FIN

Ah! grand Dieu! Non, Monsieur.

Allons, va. (Alain part par le fond en murmurant tristement.)

MAXIME, seul.

Allons! il faut partir. C'est la dernière épreuve, mais la plus amère aussi. Partir! En ce moment, il me semble que je n'ai rien souffert. Ce lieu de continuelles tortures, à l'instant où je le quitte pour jamais, c'est un paradis!… Ah! qu'on est faible! j'étais là tout à l'heure dans ce jardin, comme un enfant, épiant le moment où je pourrais me glisser dans ce salon… pour être une minute encore près d'elle… Oui, c'est là que toute cette journée je l'ai vue près de sa mère… Cette broderie, sa main l'a touchée. (Il prend la broderie et la presse sur ses lèvres.) Ah! que je l'aimais! Adieu! adieu! (Marguerite paraît à gauche et s'arrête.)

MAXIME, sans la voir.

Ah! c'est trop de faiblesse! partons. (En se retournant, il aperçoit Marguerite.) Ah!

MARGUERITE, s'inclinant.

Monsieur le marquis, pardonnez-moi!

MAXIME, avec une profonde émotion.

Vous pardonner… (Il s'approche, et pliant le genou.) mais je t'adore!…

Maxime, mon fils.

Madame… (A Laubépin.) Mon ami…

Monsieur de Champcey… j'avais toujours senti vers vous un attrait que je m'explique maintenant!

Monsieur!…

Il est gentilhomme… j'en étais sûr!1 [1. Alain, mademoiselleHélouin, madame Laroque, Marguerite, Maxime, Laubépin,Bévallan, madame Aubry.]

Marguerite, dis-lui…

MARGUERITE, l'attirant un peu sur le devant de la scène.

Vous savez que je ne puis accepter de vous que la moitié de votre fortune, et que votre soeur…

Marguerite!

MARGUERITE, avec âme.

Ah! que je l'aime, votre soeur!


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