Combinaisons 1 à 1 = 7--- 2 à 2 = 21--- 3 à 3 = 35--- 4 à 4 = 35--- 5 à 5 = 21--- 6 à 6 = 7--- 7 à 7 = 1Total 427
Chacune de ces sept classes se partage à son tour en divisions et en subdivisions et toutes en outre sont en rapport avec les phénomènes qui font l'objet des six classes des sciences antécédentes; on constate alors que les rapports et combinaisons auxquels peut donner lieu la vie des sociétés sont pour ainsi dire innombrables.
Il ne suffit pas de colliger un nombre considérable de faits sociaux pour en déduire des considérations d'ensemble, il faut classer ces faits suivant leurs rapports naturels de ressemblance et de dissemblance et aussi suivant leur ordre hiérarchique de complexité. Après cela, il est permis de procéder à la découverte et à l'appréciation des rapports simples ou composés, directs ou indirects qui existent entre les divers groupes de phénomènes.
On se ferait cependant encore une conception incomplète et inexacte de la grandeur et de la difficulté du problème si l'on envisageait exclusivement l'action directe ou indirecte exercée par les phénomènes ou groupes de phénomènes les plus simples et les plus généraux sur les plus complexes et les plus spéciaux. Il convient en effet de reconnaître que ces derniers agissent directement et indirectementpar réactionsur les premiers. De là une nouvelle série de rapports et de lois à rechercher et à étudier. Ainsi, par exemple, la classe des facteurs politiques, qui est la plus spéciale et la plus complexe de toutes, agit par voie de réaction, et pour ainsi dire par régression, d'abord directement sur la classe de phénomènes juridiques, et indirectement ensuite sur toutes les autres clauses antécédentes. Il est possible en effet, par une politique méthodique et savante, de transformer ou d'aider à transformer les conceptions juridiques et morales et même de susciter les progrès scientifiques et artistiques qui facilitent l'évolution spontanée du développement économique et génésique des sociétés.
Comme on le voit, le champ des investigations sociologiques est immense; sa fécondité est inépuisable pour tous ceux qui, s'arrachant à l'absolu religieux et métaphysique stérile, sauront se résoudre à se livrer à la patiente et rémunératrice recherche du relatif et de ses lois en dégageant de mieux en mieux ce qui est général, constant et nécessaire de ce qui est particulier, variable et contingent.
De là la complexité réellement troublante de la science sociale, complexité qui n'est dépassée que par la simplicité des gouvernés et l'outrecuidance des gouvernants dont des générations successives vivent de l'agitation et de l'exploitation de quelques formules vagues et décevantes au-dessus et en dépit desquelles le profond déterminisme de la nature suit son imperturbable cours.
Heureusement, si le tissu des phénomènes sociaux est le plus compliqué de tous, il entre dans ses matériaux des éléments empruntés aux modes les plus élevés de notre vie morale et intellectuelle; l'observation ainsi que l'expérience nous montrent que la vie des sociétés plus encore que la vie individuelle, précisément parce qu'elle est plus vaste et plus variée que cette dernière, se prête à l'intervention réformatrice et régulatrice d'une volonté collective analogue à la volonté individuelle, mais sans comparaison plus puissante; cette puissance collective qui dans les civilisations autoritaires s'incarna dans les formes diverses de la souveraineté devient de plus en plus aujourd'hui une fonction au service de la société; à mesure que cette fonction s'organise et se perfectionne, son efficacité augmente tandis que parallèlement le corps social, par son développement propre, devient plus plastique et plus malléable.
Ainsi le débat théorique entre l'individu et l'Etat se résout en une transformation de l'Etat pour le plus grand bien des individus et l'intervention de la force collective s'étend et se justifie par la réduction continue, il est vrai, des formes despotiques de cette intervention, mais aussi par l'accroissement effectif de cette dernière, par le moyen des formes supérieures du self-government au profit de la liberté individuelle. C'est pour n'avoir pas compris cette corrélation progressive, ce parallélisme du développement de l'Etat et de celui de l'individu que de Laveleye et M. Herbert Spencer ont défendu des thèses politiques absolues, également inadmissibles et que les événements sociaux démentent journellement leurs théories.
