[1]La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement général daté de 1678.
[1]La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement général daté de 1678.
Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet[2], logent les Messagers de Bourdeaux qui partent tous les jours en été à cinq et en hiver à neuf heures du matin.
[2]V. plus haut, p. 161.
[2]V. plus haut, p. 161.
Au même lieu loge le Messager d’Auvergne qui part les Mercredis et Samedis, et qui vont à saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf, Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, la Broutance, la Charité, le Busson, Leguire, Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan, Rillac, etc.
Et encore les Messagers du Blaisois et du Maine, qui partent le Samedi et qui vont à Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à Laval, etc.
Le Messager de sainte Menehoult[3]qui ne vient que de trois en trois semaines, et celuy de Sezanne en Brie qui ne vient que de dix en dix jours, logent rue saint Antoine à la Trinité.
[3]Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.
[3]Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.
Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le Mercredy et partent le Jeudy.
Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes,à Rennes, à Vannes et dans toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis.
[4]Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel del’Arbalête, où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans partir. Lettreinéditedu 21 août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque.
[4]Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel del’Arbalête, où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans partir. Lettreinéditedu 21 août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque.
Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui partent tous les jours.
Près l’Ave Mariaà l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6], Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably, Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne, et qui partent presque tous les jours[7].
[5]Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.
[5]Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.
[6]Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une intéressante lettre de Fléchier : « Je n’avois pas oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne… Je vous en envoie donc un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre. » Jean Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.
[6]Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une intéressante lettre de Fléchier : « Je n’avois pas oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne… Je vous en envoie donc un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre. » Jean Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.
[7]Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit seulement : « Près l’Ave Maria, aux diligences de Lyon, logent les messagers de Dijon, Bourg, etc. » Le motDiligence, alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie l’Important, jouée en 1694 : « Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement laDiligence, formidable machine dont les fermiers… n’ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage. » Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688 : « De par le roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le samedi xjedu présent mois, et ce préférablement à toutes autres personnes. »
[7]Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit seulement : « Près l’Ave Maria, aux diligences de Lyon, logent les messagers de Dijon, Bourg, etc. » Le motDiligence, alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie l’Important, jouée en 1694 : « Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement laDiligence, formidable machine dont les fermiers… n’ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage. » Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688 : « De par le roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le samedi xjedu présent mois, et ce préférablement à toutes autres personnes. »
Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui part le Lundy.
Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la Harpe à la Croix de fer[8].
[8]Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe, tenoit aux ruines du Palais des Thermes.
[8]Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe, tenoit aux ruines du Palais des Thermes.
Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel[9]loge le Messager de Chatre[10]sous Montléhery, qui part les Lundis, Jeudis et Samedis.
[9]« A la Couronne d’or. » Édit. 1691, p. 54.
[9]« A la Couronne d’or. » Édit. 1691, p. 54.
[10]On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu sous son premier nom que par un noël très populaire.
[10]On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu sous son premier nom que par un noël très populaire.
Rue du Four S. Germain, loge le Messager d’Espernon.
Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne,logent les Messagers de Bourbonnois passant par Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, qui part le Samedi.
Au même endroit sont les Messagers du Puy, Mandre, saint Flour, Brioude, Sainpoursain, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., qui partent aussi le Samedi.
Et encore les Messagers de Languedoc qui vont à Montpellier, Nismes, Beaucaire, Frontignan, etc., qui partent les Dimanches, Mercredis et Samedis.
Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard Bois, loge le Messager de l’Aigle qui part le Vendredi.
Même rue à la Rose blanche, loge le Messager de Dreux et Nogent le Roy qui part le Vendredi à midi.
Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours qui part les Dimanches et les Jeudis.
Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les Messagers de Coutance, Breiza, Perriere, saint Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie, qui arrivent le Jeudi au soir et partent le Samedi à midi.
Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge le Messager de Forge qui part le Vendredi[11].
[11]« Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur, Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi. » Édit. 1691, p. 54. — A la fin du siècle suivant, c’est àl’Image St-Claudeque descendoient les marchands de beurre de Pontoise.
[11]« Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur, Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi. » Édit. 1691, p. 54. — A la fin du siècle suivant, c’est àl’Image St-Claudeque descendoient les marchands de beurre de Pontoise.
Même rue logent les Messagers de Diepe et de Gisors qui partent le Mercredi.
Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager de Fontainebleau qui part le Vendredi[12].
[12]« Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie et de Bray-sur-Seine. » Édit. 1691, p. 14.
[12]« Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie et de Bray-sur-Seine. » Édit. 1691, p. 14.
Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le Messager de Condé qui part le Samedi[13].
[13]« Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de Languedoc et de Chaumont. »Id., p. 55.
[13]« Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de Languedoc et de Chaumont. »Id., p. 55.
Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge le Messager de Tonnerre qui part le Lundi, et celuy de Champeau qui part le Samedi[14].
[14]« Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi. »Id.,ibid.
[14]« Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi. »Id.,ibid.
Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager de Rouen et ceux d’Arras, de Tournay et de l’Isle en Flandres.
Même rue à la Croix blanche, loge le Messager de la Ville d’Eu.
Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint Eustache, logent les Messagers d’Angers[15], de Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur, de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et Samedis.
[15]Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage. En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36 livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.
[15]Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage. En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36 livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.
Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les Messagers de toutes les Villes de Bretagne qui partent les Mercredis et Samedis.
Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, Castelnaudary, Castres, Alby, Gaillard, Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, Perat, Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse,Userche, Souliac, etc., qui partent le Mardi[16].
[16]C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de Château-du-Loir.
[16]C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de Château-du-Loir.
Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent les Messagers d’Abbeville.
Au Colombier près saint Martin des Champs, logent les Messagers de Crespy et de Villers Cotterets, qui partent le Vendredi.
Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., qui partent le Dimanche et qui logeoient ci-devant à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue du Jour près saint Eustache.
Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de la Tixeranderie à la Maque[17]et partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis.
[17]Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de l’origine de son nom.
[17]Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de l’origine de son nom.
Rue du Cimetière saint André logent les Messagers de Mommirel, de Perigueux et de Rochoir qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de Chinon, de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, etc., qui partent le Dimanche[18].
[18]Blegny oublie le messager de « Bonnétable et route », qui logeoit quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines.
[18]Blegny oublie le messager de « Bonnétable et route », qui logeoit quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines.
Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, loge le Messager de Beaumont en Picardie qui arrive le Mardi et part le Mercredi.
Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge le Messager de Boine en Gatinois qui arrive le Jeudi et part le Vendredi.
A l’entrée du quay de la Tournelle[19]à la Corne[20], logent les Messagers de Montargis, de Giens et autres lieux circonvoisins.
[19]« Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre. » Édit. de 1691, p. 55.
[19]« Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre. » Édit. de 1691, p. 55.
[20]C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies, où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée tout près, quai de la Tournelle.
[20]C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies, où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée tout près, quai de la Tournelle.
Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, logent les Messagers de Strasbourg, Fribourg, Scelestat, Colmar, Brissac, etc.
Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager du Quesnoy.