A. Dumas. Paris, Michel Lévy frères, 1864, 2 vol. in-18 de 284 et 332 pp.149. L'Invitation à la valse. Comédie en un acte et en prose. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Gymnase (18 juin 1857). Paris, Beck, 1837 (pour 1857), in-12 de 48 pp.150. L'Homme aux contes. Le Soldat de plomb et la danseuse de papier. Petit-Jean et Gros-Jean. Le roi des taupes et sa fille. La Jeunesse de Pierrot. Édition interdite en France. Bruxelles, Office de publicité, Coll. Hetzel, 1857, in-32 de 208 pp.151. Les Compagnons de Jéhu. Paris, A. Cadot, 1857, 7 vol. in-8.152. Charles le Téméraire. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-12 de 324 et 310 pp.153. Le Meneur de loups. Paris, A. Cadot, 1857, 3 vol. in-8.154. Causeries. Première et deuxième séries. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-8.155. La Retraite illuminée, par A. Dumas, avec divers appendices par M. Joseph Bard et Sommeville. Auxerre, Ch. Gallot, Libraire-éditeur, 1858, in-12 de 88 pp.156. L'Honneur est satisfait. Comédie en un acte et en prose. Paris, Librairie Théâtrale, 1858, in-12 de 48 pp.157. La Route de Varennes. Paris, Michel Lévy, 1860, in-18 de 279 pp.158. L'Horoscope. Paris, A. Cadot, 1858, 3 vol. in-8.159. Histoire de mes bêtes. Paris, Michel Lévy frères, 1867, in-18 de 333 pp.160. Le Chasseur de sauvagine. Paris, A. Cadot, 1858, 2 vol. in-8 de chacun 317 pp.161. Ainsi soit-il. Paris, A. Cadot, s. d. (1862), 5 vol. in-8. Il a été tiré de ce roman la pièce suivante:Madame de Chamblay. Drame en cinq actes, en prose. Paris, Michel Lévy, 1869, in-18 de 96 pp.162. Black. Paris, A. Cadot, 1858, 4 vol. in-8.163. Les Louves de Machecoul, par A. Dumas et G. de Cherville. Paris, A. Cadot, 1859, 10 vol. in-8.164. De Paris à Astrakan, nouvelles impressions de voyage. Première et deuxième série. Paris, Librairie nouvelle A. Bourdilliat et Cie, 1860, 2 vol. in-18 de 318 et 313 pp.165. Lettres de Saint-Pétersbourg (sur le Servage en Russie). Édition interdite pour la France. Bruxelles, Rozez, coll. Hetzel 1859, in-32 de 232 pp.166. La Frégate l'Espérance. Édition interdite pour la France. Bruxelles, Office de publicité; Leipzig, A. Dürr, coll. Hetzel, 1859, in-32 de 232 pp.167. Contes pour les grands et les petits enfants. Bruxelles, Office de publicité; Leipzig, A. Dürr, coll. Hetzel, 1859, 2 vol. in-32 de 190 et 204 pp.168. Jane. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-18 de 324 pp.169. Herminie et Marianna. Édition interdite pour la France. Bruxelles, Méline, Cans et Cie, coll. Hetzel, 1859, in-32 de 174 pp.170. Ammalat-Beg. Paris, A. Cadot, s. d. (1859), 2 vol. in-8 de 326 et 352 pp.171. La Maison de glace. Paris, Michel Lévy, 1860, 2 vol. in-18 de 326 et 280 pp.172. Le Caucase. Voyage d'Alexandre Dumas. Paris, Librairie Théâtrale, s. d. (1859), in-4 de 240 pp.173. Traduction de Victor Perceval. Mémoires d'un policeman. Paris, A. Cadot, 1859, 2 vol. in-8 de chacun 325 pp.174. L'Art et les artistes contemporains au Salon de 1859. Paris, A. Bourdilliat et Cie, 1859, 2 vol. in-18 de 188 pp.175. Monsieur Coumbes. (Histoire d'un cabanon et d'un chalet.) Paris, A. Bourdilliat et Cie, 1860, in-18 de 316 pp. Connu aussi sous le titre suivant: Le Fils du Forçat176. Docteur Maynard. Les Baleiniers, voyage aux terres antipodiques. Paris, A. Cadot, 1859, 3 vol. in-8.177. Une Aventure d'amour (Herminie). Paris, Michel Lévy frères, 1867, in-18 de 274 pp.178. Le Père la Ruine. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18 de 320 pp179. La Vie au désert. Cinq ans de chasse dans l'intérieur de l'Afrique méridionale par Gordon Cumming. Paris, Impr. de Edouard Blot, s. d. (1860), gr. in-8 de 132 pp.180. Moullah-Nour. Édition interdite pour la France. Bruxelles, Méline, Cans et Cie, coll. Hetzel, s. d. (1860), 2 vol. in-32 de 181 et 152 pp.181. Un Cadet de famille traduit par Victor Perceval, publié par A. Dumas. Première, deuxième et troisième série. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 3 vol. in-18.182. Le Roman d'Elvire. Opéra-comique en trois actes, par A. Dumas et A. de Leuven. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18 de 97 pp.183. L'Envers d'une conspiration. Comédie en cinq actes, en prose. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18 de 132 pp.184. Mémoires de Garibaldi, traduits sur le manuscrit original, par A. Dumas. Première et deuxième série. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-18 de 312 et 268 pp.185. Le père Gigogne contes pour les enfants. Première et deuxième série. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-18.186. Les Drames galants. La Marquise d'Escoman. Paris, A. Bourdilliat et Cie, 1860, 2 vol. in-18 de 281 et 291 pp.187. Jacquot sans oreilles. Paris, Michel Lévy frères, 1873, in-18 de XXVIII-231 pp.188. Une nuit à Florence sous Alexandre de Médicis. Paris, Michel Lévy frères, 1861, in-18 de 250 pp.189. Les Garibaldiens. Révolution de Sicile et de Naples. Paris, Michel Lévy frères, 1861, in-18 de 376 pp.190. Les Morts vont vite. Paris, Michel Lévy frères, 1861, 2 vol. in-18 de 322 et 294 pp.191. La Boule de neige. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-18 de 292 pp.192. La Princesse Flora. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-18 de 253 pp.193. Italiens et Flamands. Première et deuxième série. Paris, Michel Lévy, 1862, 2 vol. in-18 de 305 et 300 pp.194. Sultanetta. Paris, Michel Lévy, 1862, in-18 de 320 pp.195. Les Deux Reines, suite et fin des Mémoires de Mlle de Luynes. Paris, Michel Lévy frères, 1864, 2 vol. in-18 de 333 et 329 pp.196. La San-Felice. Paris, Michel Lévy frères, 1864-1865, 9 vol. in-18.197. Un Pays inconnu, (Géral-Milco; Brésil.). Paris, Michel Lévy frères, 1865, in-18 de 320 pp.198. Les Gardes forestiers. Drame en cinq actes. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Grand-Théâtre parisien (28 mai 1865). Paris, Michel Lévy frères, s. d. (1865), gr. in-8 de 36 pp.199. Souvenirs d'une favorite. Paris, Michel Lévy frères, 1865, 4 vol. in-18.200. Les Hommes de fer. Paris, Michel Lévy frères, 1867, in-18 de 305 pp.201. A. Les Blancs et les Bleus. Paris, Michel Lévy frères, 1867-1868, 3 vol. in-18.B. Les Blancs et les Bleus. Drame en cinq actes, en onze tableaux. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Châtelet (10 mars 1869). (Michel Lévy frères), s. d. (1874), gr in-8 de 28 pp.202. La Terreur prussienne. Paris, Michel Lévy frères, 1868, 2 vol. in-18 de 296 et 294 pp.203. Souvenirs dramatiques. Paris, Michel Lévy frères, 1868, 2 vol. in-18 de 326 et 276 pp.204. Parisiens et provinciaux. Paris, Michel Lévy frères, 1868, 2 vol. in-18 de 326 et 276 pp.205. L'Île de feu. Paris, Michel Lévy frères, 1871, 2 vol. in-18 de 285 et 254 pp.206. Création et Rédemption. Le Docteur mystérieux. Paris, Michel Lévy frères, 1872, 2 vol. in-18 de 320 et 312 pp.207. Création et Rédemption. La Fille du Marquis. Paris, Michel Lévy frères, 1872, 2 vol. in-18 de 274 et 281 pp.208. Le Prince des voleurs. Paris, Michel Lévy frères, 1872, 2 vol. in-18 de 293 et 275 pp.209. Robin Hood le proscrit. Paris, Michel Lévy frères, 1873, 2 vol. in-18 de 262 et 273 pp.210. A. Grand dictionnaire de cuisine, par A. Dumas (et D.-J. Vuillemot). Paris, A. Lemerre, 1873, gr. in-8 de 1155 pp.B. Petit dictionnaire de cuisine. Paris, A. Lemerre, 1882, in-18 de 819 pp.211. Propos d'art et de cuisine. Paris, Calmann-Lévy, 1877, in-18 de 304 pp.212. Herminie. L'Amazone. Paris, Calmann-Lévy, 1888, in-16 de 111 pp.
Il était six heures du soir à peu près, un jour couleur d'opale, dans lequel un beau soleil d'automne infiltrait ses rayons d'or, tombait du ciel sur la mer bleuâtre.
La chaleur du jour s'était éteinte graduellement, et l'on commençait à sentir cette légère brise qui semble la respiration de la nature se réveillant après la sieste brûlante du midi, souffle délicieux qui rafraîchit les côtes de la Méditerranée et qui porte de rivage en rivage le parfum des arbres, mêlé à l'âcre senteur de la mer.
