OUVRAGES DE GRAVEURS.

Cet article aurait dû être placé après celuy de l’Orfevrerie, mais ayant été quelque temps égaré à l’Imprimerie, on n’a pû luy donner une meilleure place que celle-ci.

Entre les fameux Graveurs au Burin, sont au quartier de la rue saint Jacques, Messieurs Poilly l’ainé[1], Eudelink[2], Wansculpes[3], Picart[4], Vermeulen[5],Rolet et Poilly le jeune[6], Baudet rue de Harlay[7], etc.

[1]François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck : « Jamais, est-il dit dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au burin ne fit autant d’élèves, et peu ont entrepris autant d’ouvrages. »

[1]François Poilly, qui fut le maître d’Edelinck : « Jamais, est-il dit dans la Vie de celui-ci, jamais graveur au burin ne fit autant d’élèves, et peu ont entrepris autant d’ouvrages. »

[2]Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son temps. Il étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars 1677 et il mourut à cinquante-huit ans en 1707.

[2]Gérard Edelinck, un des plus fameux graveurs de son temps. Il étoit d’Anvers. L’Académie le reçut le 6 mars 1677 et il mourut à cinquante-huit ans en 1707.

[3]Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut de l’Académie le 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à soixante-quatorze ans.

[3]Pierre Van Schuppen, d’Anvers comme Edelinck, fut de l’Académie le 7 août 1666 et mourut le 7 mars 1702, à soixante-quatorze ans.

[4]Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé à Rome avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard Picart, plus célèbre que lui. On l’avoit reçu de l’Académie en 1664 et il en mourut le doyen, le 21 nov. 1721, à Amsterdam, où il s’étoit retiré ; il avoit quatre-vingt-dix ans.

[4]Étienne Picart, dit le Romain, parce qu’il avoit travaillé à Rome avec Carlo Maratta. Il eut pour fils Bernard Picart, plus célèbre que lui. On l’avoit reçu de l’Académie en 1664 et il en mourut le doyen, le 21 nov. 1721, à Amsterdam, où il s’étoit retiré ; il avoit quatre-vingt-dix ans.

[5]Corneille Vermeulen, d’Anvers ; venu à Paris, où se trouvoit la meilleure école de gravure, il y resta. A sa mort, en 1704, il avoit soixante ans. Il a gravé beaucoup de portraits, surtout d’après Rigaud.

[5]Corneille Vermeulen, d’Anvers ; venu à Paris, où se trouvoit la meilleure école de gravure, il y resta. A sa mort, en 1704, il avoit soixante ans. Il a gravé beaucoup de portraits, surtout d’après Rigaud.

[6]Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut reçu de l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril 1728, à soixante ans.

[6]Frère de Fr. Poilly, nommé tout à l’heure, il fut reçu de l’Académie le 26 juillet 1714 et mourut le 29 avril 1728, à soixante ans.

[7]Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de peinture depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du Louvre, en 1693, et c’est de là qu’il data quelques-unes de ses gravures des paysages du Poussin. Il mourut le 7 juillet 1711, à soixante-treize ans.

[7]Étienne Baudet, de Blois. Il étoit de l’Académie de peinture depuis 1675. Le roi le logea aux galeries du Louvre, en 1693, et c’est de là qu’il data quelques-unes de ses gravures des paysages du Poussin. Il mourut le 7 juillet 1711, à soixante-treize ans.

Rue saint Jacques sont encore Messieurs Audran[8]et Simonneau[9]qui gravent très bien à l’Eau forte et au Burin, et encore Messieurs Berey[10]et Roussel[11]qui s’attachent principalement à graver des Lettres[12]qui représententl’écriture et l’impression, en quoy M. Berey travaille par excellence[13].

[8]Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la dynastie des Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris en 1703 à soixante-trois ans. Il a gravé les batailles d’Alexandre, par Lebrun.

[8]Gérard Audran, le premier et le plus célèbre de la dynastie des Audran. Il étoit de Lyon et mourut à Paris en 1703 à soixante-trois ans. Il a gravé les batailles d’Alexandre, par Lebrun.

