Ci-gît, dans une paix profonde,Cette Dame de Volupté,Qui, pour plus grande sûreté,Fit son paradis en ce monde[218].
Ci-gît, dans une paix profonde,Cette Dame de Volupté,Qui, pour plus grande sûreté,Fit son paradis en ce monde[218].
Ci-gît, dans une paix profonde,
Cette Dame de Volupté,
Qui, pour plus grande sûreté,
Fit son paradis en ce monde[218].
ÉLISABETH-ROSALIE D'ESTRÉESs, fille de Jean, comte d'Estrées (1672?-1750)[219].
MmeDE CAYLUS, Marthe-Marguerite Le Valois de Villette de Mursay, nièce à la mode de Bretagne de Mmede Maintenon (1673-1729)[220].
Elle a laissé de très intéressants souvenirs, remplis d'anecdotes, de portraits, de fines et judicieuses remarques. Sainte-Beuve, qui lui a consacré un article[221], l'a intitulé:Mmede Caylus et de ce qu'on appelleURBANITÉ, confirmant un jugement de l'abbé Gédoyn qui «trouvait, dans Mmede Caylus, l'image la plus achevée et le plus parfait modèle de l'urbanité[222]».
MADEMOISELLE DE NANTES, Louise-Françoise de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Mmede Montespan, femme de Louis III, duc de Bourbon, prince de Condé (1673-1743).
Elle lisait beaucoup et annotait ses livres, et elle avait rassemblé une intéressante bibliothèque[223].
De son mariage avec le duc de Bourbon, prince de Condé, Mademoiselle de Nantes eut plusieurs enfants, dont cinq filles, qui témoignèrent des mêmes goûts que leur mère pour les livres:
1oMARIE-ANNE-GABRIELLE-ÉLÉONORE, religieuse à Fontevrault, puis abbesse de Saint-Antoine des Champs (1690-1760)[224];
2oLOUISE-ÉLISABETH, diteMADEMOISELLE DE CHAROLAIS; mariée, en 1713, à Louis-ArmandDE BOURBON, princeDE CONTI(1693-1775).
La bibliothèque de la princesse de Conti, dont le catalogue, dressé par Prault fils, comprenait 1711 nos, fut vendue à Paris le 14 septembre 1775 et jours suivants. «Le catalogue très rare de cette bibliothèque mérite à bon droit d'être recherché, écrit M. Maurice Tourneux[225]. On y remarque, au milieu d'une foule de bons livres, un recueil de pièces de l'ancien théâtre français en 50 volumes in-4, maroquin bleu; une collection singulièrement riche de romans, nouvelles et contes (nos535-955); et la série complète duMercure(y compris les extraordinaires) de 1673 à 1774, en 853 volumes in-12.»
3oMARIE-ANNE, diteMADEMOISELLE DE CLERMONT(1697-1741);
4oHENRIETTE-LOUISE-FRANÇOISE-GABRIELLE, diteMADEMOISELLE DE VERMANDOIS, religieuse (1703-1772);
5oÉLISABETH-ALEXANDRINEditeMADEMOISELLE DE SENS(1705-1765)[226].
LaMARQUISE DE GRIGNAN, Anne-Marguerite de Saint-Amant ou Saint-Amand (1674?-1736)[227].
Son mari, qui était petit-fils de Mmede Sévigné, et fils du lieutenant général ou gouverneur de la Provence, avait reçu les prénoms de Louis-Provence: on lui avait donné, comme à un fils de souverain, le nom de cette province[228].
Mllede Saint-Amand avait dix-huit ans, lors de son mariage, et était, au jugement de Mmede Sévigné, «jolie, aimable, sage, bien élevée, raisonnable au dernier point[229].» Au bout de quelques mois, comme il advient souvent dans cesunions formées par la vanité des uns et les vues intéressées des autres, il y avait déjà mésintelligence dans le ménage[230].
