Chapter 3

[51]Voir le détail dans la Chesnaye des Bois, in-4o, II, 318.

[51]Voir le détail dans la Chesnaye des Bois, in-4o, II, 318.

[52]Anselme, VIII, 270E.

[52]Anselme, VIII, 270E.

[53]Généal. ms.1.

[53]Généal. ms.1.

Pour Ponthus, nous savons qu’il fut chevalier, seigneur de La Tour Landry, de Bourmont, du Loroux-Bottereau et baron de Bouloir en Vendomois[54]; il donna en 1424 aux prieur et couvent de Saint-Jean l’Evangéliste d’Angers la dixme des grains de sa terre de Cornoailles[55], par acte signé de Jean de Lahève « ainsi qu’il est remarqué au trésor des tiltres de Chasteaubriant[56]», et il possédoit aussi une terre que le duc de Bretagne lui confisqua, parcequ’il tenoit le parti d’Olivier de Chatillon[57]. Ce doit être lui qui se rendit otage à Nantes pour répondre de l’exécution du mariage (21 mars 1431) entre le comte de Montfort et Yoland, fille de la reine de Sicile[58], et qui reçut ensuite une coupe dorée, en même temps que sa femmeet sa fille recevoient d’autres présents[59]. C’est aussi probablement lui que cite l’auteur de l’histoire d’Artus, duc de Bretaigne, dans l’énumération de ceux qui se sont trouvés à la bataille de Formigny[60], le 15 avril 1450.

[54]Généal. ms.1, 2.

[54]Généal. ms.1, 2.

[55]Généal. ms.2.

[55]Généal. ms.2.

[56]Généal. ms.1.

[56]Généal. ms.1.

[57]Généal. ms.2.

[57]Généal. ms.2.

[58]Histoire de Bretagne, par Dom Lobineau, Paris, in fol., I, 1706, p. 588.

[58]Histoire de Bretagne, par Dom Lobineau, Paris, in fol., I, 1706, p. 588.

[59]Dom Lobineau,Preuves, col. 1018 ; Dom Morice,Preuves, II, col. 1232-3.

[59]Dom Lobineau,Preuves, col. 1018 ; Dom Morice,Preuves, II, col. 1232-3.

[60]Collection Michaud et Poujoulat, 1resérie, III, 226.

[60]Collection Michaud et Poujoulat, 1resérie, III, 226.

Il est aussi bien à croire que c’est lui qui a fait écrire par quelque clerc le roman de chevalerie de Ponthus, fils du roi de Galice, et de la belle Sidoine, fille du roy de Bretaigne, souvent réimprimé ; c’étoit un moyen de populariser l’illustration de la famille et d’en faire reculer très loin l’ancienneté, — Bourdigné, comme on l’a vu, s’y est laissé prendre, — que de la mettre au milieu d’une action à la fois romanesque et à demi historique. Les La Tour Landry ont voulu avoir aussi leur roman, comme les Lusignan avoient Mélusine. Nous n’avons pas à entrer dans le détail de ce très pauvre roman, qui se passe en Galice, en Bretagne et en Angleterre, ni à suivre les péripéties des amours de Ponthus et de Sidoine, traversées par les fourberies du traître Guennelet et enfin couronnées par un mariage. Ce qu’il nous importe de signaler c’est la certitude de l’origine de ce roman. Le héros de l’histoire porte le nom fort particulier d’un des membres de la famille, et, parmi ses compagnons, se voit toujours au premier rang Landry de La Tour. Tous les noms propres sont de ce côté de la France ; ce sont : Geoffroy de Lusignan, le sire de Laval, d’Oucelles et de Sillié, Guillaume et Benard de la Roche, le sire de Doé, Girard de Chasteau-Gaultier, JeanMolevrier. Les quelques noms de localités françoises concourent aussi à la même preuve : c’est à Vannes que se fait le grand tournois, et, quand l’armée se réunit, c’est à la tour d’Orbondelle, près de Tallemont ; or Talmont est un bourg de Vendée (Poitou) situé à 13 kil. des Sables. Un passage donneroit peut-être la date exacte de la composition du roman, c’est lorsque, pour réunir une armée contre les Sarrasins, on écrit à la comtesse d’Anjou : car, dit le romancier, le comte étoit mort et son fils n’avoit que dix ans. Mais c’est trop long-temps m’arrêter à ce livre, qu’il étoit pourtant nécessaire de signaler[61].

