Celluy qui du Laurier pernassien fut digne,Et qui avoit l'amour de moy & de mes Seurs,Ce noble Bouchetel, le Mecenas insigneDe tous ceux qui aymoient Poetiques douceurs,La memoire de soy delaisse aux successeursAvecques son corps mis en ceste sepulture,Mais O vous viateurs, soyez certains et seursQue son renon n'est pas subject à pourriture.Melpomené apres ce quatrain composa,Et dessus le Tombeau par ordre l'apposa.
Celluy qui du Laurier pernassien fut digne,Et qui avoit l'amour de moy & de mes Seurs,Ce noble Bouchetel, le Mecenas insigneDe tous ceux qui aymoient Poetiques douceurs,La memoire de soy delaisse aux successeursAvecques son corps mis en ceste sepulture,Mais O vous viateurs, soyez certains et seursQue son renon n'est pas subject à pourriture.
Melpomené apres ce quatrain composa,Et dessus le Tombeau par ordre l'apposa.
L'epitaphe de mondict Seigneur Bouchetel par La Muse Melpomené.
Soubs un petit cercueil est la chair inhumeeD'un serviteur Royal, c'estoit Jean Bouchetel,Mais de ses grands vertus ne meurt la RenommeeQui à ses successeurs le rendent immortel.Ce quatrain fut escript, adoncques TerpsicoreDecora le Tombeau de ces six vers encore.
Soubs un petit cercueil est la chair inhumeeD'un serviteur Royal, c'estoit Jean Bouchetel,Mais de ses grands vertus ne meurt la RenommeeQui à ses successeurs le rendent immortel.
Ce quatrain fut escript, adoncques TerpsicoreDecora le Tombeau de ces six vers encore.
L'epitaphe dudict Seigneur par la Muse Terpsicore.
Celluy qui sans cesser de noz honeurs cupide,Espandoit nostre nom par ce grand univers,Et qui a triomphé sur le Grec EuripideTranslatant en Francois ses beaux Tragiques vers,Delaisse un corps mortel au funebre tombeau,Pour au divin repos voir un Regne plus beau.Clio lors ensuivant en poetique MetreAinsi de ce defunct les louanges va mettre.
Celluy qui sans cesser de noz honeurs cupide,Espandoit nostre nom par ce grand univers,Et qui a triomphé sur le Grec EuripideTranslatant en Francois ses beaux Tragiques vers,Delaisse un corps mortel au funebre tombeau,Pour au divin repos voir un Regne plus beau.
Clio lors ensuivant en poetique MetreAinsi de ce defunct les louanges va mettre.
Epitaphe dudict Seigneur par la Muse Clio.
Par les mains de Pallas la plume fut tailleePour en servir deux Roys de France heureusement,Et par elle à celluy Bouchetel fut bailleeQui par sa Mort au Ciel vit eternellement.Lors que Clio eut faict ainsi son Epitaphe,Thalie feit le sien, avec telle ortographe.
Par les mains de Pallas la plume fut tailleePour en servir deux Roys de France heureusement,Et par elle à celluy Bouchetel fut bailleeQui par sa Mort au Ciel vit eternellement.
Lors que Clio eut faict ainsi son Epitaphe,Thalie feit le sien, avec telle ortographe.
L'epitaphe dudict Seigneur par la Muse Thalie.
Celluy qui par sa plume et par son grand ScavoirFeit service à deux Roys, dont la vie est mortelle,Heureusement au Ciel le Roy des Roys va voirQui à tous ses esleus donne vie immortelle.Desque Thalie eut mis à son Escrit la fin,Erato meit ces vers dessus le Marbre fin.
Celluy qui par sa plume et par son grand ScavoirFeit service à deux Roys, dont la vie est mortelle,Heureusement au Ciel le Roy des Roys va voirQui à tous ses esleus donne vie immortelle.
Desque Thalie eut mis à son Escrit la fin,Erato meit ces vers dessus le Marbre fin.
L'epitaphe dudict Seigneur par la Muse Erato.
O Viateur, veux tu scavoir qui gist ici?C'est le corps d'un qui eut tant de graces infuses,C'est le bon Bouchetel, le Seigneur de Saci,La fleur, le bruict, l'honeur des vertus et des Muses.Lors que par Erato le Tombeau fut orné,Son Epitaphe ainsi Euterpe a ordonné.
O Viateur, veux tu scavoir qui gist ici?C'est le corps d'un qui eut tant de graces infuses,C'est le bon Bouchetel, le Seigneur de Saci,La fleur, le bruict, l'honeur des vertus et des Muses.