L'histoire et la philosophie des croyances et des doctrines politiques devront désormais être étudiées en tenant compte de cette corrélation nécessaire entre l'évolution des formes de la vie individuelle et celle des formes de la vie collective ou de l'Etat; celui-ci n'est pas l'antithèse, mais la synthèse des individus.
C'est précisément parce que les phénomènes sociaux sont modifiables et par conséquent perfectibles qu'une science politique est possible. Ainsi nous sommes naturellement conduits par les considérations précédentes à la conclusion spéciale de cette étude relativement à l'évolution des croyances et des doctrines politiques.
Rappelons ici quelques considérations préliminaires indispensables.
Nous entendons parfonction socialel'acte spécial que chaqueorganesocial exécute habituellement; l'accomplissement des fonctions sociales n'est autre chose que l'accomplissement par des organes réguliers des diverses propriétés qui résultent des combinaisons supérieures aux simples combinaisons vitales, combinaisons qui ne se rencontrent pas, en général, dans les autres organismes.
Ainsi, la circulation fiduciaire est une fonctionsociale, d'ordre économique; la monnaie métallique, le billet de banque, les banques elles-mêmes sont des organes de cette fonction. L'ensemble coordonné des divers organes sociaux constitue le superorganisme social. Contrairement à de Laveleye et à la suite d'A. Comte et de Spencer, l'étude des sociétés nous les a fait concevoir comme des organisations supérieures, même en complexité, aux organismes individuels proprement dits. Les sociétés, comme tous les êtres vivants, obéissent dès lors à des lois naturelles de structure et de croissance et nous devons également considérer comme erronée et destructive de toute science sociale la distinction imaginée par l'illustre et regretté professeur de Liège, distinction qui reste malheureusement partagée par le vulgaire et par les politiciens empiriques, que les lois sociales sont celles qu'édicté le législateur et non pas des lois de la nature, et que «celles-ci échappent à la volonté de l'homme, les autres en émanent». Il n'y a de différence entre les lois sociales et les lois inorganiques et organiques auxquelles on réserve à tort le titre de naturelles, que celle résultant des combinaisons supérieures dont les phénomènes sociaux sont susceptibles, de leur plasticité et de leur masse plus considérables et plus étendues, des arrangements et réarrangements plus nombreux auxquels ils se prêtent. Ces différences ne sont que quantitatives; il en est de même pour la chimie et la biologie, bien qu'à un moindre degré relativement à la physique, et il n'est jamais venu à l'esprit de personne de nier pour cela l'existence de lois chimiques et biologiques, de combinaisons chimiques et d'organismes vivants. Nous avons prouvé ci-dessus qu'il y a, par exemple, des lois relatives à la structure et à la croissance des organes de la circulation économique; quand cette volonté collective, que de Laveleye considérait à tort comme absolument souveraine en matière sociale tant économique que politique, n'obéit pas à ces lois, les sociétés en souffrent et parfois en meurent. Que faut-il de plus pour reconnaître qu'il y a des lois sociales naturelles comme il y a des lois physiologiques et physiques naturelles? La Volonté humaine ne peut violenter les phénomènes sociaux qu'en modifiant, dans une mesure qui est loin d'être arbitraire, les conditions déterminantes de leur production.[24]
Les sociétés humaines sont donc des organismes supérieurs à tous les autres et soumis à des lois; leurs organes se forment comme ceux de tous les autres êtres vivants, par le fonctionnement habituel des propriétés sociales suivant des voies déterminées; la façon dont, spontanément ou consciemment, se fixent ainsi les modes d'activité sociale donne naissance aux organes.
Nous avons exposé ailleurs comment et pourquoi les phénomènes politiques sont les plus spéciaux et les plus complexes de tous les phénomènes sociaux. Les sociétés ont des besoins et par conséquent des désirs, les uns simples et généraux, tels que les besoins et les désirs économiques et génésiques, ce sont aussi les plus essentiels; les autres, plus composites et spéciaux, tels que les besoins et les désirs artistiques, scientifiques, moraux, juridiques, ce sont les plus nobles et les plus élevés. La façon dont les sociétés y donnent satisfaction est automatique, instinctive, plus rarement raisonnée et surtout méthodiquement raisonnée ou volontaire.
