lxvii Texte.
Trop ne t’assottes de la lireOrpheus se tu veulx eslireArmes pour principal mestierD’instrument suivir ne as mestier
Trop ne t’assottes de la lireOrpheus se tu veulx eslireArmes pour principal mestierD’instrument suivir ne as mestier
Trop ne t’assottes de la lire
Orpheus se tu veulx eslire
Armes pour principal mestier
D’instrument suivir ne as mestier
lxvii Glose.
Orpheus fut ung poete et dit la fable que il savoit tant bien jouer de la lire que mesmes les eaues courans en retournoient leurs cours & les oyseaux de l’air/ les bestes sauvagez & les fiers serpens en oublioient leur cruaulté & s’arestoient a escouter le son de la lire. Si est a entendre que il tant bien sonnoit que toute gent de quelque condicion que ilz fussent se delectoient a escouter le poete jouer. Et pour ce que telz instrumens assotent souventesfois les cueurs des hommes dit au bon chevalier que trop ne s’y doibt delecter comme il n’affiere aux poursuivans chevalerie a eux trop amuser en instrumens ne aultres oyseuseté. A ce propos dit une auctorité. Le son de l’instrument est le las du serpent/ et dit platon. celuy qui a du tout mis sa plaisance aux delices charnelz est plus serf que ung esclave.
lxvii Allegorie
La lire orpheus dont ne se doit assoter pouons prendre que l’esperit chevalereux ne se doibt assoter ne amuser en quelconque compaignie mondaine soyent parens ou aultres/ dit sainct augustin au livre de la singularité des clercz que moins est stimulé des aguillons de la chair le solitaire qui ne hante point en la frequentation des voluptez/ et moins sont ilz molestés d’avarice qui ne voient point les riches du monde. pour ce dit david.
Vigilavi & factus sum sicut passer solitarius in tecto.
Vigilavi & factus sum sicut passer solitarius in tecto.