Lors que par Erato le Tombeau fut orné,Son Epitaphe ainsi Euterpe a ordonné.
L'epitaphe dudict Seigneur par la Muse Euterpe.
Celluy qui tant jadis vertu a faict florir,Laisse son corps mortel au Tombeau lamentable,Helas, c'est Bouchetel, mais son honeur mourirOn ne verra jamais, car il est perdurable.Euterpe avoit ja mis ces vers portans l'honeurDu noble Bouchetel, de Saci le Seigneur,Alors que Polymnie en son honeur aussiApposa au Tombeau ces quatre vers ici.
Celluy qui tant jadis vertu a faict florir,Laisse son corps mortel au Tombeau lamentable,Helas, c'est Bouchetel, mais son honeur mourirOn ne verra jamais, car il est perdurable.
Euterpe avoit ja mis ces vers portans l'honeurDu noble Bouchetel, de Saci le Seigneur,Alors que Polymnie en son honeur aussiApposa au Tombeau ces quatre vers ici.
L'epitaphe dudict Seigneur, par la Muse Polymnie.
Bourges, tu as esté ville bien fort heureuseD'avoir mis sur la Terre un homme si scavant,Qui ne meurt par la Mort, la gloire plantureuseDe sa perfection, le rend aux Cieux Vivant.Quand ces vers eut escrit la Muse Polymnie,L'epitaphe dernier fut tel par uranie:
Bourges, tu as esté ville bien fort heureuseD'avoir mis sur la Terre un homme si scavant,Qui ne meurt par la Mort, la gloire plantureuseDe sa perfection, le rend aux Cieux Vivant.
Quand ces vers eut escrit la Muse Polymnie,L'epitaphe dernier fut tel par uranie:
L'epitaphe dudict Seigneur par la Muse Euranie.
Si vous voulez (Lecteurs) avoir perfectionEn ce Monde terrien, ou vanité abonde,A folles voluptez n'ayez affection,Mais tous cherchez au Ciel le thresor pur et monde,Comme ce Bouchetel, quand il vivoit au Monde,Qui par son bon Esprit acquit auctorité,Dont à present tiré hors de la Terre immonde,Il contemple à loisir les lieux d'Eternité.Quand ces belles neuf Seurs (dont l'honeur point ne tombeDedans le lac d'oubly) sur la Marbrine TombeEurent gravé ces vers, avec un ordre telEternisant le nom du noble Bouchetel,Elles s'en vont voler sur leur mont de PernasseQui de sublimité les Nues outrepasse,Ou sans fin leur viendra de ce défunct memoire,Et de sa Progenie ou gist honeur et gloire.
Si vous voulez (Lecteurs) avoir perfectionEn ce Monde terrien, ou vanité abonde,A folles voluptez n'ayez affection,Mais tous cherchez au Ciel le thresor pur et monde,Comme ce Bouchetel, quand il vivoit au Monde,Qui par son bon Esprit acquit auctorité,Dont à present tiré hors de la Terre immonde,Il contemple à loisir les lieux d'Eternité.Quand ces belles neuf Seurs (dont l'honeur point ne tombeDedans le lac d'oubly) sur la Marbrine TombeEurent gravé ces vers, avec un ordre telEternisant le nom du noble Bouchetel,Elles s'en vont voler sur leur mont de PernasseQui de sublimité les Nues outrepasse,Ou sans fin leur viendra de ce défunct memoire,Et de sa Progenie ou gist honeur et gloire.
Fin.
J'ay des neuf Seurs eu quelque fois faveur(Noble Seigneur, prudent et honorable)Qu'ayez trouvé en mes Escrits saveurQui sont sacrez à ce Roy venerable,Mais le Scavoir qui vous rend admirable,Meritoit bien stile plus doux coulantQue n'est le mien, pour d'oeuvre perdurableMagnifier vostre nom excellant.Si doy je bien me monstrer vigilantA honorer par humble obeissanceVostre Scavoir des vertus distillant,Dont noblement vous avez jouissance,Combien que j'aye entiere cognoissanceQue vous ayez un fruict plus savoureuxDe l'Olivier plein de resjouissance,Duquel seroit Apollon amoureux.Quand toutefois de ce fruict bien heureuxDe l'Olivier, qui pres de vous fleuronne,Vous aurez pris le plaisir plantureux,En luy offrant du Laurier la Couronne,Qui dignement son front sainct environne,Je vous supply un peu baisser voz yeuxSur les Escritz qu'humblement je vous donne,Vous soubhétant toute faveur des Cieux.