Comme chez les individus, les besoins dans les sociétés donnent naissance à uneReprésentationémotionnelle ou idéale, à des désirs, à des tendances d'ordinaire contradictoires, à une hésitation, à uneDélibérationqui se coordonnent de mieux en mieux dans des centres spéciaux appropriés avant de se transformer finalement enVolitionet enExécution.
Plus les besoins et les désirs qui arriveront à être représentés dans les organes spécialement affectés à la délibération seront nombreux, complexes et contradictoires, plus l'hésitation sera grande, plus la délibération sera raisonnée et consciente, moins la volition et l'exécution consécutives seront instinctives, réflexes et automatiques.
Les fonctions et les organes qui, dans les sociétés, sont relatifs à l'accomplissement de laReprésentationdes intérêts et des désirs, de leurDélibérationet de laVolontéet del'Exécutionqui en sont la conséquence, sont les fonctions et les organes politiques proprement dits; leur ensemble constitue l'organisme ou le système politique, la partie la plus délicate du superorganisme social, analogue au système nerveux central des êtres organisés supérieurs, mais bien plus considérable, plus complexe et doué de propriétés particulières qui ne se rencontrent pas chez ces derniers.[25]
La science politique est donc cette partie de la science de la nature qui a pour objet l'étude et la connaissance des phénomènes, des lois, des fonctions, des organes sociaux relatifs à la représentation, à la délibération, à la décision et à l'exécution des divers intérêts collectifs.
La politique est la théorie de la volonté collective; la politique est le système régulateur suprême des intérêts ou besoins économiques, génésiques, artistiques, scientifiques, moraux et juridiques qui ne trouvent pas dans leurs centres propres et successifs de coordination de régulateurs suffisants.
Quant aux croyances et aux doctrines politiques, elles appartiennent évidemment à ce groupe de phénomènes sociaux que nous avons embrassés, d'après leurs caractères communs, dans notre tableau hiérarchique et intégral des sciences, sous le titre de: scientifiques ou intellectuels.
Les croyances et les doctrines politiques sont naturellement soumises aux lois les plus générales, tant statiques que dynamiques, de ce groupe de phénomènes. Homogènes, confuses et incohérentes primitivement, elles se confondent successivement avec les systèmes théologiques et subissent l'influence des conceptions métaphysiques; elles partagent, sous ce rapport, le sort de la morale et du droit; comme eux la science politique ne se dégage que fort tard des inévitables synthèses hypothétiques; même après que la politique a commencé à devenir positive, elle se confond encore longtemps avec les principes simplement moraux et avec le droit, surtout avec le droit représenté par la loi.
Observons les stades successifs parcourus par les croyances et les doctrines politiques, depuis leurs formes les plus rudimentaires jusqu'à ces formes déjà élevées que nous rencontrons notamment au Pérou et au Mexique, dans l'Egypte ancienne, dans l'Iran, dans l'Inde, dans la Perse et surtout dans cette intéressante civilisation chinoise, qui par cela même qu'elle a eu si peu de rapports avec la nôtre, constitue, par sa conformité avec les lois sociologiques générales, la plus remarquable expérience collective dont il nous soit peut-être donné de profiter. C'est en Chine, notamment, que la science politique, dégagée en grande partie des formes religieuses, nous apparaît comme une science essentiellement morale et confondue complètement encore avec cette dernière.
La merveilleuse conformité structurale et évolutive que nous découvrons sous les apparences divergentes de ces civilisations particulières nous permet d'entrevoir la possibilité de procéder à des généralisations provisoires et partielles et de dégager quelques lois sociologiques relatives à la structure et à l'évolution des doctrines et des croyances politiques.
L'histoire grecque et romaine nous montre un progrès immense réalisé dans la pratique et dans la doctrine relatives aux organisations des fonctions représentatives et executives. C'est là, malgré ce qu'en pensent les admirateurs exclusifs des races germaniques, c'est là et dans ces communautés primitives dont la tradition ne se perdit jamais, que se trouvent les origines profondes et les racines indestructibles de ce self-government social qui est l'idéal des sociétés politiques.