Louis-Provence de Grignan, né en 1671 et mort en 1704, brigadier des armées du roi, fut l'ami de Saint-Simon, et voici en quels termes le grand mémorialiste parle du marquis et de la marquise de Grignan:
«Je perdis un ami avec qui j'avais été élevé, qui était un très galant homme, et qui promettait fort: c'était le fils unique du comte de Grignan et de cette Mmede Grignan si adorée dans les lettres de Mmede Sévigné, sa mère, dont cette éternelle répétition est tout le défaut. Le comte de Grignan, chevalier de l'ordre en 1688, s'était ruiné à commander en Provence, dont il était seul lieutenant général. Ils marièrent donc leur fils à la fille d'un fermier général fort riche. Mmede Grignan, en la présentant au monde, en faisait ses excuses; et avec ses minauderies en radoucissant ses petits yeux, disait qu'il fallait bien de temps en temps du fumier sur les meilleures terres. Elle se savait un gré infini de ce bon mot, qu'avec raison chacun trouva impertinent, quand on a fait unmariage, et le dire entre bas et haut devant sa belle-fille. Saint-Amant, son père, qui se prêtait à tout pour leurs dettes, l'apprit enfin, et s'en trouva si offensé qu'il ferma le robinet. Sa pauvre fille n'en fut pas mieux traitée; mais cela ne dura pas longtemps. Son mari, qui s'était fort distingué à la bataille d'Hochstedt, mourut au commencement d'octobre (1704), à Thionville; on dit que ce fut de la petite vérole. Il avait un régiment, était brigadier et sur le point d'avancer. Sa veuve, qui n'eut point d'enfants, était une sainte, mais la plus triste et la plus silencieuse que je vis jamais. Elle s'enferma dans sa maison, où elle passa le reste de sa vie, peut-être une vingtaine d'années, sans en sortir que pour aller à l'église, et sans voir qui que ce fût[231]».
ÉLISABETH-CHARLOTTE D'ORLÉANS, sœur du Régent Philippe d'Orléans, et femme de Léopold Ier, duc de Lorraine (1676-1744)[232].
LaDUCHESSE DU MAINE, Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, femme de Louis-Auguste de Bourbon,duc du Maine, fils naturel de Louis XIV et de Mmede Montespan (1676-1753).
Elle aimait beaucoup les livres, et elle tint à Sceaux une véritable cour littéraire, où Fontenelle, Malézieux, La Fare, Sainte-Aulaire, Chaulieu, et plus tard Voltaire faisaient avec elle assaut d'esprit[233].
Ces goûts littéraires ne l'empêchèrent pas de s'occuper de politique, comme le prouve cette conspiration de Cellamare dont elle fut l'inspiratrice. Souvent même, ainsi qu'on l'a remarqué[234], «la littérature fut pour elle le masque de la politique; et l'emblème dont elle timbrait ses livres était aussi le ralliement de ses alliés, les chevaliers de la Mouche à miel. Sur ses livres, en effet, étaient frappées des abeilles d'or, avec, autour de leur ruche, cette devise, tirée del'Amintedu Tasse:Piccola si ma fa pur gravi le ferite(Je suis petite, mais je fais cependant de graves blessures),—allusion à la petite taille de la princesseet à l'ordre galant de la Mouche à miel, qu'elle avait fondé en 1703.»
LaDUCHESSE DE BRANCAS, Marie-Angélique Frémyn de Moras, femme de Louis-Antoine de Brancas, duc de Villars, comte de Lauraguais (1676-1763).
Sa bibliothèque, dont le catalogue, dressé par Prault, comprenait 750 nos, fut vendue, à Paris, peu après la mort de la duchesse, le 14 novembre 1763 et jours suivants[235].
La duchesse de Brancas, qui porta longtemps le titre de duchesse de Villars, a écrit ou plutôt dicté, dans sa vieillesse, de très piquantsMémoires, qui ont été publiés pour la première fois, en 1802, par son petit-fils le comte de Lauraguais; puis réédités, en 1865, par Louis Lacour, et, en 1890, par Eugène Asse.
La duchesse de Brancas était bien une femme de son époque, et que la sévérité des mœurs n'embarrassait guère. Saint-Simon nous a laisséd'elle et de son digne époux, qui était livré à «une infâme débauche[236]», ce sanglant et admirable portrait:
«Le duc de Villars et sa femme, sans estime réciproque, qu'en effet ils ne pouvoient avoir, vivoient fort bien ensemble dans une entière et réciproque liberté, dont elle usoit avec aussi peu de ménagement de sa part que le mari de la sienne, qui le trouvoit fort bon, et en parloit même indifféremment quelquefois et jusqu'à elle-même devant le monde, et l'un et l'autre sans le moindre embarras. Mais elle étoit méchante, adroite, insinuante, intéressée comme une crasse de sa sorte, ambitieuse, avec cela artificieuse, rusée, beaucoup d'esprit d'intrigue, mais désagréable plus encore que son mari; et tous les deux bas, souples, rampants, prêts à tout faire pour leurs vues, et rien de sacré pour y réussir, sans affection, sans reconnaissance, sans honte et sans pudeur, avec un extérieur doux, poli, prévenant, et l'usage, l'air, la connaissance et le langage du grand monde[237].»