Sur cet immense lac qui s'étend de Gibraltar aux Dardanelles et de Tunis à Venise, un léger yacht, pur et élégant de forme, glissait dans les premières vapeurs du soir. Son mouvement était celui du cygne qui ouvre ses ailes au vent et qui semble glisser sur l'eau. Il s'avançait, rapide et gracieux à la fois, et laissant derrière lui un sillon phosphorescent.
Peu à peu le soleil, dont nous avons salué les derniers rayons, avait disparu à l'horizon occidental; mais, comme pour donner raison aux rêves brillants de la mythologie, ses feux indiscrets, reparaissant au sommet de chaque vague, semblaient révéler que le dieu de flamme venait de se cacher au sein d'Amphitrite, qui essayait en vain de cacher son amant dans les plis de son manteau azuré.
Le yacht avançait rapidement, quoique en apparence il y eût à peine assez de vent pour faire flotter la chevelure bouclée d'une jeune fille.
Debout sur la proue, un homme de haute taille, au teint de bronze, à l'œil dilaté, voyait venir à lui la terre sous la forme d'une masse sombre disposée en cône, et sortant du milieu des flots comme un immense chapeau de Catalan.
«Est-ce là Monte-Cristo? demanda d'une voix grave et empreinte d'une profonde tristesse le voyageur aux ordres duquel le petit yacht semblait être momentanément soumis.
—Oui, Excellence, répondit le patron, nous arrivons.
—Nous arrivons!» murmura le voyageur avec un indéfinissable accent de mélancolie.
Puis il ajouta à voix basse:
«Oui, ce sera là le port.»
Et il se replongea dans sa pensée, qui se traduisait par un sourire plus triste que ne l'eussent été des larmes.
Quelques minutes après, on aperçut à terre la lueur d'une flamme qui s'éteignit aussitôt, et le bruit d'une arme à feu arriva jusqu'au yacht.
«Excellence, dit le patron, voici le signal de terre, voulez-vous y répondre vous-même?
—Quel signal?» demanda celui-ci.
Le patron étendit la main vers l'île aux flancs de laquelle montait, isolé et blanchâtre, un large flocon de fumée qui se déchirait en s'élargissant.
«Ah! oui, dit-il, comme sortant d'un rêve, donnez.»
Le patron lui tendit une carabine toute chargée, le voyageur la prit, la leva lentement et fit feu en l'air.
Dix minutes après on carguait les voiles, et l'on jetait l'ancre à cinq cents pas d'un petit port.
Le canot était déjà à la mer avec quatre rameurs et le pilote; le voyageur descendit, et au lieu de s'asseoir à la poupe, garnie pour lui d'un tapis bleu, se tint debout et les bras croisés.
Les rameurs attendaient, leurs avirons à demi levés, comme des oiseaux qui font sécher leurs ailes.
«Allez!» dit le voyageur.
Les huit rames retombèrent à la mer d'un seul coup et sans faire jaillir une goutte d'eau; puis la barque, cédant à l'impulsion, glissa rapidement.
En un instant on fut dans une petite anse formée par une échancrure naturelle, la barque toucha sur un fond de sable fin.
«Excellence, dit le pilote, montez sur les épaules de deux de nos hommes, ils vous porteront à terre.»
Le jeune homme répondit à cette invitation par un geste de complète indifférence, dégagea ses jambes de la barque et se laissa glisser dans l'eau qui lui monta jusqu'à la ceinture.
«Ah! Excellence, murmura le pilote, c'est mal ce que vous faites là, et vous nous ferez gronder par le maître.»
Le jeune homme continua d'avancer vers le rivage, suivant deux matelots qui choisissaient le meilleur fond.
Au bout d'une trentaine de pas on avait abordé; le jeune homme secouait ses pieds sur un terrain sec, et cherchait des yeux autour de lui le chemin probable qu'on allait lui indiquer, car il faisait tout à fait nuit.
Au moment où il tournait la tête, une main se posait sur son épaule, et une voix le fit tressaillir.
«Bonjour, Maximilien, disait cette voix, vous êtes exact, merci!
—C'est vous, comte, s'écria le jeune homme avec un mouvement qui ressemblait à de la joie, et en serrant de ses deux mains la main de Monte-Cristo.
—Oui, vous le voyez, aussi exact que vous; mais vous êtes ruisselant, mon cher ami: il faut vous changer, comme dirait Calypso à Télémaque. Venez donc, il y a par ici une habitation toute préparée pour vous, dans laquelle vous oublierez fatigues et froid.»
Monte-Cristo s'aperçut que Morrel se retournait; il attendit.
Le jeune homme, en effet, voyait avec surprise que pas un mot n'avait été prononcé par ceux qui l'avaient amené, qu'il ne les avait pas payés et que cependant ils étaient partis. On entendait même déjà le battement des avirons de la barque qui retournait vers le petit yacht.
«Ah! oui, dit le comte, vous cherchez vos matelots?
—Sans doute, je ne leur ai rien donné, et cependant ils sont partis.
—Ne vous occupez point de cela, Maximilien, dit en riant Monte-Cristo, j'ai un marché avec la marine pour que l'accès de mon île soit franc de tout droit de charroi et de voyage. Je suis abonné, comme on dit dans les pays civilisés.»
Morrel regarda le comte avec étonnement.
«Comte, lui dit-il, vous n'êtes plus le même qu'à Paris.
—Comment cela?
—Oui, ici, vous riez.»
Le front de Monte-Cristo s'assombrit tout à coup.
«Vous avez raison de me rappeler à moi-même, Maximilien, dit-il, vous revoir était un bonheur pour moi, et j'oubliais que tout bonheur est passager.
—Oh! non, non, comte! s'écria Morrel en saisissant de nouveau les deux mains de son ami; riez au contraire, soyez heureux, vous, et prouvez-moi par votre indifférence que la vie n'est mauvaise qu'à ceux qui souffrent. Oh! vous êtes charitable; vous êtes bon, vous êtes grand, mon ami, et c'est pour me donner du courage que vous affectez cette gaieté.
—Vous vous trompez, Morrel, dit Monte-Cristo, c'est qu'en effet j'étais heureux.
—Alors vous m'oubliez moi-même; tant mieux!
—Comment cela?
—Oui, car vous le savez, ami, comme disait le gladiateur entrant dans le cirque au sublime empereur, je vous dis à vous: «Celui qui va mourir te salue.»
—Vous n'êtes pas consolé? demanda Monte-Cristo avec un regard étrange.
—Oh! fit Morrel avec un regard plein d'amertume, avez-vous cru réellement que je pouvais l'être?
—Écoutez, dit le comte, vous entendez bien mes paroles, n'est-ce pas, Maximilien? Vous ne me prenez pas pour un homme vulgaire, pour une crécelle qui émet des sons vagues et vides de sens. Quand je vous demande si vous êtes consolé, je vous parle en homme pour qui le cœur humain n'a plus de secret. Eh bien, Morrel, descendons ensemble au fond de votre cœur et sondons-le. Est-ce encore cette impatience fougueuse de douleur qui fait bondir le corps comme bondit le lion piqué par le moustique? Est-ce toujours cette soif dévorante qui ne s'éteint que dans la tombe? Est-ce cette idéalité du regret qui lance le vivant hors de la vie à la poursuite du mort? ou bien est-ce seulement la prostration du courage épuisé, l'ennui qui étouffe le rayon d'espoir qui voudrait luire? est-ce la perte de la mémoire, amenant l'impuissance des larmes? Oh! mon cher ami, si c'est cela, si vous ne pouvez plus pleurer, si vous croyez mort votre cœur engourdi, si vous n'avez plus de force qu'en Dieu, de regards que pour le ciel, ami, laissons de côté les mots trop étroits pour le sens que leur donne notre âme. Maximilien, vous êtes consolé, ne vous plaignez plus.
—Comte, dit Morrel de sa voix douce et ferme en même temps; comte, écoutez-moi, comme on écoute un homme qui parle le doigt étendu vers la terre, les yeux levés au ciel: je suis venu près de vous pour mourir dans les bras d'un ami. Certes, il est des gens que j'aime: j'aime ma sœur Julie, j'aime son mari Emmanuel; mais j'ai besoin qu'on m'ouvre des bras forts et qu'on me sourie à mes derniers instants; ma sœur fondrait en larmes et s'évanouirait; je la verrais souffrir, et j'ai assez souffert; Emmanuel m'arracherait l'arme des mains et remplirait la maison de ses cris. Vous, comte, dont j'ai la parole, vous qui êtes plus qu'un homme, vous que j'appellerais un dieu si vous n'étiez mortel, vous, vous me conduirez doucement et avec tendresse, n'est-ce pas, jusqu'aux portes de la mort?
—Ami, dit le comte, il me reste encore un doute: auriez-vous si peu de force, que vous mettiez de l'orgueil à étaler votre douleur?
—Non, voyez, je suis simple, dit Morrel en tendant la main au comte, et mon pouls ne bat ni plus fort ni plus lentement que d'habitude. Non, je me sens au bout de la route; non, je n'irai pas plus loin. Vous m'avez parlé d'attendre et d'espérer; savez-vous ce que vous avez fait, malheureux sage que vous êtes? J'ai attendu un mois, c'est-à-dire que j'ai souffert un mois! J'ai espéré (l'homme est une pauvre et misérable créature), j'ai espéré, quoi? je n'en sais rien, quelque chose d'inconnu, d'absurde, d'insensé! un miracle... lequel? Dieu seul peut le dire, lui qui a mêlé à notre raison cette folie que l'on nomme espérance. Oui, j'ai attendu; oui, j'ai espéré, comte, et depuis un quart d'heure que nous parlons vous m'avez cent fois, sans le savoir, brisé, torturé le cœur, car chacune de vos paroles m'a prouvé qu'il n'y a plus d'espoir pour moi. Ô comte! que je reposerai doucement et voluptueusement dans la mort!»
