LES TERREURS DE PADMANI

Au milieu de la forêt nous avons trouvé la statue de jade d’une divinité inconnue. Padmani a commencé par s’enfuir mais elle est revenue sur ses pas et je lui ai dit : Les dieux sont inoffensifs, il n’y a que le cœur des hommes qui est mauvais.

Et sur la route, en revenant vers la maison, nous avons croisé des vagabonds de mauvaise mine. Padmani a commencé par s’enfuir mais elle est revenue sur ses pas et je lui ai dit : Ces hommes sont inoffensifs et il n’y a en eux qu’obscurité et tristesse.

Et comme nous arrivions devant ma porte, un scorpion marchait sur la pierre du seuil. Padmani a commencé par s’enfuir mais elle est revenue sur ses pas et je lui ai dit : Les bêtes sont inoffensives. Vois comme je fais s’éloigner celle-là avec le bout de mon bâton. Et elle a joint les mains en disant : Comme tu es courageux, ô mon bien-aimé !

Oui, je suis courageux ai-je répondu, d’affronter sans cesse les yeux de celle que j’aime, tes beaux yeux, ô Padmani, sans connaître le danger qu’ils cachent au lieu de m’enfuir bien loin, bien loin de toi qui es plus redoutable pour mon âme que le dieu oublié, l’homme errant, le scorpion du seuil. Alors Padmani a ri, en disant : Tu ferais comme moi, si tu fuyais tu reviendrais aussitôt sur tes pas.


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