A Pinsk.
Nous nous sommes retirés au château de Minsko pour y faire les préparatifs de la noce, et jouir de plus de tranquillité.
Les soucis fuient de ces lieux; aucune sombre pensée n'ose en approcher; une douce paix coule au fond de nos cœurs; rien ne peut plus troubler ma joie.
Lucile a recouvré la fleur de la santé, la fraîcheur de sa jeunesse, son enjouement, sa gaîté; toutes ses grâces se sont ranimées: elle est même embellie; ses yeux ont je ne sais quoi de céleste, sa voix, je ne sais quoi d'angélique, sa personne, je ne sais quoi de divin.
Sa flamme est toujours également pure: mais à présent, Lucile accorde à l'amour tout ce que permet la pudeur. Elle ne s'oppose plus à mes tendres caresses, elle se prête à mes tendres désirs et partage mes transports.
Si je la serre dans mes bras amoureux, je sens son cœur palpiter de plaisir; si je lui presse tendrement la main, cette main douce répond tendrement à la mienne: si je lui dérobe un baiser, ses lèvres vermeilles me le rendent.
O doux abandon de deux cœurs qui se donnent l'un à l'autre! Charmes des âmes sensibles! aujourd'hui seulement j'apprends à vous connaître. Auprès d'elle, cher Panin, mes vœux les plus chers paraissent remplis; mon cœur se fond d'allégresse, les jours s'écoulent comme des instants; et dans les transports de mon ravissement, je crois les Dieux jaloux de mon sort.
Bientôt ces habits de deuil vont se changer en habits de fête: bientôt je m'unirai à Lucile pour ne plus m'en séparer; bientôt je la placerai sur le lit nuptial.
Mon bonheur commencera pour ne plus finir qu'avec ma vie.
L'idée d'une union si douce me transporte: tous les moments d'une vie délicieuse et les ravissements de deux cœurs amoureux se présentent à mon âme enivrée.
Viens, cher ami, viens partager ma joie, et[1]……
[1]Le manuscrit finit ici. Les cinq lignes suivantes, qui terminaient l'ouvrage et se trouvaient sur la dernière page, ont été lacérées à l'époque où il faisait partie de la bibliothèque d'Aimé-Martin. Cette mutilation est d'ailleurs peu importante sous le rapport du sens, puisque le dénoûment est complet. Ainsi elle a été commise, selon toute probabilité, nous a-t-on dit, par quelque autographomane, qui ne craignait pas de pousser jusqu'au larcin l'amour de l'inédit. (Note de l'Éditeur.)
[1]Le manuscrit finit ici. Les cinq lignes suivantes, qui terminaient l'ouvrage et se trouvaient sur la dernière page, ont été lacérées à l'époque où il faisait partie de la bibliothèque d'Aimé-Martin. Cette mutilation est d'ailleurs peu importante sous le rapport du sens, puisque le dénoûment est complet. Ainsi elle a été commise, selon toute probabilité, nous a-t-on dit, par quelque autographomane, qui ne craignait pas de pousser jusqu'au larcin l'amour de l'inédit. (Note de l'Éditeur.)
FIN.
COULOMMIERS.—IMPRIMERIE DEA. MOUSSIN.