Morrel prononça ces derniers mots avec une explosion d'énergie qui fit tressaillir le comte.
«Mon ami, continua Morrel, voyant que le comte se taisait, vous m'avez désigné le 5 octobre comme le terme du sursis que vous me demandiez... mon ami, c'est aujourd'hui le 5 octobre...»
Morrel tira sa montre.
«Il est neuf heures, j'ai encore trois heures à vivre.
—Soit, répondit Monte-Cristo, venez.»
Morrel suivit machinalement le comte, et ils étaient déjà dans la grotte que Maximilien ne s'en était pas encore aperçu.
Il trouva des tapis sous ses pieds, une porte s'ouvrit, des parfums l'enveloppèrent, une vive lumière frappa ses yeux.
Morrel s'arrêta, hésitant à avancer; il se défiait des énervantes délices qui l'entouraient.
Monte-Cristo l'attira doucement.
«Ne convient-il pas, dit-il, que nous employions les trois heures qui nous restent comme ces anciens Romains qui, condamnés par Néron, leur empereur et leur héritier, se mettaient à table couronnés de fleurs, et aspiraient la mort avec le parfum des héliotropes et des roses?»
Morrel sourit.
«Comme vous voudrez, dit-il; la mort est toujours la mort, c'est-à-dire l'oubli, c'est-à-dire le repos, c'est-à-dire l'absence de la vie et par conséquent de la douleur.»
Il s'assit, Monte-Cristo prit place en face de lui.
On était dans cette merveilleuse salle à manger que nous avons déjà décrite, et où des statues de marbre portaient sur leur tête des corbeilles toujours pleines de fleurs et de fruits.
Morrel avait tout regardé vaguement, et il était probable qu'il n'avait rien vu.
«Causons en hommes, dit-il en regardant fixement le comte.
—Parlez, répondit celui-ci.
—Comte, reprit Morrel, vous êtes le résumé de toutes les connaissances humaines, et vous me faites l'effet d'être descendu d'un monde plus avancé et plus savant que le nôtre.
—Il y a quelque chose de vrai là-dedans, Morrel, dit le comte avec ce sourire mélancolique qui le rendait si beau; je suis descendu d'une planète qu'on appelle la douleur.
—Je crois tout ce que vous me dites sans chercher à en approfondir le sens, comte; et la preuve, c'est que vous m'avez dit de vivre, que j'ai vécu; c'est que vous m'avez dit d'espérer, et que j'ai presque espéré. J'oserai donc vous dire, comte, comme si vous étiez déjà mort une fois: comte, cela fait-il bien mal?»
Monte-Cristo regardait Morrel avec une indéfinissable expression de tendresse.
«Oui, dit-il; oui, sans doute, cela fait bien mal, si vous brisez brutalement cette enveloppe mortelle qui demande obstinément à vivre. Si vous faites crier votre chair sous les dents imperceptibles d'un poignard; si vous trouez d'une balle inintelligente et toujours prête à s'égarer dans sa route votre cerveau que le moindre choc endolorit, certes, vous souffrirez, et vous quitterez odieusement la vie, la trouvant, au milieu de votre agonie désespérée, meilleure qu'un repos acheté si cher.
—Oui, je comprends, dit Morrel, la mort comme la vie a ses secrets de douleur et de volupté: le tout est de les connaître.
—Justement, Maximilien, et vous venez de dire le grand mot. La mort est, selon le soin que nous prenons de nous mettre bien ou mal avec elle, ou une amie qui nous berce aussi doucement qu'une nourrice, ou une ennemie qui nous arrache violemment l'âme du corps. Un jour, quand notre monde aura vécu encore un millier d'années, quand on se sera rendu maître de toutes les forces destructives de la nature pour les faire servir au bien-être général de l'humanité; quand l'homme saura, comme vous le disiez tout à l'heure, les secrets de la mort, la mort deviendra aussi douce et aussi voluptueuse que le sommeil goûté aux bras de notre bien-aimée.
—Et si vous vouliez mourir, comte, vous sauriez mourir ainsi, vous?
—Oui.»
Morrel lui tendit la main.
«Je comprends maintenant, dit-il, pourquoi vous m'avez donné rendez-vous ici, dans cette île désolée au milieu d'un Océan, dans ce palais souterrain sépulcre à faire envie à un Pharaon: c'est que vous m'aimez, n'est-ce pas, comte? c'est que vous m'aimez assez pour me donner une de ces morts dont vous me parliez tout à l'heure, une mort sans agonie, une mort qui me permette de m'éteindre en prononçant le nom de Valentine et en vous serrant la main?
—Oui, vous avez deviné juste, Morrel, dit le comte avec simplicité, et c'est ainsi que je l'entends.
—Merci; l'idée que demain je ne souffrirai plus est suave à mon pauvre cœur.
—Ne regrettez-vous rien? demanda Monte-Cristo.
—Non, répondit Morrel.
—Pas même moi?» demanda le comte avec une émotion profonde.
Morrel s'arrêta, son œil si pur se ternit tout à coup puis brilla d'un éclat inaccoutumé; une grosse larme en jaillit et roula creusant un sillon d'argent sur sa joue.
«Quoi! dit le comte, il vous reste un regret de la terre et vous mourez!
—Oh! je vous en supplie, s'écria Morrel d'une voix affaiblie, plus un mot, comte, ne prolongez pas mon supplice!»
Le comte crut que Morrel faiblissait.
Cette croyance d'un instant ressuscita en lui l'horrible doute déjà terrassé une fois au château d'If.
«Je m'occupe, pensa-t-il, de rendre cet homme au bonheur; je regarde cette restitution comme un poids jeté dans la balance en regard du plateau où j'ai laissé tomber le mal. Maintenant, si je me trompais, si cet homme n'était pas assez malheureux pour mériter le bonheur! hélas! qu'arriverait-il de moi qui ne puis oublier le mal qu'en me retraçant le bien?
«Écoutez! Morrel, dit-il, votre douleur est immense, je le vois; mais cependant vous croyez en Dieu, et vous ne voulez pas risquer le salut de votre âme.»
Morrel sourit tristement.
«Comte, dit-il, vous savez que je ne fais pas de la poésie à froid; mais, je vous le jure, mon âme n'est plus à moi.
—Écoutez, Morrel, dit Monte-Cristo, je n'ai aucun parent au monde, vous le savez. Je me suis habitué à vous regarder comme mon fils; eh bien, pour sauver mon fils, je sacrifierais ma vie, à plus forte raison ma fortune.
—Que voulez-vous dire?
—Je veux dire, Morrel, que vous voulez quitter la vie, parce que vous ne connaissez pas toutes les jouissances que la vie permet à une grande fortune. Morrel, je possède près de cent millions, je vous les donne; avec une pareille fortune vous pourrez atteindre à tous les résultats que vous vous proposerez. Êtes-vous ambitieux? toutes les carrières vous seront ouvertes. Remuez le monde, changez-en la face, livrez-vous à des pratiques insensées, soyez criminel s'il le faut, mais vivez.
—Comte, j'ai votre parole, répondit froidement Morrel; et, ajouta-t-il en tirant sa montre, il est onze heures et demie.
—Morrel! y songez-vous, sous mes yeux, dans ma maison?
—Alors laissez-moi partir, dit Maximilien devenu sombre, ou je croirai que vous ne m'aimez pas pour moi, mais pour vous.»
Et il se leva.
«C'est bien, dit Monte-Cristo dont le visage s'éclaircit à ces paroles; vous le voulez, Morrel, et vous êtes inflexible; oui! vous êtes profondément malheureux, et vous l'avez dit, un miracle seul pourrait vous guérir; asseyez-vous, Morrel, et attendez.»
Morrel obéit. Monte-Cristo se leva à son tour et alla chercher dans une armoire soigneusement fermée, et dont il portait la clef suspendue à une chaîne d'or, un petit coffret d'argent merveilleusement sculpté et ciselé, dont les angles représentaient quatre figures cambrées, pareilles à ces cariatides aux élans désolés, figures de femmes, symboles d'anges qui aspirent au ciel.
Il posa le coffret sur la table.
Puis l'ouvrant, il en tira une petite boîte d'or dont le couvercle se levait par la pression d'un ressort secret. Cette boîte contenait une substance onctueuse à demi solide dont la couleur était indéfinissable, grâce au reflet de l'or poli, des saphirs, des rubis et des émeraudes qui garnissaient la boîte. C'était comme un chatoiement d'azur, de pourpre et d'or.
Le comte puisa une petite quantité de cette substance avec une cuiller de vermeil, et l'offrit à Morrel en attachant sur lui un long regard.
On put voir alors que cette substance était verdâtre.
«Voilà ce que vous m'avez demandé, dit-il. Voilà ce que je vous ai promis.
—Vivant encore, dit le jeune homme, prenant la cuiller des mains de Monte-Cristo, je vous remercie du fond de mon cœur.»
Le comte prit une seconde cuiller, et puisa une seconde fois dans la boîte d'or.
«Qu'allez-vous faire, ami? demanda Morrel, en lui arrêtant la main.
—Ma foi, Morrel, lui dit-il en souriant, je crois, Dieu me pardonne, que je suis aussi las de la vie que vous, et puisque l'occasion s'en présente...
—Arrêtez! s'écria le jeune homme, oh! vous, qui aimez, vous qu'on aime, vous qui avez la foi de l'espérance, oh! ne faites pas ce que je vais faire; de votre part ce serait un crime. Adieu, mon noble et généreux ami, je vais dire à Valentine tout ce que vous avez fait pour moi.»