«En 1740, la duchesse de Villars, qui, depuis deux ans, portait le titre de duchesse de Brancas,par suite de la mort de son beau-père, avait soixante-quatre ans. C'était, écrit Eugène Asse[238], une femme à l'esprit gaulois, dont l'anecdote suivante peut aider à se faire une idée: «Hier, M. de Richelieu, raconte d'Argenson[239], donna un grand souper à sa petite maison, par delà la barrière de Vaugirard. Tout y est en galanteries..., les lambris... ont des figures fort immondes. Le beau du début de ce souper étoit de voir la vieille duchesse de Brancas vouloir voir ces figures, mettre ses lunettes, et, avec une bouche pincée, les considérer froidement, pendant que M. de Richelieu tenoit la bougie et les lui expliquoit.»
LaMARQUISE DE VIEUXBOURGouDE VIEILBOURG, Louise-Françoise de Harlay de Cély (1680-1735).
«La marquise de Vieilbourg, remarquable par son intelligence et sa beauté, était passionnée pour les hautes spéculations de l'esprit. Elle avait colligé un superbe cabinet d'objets d'art et decuriosité, et une bibliothèque du meilleur goût[240].»
Cette bibliothèque fut vendue après le décès de la marquise, en 1735; le catalogue, comprenant 1043 nos, avait été dressé et rédigé en latin par le libraire et bibliographe Gabriel Martin[241].
LaMARQUISE DE VASSÉ, Anne-Bénigne-Fare-Thérèse de Beringhen, femme d'Emmanuel-Armand, marquis de Vassé, brigadier des armées du Roi (1682?-1749).
Sa bibliothèque, riche surtout en romans de chevalerie, et dont le catalogue comprenait 184 articles, fut vendue en 1750, peu après la mort de la marquise[242].
LaCOMTESSE DE BISSY, Sylvie-Angélique Andrault de Langeron (1684?-1771)[243].
LaDUCHESSE DE LA VALLIÈRE, Marie-Thérèse de Noailles (1684-1784).
Son mari était le neveu de la maîtresse de Louis XIV, sœur Louise de la Miséricorde. La duchesse de la Vallière eut deux enfants, dont l'un fut Louis-César, duc de la Vallière, le bibliophile si connu[244].
LaDUCHESSE DE BOURGOGNE, Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712)[245].
On sait l'influence que la duchesse de Bourgogne, la Dauphine, exerça sur Louis XIV et Mmede Maintenon. Elle avait «beaucoup d'esprit naturel, dit Saint-Simon[246], beaucoup de qualités aimables... Douce, timide, mais adroite, bonne jusqu'à craindre de faire la moindre peine à personne, et, toute légère et vive qu'elle étoit, très capable de vues et de suite de la plus longue haleine, la contrainte jusqu'à la gêne, dont elle sentoit tout le poids, sembloit ne lui rien coûter. La complaisance lui étoit naturelle, couloit de source; elle en avoit jusque pour sa cour.»
ÉLISABETH-MARGUERITE-ARMANDE DU PLESSISouDUPLESSIS DE RICHELIEU, dite Mademoiselle de Fronsac, prieure perpétuelle des Bénédictines de la Présentation, à Paris (1686-1744)[247].
MmeLE PELLETIERouLE PELETIER, Marie-Madeleine de Lamoignon, femme du ministre d'État (1687?-1744)[248].
LaCOMTESSE DE TOULOUSE, Victoire de Noailles, femme du comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Mmede Montespan (1688-1766)[249].
LaPRINCESSE DE BAUFFREMONT, Hélène, princesse de Courtenay (1689-1768)[250].
