lv Texte
De la serpent gorgon te gardesGard bien que tu ne la regardesDe perseus ayes memoireIl t’en dira toute l’hystoire.
De la serpent gorgon te gardesGard bien que tu ne la regardesDe perseus ayes memoireIl t’en dira toute l’hystoire.
De la serpent gorgon te gardes
Gard bien que tu ne la regardes
De perseus ayes memoire
Il t’en dira toute l’hystoire.
lv Glose
Gorgon ce dit la fable fut une damoiselle de souveraine beaulté mais pour ce que phebus jeut avec elle au temple dyane tant s’en couroussa la deesse que elle le transmua en serpent de tres horrible figure & avoit telle proprieté celle serpent que tout homme qui la regardoit estoit soubdainement mué en pierre et pour le mal qui d’elle ensuivoit. Perseus le vaillant chevalier alla pour combatre a la fiere beste & en la resplendeur de son escu qui tout fut d’or se myroit pour non regarder la male serpent & tant fist que le chief luy trencha. Mainte exposition peult estre faicte sur la dicte fable et peult estre entendue gorgon pour une cité ou ville qui ja souloit estre de grant bonté/ mais par les vices des habitans devint serpent & venimeuse c’est a entendre que maintz maulx faisoit aux marches voisines comme de tout rober & piller & les marchans & aultres trespassans estoient prins retenuz & mys en d’esctroicte prison & ainsi estoient muez en pierre. Perseus se mira en sa chevalerie & alla combatre contre celle cité & la print & luy osta le pouoir de plus mal faire/ et ainsi peult estre une dame moult belle & de maulvais affaire qui par sa couvoitise maint desnua de leur avoir/ & aultres plusieurs entendemens y pevent estre mys. Pource veult dire au bon chevalier que il se garde de non regarder chose mauvaise qui a mal se peult attraire. Et dit aristote/ fuys gens plains d’iniquité/ & ensuy les sages & estudie en leurs livres & te mire en leurs faictz.
lv Alegorie
Que gorgon ne doye regarder/ c’est que le bon esperit ne doit regarder ne penser aux delicez quelconques/ mais soy mirer en l’escu de estat de perfection et que delices soyent a fuyr dit Crisostome que comme c’est impossible que le feu arde en l’eaue ainsi est ce impossible que compunction de cueur soit entre les delices du monde ce sont deux choses contraires et qui destruisent l’un l’autre/ car compunction est mere de larmes et les delices engendrent ris/ compunction restraint le cueur et les delices l’alargissent. A ce propos dit l’escripture.
Qui seminant in lacrimis : in exultatione metent.
Qui seminant in lacrimis : in exultatione metent.