[61]Pour les nombreuses éditions, et les traductions en anglois et en allemand du roman de Ponthus, voyez l’excellent article de M. Brunet, III, 812-4.

[61]Pour les nombreuses éditions, et les traductions en anglois et en allemand du roman de Ponthus, voyez l’excellent article de M. Brunet, III, 812-4.

L’on ne connoît que deux enfants de Ponthus, Blanche et LouisIerdu nom. Blanche épousa Guillaume d’Avaugour, seigneur de La Roche Mabile, de Grefneuville et de Mesnil Raoulet, bailly de Touraine, veuf de Marie de Coullietes, femme en premières noces de Gilles Quatrebarbes[62]. On donne ordinairement cette Blanche comme fille de Louis 2edu nom[63]; mais la remarque de d’Hozier[64]est formelle sur ce point : « Bien que les mémoires de la maison de La Tour Landry remarquent icelle Blanche de La Tour estre issue de Louis et de Jeanne Quatrebarbes ; néanmoins tous les tiltres que j’ay me persuadent le contraire, et particulièrement l’arrest, sur requeste, du Parlement de Paris, que ladite JeanneQuatrebarbes, demeurée veufve, obtint, le dernier jour de décembre 1453, contre Blanche de La Tour, aussy veufve, où il est porté en termes exprès qu’elle estoit sœur de feu Louis de La Tour, mary de Jeanne Quatrebarbes. » Quant à Louis de La Tour, chevalier, baron dudit lieu et du Boulloir, seigneur de Bourmont, la Gallonnère, de la Cornouaille, de Clervaux, Rue d’Indre et Dreux le Pallateau, il épousa en 1430 Jeanne Quatrebarbes, dame de La Touche Quatrebarbes, etc., fille de Gilles Quatrebarbes et de Marie de Coullietes[65]. Louis étoit mort avant 1453, et, le 22 juin 1455, sa veuve, en présence de son fils Christophe, ratifie un acte fait le 6 juin précédent par son procureur et le procureur de Blanche de la Tour, veuve de Guillaume d’Avaugour[66]. En 1458 elle fit son testament, et nomma pour ses exécuteurs testamentaires René, Christophe et Louis, ses enfants[67].

[62]Généal. ms.1. — Avaugour, d’argent au chef de gueules.

[62]Généal. ms.1. — Avaugour, d’argent au chef de gueules.

[63]Généal. ms.2. — Le Laboureur, p. 80.

[63]Généal. ms.2. — Le Laboureur, p. 80.

[64]Généal. ms.1.

[64]Généal. ms.1.

[65]Généal. ms.1, qui donne tous les titres de Jeanne Quatrebarbes.

[65]Généal. ms.1, qui donne tous les titres de Jeanne Quatrebarbes.

[66]Généal. ms.1.

[66]Généal. ms.1.

[67]Des extraits de ce testament et de quelques autres pièces postérieures sont joints à laGénéal. ms.1.

[67]Des extraits de ce testament et de quelques autres pièces postérieures sont joints à laGénéal. ms.1.