MARIE-GABRIELLE-ÉLISABETH DU PLESSISouDUPLESSIS DE RICHELIEU(1689-....). Amie des livres, comme sa sœur Élisabeth-Marguerite-Armande(Mademoiselle de Fronsac) précédemment nommée, Marie-Gabrielle-Élisabeth du Plessis de Richelieu a d'abord été religieuse à Port-Royal, puis, en 1724, abbesse du Trésor (abbaye cistercienne du diocèse de Rouen)[251].
VICTOIRE-MARIE-ANNE DE SAVOIE, mariée, en 1714, à Victor-Amédée de Savoie, prince de Carignan (1690-1766)[252].
MARIE-URANIE DE NOAILLES, fille du duc de Noailles, pair et maréchal de France, religieuse au couvent de la Visitation de Paris (1691-1710)[253].
CHARLOTTE-FRANÇOISE DE DIENNE(1691-....)[254].
ÉLISABETH FARNÈSE, fille d'Édouard II Farnèse, prince de Parme, mariée, en 1714, à Philippe V, roi d'Espagne (1692-1766)[255].
LaDUCHESSE DE BERRY, Marie-Louise-Élisabeth, fille aînée du Régent, Philippe d'Orléans (1695-1719).
On connaît sa vie scandaleuse et toutes les folies commises par cette princesse. Quoique morte très jeune, et malgré sa dissipation et ses débauches, elle trouva le temps de se former une belle et luxueuse bibliothèque[256].
«La duchesse de Berry, si connue par ses goûts singuliers et l'excentricité de son caractère, dit de son côté Joannis Guigard[257], aimait beaucoup les livres; mais, si l'on en croit lesMémoiresde la princesse Palatine, sa grand'mère, elle n'eut guère le temps de les lire, tant elle avait besoin de divertissements. Quoi qu'il en soit, ses livres étaient nombreux, choisis et bien reliés.»
Trois autres filles du Régent, Philippe II d'Orléans, ont été classées au nombre des bibliophiles:
LOUISE-ADÉLAIDE D'ORLÉANS, diteMADEMOISELLE DE CHARTRES, seconde fille du Régent (1698-1743).
Elle devint abbesse de Chelles, en 1719, «épouse de Jésus-Christ», et c'est à son sujet que le Régent déclarait être brouillé avec son gendre[258].
Une autre,LOUISE-ÉLISABETH D'ORLÉANS, diteMADEMOISELLE DE MONTPENSIER(1709-1742), qui fut reine d'Espagne, devint veuve en 1724, puis regagna la France en 1725, où elle se plongea dans une profonde dévotion, «fit exécuter un assez joli livre d'heures quelque temps avant sa mort»: d'où son titre de bibliophile[259].
Une autre encore,PHILIPPE-ÉLISABETH D'ORLÉANS, diteMADEMOISELLE DE BEAUJOLAIS(1714-1734), morte très jeune et sans alliance, a été,comme ses susdites sœurs, réputée pour son amour des livres[260].
Bibliophile également,LOUISE-ADÉLAIDE DE BOURBON-CONTI, diteMADEMOISELLE DE LA ROCHE-SUR-YON(1696-1750)[261].
LA MARQUISE DU DEFFAND, née Marie de Vichy-Chamrond (1697-1780)[262].
Sa correspondance, qui est très volumineuse (2 vol. in-8, édition M. de Lescure; Paris, Plon, 1865;—3 vol. in-8, édition Sainte-Aulaire; Paris, Calmann-Lévy, 1877; etc.) est des plus intéressantes pour l'histoire des mœurs et des lettres au dix-huitième siècle. Devenue aveugle en 1753, Mmedu Deffand, chez qui se réunissaient nombre d'hommes et de femmes remarquables, se faisait faire de longues lectures:
«...Je suis obligée de lire cinq ou six heures par jour; je commence à six heures du matin, etcela dure souvent jusqu'à onze heures ou midi; les insomnies allongent mes jours et abrègent ma vie. On en pourrait faire une énigme[263].»
«Je passe des nuits sans dormir, et ce n'est le plus souvent qu'à midi que j'attrape le sommeil; je me fais lire cinq heures de suite...[264].»
Pessimisme et égoïsme, ces deux sentiments apparaissent fréquemment sous la plume de Mmedu Deffand:
«Ceux qu'on nomme amis sont ceux par qui on n'a pas à craindre d'être assassiné, mais qui laisseraient faire les assassins[265].»