L'étude des croyances et des doctrines politiques est donc une application des méthodes à la fois logique, dogmatique et historique que nous avons exposées au début de ce travail; les observations et les expériences qu'elle fournit permettront de dégager d'abord certaines lois sociologiques particulières à des sociétés déterminées dans l'espace et le temps; puis, par degrés successifs, de s'élever jusqu'à des lois communes à un nombre plus ou moins considérable de sociétés et finalement à des lois communes à toutes les sociétés dans quelque période du temps ou dans quelque partie de l'espace qu'elles vivent ou aient vécu. Ainsi, de notions d'abord simplement empiriques, d'observations et d'expériences isolées, nos vues s'étendront de plus en plus vers le champ plus vaste des lois sociologiques, d'abord concrètes et finalement abstraites, qui régissent les formes et la croissance ou la dégénérescence des croyances et des doctrines politiques. Voilà la seule méthode, lente mais sûre, de toute investigation scientifique; pour comprendre les phénomènes sociaux, il ne suffit pas de les voir de haut; celui qui observerait notre humanité en installant son observatoire dans un ballon à plusieurs milliers de mètres de hauteur, ne pourrait s'en former qu'une conception fort simpliste et bien vague; l'abstraction des détails ne doit se faire que graduellement et la recherche des grandes lignes ne doit jamais faire perdre de vue les petites; ces grandes lignes, dans l'espèce les lois sociologiques abstraites, ne sont que la synthèse de tous les linéaments particuliers, c'est-à-dire non seulement des lois sociologiques concrètes, mais de toutes les observations et expériences isolées qui forment les matériaux de ces dernières.
Les croyances et les doctrines politiques font donc elles-mêmes partie intégrante d'une structure sociale générale, elles concourent à la dynamique d'ensemble des sociétés; cette seule considération suffit à démontrer qu'elles sont régies par des lois statiques et fonctionnelles comme tous les autres phénomènes organiques. Elles sont toutes d'abord déterminées et par les conditions et les lois de leur milieu externe, inorganique et physiologique, c'est-à-dire par toutes les propriétés ou forces physiques, et par toutes les propriétés ou forces des unités biologiques humaines, douées de sensibilité, dont l'agrégat combiné avec le milieu physique forme la matière sociale.
Les croyances et les doctrines politiques sont avant tout conditionnées par ce milieu et parla elles reçoivent, comme nous l'avons déjà indiqué pour les phénomènes sociaux en général, cette uniformité de structure et de croissance qui assure objectivement, dès les commencements, l'unité de l'espèce humaine. Plus tard, la différenciation progressive des formes et des fonctions, c'est-à-dire la tendance aux variations dans l'espèce humaine, sera contre-balancée par l'uniformité plus complexe et plus haute qui résultera notamment des progrès de la science, de la morale et du droit d'où naîtront finalement des institutions politiques internationales; en attendant, dès son enfance et dès ses premiers pas, l'uniformité constitutionnelle de tous les groupes sociaux épars est assurée par leur dépendance étroite vis-à-vis des grandes lois physiques et organiques communes, dans des limites de variations restreintes, à l'ensemble de l'humanité.
Ce n'est pas tout: en tant que partie intégrante de la structure générale, les croyances et les doctrines politiques sont toujours coordonnées avec les autres parties de cette structure; elles sont un rouage dans la machine collective; leurs formes et leur croissance sont toujours en rapport avec les formes et la croissance de cet autre milieu que l'on peut appeler interne.
Les croyances et les doctrines politiques ne trouvent pas en elles seules une explication suffisante; il faut toujours les étudier dans leurs rapports avec leur milieu externe physique et ethnographique et avec leur milieu social interne surtout économique, génésique, philosophique et notamment dans leurs rapports avec les institutions politiques elles-mêmes; les croyances et les doctrines sont incompréhensibles si on ne soumet pas leur étude à ce déterminisme scientifique. En l'absence de cette méthode, les croyances et les doctrines politiques nous apparaissent, ainsi que dans l'ouvrage de M. Paul Janet, comme des créations purement subjectives de génies plus ou moins profonds, soutenant tour à tour des thèses plus ou moins brillantes; nous voyons alors leur historien entrer en lice avec des théoriciens morts depuis des siècles et démontrer au public, sans contradiction possible, qu'Aristote et Platon se sont grandement trompés en ne pensant pas, il y a plus de deux mille ans, comme on pense de nos jours; c'est là de la critique et de l'histoire négatives et stériles; s'il n'est pas extraordinaire que les illustres ancêtres de la science politique ne soient pas imbus des idées modernes, il l'est certes beaucoup plus que les publicistes de notre temps continuent à s'embourber dans les ornières anciennes.