Et lentement, sans aucune hésitation qu'une pression de la main gauche qu'il tendait au comte, Morrel avala ou plutôt savoura la mystérieuse substance offerte par Monte-Cristo.
Alors tous deux se turent. Ali, silencieux et attentif, apporta le tabac et les narguilés, servit le café et disparut.
Peu à peu les lampes pâlirent dans les mains des statues de marbre qui les soutenaient, et le parfum des cassolettes sembla moins pénétrant à Morrel.
Assis vis-à-vis de lui, Monte-Cristo le regardait du fond de l'ombre, et Morrel ne voyait briller que les yeux du comte.
Une immense douleur s'empara du jeune homme; il sentait le narguilé s'échapper de ses mains; les objets perdaient insensiblement leur forme et leur couleur; ses yeux troublés voyaient s'ouvrir comme des portes et des rideaux dans la muraille.
«Ami, dit-il, je sens que je meurs, merci.»
Il fit un effort pour lui tendre une dernière fois la main, mais sa main sans force retomba près de lui.
Alors il lui sembla que Monte-Cristo souriait, non plus de son rire étrange et effrayant qui plusieurs fois lui avait laissé entrevoir les mystères de cette âme profonde, mais avec la bienveillante compassion que les pères ont pour leurs petits enfants qui déraisonnent.
En même temps le comte grandissait à ses yeux; sa taille, presque doublée, se dessinait sur les tentures rouges, il avait rejeté en arrière ses cheveux noirs, et il apparaissait debout et fier comme un de ces anges dont on menace les méchants au jour du jugement dernier.
Morrel, abattu, dompté, se renversa sur son fauteuil: une torpeur veloutée s'insinua dans chacune de ses veines. Un changement d'idées meubla pour ainsi dire son front, comme une nouvelle disposition de dessins meuble le kaléidoscope.
Couché, énervé, haletant, Morrel ne sentait plus rien de vivant en lui que ce rêve: il lui semblait entrer à pleines voiles dans le vague délire qui précède cet autre inconnu qu'on appelle la mort.
Il essaya encore une fois de tendre la main au comte, mais cette fois sa main ne bougea même plus; il voulut articuler un suprême adieu, sa langue roula lourdement dans son gosier comme une pierre qui boucherait un sépulcre.
Ses yeux chargés de langueurs se fermèrent malgré lui: cependant, derrière ses paupières, s'agitait une image qu'il reconnut malgré cette obscurité dont il se croyait enveloppé.
C'était le comte qui venait d'ouvrir la porte.
Aussitôt, une immense clarté rayonnant dans une chambre voisine, ou plutôt dans un palais merveilleux, inonda la salle où Morrel se laissait aller à sa douce agonie.
Alors il vit venir au seuil de cette salle, et sur la limite des deux chambres, une femme d'une merveilleuse beauté.
Pâle et doucement souriante, elle semblait l'ange de miséricorde conjurant l'ange des vengeances.
«Est-ce déjà le ciel qui s'ouvre pour moi? pensa le mourant; cet ange ressemble à celui que j'ai perdu.»
Monte-Cristo montra du doigt, à la jeune femme, le sofa où reposait Morrel.
Elle s'avança vers lui les mains jointes et le sourire sur les lèvres.
«Valentine! Valentine!» cria Morrel du fond de l'âme.
Mais sa bouche ne proféra point un son; et comme si toutes ses forces étaient unies dans cette émotion intérieure, il poussa un soupir et ferma les yeux.
Valentine se précipita vers lui.
Les lèvres de Morrel firent encore un mouvement.
«Il vous appelle, dit le comte; il vous appelle du fond de son sommeil, celui à qui vous aviez confié votre destinée, et la mort a voulu vous séparer: mais j'étais là par bonheur, et j'ai vaincu la mort! Valentine, désormais vous ne devez plus vous séparer sur la terre; car, pour vous retrouver, il se précipitait dans la tombe. Sans moi vous mourriez tous deux, je vous rends l'un à l'autre: puisse Dieu me tenir compte de ces deux existences que je sauve!»
Valentine saisit la main de Monte-Cristo, et dans un élan de joie irrésistible elle la porta à ses lèvres.
«Oh! remerciez-moi bien, dit le comte, oh! redites-moi, sans vous lasser de me le redire, redites-moi que je vous ai rendue heureuse! vous ne savez pas combien j'ai besoin de cette certitude.
—Oh! oui, oui, je vous remercie de toute mon âme, dit Valentine, et si vous doutez que mes remerciements soient sincères, eh bien, demandez à Haydée, interrogez ma sœur chérie Haydée, qui depuis notre départ de France m'a fait attendre patiemment, en me parlant de vous, l'heureux jour qui luit aujourd'hui pour moi.
—Vous aimez donc Haydée? demanda Monte-Cristo avec une émotion qu'il s'efforçait en vain de dissimuler.
—Oh! de toute mon âme.
—Eh bien, écoutez, Valentine, dit le comte, j'ai une grâce à vous demander.
—À moi, grand Dieu! Suis-je assez heureuse pour cela?...
—Oui, vous avez appelé Haydée votre sœur: qu'elle soit votre sœur en effet Valentine; rendez-lui, à elle, tout ce que vous croyez me devoir à moi; protégez-la, Morrel et vous, car (la voix du comte fut prête à s'éteindre dans sa gorge), car désormais elle sera seule au monde...
—Seule au monde! répéta une voix derrière le comte, et pourquoi?»
Monte-Cristo se retourna.
Haydée était là debout, pâle et glacée, regardant le comte avec un geste de mortelle stupeur.
«Parce que demain, ma fille, tu seras libre, répondit le comte; parce que tu reprendras dans le monde la place qui t'est due, parce que je ne veux pas que ma destinée obscurcisse la tienne. Fille de prince! je te rends les richesses et le nom de ton père.»
Haydée pâlit, ouvrit ses mains diaphanes comme fait la vierge qui se recommande à Dieu, et d'une voix rauque de larmes:
«Ainsi, mon seigneur, tu me quittes? dit-elle.
—Haydée! Haydée! tu es jeune, tu es belle; oublie jusqu'à mon nom et sois heureuse.
—C'est bien, dit Haydée, tes ordres seront exécutés, mon seigneur; j'oublierai jusqu'à ton nom et je serai heureuse.»
Et elle fit un pas en arrière pour se retirer.
«Oh! mon Dieu! s'écria Valentine, tout en soutenant la tête engourdie de Morrel sur son épaule, ne voyez-vous donc pas comme elle est pâle, ne comprenez-vous pas ce qu'elle souffre?»
Haydée lui dit avec une expression déchirante:
«Pourquoi veux-tu donc qu'il me comprenne, ma sœur? il est mon maître et je suis son esclave, il a le droit de ne rien voir.»
Le comte frissonna aux accents de cette voix qui alla éveiller jusqu'aux fibres les plus secrètes de son cœur; ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune fille et ne purent en supporter l'éclat.
«Mon Dieu! mon Dieu! dit Monte-Cristo, ce que vous m'aviez laissé soupçonner serait donc vrai! Haydée, vous seriez donc heureuse de ne point me quitter?
—Je suis jeune, répondit-elle doucement, j'aime la vie que tu m'as toujours faite si douce, et je regretterais de mourir.
—Cela veut-il donc dire que si je te quittais, Haydée...
—Je mourrais, mon seigneur, oui!
—Mais tu m'aimes donc?
—Oh! Valentine, il demande si je l'aime! Valentine, dis-lui donc si tu aimes Maximilien!»
Le comte sentit sa poitrine s'élargir et son cœur se dilater; il ouvrit ses bras, Haydée s'y élança en jetant un cri.
«Oh! oui, je t'aime! dit-elle, je t'aime comme on aime son père, son frère, son mari! Je t'aime comme on aime sa vie, comme on aime son Dieu, car tu es pour moi le plus beau, le meilleur et le plus grand des êtres créés!
—Qu'il soit donc fait ainsi que tu le veux, mon ange chéri! dit le comte; Dieu, qui m'a suscité contre mes ennemis et qui m'a fait vainqueur, Dieu je le vois bien, ne veut pas mettre ce repentir au bout de ma victoire; je voulais me punir, Dieu veut me pardonner. Aime-moi donc, Haydée! Qui sait? ton amour me fera peut-être oublier ce qu'il faut que j'oublie.
—Mais que dis-tu donc là, mon seigneur? demanda la jeune fille.
—Je dis qu'un mot de toi, Haydée, m'a plus éclairé que vingt ans de ma lente sagesse; je n'ai plus que toi au monde, Haydée; par toi je me rattache à la vie, par toi je puis souffrir, par toi je puis être heureux.
—L'entends-tu, Valentine? s'écria Haydée; il dit que par moi il peut souffrir! par moi, qui donnerais ma vie pour lui!»
Le comte se recueillit un instant.
«Ai-je entrevu la vérité? dit-il, ô mon Dieu! n'importe! récompense ou châtiment, j'accepte cette destinée. Viens, Haydée, viens...»
Et jetant son bras autour de la taille de la jeune fille, il serra la main de Valentine et disparut.
Une heure à peu près s'écoula, pendant laquelle haletante, sans voix, les yeux fixes, Valentine demeura près de Morrel. Enfin elle sentit son cœur battre, un souffle imperceptible ouvrit ses lèvres, et ce léger frissonnement qui annonce le retour de la vie courut par tout le corps du jeune homme.
Enfin ses yeux se rouvrirent, mais fixes et comme insensés d'abord; puis la vue lui revint, précise, réelle; avec la vue le sentiment, avec le sentiment la douleur.
«Oh! s'écria-t-il avec l'accent du désespoir, je vis encore! le comte m'a trompé!»
Et sa main s'étendit vers la table, et saisit un couteau.