[9]Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez Coypel, fut de l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à quatre-vingts ans. Il grava d’après Carrache, Le Brun, etc.

[9]Ch. Simonneau, d’Orléans. Né en 1639, étudia chez Coypel, fut de l’Académie en 1710, et mourut en 1728, à quatre-vingts ans. Il grava d’après Carrache, Le Brun, etc.

[10]Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de Paris, par Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit un plan nouveau. V. sur Cl. Berey, sans doute son fils, t. I, p. 252.

[10]Il avoit, en 1656, donné une contrefaçon du plan de Paris, par Gomboust. Elle porte son nom, comme si c’étoit un plan nouveau. V. sur Cl. Berey, sans doute son fils, t. I, p. 252.

[11]C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de Paris qui, pour cela, porte son nom.

[11]C’est lui qui grava en 1704 les lettres d’un plan de Paris qui, pour cela, porte son nom.

[12]« Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres, demeure rue de Bussy. » Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud, de qui l’on a des cahiers d’écriture gravés en 1667.

[12]« Le sieur Senault, le plus fameux graveur en lettres, demeure rue de Bussy. » Édit. 1691, p. 112. Louis Senaud, de qui l’on a des cahiers d’écriture gravés en 1667.

[13]« Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs, demeurent aux galleries du Louvre. » Édit. 1691, p. 63. — Claude Mellan n’auroit pas dû figurer même dans cette édition de 1691, puisqu’il étoit mort à quatre-vingt-dix ans en 1688 ; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit eu raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692 : il étoit mort dans son logement des galeries le 11 octobre 1691, à soixante et onze ans. V.Bulletin de la Soc. d’archéologie lorraine, t. VIII, 1859,ad fin.

[13]« Messieurs Sylvestre et Melan, fameux graveurs, demeurent aux galleries du Louvre. » Édit. 1691, p. 63. — Claude Mellan n’auroit pas dû figurer même dans cette édition de 1691, puisqu’il étoit mort à quatre-vingt-dix ans en 1688 ; quant à Israël Silvestre, Blegny avoit eu raison de ne pas le faire figurer dans celle de 1692 : il étoit mort dans son logement des galeries le 11 octobre 1691, à soixante et onze ans. V.Bulletin de la Soc. d’archéologie lorraine, t. VIII, 1859,ad fin.

Entre les fameux Graveurs de Médailles, sont Messieurs Rottier[14], Chéron[15]et Moland aux galleries du Louvre[16], Bernard[17]près la Magdelaine, Mauger place Dauphine[18], etc.

[14]Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé au Louvre en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en 1707, à soixante-huit ans. Il y eut cinq graveurs en médailles de son nom, jusqu’en 1784, époque où mourut le dernier.

[14]Joseph Roettier, d’Anvers, graveur en médailles, logé au Louvre en 1679, reçu de l’Académie en 1683, mort en 1707, à soixante-huit ans. Il y eut cinq graveurs en médailles de son nom, jusqu’en 1784, époque où mourut le dernier.

[15]Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1698, à cinquante-cinq ans.

[15]Ch. Chéron, de Nancy, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1698, à cinquante-cinq ans.

[16]Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit travaillé l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre 1684.

[16]Michel Molard, et non Moland, de Dieppe, où il avoit travaillé l’ivoire. Le roi l’avoit logé au Louvre en octobre 1684.

[17]Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur en médailles, le 27 mars 1700, il mourut en 1713, à soixante-trois ans.

[17]Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur en médailles, le 27 mars 1700, il mourut en 1713, à soixante-trois ans.

[18]Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, après la mort de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en 1722, à soixante-quatorze ans.

[18]Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, après la mort de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en 1722, à soixante-quatorze ans.

M. le Clerc aux Goblins[19], qui travaille par excellence à toutes sortes de Gravures, a d’ailleurs le talent de faire des Desseins originaux.

