LE JEUNE HOMME DE LA NUIT

Il a fait craquer doucement les feuilles mortes dans le jardin. Le chien n’a pas aboyé quand il est passé. La lune n’a pas reflété son ombre sur le sable de l’allée. Mais j’ai bien su qu’il était là.

Je me suis arrêté de jouer de la cithare. J’ai posé l’instrument sur le coussin. Je me suis tenu immobile, je n’ai pas regardé du côté de la fenêtre. Mais je savais bien qu’il me regardait par les volets entr’ouverts.

Comment était l’ovale de son visage ? De quelle couleur étaient ses yeux ? Quelle forme avait son turban ? A la fin j’ai tourné un peu la tête de son côté. Il y avait une légère buée sur le carreau.

Je n’ai pas entendu de craquement sur les feuilles mortes du jardin et le chien n’a pas aboyé. J’ai repris ma cithare et je me suis remis lentement à jouer car j’ai bien compris qu’il était parti.


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