«Ami, dit Valentine avec son adorable sourire, réveille-toi donc et regarde de mon côté.»
Morrel poussa un grand cri, et délirant, plein de doute, ébloui comme par une vision céleste, il tomba sur ses deux genoux...
Le lendemain, aux premiers rayons du jour, Morrel et Valentine se promenaient au bras l'un de l'autre sur le rivage, Valentine racontant à Morrel comment Monte-Cristo était apparu dans sa chambre, comment il lui avait tout dévoilé, comment il lui avait fait toucher le crime du doigt, et enfin comment il l'avait miraculeusement sauvée de la mort, tout en laissant croire qu'elle était morte.
Ils avaient trouvé ouverte la porte de la grotte, et ils étaient sortis; le ciel laissait luire dans son azur matinal les dernières étoiles de la nuit.
Alors Morrel aperçut dans la pénombre d'un groupe de rochers un homme qui attendait un signe pour avancer; il montra cet homme à Valentine.
«Ah! c'est Jacopo, dit-elle, le capitaine du yacht.»
Et d'un geste elle l'appela vers elle et vers Maximilien.
«Vous avez quelque chose à nous dire? demanda Morrel.
—J'avais à vous remettre cette lettre de la part du comte.
—Du comte! murmurèrent ensemble les deux jeunes gens.
—Oui, lisez.»
Morrel ouvrit la lettre et lut:
«Mon cher Maximilien,
«Il y a une felouque pour vous à l'ancre. Jacopo vous conduira à Livourne, où M. Noirtier attend sa petite-fille, qu'il veut bénir avant qu'elle vous suive à l'autel. Tout ce qui est dans cette grotte, mon ami, ma maison des Champs-Élysées et mon petit château du Tréport sont le présent de noces que fait Edmond Dantès au fils de son patron Morrel. Mlle de Villefort voudra bien en prendre la moitié car je la supplie de donner aux pauvres de Paris toute la fortune qui lui revient du côté de son père devenu fou, et du côté de son frère, décédé en septembre dernier avec sa belle-mère.
«Dites à l'ange qui va veiller sur votre vie, Morrel, de prier quelquefois pour un homme qui, pareil à Satan, s'est cru un instant l'égal de Dieu, et qui a reconnu, avec toute l'humilité d'un chrétien, qu'aux mains de Dieu seul sont la suprême puissance et la sagesse infinie. Ces prières adouciront peut-être le remords qu'il emporte au fond de son cœur.
«Quant à vous, Morrel, voici tout le secret de ma conduite envers vous: il n'y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d'un état à un autre, voilà tout. Celui-là seul qui a éprouvé l'extrême infortune est apte à ressentir l'extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de vivre.
«Vivez donc et soyez heureux, enfants chéris de mon cœur, et n'oubliez jamais que, jusqu'au jour où Dieu daignera dévoiler l'avenir à l'homme, toute la sagesse humaine sera dans ces deux mots:
«Attendre et espérer!
«Votre ami.
«EDMOND DANTES«Comte de MONTE-CRISTO.»
Pendant la lecture de cette lettre, qui lui apprenait la folie de son père et la mort de son frère, mort et folie qu'elle ignorait, Valentine pâlit, un douloureux soupir s'échappa de sa poitrine, et des larmes, qui n'en étaient pas moins poignantes pour être silencieuses, roulèrent sur ses joues; son bonheur lui coûtait bien cher.
Morrel regarda autour de lui avec inquiétude.
«Mais, dit-il, en vérité le comte exagère sa générosité; Valentine se contentera de ma modeste fortune. Où est le comte, mon ami? conduisez-moi vers lui.»
Jacopo étendit la main vers l'horizon.
«Quoi! que voulez-vous dire? demanda Valentine. Où est le comte? où est Haydée?
—Regardez», dit Jacopo.
Les yeux des deux jeunes gens se fixèrent sur la ligne indiquée par le marin, et, sur la ligne d'un bleu foncé qui séparait à l'horizon le ciel de la Méditerranée, ils aperçurent une voile blanche, grande comme l'aile d'un goéland.
«Parti! s'écria Morrel; parti! Adieu, mon ami, mon père!
—Partie! murmura Valentine. Adieu, mon amie! adieu, ma sœur!
—Qui sait si nous les reverrons jamais? fit Morrel en essuyant une larme.
—Mon ami, dit Valentine, le comte ne vient-il pas de nous dire que l'humaine sagesse était tout entière dans ces deux mots:
«Attendre et espérer!»
Bibliographie—Œuvres complètes
Tiré deBibliographie des Auteurs Modernes (1801—1934)par Hector Talvart et Joseph Place, Paris, Editions de la Chronique des Lettres Françaises, Aux Horizons de France, 39 rue du Général Foy, 1935 Tome 5.
1. Élégie sur la mort du général Foy. Paris, Sétier, 1825, in-8 de 14 pp.
2. La Chasse et l'Amour. Vaudeville en un acte, par MM. Rousseau, Adolphe (M. Ribbing de Leuven) et Davy (Davy de la Pailleterie: A. Dumas). Représenté pour la première fois, à Paris, au théâtre de l'Ambigu-Comique (22 sept.1825). Paris, Chez Duvernois, Sétier, 1825, in-8 de 40 pp.
3. Canaris. Dithyrambe. Au profit des Grecs. Paris, Sanson, 1826, in-12 de 10 pp.
4. Nouvelles contemporaines. Paris, Sanson, 1826, in-12 de 4 ff., 216 pp.
5. La Noce et l'Enterrement. Vaudeville en trois tableaux, par MM. Davy, Lassagne et Gustave. Représenté pour la première fois, à Paris, au théâtre de la Porte-Saint-Martin (21 nov.1826). Paris, Chez Bezou, 1826, in-8 de 46 pp.
6. Henri III et sa cour. Drame historique en cinq actes et en prose. Représenté au Théâtre-Français (11 fév.1829). Paris, Vezard et Cie, 1829, in-8 de 171 pp.
7. Christine ou Stockholm, Fontainebleau et Rome. Trilogie dramatique sur la vie de Christine, cinq actes en vers, avec prologue et épilogue. Représenté à Paris sur le Théâtre Royal de l'Odéon (30 mars 1830). Paris, Barba, 1830, in-8 de 3 ff. et 191 pp.
8. Rapport au Général La Fayette sur l'enlèvement des poudres de Soissons. Paris, Impr. de Sétier, s.d. (1830), in-8 de 7 pp.
9. Napoléon Bonaparte, ou trente ans de l'histoire de France. Drame en six actes. Représenté pour la première fois, sur le Théâtre Royal de l'Odéon (10 janv.1831). Paris, chez Tournachon-Molin, 1831, in-8 de XVI-219 pp.
10. Antony. Drame en cinq actes en prose. Représenté pour la première fois sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (3 mai 1831). Paris, Auguste Auffray, 1831, in-8 de 4 ff. n. ch., 106 pp. et 1 f.n. ch. (post-scriptum).
11. Charles VII chez ses grands vassaux. Tragédie en cinq actes. Représentée pour la première fois sur le Théâtre Royal de l'Odéon (20 oct. 1831). Paris, Publications de Charles Lemesle, 1831, in-8 de 120 pp.
12. Richard Darlington. Drame en cinq actes et en prose, précédé de La Maison du Docteur, prologue par MM. Dinaux. Représenté pour la première fois sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (10 déc. 1831). Paris, J.-N. Barba, 1832, in-8 de 132 pp.
13. Teresa. Drame en cinq actes et en prose. Représenté pour la première fois sur le Théâtre Royal de l'Opéra-Comique (6 fév. 1832). Paris, Barba; Vve Charles Béchet; Lecointe et Pougin, 1832, in-8 de 164 pp.
14. Le Mari de la veuve. Comédie en un acte et en prose, par M.***. Représentée pour la première fois sur le Théâtre-Français (4 avr. 1832). Paris, Auguste Auffray, 1832, in-8 de 63 pp.
15. La Tour de Nesle. Drame en cinq actes et en neuf tableaux, par MM. Gaillardet et ***. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (29 mai 1832). Paris, J.-N. Barba, 1832, in-8 de 4 ff., 98 pp.
16. Gaule et France. Paris, U. Canel; A. Guyot, 1833, in-8 de 375 pp.
17. Impressions de voyage. Paris, A. Guyot, Charpentier et Dumont, 1834-1837, 5 vol. in-8.
18. Angèle. Drame en cinq actes. Paris, Charpentier, 1834, in-8 de 254 pp.
19. Catherine Howard. Drame en cinq actes et en huit tableaux. Paris, Charpentier, 1834, in-8 de IV-208 pp.
20. Souvenirs d'Antony. Paris, Librairie de Dumont, 1835, in-8 de 360 pp.
21. Chroniques de France. Isabel de Bavière (Règne de Charles VI). Paris, Librairie de Dumont, 1835, 2 vol. in-8 de 406 pp. et 419 pp.
22. Don Juan de Marana ou la chute d'un ange. Mystère en cinq actes. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin (30 avr.1836). Paris, Marchant, Éditeur du Magasin Théâtral, 1836 in-8 de 303 p.
23. Kean. Comédie en cinq actes. Représentée pour la première fois aux Variétés (31 août 1836). Paris, J.-B. Barba, 1836, in-8 de 3 ff. et 263 pp.
24. Piquillo. Opéra-comique en trois actes. Représenté pour la première fois sur le Théâtre Royal de l'Opéra-Comique (31 oct. 1837). Paris, Marchant, 1837, in-8 de 82 pp.
25. Caligula. Tragédie en cinq actes et en vers, avec un prologue. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (26 déc. 1837). Paris, Marchant, Editeur du Magasin Théâtral, 1838 in-8 de 170 p.