J'ay des neuf Seurs eu quelque fois faveur(Noble Seigneur, prudent et honorable)Qu'ayez trouvé en mes Escrits saveurQui sont sacrez à ce Roy venerable,Mais le Scavoir qui vous rend admirable,Meritoit bien stile plus doux coulantQue n'est le mien, pour d'oeuvre perdurableMagnifier vostre nom excellant.
Si doy je bien me monstrer vigilantA honorer par humble obeissanceVostre Scavoir des vertus distillant,Dont noblement vous avez jouissance,Combien que j'aye entiere cognoissanceQue vous ayez un fruict plus savoureuxDe l'Olivier plein de resjouissance,Duquel seroit Apollon amoureux.
Quand toutefois de ce fruict bien heureuxDe l'Olivier, qui pres de vous fleuronne,Vous aurez pris le plaisir plantureux,En luy offrant du Laurier la Couronne,Qui dignement son front sainct environne,Je vous supply un peu baisser voz yeuxSur les Escritz qu'humblement je vous donne,Vous soubhétant toute faveur des Cieux.
La Prophetique EscritureOrdonne judicatureD'hommes puissans, non pollus,Craignans Dieu, loing d'avarice,Pour administrer Justice,Comme estans de Dieu eslus.Ceste grand DivinitéQui est une en trinité,Pour l'heur de la RepubliqueJuge à Paris vous debvoit,Ou droict aller on vous voytSans chercher la voye oblique.Et avec vostre prudenceJoincte à la JurisprudenceDont voz sens sont penetrez,Vostre grand perfectionConjoinct la dilectionDes lettres, et des lettrez.Voyla pourquoy ma MinerveUn los Eternel reservéAux excellentes vertus,Dont par un don admirableDe Dieu aux bons favorableVous avez les sens vestus.Pour la grand felicitéDe la plus noble CitéDont nous ayons cognoissance,Ceux qui vivent sagementDesirent fort longuementVous voir en convalescence.De ma part, sachant combienMerite d'honeur et bienVostre constance immobile,Je pry ce divin RecteurQu'il vous soit distributeurDe l'age de la Sibylle.
La Prophetique EscritureOrdonne judicatureD'hommes puissans, non pollus,Craignans Dieu, loing d'avarice,Pour administrer Justice,Comme estans de Dieu eslus.
Ceste grand DivinitéQui est une en trinité,Pour l'heur de la RepubliqueJuge à Paris vous debvoit,Ou droict aller on vous voytSans chercher la voye oblique.
Et avec vostre prudenceJoincte à la JurisprudenceDont voz sens sont penetrez,Vostre grand perfectionConjoinct la dilectionDes lettres, et des lettrez.
Voyla pourquoy ma MinerveUn los Eternel reservéAux excellentes vertus,Dont par un don admirableDe Dieu aux bons favorableVous avez les sens vestus.
Pour la grand felicitéDe la plus noble CitéDont nous ayons cognoissance,Ceux qui vivent sagementDesirent fort longuementVous voir en convalescence.
De ma part, sachant combienMerite d'honeur et bienVostre constance immobile,Je pry ce divin RecteurQu'il vous soit distributeurDe l'age de la Sibylle.
Sachant combien ce Thresorier illustreDu Bourg, cognoist vostre perfectionD'hommes rassis au rang avoir grand lustre,Et cognoissant la grand dilectionDe vos deux cueurs par ferme affection,Ne doy je pas orner mon escritureDes dons exquis par admirationQu'avez receus par graces de Nature?Certes ouy, car si l'architectureDes grands Palais Royaux est belle à voir,De vostre Esprit (O noble Creature)En plus grand pris fault la science avoir.Royaux Palais peuvent fin recevoir,Mais vostre Esprit est d'une vigueur telle,Que de la Mort l'audacieux pouvoirN'abolira vostre grace immortelle.
Sachant combien ce Thresorier illustreDu Bourg, cognoist vostre perfectionD'hommes rassis au rang avoir grand lustre,Et cognoissant la grand dilectionDe vos deux cueurs par ferme affection,Ne doy je pas orner mon escritureDes dons exquis par admirationQu'avez receus par graces de Nature?
