Fig. 25Fig. 25.
Fig. 25.
Puis receoit l'offerte trosnant sur un siege noir; à sa dextre est lors seante la principale sorciere qui est appellée Royne des sorcieres, tenant en main vne paix en laquelle est engrauée la figure du Demon; à son costé senestre se tient le premier dessorciers qui est le Roy portant vn bassin. Les principaux assistans & aultres prosez font hommaige de leur offrande, petite ou grande, suyuant leurs moyens & intention: les femmes à l'ordinaire præsentent des gasteaux de froment. Ensuite vn chascun ayant baisé la paix, on adore le Dæmon à genoilz luy baisant encore vne foys le fondement dont sort exhalaison & odeur punaise. Ce pendent par vn des diables seruants lui est tenue la queue leuée. Par apres la messe est continuée; le Diable alors consacre une chose ronde semblant semelle de soulier, marquée de son imaige; ce faisant prononce les parolles de la consecration du pain. Ensuite consacre le chalice auquel est contenue licqueur deguoustante. Satan ayant lors communié distribue aux sorciers la communion soubs les deux especes. Bien est ce que il donne à manger chose noire, aspre, fort difficile à mascher & aualler; aussi est la licqueur noire, amere & grandement escœurante.
Le Diable aussi pour faire l'eau benoiste pisse dans vn trou à terre & par apres les assistans sont arrosez de son vrine auec vn asperges noir par celluy qui faict l'office.
Finablement Satan prenant la figure d'vn bouc se consomme en feu & se reduict en cendre, laquelle les Sorcieres recueillent & cachent, pour s'en seruir à l'execution de leurs desseins pernicieux et abhominables.
N. B.—La planche ci-jointe, empruntée à l'Histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Ousle,représente l'ensemble des scènes du Sabbat.
N. B.—La planche ci-jointe, empruntée à l'Histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Ousle,représente l'ensemble des scènes du Sabbat.
Achevé d'imprimerPOUR LA LIBRAIRIE DUPROGRÈS MÉDICAL
Le 30 avril 1882
PAR CHARLES HÉRISSEYImprimeur à Évreux.
NOTES:[1]Bodin.—De la Démonomanie des Sorciers, &c., p. 82.[2]Boguet,loc. cit., p. 100.[3]Loc. cit., p. 81.[4]Boguet (H.).—Discours execrable des Sorciers, etc. Rouen, 1606.[5]Compendium Maleficarum, etc., per Fratrem Francisc. Mariam Guaccium, 1616, p. 69.[6]Guaccius,loc. cit., p. 74.[7]Les catholiques, en ceci, ont copié les Grecs, qui représentaient les Démons «en figures de Satyres paillards, moytié boucs & moytié hommes».[8]«Mais quel mespris, quel deshonneur, quelle villanie plus detestable peut on imaginer, que celle que souffrent les Sorciers estans contrains d'adorer Satan en guise de Bouc puant, et le baiser en la partie qu'on n'ose escrire, ny dire honnestement?» (Bodin,loc. cit., p. 134).«Tum candelis piceis oblatis, vel vmbilico infantuli: ad signum homagij eum in podicem osculantur.» (Compendium Maleficarum, &c., p. 71.)[9]Bodin,loc. cit., p. 88.[10]Bodin,loc. cit., p. 104.[11]«Il (Cardan) dit aussi que les esprits malings sontpuants, & le lieupuantlà où ils frequentent, & croy que de la vient que les anciens ont appellé les Sorciersfœtentes, & les Gasconsfetillères, pour lapuanteurd'icelles, qui vient comme ie croy de la copulation des Diables, lesquels peut estre prennent les corps des pendus, ou autres semblables pour les actions charnelles & corporelles: comme aussi Vier a remarqué que les personnes demoniaques sont fort puantes.» (Bodin,loc. cit., p. 133.)Ce passage montre que, depuis longtemps, on a remarqué deux phénomènes cliniques souvent signalés par nous, à savoir l'haleine forte des hystériques et l'odeur qu'elles exhalent dans leursétats de mal hystéro-épileptique.[12]Bodin,loc. cit., p. 96.[13]«De nostre temps vn nommé Charc.. du bailliage de Gez, fut assailly nuictamment en vn bois par vne multitude de chats; mais comme il eust faict le signe de la croix, tout disparut. Et de plus fraische memoire vn homme de cheual passant sous le chasteau de Ioux, apperceut plusieurs chats sur vn arbre, il s'auance, & delasche vne escoppette, qu'il portoit, & faict tomber de dessus l'arbre au moyen de son coup vn demicin, auquel pendoyent plusieurs clefs, il prend le demicin & les clefs, & les emporte au village: estant descendu au logis il demande à disner, la maitresse ne se trouve point, non plus que les clefs de la caue. Il monstre le demicin, & les clefs qu'il portait: l'hoste recogneut que c'estoit le demicin & les clefs de sa femme, laquelle arrive sur ces entrefaictes estant blessée à l'hanche droitte: le mary la prenant par rigueur, elle confesse qu'elle venoit du Sabbat, et qu'elle y auoit perdu son demicin et ses clefs, après auoir receu vn coup descopette en l'vne des hanches.» (Boguet,loc. cit., p. 269.)
[1]Bodin.—De la Démonomanie des Sorciers, &c., p. 82.
[1]Bodin.—De la Démonomanie des Sorciers, &c., p. 82.
[2]Boguet,loc. cit., p. 100.
[2]Boguet,loc. cit., p. 100.
[3]Loc. cit., p. 81.
[3]Loc. cit., p. 81.
[4]Boguet (H.).—Discours execrable des Sorciers, etc. Rouen, 1606.
[4]Boguet (H.).—Discours execrable des Sorciers, etc. Rouen, 1606.