26. La Salle d'armes. I. Pauline II. Pascal Bruno (précédé de Murat). Paris, Dumont, Au Salon littéraire, 1838, 2 vol. in-8 de 376 e t 352 pp.
27. Le Capitaine Paul (La main droite du Sire de Giac). Paris, Dumont, 1838, 2 vol. in-8 de 316 et 323 pp.
28. Paul Jones. Drame en cinq actes. Représenté pour la première fois, à Paris (8 oct. 1838). Paris, Marchant, 1838, gr. in-8 de 32 pp.
29. Nouvelles impressions de voyage. Quinze jours au Sinaï, par MM. A. Dumas et A. Dauzats. Paris, Dumont, 1839, 2 vol. in-8 de 358 et 406 pp
30. Acté. Paris, Librairie de Dumont, 1839, 2 vol. in-8 de 3 ff., 242 et 302 pp.
31. La Comtesse de Salisbury. Chroniques de France. Paris, Dumont, (et Alexandre Cadot), 1839-1848, 5 vol. in-8.
32. Jacques Ortis. Paris, Dumont, 1839, in-8 de XVI pp. (préface de Pier-Angelo-Fiorentino) et 312 pp.
33. Mademoiselle de Belle-Isle. Drame en cinq actes, en prose. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (2 avr. 1839). Paris, Dumont, 1839, in-8 de 202 pp.
34. Le Capitaine Pamphile. Paris, Dumont, 1839, 2 vol. in-8 de 307 et 296 pp.
35. L'Alchimiste. Drame en cinq actes en vers. Représenté pour la première fois, sur le Théâtre de la Renaissance (10 avr. 1839). Paris, Dumont, 1839, in-8 de 176 pp.
36. Crimes célèbres. Paris, Administration de librairie, 1839-1841, 8 vol. in-8.
37. Napoléon, avec douze portraits en pied, gravés sur acier par les meilleurs artistes, d'après les peintures et les dessins de Horace Vernet, Tony Johannot, Isabey, Jules Boily, etc. Paris, Au Plutarque français; Delloye, 1840, gr; in-8 de 410 pp.
38. Othon l'archer. Paris, Dumont, 1840, in-8 de 324 pp.
39. Les Stuarts. Paris, Dumont, 1840, 2 vol. in-8 de 308 et 304 pp.
40. Maître Adam le Calabrais. Paris, Dumont, 1840, in-8 de 347 pp.
41. Aventures de John Davys. Paris, Librairie de Dumont, 1840, 4 vol. in-8.
42. Le Maître d'armes. Paris, Dumont, 1840-1841, 3 vol. in-8 de 320, 322 et 336 pp.
43. Un Mariage sous Louis XV. Comédie en cinq actes. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (1erjuin 1841). Paris, Marchant; C. Tresse, 1841, in-8 de 140 pp.
44. Praxède, suivi de Don Martin de Freytas et de Pierre-le-Cruel. Paris, Dumont, 1841, in-8 de 307 pp.
45. Nouvelles impressions de voyage. Midi de la France. Paris, Dumont, 1841, 3 vol. in-8 de 340, 326 et 357 pp.
46. Excursions sur les bords du Rhin. Paris, Dumont, 1841, 3 vol. in-8 de 328, 326 et 334 pp.
47. Une année à Florence. Paris, Dumont, 1841, 2 vol. in-8 de 340 et 343 pp.
48. Jehanne la Pucelle. 1429-1431. Paris, Magen et Comon, 1842, in-8 de VII-327 pp.
49. Le Speronare Paris, Dumont, 1842, 4 vol. in-8.
50. Le Capitaine Arena. Paris, Dolin, 1842, 2 vol. in-8 de 309 et 314 pp.
51. Lorenzino. Magasin théâtral. Théâtre français. Drame en cinq actes et en prose. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1842), gr. in-8 de 36 pp.
52. Halifax. Magasin théâtral. Choix de pièces nouvelles, jouées sur tous les théâtres de Paris. Théâtre des Variétés. Comédie en trois actes et un prologue. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1842), gr. in-8 de 36 pp.
53. Le Chevalier d'Harmental. Paris, Dumont, 1842, 4 vol. in-8.
54. Le Corricolo. Paris, Dolin, 1843, 4 vol. in-8.
55. Les Demoiselles de Saint-Cyr. Comédie en cinq actes, suivie d'une lettre à l'auteur à M. Jules Janin. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (25 juill.1843). Paris, chez Marchant, et tous les Marchands de Nouveautés, 1843, gr. in-8 de 1 f. (lettre de Dumas à son éditeur), 38 pp. et VIII pp. (lettre à J. Janin).
56. La Villa Palmieri. Paris, Dolin, 1843, 2 vol. in-8.
57. Louise Bernard. Magasin théâtral. Choix de pièces nouvelles, jouées sur tous les théâtres de Paris. Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Drame en cinq actes. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1843), gr. in-8 de 34 pp.
58. Un Alchimiste au dix-neuvième siècle. Paris, Imprimerie de Paul Dupont, 1843, in-8 de 23 pp.
59. Filles, Lorettes et Courtisanes. Paris, Dolin, 1843, in-8. de 338 pp.
60. Ascanio. Paris, Petion, 1844, 5 vol. in-8.
61. Le Laird de Dumbicky. Magasin théâtral. Choix de pièces nouvelles, jouées sur tous les théâtres de Paris. Théâtre Royal de l'Odéon. Drame en cinq actes. Paris, Marchant; Tarride, s. d. (1844), gr. in-8 de 42 pp.
62. Sylvandire. Paris, Dumont, 1844, 3 vol. in-8 de 318, 310 et 324 pp.
63. Fernande. Paris, Dumont, 1844, 3 vol. in-8 de 320, 336 et 320 pp.
64. A. Les Trois Mousquetaires Paris, Baudry, 1844, 8 vol. in-8.
B. Les Mousquetaires Drame en cinq actes et douze tableaux, précédé de L'Auberge de Béthune, prologue par MM. A. Dumas et Auguste Maquet. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Ambigu-Comique (27 oct. 1845). Paris, Marchant, 1845, gr. in-8 de 59 pp.
C. La Jeunesse des Mousquetaires. Pièce en 14 tableaux, par MM. A. Dumas et Auguste Maquet. Paris, Dufour et Mulat, 1849, in-8 de 76 pp.
D. Le Prisonnier de la Bastille, fin des Mousquetaires. Drame en cinq actes et neuf tableaux. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Impérial du Cirque (22 mars 1861). Paris, Michel Lévy frères, s. d. (1861), gr. in-8 de 24 pp.
65. Le Château d'Eppstein. Paris, L. de Potter, 1844, 3 vol. in-8 de 323, 353 et 322 pp.
66. Amaury. Paris, Hippolyte Souverain, 1844, 4 vol. in-8.
67. Cécile. Paris, Dumont, 1844, 2 vol. in-8 de 330 et 324 pp.
68. A. Gabriel Lambert. Paris, Hippolyte Souverain, 1844, 2 vol. in-8.
B. Gabriel Lambert. Drame en cinq actes et un prologue, par A. Dumas et Amédée de Jallais. Paris, Michel Lévy frères, 1866, in-18 de 132 pp.
69. Louis XIV et son siècle. Paris, Chez J.-B. Fellens et L.-P. Dufour, 1844-1845, 2 vol. gr. in-8 de II-492 et 512 pp.
70. A. Le Comte de Monte-Cristo. Paris, Pétion, 1845-1846, 18 vol. in-8.
B. Monte-Cristo. Drame en cinq actes et onze tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, N. Tresse, 1848, gr. in-8 de 48 pp.
C. Le Comte de Morcerf. Drame en cinq actes et dix tableaux de MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, N. Tresse, 1851, gr. in-8 de 50 pp.
D. Villefort. Drame en cinq actes et dix tableaux de MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, N. Tresse, 1851, gr. in-8 de 59 pp.
71. A. La Reine Margot. Paris, Garnier frères, 1845, 6 vol. in-8.
B. La Reine Margot. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Drame en cinq actes et en 13 tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy frères, 1847, in-12 de 152 pp.
72. Vingt Ans après, suite des Trois Mousquetaires. Paris, Baudry, 1845, 10 vol.
73. A. Une Fille du Régent. Paris, A. Cadot, 1845, 4 vol. in-8.
B. Une Fille du Régent. Comédie en cinq actes dont un prologue. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre-Français (1eravr. 1846). Paris, Marchant, 1846, gr. in-8 de 35 pp.
74. Les Médicis. Paris, Recoules, 1845, 2 vol. in-8 de 343 et 345 pp.
75. Michel-Ange et Raphaël Sanzio. Paris, Recoules, 1845, 2 vol. in-8 de 345 et 306 pp.
76. Les Frères Corses. Paris, Hippolyte Souverain, 1845, 2 vol. in-8 de 302 et 312 pp.
77. A. Le Chevalier de Maison-Rouge. Paris, A. Cadot, 1845-1846, 6 vol. in-8.
B. Le Chevalier de Maison-Rouge. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Épisode du temps des Girondins, drame en 5 actes et 12 tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy frères, 1847, in-18 de 139 pp.
78. Histoire d'un casse-noisette. Paris, J. Hetzel, 1845, 2 vol. pet. in-8.
79. La Bouillie de la Comtesse Berthe. Paris, J. Hetzel, 1845, pet. in-8 de 126 pp.
80. Nanon de Lartigues. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 324 et 331 pp.
81. Madame de Condé. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 315 et 307 pp.
82. La Vicomtesse de Cambes. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 334 et 324 pp.
83. L'Abbaye de Peyssac. Paris, L. de Potter, 1845, 2 vol. in-8 de 324 et 363 pp.
N. B. Ces 8 volumes (n 80 à 83) constituent une série intitulée: La Guerre des femmes, qui a inspiré la pièce:
La Guerre des femmes. Drame en cinq actes et dix tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Historique (1eroct. 1849). Paris, A. Cadot, 1849, gr. in-8 de 57 pp.