Certes ouy, car si l'architectureDes grands Palais Royaux est belle à voir,De vostre Esprit (O noble Creature)En plus grand pris fault la science avoir.Royaux Palais peuvent fin recevoir,Mais vostre Esprit est d'une vigueur telle,Que de la Mort l'audacieux pouvoirN'abolira vostre grace immortelle.
Sonnet.
Si quelque fois la grand maturitéDes Loix & Droicts, ou vostre estat s'appliquePour l'entretien d'une grand Republique,Donne repos à vostre auctorité,Je vous supply par la benignitéQui tant vous rend humain et pacifique,De voir un peu mon oeuvre Poetique,C'est Zoroastre ou gist divinité.En le lisant, s'il vous plaist en gré prendreL'humilité, laquelle je doy rendreA voz vertus, d'un cueur obeissant,J'ay bon espoir que vous verrez autre oeuvrePar cy apres, qui publie et descueuvreAux successeurs vostre nom florissant.
Si quelque fois la grand maturitéDes Loix & Droicts, ou vostre estat s'appliquePour l'entretien d'une grand Republique,Donne repos à vostre auctorité,
Je vous supply par la benignitéQui tant vous rend humain et pacifique,De voir un peu mon oeuvre Poetique,C'est Zoroastre ou gist divinité.
En le lisant, s'il vous plaist en gré prendreL'humilité, laquelle je doy rendreA voz vertus, d'un cueur obeissant,
J'ay bon espoir que vous verrez autre oeuvrePar cy apres, qui publie et descueuvreAux successeurs vostre nom florissant.
Minerve un jour visitoit les fontainesQue de ses piedz feit le cheval volant,Ou les neuf Seurs, doctes, sainctes, haultaines,Faisoient chapeaux de Laurier excellant.Pallas leur dict, O Troupeau vigilantIncessament à toute chose bonne,Je vous supply que vostre main ordonneA mon Hector le Chapeau de hault pris,Cela fut faict, du Laurier la CouronneSur vostre front des lors son siege a pris.
Minerve un jour visitoit les fontainesQue de ses piedz feit le cheval volant,Ou les neuf Seurs, doctes, sainctes, haultaines,Faisoient chapeaux de Laurier excellant.Pallas leur dict, O Troupeau vigilantIncessament à toute chose bonne,Je vous supply que vostre main ordonneA mon Hector le Chapeau de hault pris,Cela fut faict, du Laurier la CouronneSur vostre front des lors son siege a pris.
Résusciter il faudroict ApellesPour paindre au vif vostre magnificence,Ou l'excellant graveur PraxitelesPour à jamais graver vostre excellenceEn Marbre fin, car la supresme EssenceVous a donné telle perfection(Trescher Seigneur) que la mettre en silence,N'est au Scavoir porter dilection.
Résusciter il faudroict ApellesPour paindre au vif vostre magnificence,Ou l'excellant graveur PraxitelesPour à jamais graver vostre excellenceEn Marbre fin, car la supresme EssenceVous a donné telle perfection(Trescher Seigneur) que la mettre en silence,N'est au Scavoir porter dilection.
Comme les grains sont gardez au GrenierPour des humains estre la nourriture,En vous ainsi (noble Seigneur Garnier)Sont conservez plusieurs dons de Nature.Telle saveur portez à l'EscritureEn rejectant les thresors d'avarice,Que ceux qui ont des lettres l'exercice,Doibvent trop mieux graver qu'en Marbre finLes dons divins, qui sont en vous sans vice,Et qui par Mort ne peuvent prendre fin.
Comme les grains sont gardez au GrenierPour des humains estre la nourriture,En vous ainsi (noble Seigneur Garnier)Sont conservez plusieurs dons de Nature.Telle saveur portez à l'EscritureEn rejectant les thresors d'avarice,Que ceux qui ont des lettres l'exercice,Doibvent trop mieux graver qu'en Marbre finLes dons divins, qui sont en vous sans vice,Et qui par Mort ne peuvent prendre fin.
Bien sainctement nous a faict à scavoirCelluy Caton qui l'Esprit endoctrine,Qu'en nous de Mort une image on peut voir,Si nostre Esprit demeure sans Doctrine.Celluy qui seul aveugles illumine,De hault Scavoir vous a tant exorné,Que vous estiez du tout predestinéA faict fruict d'escriture honorableEn la maison de ce Roy tant bien néDes Navarroys, d'honeur incomparable.
