Chapter 13

IX

IX

Caroline de Bourbon, fille du roi François Ier, roi de Naples, qui, en 1816, à dix-huit ans épousa le duc de Berry, clôt dignement cette liste des princesses de Bourbon bibliophiles. D'un esprit très vif, très naturel, aimant les lettres et les arts, la duchesse de Berry, même après l'assassinat de son mari, en 1820, resta la protectrice des artistes et des gens de lettres. Sa collection de tableaux, et la collection de livres qu'elle s'était formée au château de Rosny, furent également célèbres. Les événements de 1830 les dispersèrent l'une et l'autre.

La bibliothèque du château de Rosny fut une des mieux choisies, des plus élégantes, par ses exemplaires et par ses reliures, que l'on ait comptées dans la première moitié de ce siècle. Les livres en étaient presque tous timbrés sur le plat recto aux armes de la duchesse:de Franceà la bordure engrêlée de gueules qui est de Berry, accolé des Deux-Sicile; sur le plat verso, de son chiffre C couronné. La vente en eut lieu du 20 février au 23 mars 1837, dans la salle de la galerie de Bossange père, rue de Richelieu 60. LeCatalogue[3], où figurent, sur la feuille de titre, les armes de la Duchesse, très finement gravées en taille douce, entourées de la cordelière des veuves et de deux branches de lis, comprend 2,578 numéros pour les livres, et 74 pour les estampes. La théologie y forme 141 articles, la jurisprudence 36, les sciences et arts 445, les belles-lettres 565,l'histoire 1,163, les manuscrits 86, les lettres autographes 54.

L'auteur de la préface considère comme «superflu» l'éloge de cette bibliothèque, où «chaque article annonce presque toujours le plus bel exemplaire, enrichi de gravures, de portraits, ou d'une riche et élégante reliure. Les manuscrits doivent exciter la curiosité à un très haut degré. Depuis plus de 30 ans, ajoute-il, il ne s'était pas présenté de collection aussi précieuse, sous le rapport de l'antiquité historique; une grande partie de ces richesses ont été recueillies par le célèbre Pithou.»

Parmi les livres, on remarquait unRituel de l'Abbaye royale de Saint-Germain des Prés, ms. sur vélin, pet. in-fol., offert à Anne d'Autriche dont il porte les armes; lesRosesreprésentées en 170 dessins originaux de Redouté, peintes sur peau vélin, renfermées en six portefeuilles gr. in-fol., qui avaient coûté trente mille francs; l'Herbier de l'amateur, par Mordant de Launoy et Loiseleur Des Longchamps,avec 526 dessins originaux de Bessa, sur beau vélin, en six étuis; la collection d'estampes, connue sous le nom deCabinet du roi, 24 vol. in-fol., épreuves de choix et de la plus parfaite conservation;Peintures Persanes et Mongoles, représentant des costumes, rel. orientale; lesPoésies de Malherbe, Didot, 1777, in-4o, exemplaire unique, sur vélin; une curieuse collection de romans du commencement du XIXesiècle, en éditions originales (330 numéros).Des manuscrits, nous mentionnerons seulement leCode Théodosien, ms. du VIesiècle, qu'une note de F. Pithou dit avoir servi à Cujas pour sa publication des Codes; leRoman de la Rose, ms. sur vélin, du XIIIesiècle; leRoman de Gaides, en vers, ms. de la fin du XIIIesiècle.

Parmi les livres, on remarquait unRituel de l'Abbaye royale de Saint-Germain des Prés, ms. sur vélin, pet. in-fol., offert à Anne d'Autriche dont il porte les armes; lesRosesreprésentées en 170 dessins originaux de Redouté, peintes sur peau vélin, renfermées en six portefeuilles gr. in-fol., qui avaient coûté trente mille francs; l'Herbier de l'amateur, par Mordant de Launoy et Loiseleur Des Longchamps,avec 526 dessins originaux de Bessa, sur beau vélin, en six étuis; la collection d'estampes, connue sous le nom deCabinet du roi, 24 vol. in-fol., épreuves de choix et de la plus parfaite conservation;Peintures Persanes et Mongoles, représentant des costumes, rel. orientale; lesPoésies de Malherbe, Didot, 1777, in-4o, exemplaire unique, sur vélin; une curieuse collection de romans du commencement du XIXesiècle, en éditions originales (330 numéros).

Des manuscrits, nous mentionnerons seulement leCode Théodosien, ms. du VIesiècle, qu'une note de F. Pithou dit avoir servi à Cujas pour sa publication des Codes; leRoman de la Rose, ms. sur vélin, du XIIIesiècle; leRoman de Gaides, en vers, ms. de la fin du XIIIesiècle.

Dans un tome desŒconomies Royalesde Sully, édition originale imprimée à Sully, se trouvait cette note de la main de la duchesse de Berry:

Le procédé de la Cour a certainement quelque chose de bien singulier.Ce serait un mystère absolument incompréhensible si l'on ne sçavait dans quelles variations est capable de se jetter un prince livré à l'irrésolution, à la timidité et à la paresse. En matière d'Etat rien n'est pire que cet esprit d'indécision. Il ne faut, dans les conjonctures difficiles, tout abandonner ni tout refuser au hasard, mais après avoir choisi un but par les réflexions sages et froides, il faut que toutes les démarches qu'on fait décident à y parvenir.Le défaut de tous les esprits qui n'ont jamais embrassé que de petites et frivoles intrigues et, en général, de tous ceux qui ont plus de vivacité que de jugement, est de se représenter ce qui est proche de manière à s'en laisser éblouir, et de ne voir ce qui est loin qu'au travers d'un nuage.

Le procédé de la Cour a certainement quelque chose de bien singulier.Ce serait un mystère absolument incompréhensible si l'on ne sçavait dans quelles variations est capable de se jetter un prince livré à l'irrésolution, à la timidité et à la paresse. En matière d'Etat rien n'est pire que cet esprit d'indécision. Il ne faut, dans les conjonctures difficiles, tout abandonner ni tout refuser au hasard, mais après avoir choisi un but par les réflexions sages et froides, il faut que toutes les démarches qu'on fait décident à y parvenir.

Le défaut de tous les esprits qui n'ont jamais embrassé que de petites et frivoles intrigues et, en général, de tous ceux qui ont plus de vivacité que de jugement, est de se représenter ce qui est proche de manière à s'en laisser éblouir, et de ne voir ce qui est loin qu'au travers d'un nuage.

Quelques livres, ayant appartenu à sa fille, Louise-Marie-Thérèse d'Artois, née en 1819, appelée jusqu'en 1830 Mademoiselle, et mariée, en 1845, à Charles III, duc de Parme, étaient timbrés de l'écusson en losange:de France, à la bordure crénelée de gueules.

Quelques années avant la mort de la duchesse en 1870, eut lieu une seconde vente de manuscrits lui ayant appartenu.[4]Cette collection avait été distraite de la première, et ne comprenait que 35 articles. La vente produisit 98,075. Un seulLivre d'heuresfut adjugé au prix de 60,000 francs pour le Musée des Souverains.


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