Les croyances et les doctrines politiques ne sont pas des jeux d'esprit arbitraires; elles exercent une importante fonction sociale; leur fonctionnement est en rapport direct avec la nature de notre intelligence. Celle-ci est douée de propriétés d'un côté analytiques et critiques, de l'autre synthétiques et coordinatrices. De là le double caractère des idées et des théories politiques en général, leur double mission sociale. D'une part, elles travaillent à la dissolution et à l'expulsion des institutions vieillies et qui ne sont plus en rapport avec le reste de la structure collective, c'est leur aspect négatif et critique; d'autre part, elles coopèrent à la formation des institutions nouvelles en correspondance avec les nécessités et les idées modernes.
Les croyances et les doctrines politiques sont donc des organes importants du corps social dont la fonction est à la fois révolutionnaire et organisatrice. Transitoirement, tant que les institutions sociales sont conformes aux besoins sociaux, tant qu'elles ne sont pas par conséquent discutées et mises en question, les croyances et les doctrines politiques, conformes alors à ces institutions, sont le plus fort ciment de la société et dans ce cas, très rare surtout dans les sociétés modernes si instables et si vivantes, elles sont essentiellement conservatrices. Dès qu'une institution sociale, au contraire, est discutée, c'est un indice de sa transformation ou de sa suppression inévitables. C'est dans ce sens qu'A. Thierry a pu écrire avec raison en parlant des écrits juridiques et politiques qui se publiaient sous le règne d'Elisabeth: «Dans ce temps-là, une nuée de jurisconsultes se levaient pour démontrer ce qui ne se démontre point, le pouvoir. Le pouvoir se déclare en s'exerçant; c'est un fait que le raisonnement ne crée ni ne détruit. Toute puissance qui argumente et soutient qu'elle existe, prononce qu'elle a cessé d'être.»[26]
Or, par cela même que la stabilité absolue serait la mort absolue, toute puissance argumente parce que inévitablement, à certains stades du développement social, elle est discutée; éternelle est donc la critique, c'est-à-dire le progrès, mais éternelle également la transformation organique, c'est-à-dire la création incessante de l'ordre; ordre et progrès, voilà la haute conception sociale que la science politique positive dégage de l'étude des phénomènes sociaux, voilà les deux faces du même drapeau autour duquel combattent des partis dont l'absolutisme intransigeant favorise sans s'en douter, en s'entrechoquant et en se neutralisant, la production continue d'un ordre et d'un progrès relatifs, indispensables l'un et l'autre à la conservation de la vie sociale.
La structure et la dynamique sociales nous apparaissent comme essentiellement instables et variables, bien que dans des limites déterminées; la statique des sociétés est une statique vivante comme celle des corps organisés; dans la réalité, leur structure est inséparable de leur fonctionnement. L'une et l'autre relèvent, mais en y ajoutant des caractères spéciaux et plus complexes, des lois les plus générales de l'univers, la persistance de la force, l'intégration et la désintégration incessantes de la matière et du mouvement, en un mot de l'évolution et de la dissolution continues de toutes les formes existantes.
M.H. Spencer a parfaitement exposé les rapports étroits qui relient la vie des sociétés à l'ordre universel.[27]Au point de vue de l'évolution, il a démontré que le progrès social est accompagné généralement d'un accroissement de la masse, d'une différenciation progressive de ses parties et de ses fonctions, de la formation successive d'organes de plus en plus spéciaux et élevés, enfin d'une coordination de plus en plus parfaite de ces parties et de ces organes dans des centres régulateurs et modérateurs suivant des modes à peu près semblables à l'organisation du système nerveux chez les animaux supérieurs. L'évolution des formes du système nerveux aux divers degrés de la vie animale est peut-être la meilleure étude préparatoire à la sociologie; c'est la transition naturelle de la biologie à la psychologie et à la science sociale.
Cette étude préliminaire a un autre avantage: elle nous initie à une conception non plus simplement métaphysique, mais organique du progrès: ainsi l'ancienne philosophie de l'histoire devient une philosophie positive directement en rapport avec les lois de l'évolution universelle.