«Je jouis d'une sorte de plaisir, qui est d'observer l'orgueil et la vanité de tout le monde; il n'y a presque personne qui ne prétende à jouer un rôle; il y a peu de bons acteurs[266].»
«...Le plus beau jour de la vie est celui où on la quitte. Cela revient à peu près, Madame, à ce quevous me dites si souvent: quele plus grand malheur est d'être né[267].»
Mmedu Deffand déclarait assez cyniquement «qu'elle n'avaitni tempérament ni roman, ce qui ne l'empêcha pas d'être galante avant d'être philosophe[268].»
Sainte-Beuve, dans un de ses articles desCauseries du lundi[269], fait grand éloge du style et de la valeur littéraire des lettres de Mmedu Deffand:
«Mmedu Deffand est un de nos classiques par la langue et par la pensée... Elle est avec Voltaire, dans la prose, le classique le plus pur de cette époque, sans même en excepter aucun des grands écrivains.»
LaMARQUISE D'AMBRES, Henriette-Antoinette de Mesmes (1698-1715)[270].
LaMARQUISE DE PRIE, née Agnès Berthelot de Pleneuf (1698-1727)[271].»
Fille d'un financier, «qui s'était gorgé par bien des métiers», dit Saint-Simon[272], cette amie des livres eut une existence très mouvementée. En 1713, elle épouse le marquis de Prie, qui fut ambassadeur à Turin; rentre à Paris, en 1719, et devient la maîtresse du duc de Bourbon, qu'elle domina bientôt entièrement. Elle était belle, très ambitieuse, et quand son amant fut nommé premier ministre après la mort du Régent, elle exerça un pouvoir absolu, dont elle ne fit guère usage que pour satisfaire ses passions et sa rapacité. Dame du palais de Marie Leszczynska, qu'elle avait contribué à faire monter sur le trône, elle voulut faire chasser Fleury, alors évêque de Fréjus. Elle échoua; le duc de Bourbon fut disgracié (juin 1726); et, exilée en Normandie, la marquise de Prie ne put supporter son malheur et s'empoisonna l'année suivante.
LaCOMTESSE DE GÉLAS, Henriette-Antoinette de Mesmes (1698-....)[273].
LaVICOMTESSE D'AUCHY, Charlotte des Ursins (....-1646).
Jamais personne ne fut si avide qu'elle de lectures—lectures en public—de toutes sortes, comédies, lettres, harangues et sermons même, dit Tallemant des Réaux[274]. Elle avait le goût des réunions littéraires, et «prestoit son logis avec un extresme plaisir pour de telles assemblées». Elle s'avisa même de créer chez elle «une certaine académie, où tour à tour chacun liroit quelque ouvrage». Cette académie paraît n'avoir été, au commencement du moins, qu'«une vraie cohue», selon l'expression de Tallemant, qui y alla une fois, «par curiosité».
On examinait et discutait de singulières questions dans ces séances. Un jour, un certain Boutard, qui devint dans la suite «président des trésories de France, à Montpellier,» et qui seplaisait à berner et mystifier les gens, «traita des diverses façons de cracher; il en trouva cinquante-deux, dont il fit la démonstration aux dépens du tapis de pieds de la vicomtesse[275].»
LOUISE NOGARET DE LA VALETTE, abbesse à Metz (....-1647)[276].
LaDUCHESSE DE VILLARS-BRANCAS, Julienne-Hippolyte d'Estrées, mariée, en 1597, à Georges de Brancas, duc de Villars (XVIIesiècle, décédée après 1657)[277].
Très coquette, et encore plus dévergondée, c'est ainsi que Tallemant des Réaux nous dépeint la duchesse de Villars. «C'estoit la plus grande escroqueuse du monde, ajoute-t-il[278]. Quand il fallut sortir du Havre, pour ne point faire crier toute la ville, car ils (son mari et elle) devoient à Dieu et au monde, elle fit publier que tous leurs créanciers vinssent un certain jour parler à elle. Elle parla à tous en particulier, leur avoua qu'ellen'avoit point d'argent, mais qu'elle avoit, en deux ou trois lieux qu'elle leur nomma, des magasins de pommes à cidre pour dix ou douze mille escus; qu'elle leur en donneroit pour les deux tiers de leur debte, et une promesse pour le reste payable en tel temps. Elle disoit cela à chacun avec protestation qu'elle ne traitoit pas les autres de la sorte, et qu'il se gardast bien de s'en vanter. Les pauvres gens, les plus contents du monde, prirent chascun en paiement un ordre aux fermiers de donner à l'un pour tant de pommes et pour tant à l'autre; mais quand ils y furent, ils ne trouvèrent en tout que pour cinq cents livres de pommes.»