Bien sainctement nous a faict à scavoirCelluy Caton qui l'Esprit endoctrine,Qu'en nous de Mort une image on peut voir,Si nostre Esprit demeure sans Doctrine.Celluy qui seul aveugles illumine,De hault Scavoir vous a tant exorné,Que vous estiez du tout predestinéA faict fruict d'escriture honorableEn la maison de ce Roy tant bien néDes Navarroys, d'honeur incomparable.
Sonnet.
Comme au matin la rubiconde AuroreDonne splendeur au Monde spacieux,Comme au Printemps le Soleil gracieux,De rayons d'Or cest univers decore,La grand douceur qui les prudens honoreVostre renom faict voler jusqu'aux Cieux,Et au Senat vous rend plus precieuxQue l'Argent pur, ne que l'Or fin encore.Tels Senateurs que vous, ou grace abonde,Sont estimez une perle en ce Monde,Loing d'avarice, et pres de charité,Aussi celluy qui recompenseraLe bien et mal, vostre ame poulseraAu sainct repos du lieu de Verité.
Comme au matin la rubiconde AuroreDonne splendeur au Monde spacieux,Comme au Printemps le Soleil gracieux,De rayons d'Or cest univers decore,
La grand douceur qui les prudens honoreVostre renom faict voler jusqu'aux Cieux,Et au Senat vous rend plus precieuxQue l'Argent pur, ne que l'Or fin encore.
Tels Senateurs que vous, ou grace abonde,Sont estimez une perle en ce Monde,Loing d'avarice, et pres de charité,
Aussi celluy qui recompenseraLe bien et mal, vostre ame poulseraAu sainct repos du lieu de Verité.
Sonnet.
Celluy qui peut toutes choses donner,Vous a pourveu d'une telle sagesse,D'un tel esprit, d'une telle largesse,De tant de dons qui me font m'estonner,Que je ne puis par escrit ordonnerSi hault honeur, que meritez sans cesse,Representant tout acte de Noblesse,Qui faict par tout vostre nom résonner.Si l'Orateur dont l'Arpine se venteVivoit encor, par sa bouche éloquenteIl ne pourroit réciter voz valeurs,Parquoy bien plus on trouveroit estrange.Si je pouvois paindre vostre louange(Comme il convient) de bien vifves couleurs.
Celluy qui peut toutes choses donner,Vous a pourveu d'une telle sagesse,D'un tel esprit, d'une telle largesse,De tant de dons qui me font m'estonner,
Que je ne puis par escrit ordonnerSi hault honeur, que meritez sans cesse,Representant tout acte de Noblesse,Qui faict par tout vostre nom résonner.
Si l'Orateur dont l'Arpine se venteVivoit encor, par sa bouche éloquenteIl ne pourroit réciter voz valeurs,
Parquoy bien plus on trouveroit estrange.Si je pouvois paindre vostre louange(Comme il convient) de bien vifves couleurs.
Comme l'amoureuse AbeilleDu doux Miel qu'elle appareilleNous donne un goust savoureux,Et comme d'Atlas les FillesEn leurs beaux jardins fertilesRecueillent l'Or plantureux,Ainsi de vostre clemenceS'espand par tout la semence,Et de vostre Esprit gentil,Dont pour louer voz merites,Il me faudroit des CaritesAvoir stile plus subtil.Si est ce que les neuf SeursQui ont tesmoignages seursDe vostre tant noble zele,Feront poetiques versDeubs à voz honeurs diversAvec louange éternelle.
Comme l'amoureuse AbeilleDu doux Miel qu'elle appareilleNous donne un goust savoureux,Et comme d'Atlas les FillesEn leurs beaux jardins fertilesRecueillent l'Or plantureux,
Ainsi de vostre clemenceS'espand par tout la semence,Et de vostre Esprit gentil,Dont pour louer voz merites,Il me faudroit des CaritesAvoir stile plus subtil.
Si est ce que les neuf SeursQui ont tesmoignages seursDe vostre tant noble zele,Feront poetiques versDeubs à voz honeurs diversAvec louange éternelle.
Doy je effacer de silenceDe voz graces l'excellence,O sage et prudent Oger,Qui exerceant la pratique,Loing de dol et fraude iniqueFaictes les proces juger?Vostre nature n'est telleDe chercher faulse cautelle,Et toute déception,Car selon jurisprudenceVous monstrez vostre prudenceEn vostre vocation.Oultre vous aymez les MusesQui voz louanges diffuses,Et ce qu'avez meritéPar mes vers annonceront,Et vostre nom laisserontAux yeux de posterité.