Les sociétés primitives n'ont pas l'idée de progrès; même, dans des civilisations très avancées, la croyance générale, par un phénomène psychique très naturel, commence par placer l'âge d'or à l'origine des sociétés. Déjà cependant, dans l'Inde, en Perse, à Rome, en Judée, parmi les esprits les plus cultivés d'abord, dans la masse ensuite, une révolution s'opère; l'âge d'or est placé à la fin des âges successifs prédits par les prophètes et les poètes.[28]
L'idée de progrès est non pas une conception innée à l'humanité, c'est une lente acquisition transmise et développée héréditairement; aujourd'hui, elle peut être considérée comme essentiellement humaine; beaucoup d'animaux sentent leur coopération simultanée; les hommes seuls, et encore convient-il de limiter ce privilège aux sociétés les plus avancées, ont conscience et concourent au développement d'une coopération successive qui relie par la tradition le passé à l'avenir, assurant ainsi notre évolution graduelle. Cette différenciation psychique et sociologique entre les animaux et l'espèce humaine fut une lente acquisition dont le développement n'entre pas dans le plan de cette étude; contentons-nous de signaler que, même de nos jours, cette différenciation est loin d'être universellement accomplie.
Parmi les intelligences philosophiques les plus élevées, l'ancien concept d'un âge d'or primitif, de formes sociales originaires supérieures, ne s'est pas entièrement effacé; il s'est simplement transformé. Ce n'est cependant qu'en apparence que le progrès semble se manifester par un retour aux formes anciennes. Déjà Hegel, et d'autres après lui, avaient érigé en loi générale du progrès la ressemblance des formes dernières et futures avec les formes primitives. Cette conception, bien que fausse, était historiquement naturelle; elle inaugurait l'idée évolutionniste, mais continuait à se rattacher aussi notamment à cette autre croyance ancienne, encore persistante actuellement, d'après laquelle les civilisations se mouvaient dans un cercle fatal.
D'après M. de Roberty,[29]cette loi ne pourrait, si elle existe, s'appliquer qu'aux erreurs et aux mécomptes de l'esprit; l'humanité agirait dès lors comme l'individu, qui, conscient de s'être égaré, revient sur ses pas pour retrouver sa route. M. de Roberty attribue à ce phénomène le mouvement qui s'est produit parmi les criticistes et qui eut pour objet de nous présenter la métaphysique comme une sorte de poésie générale ou supérieure. J'ai décrit moi-même ailleurs les liens filiaux de descendance directe et organique qui existent entre l'art, la religion et la métaphysique. Toutefois, même avec l'explication de mon savant ami, la loi du retour aux formes primitives me paraît inacceptable. Bien qu'elle semble s'observer, notamment en économie sociale, dans une certaine tendance vers les formes collectives primitives particulièrement de la propriété et, de même dans quelques écoles artistiques et dans plusieursdesideratapolitiques tels que la législation directe, lereferendum, etc., ce retour n'est qu'apparent; il indique simplement la nécessité de renouer nos liens traditionnels avec l'égalité homogène mais rudimentaire primitive; les sociétés modernes ne pourront le faire, dans tous les cas, qu'avec d'énormes modifications et adaptations en rapport avec leur complexité croissante; si c'était un retour pur et simple, ce ne serait plus un progrès, mais une régression. De Laveleye entre autres a malheureusement, dans ses études sur les formes primitives de la propriété, laissé subsister trop d'équivoques à cet égard.
La théorie du progrès devient parfaitement claire et intelligible si nous mettons les caractères si bien décrits par M. Herbert Spencer et énumérés par nous ci-dessus, en rapport avec la classification hiérarchique naturelle des phénomènes sociaux, de leurs fonctions et de leurs organes, classification que nous croyons avoir démontré être le fondement indispensable de toute sociologie scientifique.
Les lois de l'évolution et de la régression sociales sont des lois organiques, à un degré plus élevé que les lois psychiques et de deux degrés plus élevées que les lois purement biologiques. Voilà ce dont il faut bien se pénétrer. En somme, en complétant l'exposé sociologique de Comte et de Spencer par une classification hiérarchique des faits sociaux et par l'extension des lois évolutionnistes de la biologie et de la psychologie à révolution progressive ou régressive des sociétés, nous continuons simplement leur oeuvre en la perfectionnant.[30]
Sans remonter aux lois les plus générales de l'évolution dans la nature inorganique, voyons, par quelques exemples, comment s'opèrent le progrès et la décadence dans le domaine biologique et psychique.
