Il n'y a si bonne compagnie qu'il ne faille quitter, disait le roi Dagobert à ses chiens. Quant à moi, le moment était venu de me séparer de la meute pontificale. La voiture s'arrêta juste au milieu de la ligne qui sépare la Toscane des États romains. Mes deux carabiniers descendirent tous deux, mirent le chapeau à la main, et tandis que l'un me montrait la limite des deux territoires, l'autre me lisait l'avis ministériel qui me condamnait à cinq ans de galères si jamais il me reprenait la fantaisie de mettre le pied sur les terres de Sa Sainteté. Je lui donnai quatre écus pour sa peine, à la charge cependant d'en remettre deux à son camarade; et chacun de nous reprit sa route, eux enchantés de moi, moi débarrassé d'eux.
Le lendemain soir j'arrivai dans la ville de Florence.
Quatre jours après, je reçus une réponse du marquis de Tallenay. Le pape avait été extrêmement peiné de ce qui venait de m'arriver, et avait eu la bonté de se faire rendre compte, à l'instant même des causes de mon arrestation.
Voici ce qui était arrivé:
Au moment de mon départ de Paris, quelque Soval romain avait écrit que M. Alexandre Dumas, ex-vice-président du comité des récompenses nationales, membre du comité polonais, et de plus auteur d'Antony, d'Angèle, deTeresaet d'une foule d'autres pièces non moins incendiaires, était sur le point de partir, avec une mission de la vente parisienne, pour révolutionner Rome. En conséquence, ordre avait été donné à l'instant même de ne pas laisser passer la frontière romaine à M. Alexandre Dumas, et, s'il la passait par hasard, de le reconduire en toute hâte de l'autre côté.
Malheureusement, comme on m'attendait par la route de Sienne, l'ordre fut échelonné sur la susdite route.
Mais, comme on l'a vu, j'arrivai par la route de Pérouse, ce qui fit qu'on me laissa tranquillement passer.
A mon arrivée à Rome, on rendit compte à la police de mon arrivée: la police donna ordre de me surveiller; mais comme je ne commis pendant le séjour que je fis dans la capitale des États pontificaux aucun attentat, ni contre la morale, ni contre la religion, ni contre la politique, on pensa que je valais probablement mieux que la réputation que l'on m'avait faite, et l'on me laissa tranquille, mais sans cependant avoir la précaution de révoquer l'ordre donné.
C'était cette négligence dont je devais être victime au départ, et dont j'étais seulement victime au retour.
Cette explication était accompagnée d'une nouvelle invitation de Sa Sainteté de revenir à Rome, et de l'assurance que l'ordre avait été donné de m'en ouvrir les portes à deux battans.
Et voilà comment, en partant pour Venise, j'étais arrivé à Florence.
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