MERCERIE ET QUINCAILLERIE.

Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers, Quincailliers-Grossiers, etc.[1], est dans la rue Quinquempoix.

[1]Cetet cæteran’est pas pour la forme. Les joailliers et les quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps de la Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce n’étoit pas le premier des six corps, mais c’étoit le plus important. Voici, du reste, quel en étoit l’ordre : la Draperie, l’Épicerie, la Mercerie, la Pelleterie, la Bonneterie, l’Orfévrerie. Les libraires et les marchands de vin, qui n’en étoient pas, mais venoient immédiatement après, avoient des priviléges égaux : ils pouvoient être aussi échevins et juges-consuls.

[1]Cetet cæteran’est pas pour la forme. Les joailliers et les quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps de la Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce n’étoit pas le premier des six corps, mais c’étoit le plus important. Voici, du reste, quel en étoit l’ordre : la Draperie, l’Épicerie, la Mercerie, la Pelleterie, la Bonneterie, l’Orfévrerie. Les libraires et les marchands de vin, qui n’en étoient pas, mais venoient immédiatement après, avoient des priviléges égaux : ils pouvoient être aussi échevins et juges-consuls.

Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise de Mercerie, Jouaillerie, etc., sont Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain, Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des Bourdonnois, le Doux, Baroy, Testart et Sautereau rue saint Denis.

Les Marchands de Fer pour le commerce desquels il y aura un article à part, sont néanmoins du même corps.

La Mercerie en gros se fait par un grand nombre de Marchands qui ont des Boutiques et Magasins rue saint Denis, depuis la rue des Lombards jusqu’à la rue du petit Lion[2], entre lesquels MrsMaillet aux trois Maillets[3], le Bray à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à la Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au Cheval noir, Regnault aux trois Agneaux, Milochin, Sauvage, Marcadé[4], etc., ont un grand assortiment de Mercerie pour les Détailleurs.

[2]Liger, dans sonVoyageur fidèle, p. 359, donne la même indication.

[2]Liger, dans sonVoyageur fidèle, p. 359, donne la même indication.

[3]Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, p. 21 : « les marchandises qui conviennent aux savoyards et colporteurs ambulans, se vendent chez le S. Maillet, rue S. Denis, près le Sépulcre, à l’enseigne des Trois-Maillets. »

[3]Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, p. 21 : « les marchandises qui conviennent aux savoyards et colporteurs ambulans, se vendent chez le S. Maillet, rue S. Denis, près le Sépulcre, à l’enseigne des Trois-Maillets. »

[4]« Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche. » Édit. 1691, p. 21. Deux lignes plus loin, il est encore question de lui : « le même M. Marcadé et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, et Villaine, rue Bourlabé, envoyent toutes sortes de marchandises de bijouteries dans les pays estrangers. » Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons prouvé dans notreNoticesur lui, des proches parents du poëte Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença ses voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, ne fut pas moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le nom viendra un peu plus loin, et qui, on le verra, faisoit le commerce des marchandises d’Outre-Mer, étoit aussi de sa famille. Monteil possédoit et a souvent cité l’inventaire d’un Bellavoine, sans doute père de celui qui figure ici. L’acte est de 1667.

[4]« Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche. » Édit. 1691, p. 21. Deux lignes plus loin, il est encore question de lui : « le même M. Marcadé et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, et Villaine, rue Bourlabé, envoyent toutes sortes de marchandises de bijouteries dans les pays estrangers. » Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons prouvé dans notreNoticesur lui, des proches parents du poëte Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença ses voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, ne fut pas moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le nom viendra un peu plus loin, et qui, on le verra, faisoit le commerce des marchandises d’Outre-Mer, étoit aussi de sa famille. Monteil possédoit et a souvent cité l’inventaire d’un Bellavoine, sans doute père de celui qui figure ici. L’acte est de 1667.