Doy je effacer de silenceDe voz graces l'excellence,O sage et prudent Oger,Qui exerceant la pratique,Loing de dol et fraude iniqueFaictes les proces juger?
Vostre nature n'est telleDe chercher faulse cautelle,Et toute déception,Car selon jurisprudenceVous monstrez vostre prudenceEn vostre vocation.
Oultre vous aymez les MusesQui voz louanges diffuses,Et ce qu'avez meritéPar mes vers annonceront,Et vostre nom laisserontAux yeux de posterité.
Sonnet.
Esprit bien né, aux lettres florissant,Si autrefois vostre benigne grace,A pris en gré tous mes sermons d'Horace,Ovide aussi voué au Roy puissant,Je vous supply, de vostre obeissantVoir le labeur, qui ses autres efface,Bien humblement il s'offre à vostre face,C'est un labeur d'un Philosophe yssant.Long temps y à que debteur je me sensA vostre Esprit tant noble entre cinq cens,Et le Scavoir qui vous monstre honorable,Merite bien que je vous soys donneurDe quelque escrit, qui rendra vostre honeurAux successeurs dignement perdurable.
Esprit bien né, aux lettres florissant,Si autrefois vostre benigne grace,A pris en gré tous mes sermons d'Horace,Ovide aussi voué au Roy puissant,
Je vous supply, de vostre obeissantVoir le labeur, qui ses autres efface,Bien humblement il s'offre à vostre face,C'est un labeur d'un Philosophe yssant.
Long temps y à que debteur je me sensA vostre Esprit tant noble entre cinq cens,Et le Scavoir qui vous monstre honorable,
Merite bien que je vous soys donneurDe quelque escrit, qui rendra vostre honeurAux successeurs dignement perdurable.
On dict bien vray que l'oeuvre est couronnéDe bonne fin, pour la fin de mon livreJ'ay ce petit Epigramme ordonnéEn vostre nom digne de tousjours vivre:Car l'Eternel qui ses graces vous livre,Au rang heureux des hommes non pollus,Le sainct Nectar qui mect l'ame à delivre,Ja vous prepare avec tous ses Eslus.
On dict bien vray que l'oeuvre est couronnéDe bonne fin, pour la fin de mon livreJ'ay ce petit Epigramme ordonnéEn vostre nom digne de tousjours vivre:Car l'Eternel qui ses graces vous livre,Au rang heureux des hommes non pollus,Le sainct Nectar qui mect l'ame à delivre,Ja vous prepare avec tous ses Eslus.
Le boys tortu croissant parmy la vigneDuquel Bacchus a esté plantateur,Et dont on boyt aussi droict qu'une ligne,Faict parler l'homme ainsi qu'un Orateur.O mes amys, je suis vostre debteur,Pour le travail que prenez à ceste heure,Buvez à moy, soulageans le labeur,Si qu'une goutte en voz Pots ne demeure.
Le boys tortu croissant parmy la vigneDuquel Bacchus a esté plantateur,Et dont on boyt aussi droict qu'une ligne,Faict parler l'homme ainsi qu'un Orateur.O mes amys, je suis vostre debteur,Pour le travail que prenez à ceste heure,Buvez à moy, soulageans le labeur,Si qu'une goutte en voz Pots ne demeure.
Que n'ay je du Grec PindareL'eloquence Riche et rarePour mieux chanter vostre nom,Cher Seigneur, duquel la graceTant de merites ambracePar un immortel renom?Que n'ay je la plume exquiseDe Ciceron tant requiseAu facond stile latin,Pour, au desir qui me presse,Chanter de vostre maistresseLa grandeur, soir et matin?Ou que ne suis je à MauniAvec vous d'un cueur uniDessoubs la fresche Ramee,Pour escrire la beauté,La douceur, la privautéDe ceste Duchesse aymee?Je dy de ceste DuchesseLoise, dont la RichesseFondee en toute vertuMonstre l'honeur admirableDe la grace incomparableDont son Esprit est vestu.Si ay je bien ceste envieQue quelque jour de ma vieA Mauni vous me voyez,Et que la sur la verdureAlors que le Printemps dureMes joyeux Sonnetz oyez.Ce sont Sonnetz Poetiques,Et sentences heroiques,Pour tout courroux appaiser,Ou gist l'honeur de ma Dame,Dont le nom tourné, sans blasmeContient: Loy de se baiser.Ce ne sera sans escrireQuelque chose, pour bien rire,Avec tous voz alliez,De Boyssay tant estimable,Et des Houlles honorableN'y seront point oubliez.Tandis celluy qui domineTerre et Ciel, et illumineLes Espris des ignoransPermette à vostre noblesseQue vous passiez en liesseDu Facond Nestor les ans.
