lxxviii Texte.
Ne t’esjouys trop ne te troublesPour les avisions moult troublesMorpheus qui est messagierAu dieu qui dort et fait songier
Ne t’esjouys trop ne te troublesPour les avisions moult troublesMorpheus qui est messagierAu dieu qui dort et fait songier
Ne t’esjouys trop ne te troubles
Pour les avisions moult troubles
Morpheus qui est messagier
Au dieu qui dort et fait songier
lxxviii Glose
Morpheus ce dit une fable est filz et message au dieu dormant & est dieu de songe et fait songier. Et pour ce que songe est chose moult trouble et obscure/ et aucunefois riens ne signifie et aucunefois tout le contraire signifie de ce que on a songié/ ne il n’est sy sage qui proprement en puisse parler quoy que les expositeurs en dient dit au bon chevalier que esjouyr ne troubler ne se doit pour telz avisions dont on ne peult monstrer certaine signification ne a quoi elles doivent tourner/ et mesmement comme on ne se doibt ne troubler ne esjouyr des choses de fortune qui sont transitoires dit socrates. Tu qui es homme ne te doibs trop esjouyr ne troubler pour quelconque cas.
lxxviii Allegorie.
Ou il dit que trop ne se doit on esjouir ne troubler pour avisions/ dirons que le bon esperit ne se doit trop esjouir ne trop troubler pour quelconque cas qui lui avienne et que il doit porter les tribulations paciamment dit saint augustin sur le psaultier. Beau filz dit il se tu pleures des maulx que tu sens si pleure soubz la correction de ton pere.
Se tu te plains des tribulations qui te surviennent garde que ce ne soit par indignacion ne par orgueil/ car l’adversité que dieu t’envoye t’est medicine non pas peine c’est chastiement non pas damnacion/ ne redoubtes mye la verge de ton pere se tu ne veulx que il te reboute de son heritage/ & ne penses mye la peine que tu as a soustenir son flayel/ mais considere quel lieu tu as en son testament. A ce propos dit le sage.
Esse quod tibi applicatum fuerit accipe et in dolorem sustine et in humilitate patientiam habe. Ecclesiastici. ii. ca.
Esse quod tibi applicatum fuerit accipe et in dolorem sustine et in humilitate patientiam habe. Ecclesiastici. ii. ca.