[5]Compendium Maleficarum, etc., per Fratrem Francisc. Mariam Guaccium, 1616, p. 69.
[5]Compendium Maleficarum, etc., per Fratrem Francisc. Mariam Guaccium, 1616, p. 69.
[6]Guaccius,loc. cit., p. 74.
[6]Guaccius,loc. cit., p. 74.
[7]Les catholiques, en ceci, ont copié les Grecs, qui représentaient les Démons «en figures de Satyres paillards, moytié boucs & moytié hommes».
[7]Les catholiques, en ceci, ont copié les Grecs, qui représentaient les Démons «en figures de Satyres paillards, moytié boucs & moytié hommes».
[8]«Mais quel mespris, quel deshonneur, quelle villanie plus detestable peut on imaginer, que celle que souffrent les Sorciers estans contrains d'adorer Satan en guise de Bouc puant, et le baiser en la partie qu'on n'ose escrire, ny dire honnestement?» (Bodin,loc. cit., p. 134).«Tum candelis piceis oblatis, vel vmbilico infantuli: ad signum homagij eum in podicem osculantur.» (Compendium Maleficarum, &c., p. 71.)
[8]«Mais quel mespris, quel deshonneur, quelle villanie plus detestable peut on imaginer, que celle que souffrent les Sorciers estans contrains d'adorer Satan en guise de Bouc puant, et le baiser en la partie qu'on n'ose escrire, ny dire honnestement?» (Bodin,loc. cit., p. 134).
«Tum candelis piceis oblatis, vel vmbilico infantuli: ad signum homagij eum in podicem osculantur.» (Compendium Maleficarum, &c., p. 71.)
[9]Bodin,loc. cit., p. 88.
[9]Bodin,loc. cit., p. 88.
[10]Bodin,loc. cit., p. 104.
[10]Bodin,loc. cit., p. 104.
[11]«Il (Cardan) dit aussi que les esprits malings sontpuants, & le lieupuantlà où ils frequentent, & croy que de la vient que les anciens ont appellé les Sorciersfœtentes, & les Gasconsfetillères, pour lapuanteurd'icelles, qui vient comme ie croy de la copulation des Diables, lesquels peut estre prennent les corps des pendus, ou autres semblables pour les actions charnelles & corporelles: comme aussi Vier a remarqué que les personnes demoniaques sont fort puantes.» (Bodin,loc. cit., p. 133.)Ce passage montre que, depuis longtemps, on a remarqué deux phénomènes cliniques souvent signalés par nous, à savoir l'haleine forte des hystériques et l'odeur qu'elles exhalent dans leursétats de mal hystéro-épileptique.
[11]«Il (Cardan) dit aussi que les esprits malings sontpuants, & le lieupuantlà où ils frequentent, & croy que de la vient que les anciens ont appellé les Sorciersfœtentes, & les Gasconsfetillères, pour lapuanteurd'icelles, qui vient comme ie croy de la copulation des Diables, lesquels peut estre prennent les corps des pendus, ou autres semblables pour les actions charnelles & corporelles: comme aussi Vier a remarqué que les personnes demoniaques sont fort puantes.» (Bodin,loc. cit., p. 133.)
Ce passage montre que, depuis longtemps, on a remarqué deux phénomènes cliniques souvent signalés par nous, à savoir l'haleine forte des hystériques et l'odeur qu'elles exhalent dans leursétats de mal hystéro-épileptique.
[12]Bodin,loc. cit., p. 96.
[12]Bodin,loc. cit., p. 96.
[13]«De nostre temps vn nommé Charc.. du bailliage de Gez, fut assailly nuictamment en vn bois par vne multitude de chats; mais comme il eust faict le signe de la croix, tout disparut. Et de plus fraische memoire vn homme de cheual passant sous le chasteau de Ioux, apperceut plusieurs chats sur vn arbre, il s'auance, & delasche vne escoppette, qu'il portoit, & faict tomber de dessus l'arbre au moyen de son coup vn demicin, auquel pendoyent plusieurs clefs, il prend le demicin & les clefs, & les emporte au village: estant descendu au logis il demande à disner, la maitresse ne se trouve point, non plus que les clefs de la caue. Il monstre le demicin, & les clefs qu'il portait: l'hoste recogneut que c'estoit le demicin & les clefs de sa femme, laquelle arrive sur ces entrefaictes estant blessée à l'hanche droitte: le mary la prenant par rigueur, elle confesse qu'elle venoit du Sabbat, et qu'elle y auoit perdu son demicin et ses clefs, après auoir receu vn coup descopette en l'vne des hanches.» (Boguet,loc. cit., p. 269.)
[13]«De nostre temps vn nommé Charc.. du bailliage de Gez, fut assailly nuictamment en vn bois par vne multitude de chats; mais comme il eust faict le signe de la croix, tout disparut. Et de plus fraische memoire vn homme de cheual passant sous le chasteau de Ioux, apperceut plusieurs chats sur vn arbre, il s'auance, & delasche vne escoppette, qu'il portoit, & faict tomber de dessus l'arbre au moyen de son coup vn demicin, auquel pendoyent plusieurs clefs, il prend le demicin & les clefs, & les emporte au village: estant descendu au logis il demande à disner, la maitresse ne se trouve point, non plus que les clefs de la caue. Il monstre le demicin, & les clefs qu'il portait: l'hoste recogneut que c'estoit le demicin & les clefs de sa femme, laquelle arrive sur ces entrefaictes estant blessée à l'hanche droitte: le mary la prenant par rigueur, elle confesse qu'elle venoit du Sabbat, et qu'elle y auoit perdu son demicin et ses clefs, après auoir receu vn coup descopette en l'vne des hanches.» (Boguet,loc. cit., p. 269.)