COMMERCE DE CHAPEAUX.

Le Bureau de la Communauté des Maîtres et Marchands Chapeliers est rue de la Pelleterie où arrivent tous les Caudebecs[1]et autres Chapeaux manufacturez au dehors.

[1]Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à la ville de Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour les obtenir, on feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec le poil de chameau et le duvet d’autruche. (Savary,Dictionn. au Commerce, au mot chapeau.) On en vendoit beaucoup à Paris. Les vers de Boileau, dans sa VIeépître, sont bien connus :Pradon a mis au jour un livre contre vous,Et chez le chapelier du coin de notre place,Autour d’unCaudebecj’en ai lu la préface.

[1]Ces chapeaux étoient une fabrication toute spéciale à la ville de Normandie qui leur avoit donné son nom. Pour les obtenir, on feutroit la laine d’agneau ou l’agnelin, avec le poil de chameau et le duvet d’autruche. (Savary,Dictionn. au Commerce, au mot chapeau.) On en vendoit beaucoup à Paris. Les vers de Boileau, dans sa VIeépître, sont bien connus :

Pradon a mis au jour un livre contre vous,Et chez le chapelier du coin de notre place,Autour d’unCaudebecj’en ai lu la préface.

Pradon a mis au jour un livre contre vous,Et chez le chapelier du coin de notre place,Autour d’unCaudebecj’en ai lu la préface.

Pradon a mis au jour un livre contre vous,

Et chez le chapelier du coin de notre place,

Autour d’unCaudebecj’en ai lu la préface.

Pour les Bureaux de la Marque des Chapeaux, voyez l’article des Bureaux publics.

M. le Page Chapelier du Roy et qui fournit presque toute la Cour[2], demeure rue saint Honoré près les Peres de l’Oratoire.

[2]Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve nommé que Edme De Jouy, chapelier de Monsieur.

[2]Il ne figure pas dans l’État de France. On n’y trouve nommé que Edme De Jouy, chapelier de Monsieur.

Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent magasin, et qui font de grosses fournitures aux troupes et aux Marchands forains, sont Messieurs Coquelin, Halé l’ainé et Bizoret rue de la vieille Monnoye, Marie rue des Boucheries saint Germain, Veron rue du Four, Fromentin près le Palais Royal, Gobert rue de la Bucherie, Brisan et le Tourneur rue de Betizy, etc.

Les Veuves[3]qui font aussi un fort grand commerce de Chapeaux, sont Mesdames Meralde rue Briboucher, Durant pont saint Michel, etc.

[3]Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec la même maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la librairie surtout et l’imprimerie cette succession des veuves, à Paris du moins, étoit un droit : « A Paris, lisons-nous dans un document du temps de la Régence, les veuves des Libraires et Imprimeurs sont dans une possession constante de continuer la profession de leurs maris. »Minutes des Lettres du Conseilpour 1717, p. 14, à la Biblioth. du Ministère de l’Intérieur.

[3]Ce sont des veuves de maîtres, qui continuoient, avec la même maîtrise, le commerce de leur mari. Dans la librairie surtout et l’imprimerie cette succession des veuves, à Paris du moins, étoit un droit : « A Paris, lisons-nous dans un document du temps de la Régence, les veuves des Libraires et Imprimeurs sont dans une possession constante de continuer la profession de leurs maris. »Minutes des Lettres du Conseilpour 1717, p. 14, à la Biblioth. du Ministère de l’Intérieur.

Entre les Marchands Chapeliers qui tiennent boutique et qui font un grand détail, sont Messieurs Herard rue saint Honoré au Grand Mousquetaire, Vernault rue de l’Arbre sec, le Lievre et Verron place Maubert, Buquet, le Camus et Halé cadet fauxbourg saint Marcel, le Page et Fery Pont Notre Dame, Joffroy près l’aport de Paris, les Frères Gasteliers Pont au Change[4], Aprin Pont Saint Michel au Loüis d’argent, Menil rue aux Ours, Santerre rue des Juifs, etc.[5].

[4]Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas moins considérable que celui des neufs, se vendoient tout près de là : « pour la commodité de bien des gens, dit Liger, p. 400, on vend des vieux chapeaux repassez sous le petit Châtelet. » C’est là que se fournissoit le poëte besogneux, dont Monteil possédoit manuscrite une requête rimée au prince de Turenne :Je chercherai des nippes au hazard…Au Châtelet, à bon marché un feutre,Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.Il a paru dans laRevue des Provincesde juin 1865 ; p. 531, à l’articleVaria, un curieux fragment inédit de l’abbé de Choisy surce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors.

[4]Les vieux chapeaux, dont le commerce n’étoit pas moins considérable que celui des neufs, se vendoient tout près de là : « pour la commodité de bien des gens, dit Liger, p. 400, on vend des vieux chapeaux repassez sous le petit Châtelet. » C’est là que se fournissoit le poëte besogneux, dont Monteil possédoit manuscrite une requête rimée au prince de Turenne :

Je chercherai des nippes au hazard…Au Châtelet, à bon marché un feutre,Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.

Je chercherai des nippes au hazard…Au Châtelet, à bon marché un feutre,Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.

Je chercherai des nippes au hazard…

Au Châtelet, à bon marché un feutre,

Castor tout neuf est trop cher pour un pleutre.

Il a paru dans laRevue des Provincesde juin 1865 ; p. 531, à l’articleVaria, un curieux fragment inédit de l’abbé de Choisy surce que devenoient sous Louis XIV les vieux castors.

[5]« Il y a un grand magazin de chapeaux rue des Assis (Arcis) ; un autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, et un autre rue Saint-Denis, au grand Signe. » Édit. 1691, p. 26.

[5]« Il y a un grand magazin de chapeaux rue des Assis (Arcis) ; un autre rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, et un autre rue Saint-Denis, au grand Signe. » Édit. 1691, p. 26.


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