M. du Moutier rue de la Chanverrie à la Ville d’Hambourg, tient magasin de toutes sortes de Rubans.

Autant en font Mrsle Clerc rue saint Denis aux Balances, et le Roy au Chevalier du Guet.

Il y a un grand magasin d’Evantailles chez M. Lambert derriere saint Leu et saint Gilles, où se fournissent la plus grande part des Détailleurs[5].

[5]« Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et Saint-Gilles, au Grand-Navire, et en différents endroits de la rue Saint-Denis et de la rue du Petit-Lion. » Édit. de 1691, p. 26.

[5]« Les magasins d’éventails sont derrière Saint-Leu et Saint-Gilles, au Grand-Navire, et en différents endroits de la rue Saint-Denis et de la rue du Petit-Lion. » Édit. de 1691, p. 26.

M. le Leu rue du petit Lion, fait le même commerce[6].

[6]Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers une communauté à part, de même que les tablettiers, avec lesquels ils eurent même, en juin 1701, un procès assez vif pour une affaire de privilége.

[6]Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers une communauté à part, de même que les tablettiers, avec lesquels ils eurent même, en juin 1701, un procès assez vif pour une affaire de privilége.

MrsGelée au Chevalier du Guet, et Guillery[7]rue de la Tabletterie, tiennent magasin de diverses marchandises d’outremer.

[7]Nous le retrouverons plus loin au chap. des «Marchandises des gantiers et parfumeurs.»

[7]Nous le retrouverons plus loin au chap. des «Marchandises des gantiers et parfumeurs.»

Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont commercées par divers Marchands du mêmecorps, il faut recourir à l’article de ces sortes de Marchandises.

Les Bijouteries communes pour les Savoyards, Colporteurs[8]et autres, sont commercées par Madame la veuve Lagny au Cloître saint Jean de Latran.

[8]Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On les y appeloitbizordi, et chez nousbisouart, à cause de leurs habits de grosse étoffe bise.

[8]Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On les y appeloitbizordi, et chez nousbisouart, à cause de leurs habits de grosse étoffe bise.

Les Marchands de Soyes qui vendent en gros et en détail, sont au quartier de la rue saint Denis et de la rue Briboucher[9], par exemple, MrsVince[10], du Courroy, etc.

[9]Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom de la rue Aubry-le-Boucher.

[9]Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom de la rue Aubry-le-Boucher.

[10]C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé De Vins au chapitre desÉtoffes.

[10]C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé De Vins au chapitre desÉtoffes.

Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple, tient magasin de petits Miroirs pour les Colporteurs[11].

[11]Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, étant lieu de franchise, les magasins où les colporteurs venoient s’y fournir, pouvoient vendre à meilleur compte que partout ailleurs.

[11]Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, étant lieu de franchise, les magasins où les colporteurs venoient s’y fournir, pouvoient vendre à meilleur compte que partout ailleurs.

Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue[12]se fabriquent rue saint Denis joignant le Coq croissant[13].

[12]Lisez « de tortue », correction des plus simples, et que Liger, copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour le sien. A la page 360 duVoyageur fidèle, il répète la faute.

[12]Lisez « de tortue », correction des plus simples, et que Liger, copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour le sien. A la page 360 duVoyageur fidèle, il répète la faute.

[13]Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. Le Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en donne la raison : « les rubans, dit-il, les miroirs et les dentelles sont trois choses sans lesquelles les françois ne peuvent pas vivre » ; et un peu plus loin : « ceux qui ne sont pas françois ne peuvent souffrir que les hommes se peignent publiquement dans la rue, et que les dames portent toujours un petit miroir à la main. »

[13]Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. Le Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en donne la raison : « les rubans, dit-il, les miroirs et les dentelles sont trois choses sans lesquelles les françois ne peuvent pas vivre » ; et un peu plus loin : « ceux qui ne sont pas françois ne peuvent souffrir que les hommes se peignent publiquement dans la rue, et que les dames portent toujours un petit miroir à la main. »

Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent, par les Merciers du Palais, sont très proprement fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint Louis de la Cité[14].