[19]Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous dispense de tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet du roi et Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut en 1714, à soixante-dix-sept ans.

[19]Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous dispense de tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet du roi et Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut en 1714, à soixante-dix-sept ans.

Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle, pour les Sceaux et pour les Cachets, sont Messieurs Thiault galleries neuves du Palais[20]à la Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury à la Monnoye[21], Verien[22]et Garrier quay des Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du Palais, etc.

[20]« Place Dauphine. » Édit. de 1691, p. 59.

[20]« Place Dauphine. » Édit. de 1691, p. 59.

[21]Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie comme « graveur en acier du Roi ».

[21]Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie comme « graveur en acier du Roi ».

[22]« Aux armes de Mademoiselle. » Édit. 1691, p. 59.

[22]« Aux armes de Mademoiselle. » Édit. 1691, p. 59.

M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs renommé pour les Cachets, grave aussi pour la Taille douce.

Messieurs Richard et Maurice sur le quay de l’Orloge, ont le talent de graver sur l’Agathe et sur les autres Pierres précieuses[23].

[23]« Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du Palais, grave en agathe et autres pierres. »Id., p. 63.

[23]« Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du Palais, grave en agathe et autres pierres. »Id., p. 63.

On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et Marchand Imager rue saint Jacques à la Ville de Cologne[24], les Portraits de la Cour gravez par M. Simon[25], l’Architecture de Vignolle au Burin et diverses Cartes et Estampes curieuses.

[24]Fr. Jollain, à qui son fils succéda.

[24]Fr. Jollain, à qui son fils succéda.

[25]Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte.

[25]Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte.

M. Landry[26]aussi Graveur et Marchand Imager[27]même rue à l’Image saint François de Sales, vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de haut et de divers autres grandeurs extraordinaires, un Scelet[28]humain grand comme nature, et un grand nombre d’autres Estampes curieuses[29].

[26]Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin.

[26]Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin.

[27]Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny auroit pu citer Boudan, qui grava entre autres histoires populaires toute la suite de celle deLustucru. V. nosVariétés, t. IX, p. 70. Mariette,Abecedario, t. IX, p. 116, a dit un mot de lui. Il avoit dessiné pour Gaignières et pour ses collections d’armoiries à des prix dérisoires. On lit dans un mémoire de ceux dont il étoit convenu avec le célèbre amateur : « Les armes croquées à l’encre, un liard la pièce. » Il travailla au plan de Paris de La Caille, en 1714.

[27]Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny auroit pu citer Boudan, qui grava entre autres histoires populaires toute la suite de celle deLustucru. V. nosVariétés, t. IX, p. 70. Mariette,Abecedario, t. IX, p. 116, a dit un mot de lui. Il avoit dessiné pour Gaignières et pour ses collections d’armoiries à des prix dérisoires. On lit dans un mémoire de ceux dont il étoit convenu avec le célèbre amateur : « Les armes croquées à l’encre, un liard la pièce. » Il travailla au plan de Paris de La Caille, en 1714.

[28]Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note.

[28]Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note.

[29]« On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de l’Académie des peintres, rue de Richelieu. » Édit. 1691, p. 24. Une singulière industrie, qui dut détruire bien des gravures, est indiquée dans cette édition, p. 111, et omise ici : « Le sieur des Trapières, rue Bétizy, aux trois Bources, enlève et transpose sur verre les lignes et traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une façon à les prendre pour de vrais tableaux. » Poisson, en 1665, dans l’après-soupé des Auberges, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a fait de nos jours pour lapotichomanie.

[29]« On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de l’Académie des peintres, rue de Richelieu. » Édit. 1691, p. 24. Une singulière industrie, qui dut détruire bien des gravures, est indiquée dans cette édition, p. 111, et omise ici : « Le sieur des Trapières, rue Bétizy, aux trois Bources, enlève et transpose sur verre les lignes et traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une façon à les prendre pour de vrais tableaux. » Poisson, en 1665, dans l’après-soupé des Auberges, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a fait de nos jours pour lapotichomanie.


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