On vient de voir les noms des trois fils de Louis ; un quatrième, Geoffroy[68], paroît être mort de bonne heure, puisqu’il n’a pas laissé de traces. Pour René, il se démit en 1438 de ses biens, sauf les seigneuries de la Gallonnère et de Cornouaille, en faveur de Christophe, son frère puîné, ainsi qu’il est verifié dans le trésor des titres de Châteaubriant[69], se fit prêtre etmourut le 4 mai 1498[70]. Pour Christophe, Bourdigné[71]nous apprend qu’en 1449 il se trouva au siége de Rouen avec le duc de Calabre, fils du roi René, qui étoit allé secourir son père. En 1460, il transigea pour des terres avec Pierre d’Avaugour, fils de Guillaume et de Blanche de la Tour ; en 1463, il donna procuration audit Pierre de recevoir les foi et hommage dus à ses terres ; en 1469, il rend adveu de la terre du Genest au comte de Monfort, et, la même année, fonde dans l’église du Genest des prières à dire le jour de la Toussaint, avant la grand’messe, pour les âmes de ses prédécesseurs[72]. Il mourut sans enfants, puisque ce fut Louis, 2edu nom, qui resta chef de la famille. Il avoit épousé Catherine Gaudin, fille d’Anceau, sieur de Pasée ou Basée, et de Marguerite D’Espinay Lauderoude, maison alliée à celle de Laval[73].

[68]Le Laboureur (page 80), qui le cite avant ses frères.

[68]Le Laboureur (page 80), qui le cite avant ses frères.

[69]Généal. ms.1.

[69]Généal. ms.1.

[70]Généal. ms.; Le Laboureur, p. 80.

[70]Généal. ms.; Le Laboureur, p. 80.

[71]Hystoire agrégative d’Anjou, f. cxlix. vo.

[71]Hystoire agrégative d’Anjou, f. cxlix. vo.

[72]Généal. ms.1.

[72]Généal. ms.1.

[73]Généal. ms.1.

[73]Généal. ms.1.

C’est en lui que s’éteignit la descendance mâle de notre Geoffroy, car Louis n’eut que des filles. On a vu que Blanche, dont on le faisoit le père, n’étoit pas sa fille, mais sa tante ; ses filles furent Françoise et Marguerite, « femme de René Bourré[74], seigneur de Jarzé, dont la postérité est tombée dans la maison Du Plessis des Roches Pichemel, de laquelle est M. le marquis de Jarzé[75]. » Quant à Françoise, fille aînée et principale héritière de son père Louis, elle épousa, le 30 juillet 1494, Hardouin de Maillé, 10edu nom,né en 1462. Il s’obligea de prendre le nom et les armes de La Tour, sous peine de 50,000 écus ; mais, après la mort de ses frères sans hoirs mâles, il se déclara aîné de sa maison, et François Ierreleva ses descendants de cette obligation, leur permettant de reprendre le nom et les armes de Maillé, en y ajoutant le nom de La Tour Landry[76]. » Les armes de Maillé sont bien connues, d’or à trois fasces ondées de gueules ; mais celles de La Tour Landry le sont bien moins, précisément à cause de l’abandon qui en fut fait. Le Laboureur (p. 80) dit qu’elles sont d’or à une fasce crenelée de 3 pièces et massonnée de sable ; Gaignières, qui les a dessinées et blasonnées de sa main sur un feuillet de papier, passé, comme toute la partie héraldique de sa collection, dans les dossiers du Cabinet des titres, nous donne de plus l’émail de la fasce, qui étoit de gueules. La description qui s’en trouve en tête des généalogies manuscrites a un détail différent : elle indique la fasce comme bretessée, c’est-à-dire crénelée, de trois pièceset demie. Il n’est pas rare de trouver une fasce crénelée de deux pièces et deux demi-pièces ; dans le cas de trois pièces et demie, il faudroit, sa place n’étant pas indiquée, mettre la demi-pièce à dextre ; mais nous préférons nous tenir à la première armoirie, qui est la plus probable, puisqu’elle ne sort pas des conditions ordinaires.

[74]D’argent à la bande fuselée de gueules. —Généal. ms.1.

[74]D’argent à la bande fuselée de gueules. —Généal. ms.1.

[75]Le Laboureur, p. 80.

[75]Le Laboureur, p. 80.

[76]Anselme, VII, 502 ; et La Chesnaye des Bois, IX, 314.

[76]Anselme, VII, 502 ; et La Chesnaye des Bois, IX, 314.


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