84. A. La Dame de Monsoreau. Paris, Pétion, 1846, 8 vol. in-8.
B. La Dame de Monsoreau. Drame en cinq actes et dix tableaux, précédé de L'Etang de Beaugé, prologue par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy, 1860, in-12 de 196 pp.
85. Le Bâtard de Mauléon. Paris, A. Cadot, 1846-1847, 9 vol. in-8.
86. Les Deux Diane. Paris, A. Cadot, 1846-1847, 10 vol. in-8.
87. Mémoires d'un médecin. Paris, Fellens et Dufour (et A. Cadot), 1846-1848, 19 vol. in-8.
88. Les Quarante-Cinq. Paris, A. Cadot, 1847-1848, 10 vol. in-8.
89. Intrigue et Amour. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Drame en cinq actes et neuf tableaux. Paris, Michel Lévy frères, 1847, in-12 de 99 pp.
90. Impressions de voyage. De Paris à Cadix. Paris, Ancienne maison Delloye, Garnier frères, 1847-1848, 5 vol. in-8.
91. Hamlet, prince de Danemark. Bibliothèque dramatique. Théâtre moderne. 2èmesérie. Drame en vers, en 5 actes et 8 parties, par MM. A. Dumas et Paul Meurice. Paris, Michel Lévy frères, 1848, in-18 de 106 pp.
92. Catilina. Drame en 5 actes et 7 tableaux, par MM. A. Dumas et A. Maquet. Paris, Michel Lévy frères, 1848, in-18 de 151 pp.
93. Le Vicomte de Bragelonne ou Dix ans plus tard, suite des Trois Mousquetaires et de Vingt Ans après. Paris, Michel Lévy frères, 1848-1850, 26 vol. in-8.
94. Le Véloce, ou Tanger, Alger et Tunis. Paris, A. Cadot, 1848-1851, 4 vol. in-8.
95. Le Comte Hermann. 2èmeSérie du Magasin théâtral... Drame en cinq actes, avec préface et épilogue. Paris, Marchant, s. d. (1849), gr. in-8 de 40 pp.
96. Les Mille et un fantômes. Paris, A. Cadot, 1849, 2 vol. in-8 de 318 et 309 pp.
97. La Régence. Paris, A. Cadot, 1849, 2 vol. in-8 de 349 et 301 pp.
98. Louis Quinze. Paris, A. Cadot, 1849, 5 vol. in-8.
99. Les Mariages du père Olifus. Paris, A. Cadot, 1849, 5 vol. in-8.
100. Le Collier de la Reine. Paris, A. Cadot, 1849-1850, 11 vol. in-8.
101. Mémoires de J.-F. Talma. Écrits par lui-même et recueillis et mis en ordre sur les papiers de sa famille, par A. Dumas. Paris, 1849 (et 1850), Hippolyte Souverain, 4 vol. in-8.
102. La Femme au collier de velours. Paris, A. Cadot, 1850, 2 vol. in-8 de 326 et 333 pp.
103. Montevideo ou une nouvelle Troie. Paris, Imprimerie centrale de Napoléon Chaix et Cie, 1850, in-18 de 167 pp.
104. La Chasse au chastre. Magasin théâtral. Pièces nouvelles... Fantaisie en trois actes et huit tableaux. Paris, Administration de librairie théâtrale. Ancienne maison Marchant, 1850, gr. in-8 de 24 pp.
105. La Tulipe noire. Paris, Baudry, s. d. (1850), 3 vol. in-8 de 313, 304 et 316 pp.
106. Louis XVI (Histoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette.) Paris, A. Cadot, 1850-1851, 5 vol. in-8.
107. Le Trou de l'enfer. (Chronique de Charlemagne). Paris, A. Cadot, 1851, 4 vol. in-8.
108. Dieu dispose. Paris, A. Cadot, 1851, 4 vol. in-8.
109. La Barrière de Clichy. Drame militaire en 5 actes et 14 tableaux. Représenté pour la première fois à Paris sur le Théâtre National (ancien Cirque, 21 avr. 1851). Paris, Librairie Théâtrale, 1851, in-8 de 48 pp.
110. Impressions de voyage. Suisse. Paris, Michel Lévy frères, 1851, 3 vol. in-18.
111. Ange Pitou. Paris, A. Cadot, 1851, 8 vol. in-8.
112. Le Drame de Quatre-vingt-treize. Scènes de la vie révolutionnaire. Paris, Hippolyte Souverain, 1851, 7 vol. in-8.
113. Histoire de deux siècles ou la Cour, l'Église et le peuple depuis 1650 jusqu'à nos jours. Paris, Dufour et Mulat, 1852, 2 vol. gr. in-8.
114. Conscience. Paris, A. Cadot, 1852, 5 vol. in-8.
115. Un Gil Blas en Californie. Paris, A. Cadot, 1852, 2 vol. in-8 de 317 et 296 pp.
116. Olympe de Clèves. Paris, A. Cadot, 1852, 9 vol. in-8.
117. Le Dernier roi (Histoire de la vie politique et privée de Louis-Philippe.) Paris, Hippolyte Souverain, 1852, 8 vol. in-8. 118. Mes Mémoires. Paris, A. Cadot, 1852-1854, 22 vol. in-8.
119. La Comtesse de Charny. Paris, A. Cadot, 1852-1855, 19 vol. in-8.
120. Isaac Laquedem. Paris, A la Librairie Théâtrale, 1853, 5 vol. in-8.
121. Le Pasteur d'Ashbourn. Paris, A. Cadot, 1853, 8 vol. in-8.
122. Les Drames de la mer. Paris, A. Cadot, 1853, 2 vol. in-8 de 296 et 324 pp.
123. Ingénue. Paris, A. Cadot, 1853-1855, 7 vol. in-8.
124. La Jeunesse de Pierrot. Par Aramis. Publications du Mousquetaire Paris, A la Librairie Nouvelle, 1854, in-16, 150 pp.
125. Le Marbrier. Drame en trois actes. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Vaudeville (22 mai 1854). Paris, Michel Lévy frères, 1854, in-18 de 48 pp.
126. La Conscience. Drame en cinq actes et en six tableaux. Paris, Librairie d'Alphonse Tarride, 1854, in-18 de 108 pp.
127. A. El Salteador. Roman de cape et d'épée. Paris, A. Cadot, 1854, 3 vol. in-8. Il a été tiré de ce roman une pièce dont voici le titre:
B. Le Gentilhomme de la montagne. Drame en cinq actes et huit tableaux, par A. Dumas (et Ed. Lockroy). Paris, Michel Lévy, 1860, in-18 de 144 pp.
128. Une Vie d'artiste. Paris, A. Cadot, 1854, 2 vol. in-8 de 315 et 323 pp.
129. Saphir, pierre précieuse montée par Alexandre Dumas. Bibliothèque du Mousquetaire. Paris, Coulon-Pineau, 1854, in-12 de 242 pp.
130. Catherine Blum. Paris, A. Cadot, 1854, 2 vol. in-8.
131. Vie et aventures de la princesse de Monaco. Recueillies par A. Dumas. Paris, A. Cadot, 1854, 6 vol. in-8.
132. La Jeunesse de Louis XIV. Comédie en cinq actes et en prose. Paris, Librairie Théâtrale, 1856, in-16 de 306 pp.
133. Souvenirs de 1830 à 1842. Paris, A. Cadot, 1854-1855, 8 vo l. in-8.
134. Le Page du Duc de Savoie. Paris, A. Cadot, 1855, 8 vol. in-8.
135. Les Mohicans de Paris. Paris, A. Cadot, 1854-1855, 19 vol. in-8.
136. A. Les Mohicans de Paris (Suite) Salvator le commissionnaire. Paris, A. Cadot, 1856 (-1859), 14 vol. in-8. Il a été tiré des Mohicans de Paris, la pièce suivante:
B. Les Mohicans de Paris. Drame en cinq actes, en neuf tableaux, avec prologue. Paris, Michel Lévy, 1864, in-12 de 162 pp.
137. Taïti. Marquises. Californie. Journal de Madame Giovanni. Rédigé et publié par A. Dumas. Paris, A. Cadot, 1856, 4 vol. in-8.
138. La dernière année de Marie Dorval. Paris, Librairie Nouvelle, 1855, in-32 de 96 pp.
139. Le Capitaine Richard. (Une Chasse aux éléphants.) Paris, A. Cadot, 1858, 3 vol. in-8.
140. Les Grands hommes en robe de chambre. César. Paris, A. Cadot, 1856, 7 vol. in-8.
141. Les Grands hommes en robe de chambre. Henri IV. Paris, A. Cadot, 1855, 2 vol. in-8 de 322 et 330 pp.
142. Les Grands hommes en robe de chambre. Richelieu. Paris, A. Cadot, 1856, 5 vol. in-8.
143. L'Orestie. Tragédie en trois actes et en vers, imitée de l'antique. Paris, Librairie Théâtrale, 1856, in-12 de 108 pp.
144. Le Lièvre de mon grand-père. Paris, A. Cadot, 1857, in-8 de 309 pp.
145. La Tour Saint-Jacques-la-Boucherie. Drame historique en 5 actes et 9 tableaux, par MM. A. Dumas et X. de Montépin. Représenté pour la première fois sur le Théâtre Impérial du Cirque (15 nov. 1856). A la Librairie Théâtrale, 1856, gr. in-8 de 16 pp.