[14]« Rue Saint-Louis, quartier du Palais. » Édit. de 1691, p. 22.

[14]« Rue Saint-Louis, quartier du Palais. » Édit. de 1691, p. 22.

Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de Pierreries et de Perles, qui se vendent par les Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite.

Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple[15], fait et vend des Ecrans d’une beauté singulière.

[15]L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute justice des Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du Temple et des Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la noblesse du Marais l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, ce qui avoit inspiré à Blot une amusante complainte qu’on peut lire dans leRecueil Maurepas, et dont l’air fut long-temps célèbre.

[15]L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute justice des Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du Temple et des Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la noblesse du Marais l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, ce qui avoit inspiré à Blot une amusante complainte qu’on peut lire dans leRecueil Maurepas, et dont l’air fut long-temps célèbre.

David Laurent et David l’Escuyer qui apportent des Marchandises de Diepe[16], logent à Paris, rue Bourlabé au Lion d’or.

[16]C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne sculptés, ou faits au tour : « Dieppe, dit Piganiol, est peut-être le lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et la corne. On y fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, et il n’y a guère de gens plus adroits à manier le tour que les Dieppois. »Nouveau Voyage de France, t. II, p. 332.

[16]C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne sculptés, ou faits au tour : « Dieppe, dit Piganiol, est peut-être le lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et la corne. On y fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, et il n’y a guère de gens plus adroits à manier le tour que les Dieppois. »Nouveau Voyage de France, t. II, p. 332.

Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue d’Arnetal[17], vendent en gros les Rubans étroits qu’on nomme nompareilles[18].

[17]Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être qu’une altération de celui-ci.

[17]Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être qu’une altération de celui-ci.

[18]« Sorte de petit ruban fort étroit », dit en effet Richelet. On en bordoit les galons ougalants:Le beau galant de neige avec sa nompareilleque le Gros René duDépit amoureuxrend à Marinette, s’explique ainsi.

[18]« Sorte de petit ruban fort étroit », dit en effet Richelet. On en bordoit les galons ougalants:

Le beau galant de neige avec sa nompareille

Le beau galant de neige avec sa nompareille

Le beau galant de neige avec sa nompareille

que le Gros René duDépit amoureuxrend à Marinette, s’explique ainsi.

Les Jouailliers forains de saint Claude[19]logent rue Bourlabé au Lion d’argent.

[19]Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient vendre à Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs montagnes : « les ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le principal commerce de Saint-Claude. On y travaille fort bien en ce genre. » (Dict. univ. de la France, t. VI, p. 45.) — Aujourd’hui la « joaillerie de Saint-Claude » se vend et se fabrique aussi : rue Saint-Martin, rue Folie-Méricourt, rue Turbigo, etc.

[19]Ces joailliers de Saint-Claude, dans le Jura, venoient vendre à Paris les menus objets de buis fabriqués dans leurs montagnes : « les ouvrages de buis, dit Hesseln, sont le principal commerce de Saint-Claude. On y travaille fort bien en ce genre. » (Dict. univ. de la France, t. VI, p. 45.) — Aujourd’hui la « joaillerie de Saint-Claude » se vend et se fabrique aussi : rue Saint-Martin, rue Folie-Méricourt, rue Turbigo, etc.

Les Jouailleries enfantines pour les Foires[20], se font et se vendent chez les Sieurs Prevost rue saint Martin devant la rue aux Ours, et Favre, rue saint Denis devant les Filles Dieu.

[20]On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits d’étain commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent. On sait combien la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la prison de Niort, regardoit avec envie le ménage d’argent de la fille de son geôlier.

[20]On appeloit ainsi ces petits ménages d’enfants faits d’étain commun ou de plomb, et aussi quelquefois d’argent. On sait combien la petite Françoise d’Aubigné, élevée à la prison de Niort, regardoit avec envie le ménage d’argent de la fille de son geôlier.