MARIE-ANNE CHRISTINE DE BAVIÈRE, femme du Grand Dauphin, fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse (....-1690).
Elle avait des goûts sérieux, aimait les lettres, et elle protégea Racine[279].
MARIE-CATHERINE LE CAMUS DE NICOLAI(....-1698)[280].
CHARLOTTE D'ALBERT D'AILLY DE CHAULNES, religieuse à l'Abbaye-aux-Bois, puis à Poissy (....-1707)[281].
LOUISE-ISABELLE D'ANGENNES DE RAMBOUILLET, religieuse, abbesse de Saint-Étienne de Reims, décédée presque nonagénaire (....-1707)[282].
MmeFRANÇOISE DOUJAT, Madeleine Tiraqueau, dont le mari était maître d'hôtel du roi (....-1709)[283].
LaMARQUISE DE LAMOIGNON-BAVILLE, Marie-Jeanne Voysin, mariée, en 1674, à Chrétien-François Lamoignon, marquis de Baville (....-1727).
Conseiller au Parlement, puis avocat général, puis président à mortier, Chrétien-François Lamoignon fut nommé membre de l'Académie des inscriptions, en 1704. Comme son père, il était lié avec les beaux esprits du temps, et c'està lui que Boileau a adressé sa sixième épître. La bibliothèque du président Lamoignon, qui renfermait d'importants manuscrits, est passée en Angleterre[284].
DIANE-FRANÇOISE D'ALBRET, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers de 1650 à 1680 (XVIIesiècle)[285].
LaCOMTESSE DE BERLAYMONT, Marguerite de Lalaing (XVIIesiècle)[286].
MmeNICOLAS BOUCOT, née Néthine (XVIIesiècle)[287].
LaMARQUISE DE BULLION-WIDEVILLE, Marie-Catherine de Beauveau (XVIIesiècle).
Sa bibliothèque contenait une fort belle collection d'œuvres dramatiques[288].
HONORÉE DE BUSSY(XVIIesiècle)[289].
MmeDUGAS DE BOIS-SAINT-JUST, née Maindestre (XVIIesiècle).
Son mari était échevin de la ville de Lyon en 1658 et prévôt en 1696[290].
MmeLOUISE DE DURFORT, fille de Jean de Durfort, mariée, en 1683, à Jean-Louis de Durfort, son cousin (XVIIesiècle)[291].
LaMARQUISE DE FOUQUET, Marie-Jeanne Guyon (XVIIesiècle)[292].
N.DE GROSSOLLES DE FLAMARENS, abbesse des Bénédictines (XVIIesiècle)[293].
LaPRINCESSE DE GUÉMÉNÉ, mariée, en 1617, à Louis VII de Rohan, prince de Guéméné, son cousin germain (XVIIesiècle)[294].
LaDUCHESSE DE LA ROCHEFOUCAULD, femme de l'auteur desMaximes(XVIIesiècle)[295].
MADELEINE DE LÉRIS(XVIIesiècle)[296].
ERNESTINE DE LIGNE, mariée à Jean, comte de Nassau-Dillenbourg-Siegen, général de la cavalerie de Flandre (XVIIesiècle)[297].
CLAUDE DE LORRAINE, fille du duc Henri II de Lorraine, mariée en 1634 (XVIIesiècle)[298].
MmeTHÉVENOT, femme de Melchisédech Thévenot, garde de la Bibliothèque du roi (XVIIesiècle).
Melchisédech Thévenot (vers 1620-1692), qui avait beaucoup voyagé, avait rapporté en France quantité de livres rares et de manuscrits précieux. Il tenait, dans sa maison d'Issy, des réunions périodiques, où chaque invité rendait compte des expériences et découvertes scientifiques qu'il faisait: ce fut là, dit Ménage, l'origine de l'Académie des sciences.
Un neveu de Melchisédech Thévenot, Jean de Thévenot (avec la particule nobiliaire) (1633-1667), qui fut aussi un infatigable voyageur et qui mourut en Arménie, passe pour être l'introducteur du café en France[299].