146. Pèlerinage de Hadji-Abd-el-Hamid-Bey (Du Couret). Médine et la Mecque. Paris, A. Cadot, 1856-1857, 6 vol. in-8.
147. Madame du Deffand. Paris, A. Cadot, 1856-1857, 8 vol. in-8.
148. La Dame de volupté. Mémoires de Mlle de Luynes, publiés par A. Dumas. Paris, Michel Lévy frères, 1864, 2 vol. in-18 de 284 et 332 pp.
149. L'Invitation à la valse. Comédie en un acte et en prose. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Gymnase (18 juin 1857). Paris, Beck, 1837 (pour 1857), in-12 de 48 pp.
150. L'Homme aux contes. Le Soldat de plomb et la danseuse de papier. Petit-Jean et Gros-Jean. Le roi des taupes et sa fille. La Jeunesse de Pierrot. Édition interdite en France. Bruxelles, Office de publicité, Coll. Hetzel, 1857, in-32 de 208 pp.
151. Les Compagnons de Jéhu. Paris, A. Cadot, 1857, 7 vol. in-8.
152. Charles le Téméraire. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-12 de 324 et 310 pp.
153. Le Meneur de loups. Paris, A. Cadot, 1857, 3 vol. in-8.
154. Causeries. Première et deuxième séries. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-8.
155. La Retraite illuminée, par A. Dumas, avec divers appendices par M. Joseph Bard et Sommeville. Auxerre, Ch. Gallot, Libraire-éditeur, 1858, in-12 de 88 pp.
156. L'Honneur est satisfait. Comédie en un acte et en prose. Paris, Librairie Théâtrale, 1858, in-12 de 48 pp.
157. La Route de Varennes. Paris, Michel Lévy, 1860, in-18 de 279 pp.
158. L'Horoscope. Paris, A. Cadot, 1858, 3 vol. in-8.
159. Histoire de mes bêtes. Paris, Michel Lévy frères, 1867, in-18 de 333 pp.
160. Le Chasseur de sauvagine. Paris, A. Cadot, 1858, 2 vol. in-8 de chacun 317 pp.
161. Ainsi soit-il. Paris, A. Cadot, s. d. (1862), 5 vol. in-8. Il a été tiré de ce roman la pièce suivante:
Madame de Chamblay. Drame en cinq actes, en prose. Paris, Michel Lévy, 1869, in-18 de 96 pp.
162. Black. Paris, A. Cadot, 1858, 4 vol. in-8.
163. Les Louves de Machecoul, par A. Dumas et G. de Cherville. Paris, A. Cadot, 1859, 10 vol. in-8.
164. De Paris à Astrakan, nouvelles impressions de voyage. Première et deuxième série. Paris, Librairie nouvelle A. Bourdilliat et Cie, 1860, 2 vol. in-18 de 318 et 313 pp.
165. Lettres de Saint-Pétersbourg (sur le Servage en Russie). Édition interdite pour la France. Bruxelles, Rozez, coll. Hetzel 1859, in-32 de 232 pp.
166. La Frégate l'Espérance. Édition interdite pour la France. Bruxelles, Office de publicité; Leipzig, A. Dürr, coll. Hetzel, 1859, in-32 de 232 pp.
167. Contes pour les grands et les petits enfants. Bruxelles, Office de publicité; Leipzig, A. Dürr, coll. Hetzel, 1859, 2 vol. in-32 de 190 et 204 pp.
168. Jane. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-18 de 324 pp.
169. Herminie et Marianna. Édition interdite pour la France. Bruxelles, Méline, Cans et Cie, coll. Hetzel, 1859, in-32 de 174 pp.
170. Ammalat-Beg. Paris, A. Cadot, s. d. (1859), 2 vol. in-8 de 326 et 352 pp.
171. La Maison de glace. Paris, Michel Lévy, 1860, 2 vol. in-18 de 326 et 280 pp.
172. Le Caucase. Voyage d'Alexandre Dumas. Paris, Librairie Théâtrale, s. d. (1859), in-4 de 240 pp.
173. Traduction de Victor Perceval. Mémoires d'un policeman. Paris, A. Cadot, 1859, 2 vol. in-8 de chacun 325 pp.
174. L'Art et les artistes contemporains au Salon de 1859. Paris, A. Bourdilliat et Cie, 1859, 2 vol. in-18 de 188 pp.
175. Monsieur Coumbes. (Histoire d'un cabanon et d'un chalet.) Paris, A. Bourdilliat et Cie, 1860, in-18 de 316 pp. Connu aussi sous le titre suivant: Le Fils du Forçat
176. Docteur Maynard. Les Baleiniers, voyage aux terres antipodiques. Paris, A. Cadot, 1859, 3 vol. in-8.
177. Une Aventure d'amour (Herminie). Paris, Michel Lévy frères, 1867, in-18 de 274 pp.
178. Le Père la Ruine. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18 de 320 pp
179. La Vie au désert. Cinq ans de chasse dans l'intérieur de l'Afrique méridionale par Gordon Cumming. Paris, Impr. de Edouard Blot, s. d. (1860), gr. in-8 de 132 pp.
180. Moullah-Nour. Édition interdite pour la France. Bruxelles, Méline, Cans et Cie, coll. Hetzel, s. d. (1860), 2 vol. in-32 de 181 et 152 pp.
181. Un Cadet de famille traduit par Victor Perceval, publié par A. Dumas. Première, deuxième et troisième série. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 3 vol. in-18.
182. Le Roman d'Elvire. Opéra-comique en trois actes, par A. Dumas et A. de Leuven. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18 de 97 pp.
183. L'Envers d'une conspiration. Comédie en cinq actes, en prose. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18 de 132 pp.
184. Mémoires de Garibaldi, traduits sur le manuscrit original, par A. Dumas. Première et deuxième série. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-18 de 312 et 268 pp.
185. Le père Gigogne contes pour les enfants. Première et deuxième série. Paris, Michel Lévy frères, 1860, 2 vol. in-18.
186. Les Drames galants. La Marquise d'Escoman. Paris, A. Bourdilliat et Cie, 1860, 2 vol. in-18 de 281 et 291 pp.
187. Jacquot sans oreilles. Paris, Michel Lévy frères, 1873, in-18 de XXVIII-231 pp.
188. Une nuit à Florence sous Alexandre de Médicis. Paris, Michel Lévy frères, 1861, in-18 de 250 pp.
189. Les Garibaldiens. Révolution de Sicile et de Naples. Paris, Michel Lévy frères, 1861, in-18 de 376 pp.
190. Les Morts vont vite. Paris, Michel Lévy frères, 1861, 2 vol. in-18 de 322 et 294 pp.
191. La Boule de neige. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-18 de 292 pp.
192. La Princesse Flora. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-18 de 253 pp.
193. Italiens et Flamands. Première et deuxième série. Paris, Michel Lévy, 1862, 2 vol. in-18 de 305 et 300 pp.
194. Sultanetta. Paris, Michel Lévy, 1862, in-18 de 320 pp.
195. Les Deux Reines, suite et fin des Mémoires de Mlle de Luynes. Paris, Michel Lévy frères, 1864, 2 vol. in-18 de 333 et 329 pp.
196. La San-Felice. Paris, Michel Lévy frères, 1864-1865, 9 vol. in-18.
197. Un Pays inconnu, (Géral-Milco; Brésil.). Paris, Michel Lévy frères, 1865, in-18 de 320 pp.
198. Les Gardes forestiers. Drame en cinq actes. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Grand-Théâtre parisien (28 mai 1865). Paris, Michel Lévy frères, s. d. (1865), gr. in-8 de 36 pp.
199. Souvenirs d'une favorite. Paris, Michel Lévy frères, 1865, 4 vol. in-18.
200. Les Hommes de fer. Paris, Michel Lévy frères, 1867, in-18 de 305 pp.
201. A. Les Blancs et les Bleus. Paris, Michel Lévy frères, 1867-1868, 3 vol. in-18.
B. Les Blancs et les Bleus. Drame en cinq actes, en onze tableaux. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Châtelet (10 mars 1869). (Michel Lévy frères), s. d. (1874), gr in-8 de 28 pp.
202. La Terreur prussienne. Paris, Michel Lévy frères, 1868, 2 vol. in-18 de 296 et 294 pp.
203. Souvenirs dramatiques. Paris, Michel Lévy frères, 1868, 2 vol. in-18 de 326 et 276 pp.
204. Parisiens et provinciaux. Paris, Michel Lévy frères, 1868, 2 vol. in-18 de 326 et 276 pp.
205. L'Île de feu. Paris, Michel Lévy frères, 1871, 2 vol. in-18 de 285 et 254 pp.
206. Création et Rédemption. Le Docteur mystérieux. Paris, Michel Lévy frères, 1872, 2 vol. in-18 de 320 et 312 pp.
207. Création et Rédemption. La Fille du Marquis. Paris, Michel Lévy frères, 1872, 2 vol. in-18 de 274 et 281 pp.
208. Le Prince des voleurs. Paris, Michel Lévy frères, 1872, 2 vol. in-18 de 293 et 275 pp.
209. Robin Hood le proscrit. Paris, Michel Lévy frères, 1873, 2 vol. in-18 de 262 et 273 pp.
210. A. Grand dictionnaire de cuisine, par A. Dumas (et D.-J. Vuillemot). Paris, A. Lemerre, 1873, gr. in-8 de 1155 pp.
B. Petit dictionnaire de cuisine. Paris, A. Lemerre, 1882, in-18 de 819 pp.
211. Propos d'art et de cuisine. Paris, Calmann-Lévy, 1877, in-18 de 304 pp.
212. Herminie. L'Amazone. Paris, Calmann-Lévy, 1888, in-16 de 111 pp.