La veuve Caré même rue, et la veuve Poisson à la Pierre au lait[21], font commerce de cette sorte de Marchandises, et vendent d’ailleurs toutes les sortes de Boetes d’Allemagne peintes et en blanc, de Caffé et autres.

[21]Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21 : « la veuve Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient magasin de toutes sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin et de bois blanc, peintes et non peintes. » On en fait encore de pareilles dans la Forêt-Noire et à Spa.

[21]Elle est seule nommée dans l’édit. précédente, p. 21 : « la veuve Poisson, marchande à la Pierre au Lait, tient magasin de toutes sortes de boëttes d’Allemagne, de sapin et de bois blanc, peintes et non peintes. » On en fait encore de pareilles dans la Forêt-Noire et à Spa.

Il y a un magasin de Jartieres de soye rue d’Arnetal au Signe de la Croix[22].

[22]La renommée des jarretières de Paris étoit encore la même soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame de Fontaine, le 26 janvier 1758 : « Madame Denis a cru qu’on ne pouvoit avoir une jarretière bien faite sans la faire venir de Paris, à grands frais. »

[22]La renommée des jarretières de Paris étoit encore la même soixante ans après, lorsque Voltaire écrivoit à Madame de Fontaine, le 26 janvier 1758 : « Madame Denis a cru qu’on ne pouvoit avoir une jarretière bien faite sans la faire venir de Paris, à grands frais. »

Les bonnes Epingles et les fines Eguilles se vendent rue de la Huchette à l’Y[23], et près la Croix du Tiroir à la Coupe d’or.

[23]C’est là, en effet, que se vendoient les « aiguilles de Paris », dont Gros René, « avec tant de fanfare », donna un demi-cent à Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, avec la fameuse lettre figurée en fer au milieu des balcons du premier étage. C’étoit une enseigne en rébus, comme il y en avoit tant : « les grègues, ou culottes à la grecque, dit Aimé Martin, dans une note surla Fable15 du livre III de La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban nomméun lie-grègue, qui a longtemps servi d’enseigne aux merciers, avec cette légende-rébus :à l’Y. » Plusieurs marchands avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand d’épingles du Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par l’incendie de 1718, mais c’est le mercier de la rue de la Huchette qui la rendit le plus célèbre, il est parlé de sa boutique et de sa marchandise dans l’introuvable petit poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud,Plaidoyez d’Ajax et d’Ulysse…1653, in-12, p. 28 :J’avois aiguilles de ParisDe l’Y grec dedans la Huchette,Où j’en fais toujours mon emplette.V.sur la maison où se trouve cette boutique célèbre l’abbé Le Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61.

[23]C’est là, en effet, que se vendoient les « aiguilles de Paris », dont Gros René, « avec tant de fanfare », donna un demi-cent à Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, avec la fameuse lettre figurée en fer au milieu des balcons du premier étage. C’étoit une enseigne en rébus, comme il y en avoit tant : « les grègues, ou culottes à la grecque, dit Aimé Martin, dans une note surla Fable15 du livre III de La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban nomméun lie-grègue, qui a longtemps servi d’enseigne aux merciers, avec cette légende-rébus :à l’Y. » Plusieurs marchands avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand d’épingles du Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par l’incendie de 1718, mais c’est le mercier de la rue de la Huchette qui la rendit le plus célèbre, il est parlé de sa boutique et de sa marchandise dans l’introuvable petit poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud,Plaidoyez d’Ajax et d’Ulysse…1653, in-12, p. 28 :

J’avois aiguilles de ParisDe l’Y grec dedans la Huchette,Où j’en fais toujours mon emplette.

J’avois aiguilles de ParisDe l’Y grec dedans la Huchette,Où j’en fais toujours mon emplette.

J’avois aiguilles de Paris

De l’Y grec dedans la Huchette,

Où j’en fais toujours mon emplette.

V.sur la maison où se trouve cette boutique célèbre l’abbé Le Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61.

Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à cheval, fait des Buscs et Bois d’Evantails[24]d’une grande propreté[25].

[24]« Les buscs et bois d’éventail curieux. » Édit. de 1691, p. 23.

[24]« Les buscs et bois d’éventail curieux. » Édit. de 1691, p. 23.

[25]Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages que les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire ou en bois. Mmede Villedieu en a fait le sujet d’unegalanterieassez leste, imprimée à la suite de son poëme le plus rare,le Carousel de Monseigneur le Dauphin. 1672, in-12, p. 14 :Qu’il est heureux de tous costezLe joly bois que vous portez, etc.

[25]Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages que les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire ou en bois. Mmede Villedieu en a fait le sujet d’unegalanterieassez leste, imprimée à la suite de son poëme le plus rare,le Carousel de Monseigneur le Dauphin. 1672, in-12, p. 14 :

Qu’il est heureux de tous costezLe joly bois que vous portez, etc.

Qu’il est heureux de tous costezLe joly bois que vous portez, etc.

Qu’il est heureux de tous costez

Le joly bois que vous portez, etc.

Les Marchands qui font les Garnitures de Rubans, et qui vendent les Coiffes, Fichus etautres Ajustemens des femmes, ont pour la pluspart leurs boutiques au Palais, et quelques uns devant saint Mederic, rue saint Antoine[26], et ailleurs.

[26]Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà célèbres en 1660. (Variétés hist. et litt., t. I, p. 240.)

[26]Les broderies du faubourg Saint-Antoine étoient déjà célèbres en 1660. (Variétés hist. et litt., t. I, p. 240.)

Pour les Gands, voyez l’article des Gantiers Parfumeurs.

Pour le Papier, l’Encre, la Cire d’Espagne, les Ecritoires, etc., voyez l’article des Papetiers, Cartonniers, etc.

Pour les Masques et Ornemens de Balets, voyez l’article des Passetemps et Menus-Plaisirs.

Entre les Quincailliers-Grossiers qui fournissent les Détailleurs, sont MrsBioche au Cheval d’or, Gabeüil au bon Pasteur, Moreau à la Teste d’or[27], et Menedrieux au saint Esprit rue saint Denis.

[27]« Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis. » Édit. de 1691, p. 23. A la suite, on lit encore : « Il y a aussi un magasin de quincaillerie rue des Deux-Boules, chez un charon. »

[27]« Marceau et Nedrigan, rue Saint-Denis. » Édit. de 1691, p. 23. A la suite, on lit encore : « Il y a aussi un magasin de quincaillerie rue des Deux-Boules, chez un charon. »

Il y a d’ailleurs plusieurs boutiques et magasins bien fournis de Quincailleries[28]à l’entrée du quay de la Mégisserie[29].

[28]« Qui font ensemble le gros et le détail. » Édit. de 1691, p. 23.

[28]« Qui font ensemble le gros et le détail. » Édit. de 1691, p. 23.

[29]Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai de la Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers, mais parce qu’il étoit encombré de petits marchands qui, sur le pavé même, y étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent jusqu’à l’époque du premier Empire. Piis résuma dans ce distique l’arrêté de police qui les fit déguerpir :Enjoignons aux vieux ferailleursDe vendre leur vieux fer ailleurs.

[29]Dans la partie qui s’appeloit plus spécialement quai de la Ferraille, non-seulement à cause de ces quincailliers, mais parce qu’il étoit encombré de petits marchands qui, sur le pavé même, y étaloient leurs ferrailles. Ils y restèrent jusqu’à l’époque du premier Empire. Piis résuma dans ce distique l’arrêté de police qui les fit déguerpir :

Enjoignons aux vieux ferailleursDe vendre leur vieux fer ailleurs.

Enjoignons aux vieux ferailleursDe vendre leur vieux fer ailleurs.

Enjoignons aux vieux ferailleurs

De vendre leur vieux fer ailleurs.


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