Que n'ay je du Grec PindareL'eloquence Riche et rarePour mieux chanter vostre nom,Cher Seigneur, duquel la graceTant de merites ambracePar un immortel renom?
Que n'ay je la plume exquiseDe Ciceron tant requiseAu facond stile latin,Pour, au desir qui me presse,Chanter de vostre maistresseLa grandeur, soir et matin?
Ou que ne suis je à MauniAvec vous d'un cueur uniDessoubs la fresche Ramee,Pour escrire la beauté,La douceur, la privautéDe ceste Duchesse aymee?
Je dy de ceste DuchesseLoise, dont la RichesseFondee en toute vertuMonstre l'honeur admirableDe la grace incomparableDont son Esprit est vestu.
Si ay je bien ceste envieQue quelque jour de ma vieA Mauni vous me voyez,Et que la sur la verdureAlors que le Printemps dureMes joyeux Sonnetz oyez.
Ce sont Sonnetz Poetiques,Et sentences heroiques,Pour tout courroux appaiser,Ou gist l'honeur de ma Dame,Dont le nom tourné, sans blasmeContient: Loy de se baiser.
Ce ne sera sans escrireQuelque chose, pour bien rire,Avec tous voz alliez,De Boyssay tant estimable,Et des Houlles honorableN'y seront point oubliez.
Tandis celluy qui domineTerre et Ciel, et illumineLes Espris des ignoransPermette à vostre noblesseQue vous passiez en liesseDu Facond Nestor les ans.
Ad illustrissimum virum dominum voscum Regium, supplicum libellorum magistrum de viris huiusce tempestatis illustribus, doctissimisque oratoribus, et clarissimis Philosophie professoribus, ac Poetis.Epistola.Nisi prudens illa ac optimis moribus instituta vetustas, virorum illustrium memoriam doctissimis scriptis commendasset, vir ornatissime, Platonis Philosophiam, Marci Tullii inimitabilem phrasim, Titi Livii ubertatem, Demosthenis fulmen in dicendo, atque alios complures gravissimos authores ignoraremus, quorum disciplina multum frugis, multúmque ornamenti posteris reliquit, Neque Deus optimus maximus Gallos adeo esse infelices concessit, ut illi clarissimis oratoribus, ac eloquentissimis Philosophie professoribus carerent, Inter quos Guilelmus Budeus à Francisco Galliarum Rege generosissimo educatus, perpetuum nominis sui splendorem posteritati commendavit, adeo claris codicibus in lucem emissis, ut eorum eruditionem nulla unquam etas deletura sit: Nunc vero sub invictissimo Francorum Principe Henrico, tanti nominis Rhetores, Poete ac Philosophi elucescunt, ut antiquioribus cedere nullo modo debeant. Quo sit honore afficiendus illustrissimus ille Gallandius, testatur magno cum applausu universa Lutetie civitas, Petrum Ramum, Regium eloquentie ac Philosophie Professorem ad Coelum effert eadem urbs, in qua supremus Regis Senatus constitutus est. Carpentarius, gymnasiarcha Burgundianus, erudictissimus vetustissimum Collegium suum ab omni Barbarie vindicat, ac admirabili eloquentia illustrissimum reddit, Salligneus in Hebraica Lingua, Greca, Latináque perfectissimus, quid sibi aliud nisi apud posteros immortale decus pollicetur? Omitto brevitatis caussa, multos Senatores doctissimos, qui iurisprudentie humaniores litteras maximo cum honore, coniunxerunt, Quod si de aulicis scribero licet, cuius existimationis esse debet Danesius ille Episcopus, Delphini Regis excellentissimus Preceptor, cuius orationes Ciceroniane elocutioni non cedunt? Neque cuiquam postponendum arbitror eruditissimum illum virum Hectorem, Lotharingi Principis Pedagogum, in quo non solum eloquentie claritas, sed syncere pietatis studium relucet, unde generosissimus Princeps optimum iudicium, maturúmque Consilium à teneris annis haurire affatin possit. Sed cum ii omnes veteribus eloquentie professoribus postponendi non sint, non video cur et Gallici Poete antiquis cedere debeant. Perpetuum splendoris sui specimen posteris reliquit Clemens Marotus, Sangelasius, Petrus Ronsardus, Ioachinus Bellaius, Olivarius Magnius, Maronis gravitatem, Nasonis eloquentiam, Petrarche inventionem redolent, Quod si divinum ingenium illorum, sacre scripture argumentum sibi aliquando proponat, ex eorum scriptis fructus Deo hominibúsque suavis, atque acceptissimus proditurus est, Te vero, vir optime, quo encomio efferam qui cum iurisprudentia eloquentiam coniunxisti? Nulla erit etas que virtutum tuarum splendorem delere possit, Neque unquam tua erga me merita ingrato silentio sum abrogaturus.Bene vale.
