Dans une rue de Bénarès, une femme m’a fait signe à une fenêtre. Elle souriait et j’ai fait semblant de ne pas la voir. Je suis revenu à la tombée de la nuit. La fenêtre était fermée.
Dans une rue de Bénarès, un mendiant m’a tendu la main et j’ai hâté le pas en détournant la tête. Mais je me suis rappelé soudain les enseignements du prophète et je suis revenu en arrière. Il n’y avait plus trace du mendiant.
Dans une rue de Bénarès, un moullah m’a montré de loin la porte sculptée d’une mosquée et j’ai passé. Quand un peu plus tard j’ai voulu prier, j’ai erré interminablement le long des bazars et des murailles de bambous.
Et ainsi toute ma vie j’ai laissé derrière moi un rosaire noir d’occasions perdues. O insensé que tu es, toi qui ne sais pas qu’il vient un moment où l’on ne rencontre plus ni la femme, ni le mendiant, ni Dieu !