Epistola.
Nisi prudens illa ac optimis moribus instituta vetustas, virorum illustrium memoriam doctissimis scriptis commendasset, vir ornatissime, Platonis Philosophiam, Marci Tullii inimitabilem phrasim, Titi Livii ubertatem, Demosthenis fulmen in dicendo, atque alios complures gravissimos authores ignoraremus, quorum disciplina multum frugis, multúmque ornamenti posteris reliquit, Neque Deus optimus maximus Gallos adeo esse infelices concessit, ut illi clarissimis oratoribus, ac eloquentissimis Philosophie professoribus carerent, Inter quos Guilelmus Budeus à Francisco Galliarum Rege generosissimo educatus, perpetuum nominis sui splendorem posteritati commendavit, adeo claris codicibus in lucem emissis, ut eorum eruditionem nulla unquam etas deletura sit: Nunc vero sub invictissimo Francorum Principe Henrico, tanti nominis Rhetores, Poete ac Philosophi elucescunt, ut antiquioribus cedere nullo modo debeant. Quo sit honore afficiendus illustrissimus ille Gallandius, testatur magno cum applausu universa Lutetie civitas, Petrum Ramum, Regium eloquentie ac Philosophie Professorem ad Coelum effert eadem urbs, in qua supremus Regis Senatus constitutus est. Carpentarius, gymnasiarcha Burgundianus, erudictissimus vetustissimum Collegium suum ab omni Barbarie vindicat, ac admirabili eloquentia illustrissimum reddit, Salligneus in Hebraica Lingua, Greca, Latináque perfectissimus, quid sibi aliud nisi apud posteros immortale decus pollicetur? Omitto brevitatis caussa, multos Senatores doctissimos, qui iurisprudentie humaniores litteras maximo cum honore, coniunxerunt, Quod si de aulicis scribero licet, cuius existimationis esse debet Danesius ille Episcopus, Delphini Regis excellentissimus Preceptor, cuius orationes Ciceroniane elocutioni non cedunt? Neque cuiquam postponendum arbitror eruditissimum illum virum Hectorem, Lotharingi Principis Pedagogum, in quo non solum eloquentie claritas, sed syncere pietatis studium relucet, unde generosissimus Princeps optimum iudicium, maturúmque Consilium à teneris annis haurire affatin possit. Sed cum ii omnes veteribus eloquentie professoribus postponendi non sint, non video cur et Gallici Poete antiquis cedere debeant. Perpetuum splendoris sui specimen posteris reliquit Clemens Marotus, Sangelasius, Petrus Ronsardus, Ioachinus Bellaius, Olivarius Magnius, Maronis gravitatem, Nasonis eloquentiam, Petrarche inventionem redolent, Quod si divinum ingenium illorum, sacre scripture argumentum sibi aliquando proponat, ex eorum scriptis fructus Deo hominibúsque suavis, atque acceptissimus proditurus est, Te vero, vir optime, quo encomio efferam qui cum iurisprudentia eloquentiam coniunxisti? Nulla erit etas que virtutum tuarum splendorem delere possit, Neque unquam tua erga me merita ingrato silentio sum abrogaturus.
Bene vale.
Notes sur la transcriptionLa transcription conserve à l'identique l'orthographe de l'original; on a toutefois résolu les abréviations conventionnelles et introduit la distinction entre les lettres i/j et u/v selon l'usage.La mention des "traicts nouveaux d'une Francoise letre" fait allusion au fait que l'original est l'un des premiers ouvrages imprimés en caractères de civilité.
La transcription conserve à l'identique l'orthographe de l'original; on a toutefois résolu les abréviations conventionnelles et introduit la distinction entre les lettres i/j et u/v selon l'usage.
La mention des "traicts nouveaux d'une Francoise letre" fait allusion au fait que l'original est l'un des premiers ouvrages imprimés en caractères de civilité.