«Si nous éthérisons des animaux, comme des grenouilles, en continuant indéfiniment l'introduction des vapeurs d'éther, nous voyons successivement s'éteindre, après la sensibilité consciente, toutes les manifestations de la sensibilité inconsciente dans l'intestin et les glandes et nous finissons par arrêter l'irritabilité musculaire et les agitations si vivaces des cils vibratiles implantés en très grand nombre, comme les poils d'une brosse, dans certaines membranes muqueuses, par exemple celle qui tapisse les voies respiratoires.[31]
Voilà la description d'une loi régressive à la fois biologique et psychique, nous pouvons la compléter par un exemple vulgaire tiré de la biologie seule et montrant à la fois le double aspect progressif et régressif de la vie: le coeur, organe de la circulation, est, suivant l'heureuse expression de Haller, l'organum primum vivens, ultimum moriens.
En résumé, tous les faits biologico-psychiques, qu'il nous est impossible de cataloguer ici, paraissent se résumer en cette loi que les fonctions et les organes les premiers formés continuent à survivre aux plus récents; ceux-ci s'arrêtent les premiers; d'un autre côté, les plus anciens sont les plus simples et les plus essentiels à la vie générale, les plus récents sont les plus délicats et les plus spéciaux.
Voyons ce qui se passe dans le domaine principalement psychique.
Dans sa belle étude sur lesMaladies de la mémoire,[32]M. Th. Ribot expose fort bien que l'affaiblissement de la mémoire porte d'abord sur les faits récents. Les faits nouveaux ne s'inscrivent plus dans les centres nerveux ou sont de suite effacés. La cause réside dans une lésion anatomique grave: un commencement de dégénérescence des cellules nerveuses; elles sont en voie d'atrophie; «le nouveau meurt avant l'ancien».
L'affaiblissement porte ensuite sur les acquisitions intellectuelles (scientifiques, artistiques, professionnelles, les langues étrangères, etc.); les souvenirs personnels s'effacent en descendant vers le passé; ceux de l'enfance disparaissent les derniers. La cause anatomique est une atrophie qui envahit peu à peu l'écorce du cerveau, puis la substance blanche produisant une dégénérescence des cellules, des tubes et des capillaires de la substance nerveuse.
Les facultés affectives s'éteignent bien plus lentement que les intellectuelles; elles sont l'expression immédiate et permanente de notre organisation.
Les dernières acquisitions qui résistent sont celles qui sont presque entièrement organiques: la route journalière, les vieilles habitudes appartenant à l'activité automatique, avec un minimum de mémoire consciente, forme inférieure à laquelle les ganglions cérébraux, le bulbe et la moelle suffisent.
La mémoire descend donc de l'instable au stable, du spécial au général. La preuve ou vérification résulte de ce que la guérison ou reconstitution se fait en sens inverse, du stable à l'instable, du général au spécial.
Cette loi n'est elle-même qu'un cas particulier de la loi biologique plus simple d'après laquelle les structures formées les dernières sont, comme nous l'avons vu, les premières à dégénérer dans l'ordre inverse de leur évolution progressive.
Il en est de même pour les phénomènes psychiques volontaires.[33]
Prenons maintenant comme exemple une fonction dont l'organisation est en rapport à la fois avec la biologie, la psychologie et en partie déjà également avec la sociologie: le langage.[34]Nous y constatons les mêmes lois d'évolution, progressive et régressive. La mémoire du langage et des signes se perd suivant un ordre naturel et nécessaire. D'abord disparaît le langage rationnel, représenté par les mots; en première ligne les substantifs ou noms propres et noms de choses, concepts concrets, puis les verbes qui servent de lien ou de rapport entre les noms, et enfin les adjectifs qui avec les verbes sont les signes indicatifs d'actes et de qualités.
Après les mots, s'éteint le langage émotionnel représenté par les interjections, les phrases exclamatives. En dernier lieu s'annihile le simple langage musculaire, celui des gestes.[35]
De même, à titre de vérification, nous observons que la loi de formation du langage va des gestes aux paroles et de ces dernières aux signes idéaux, à l'écriture.
L'ordre sociologique étant une continuation plus complexe de l'ordre universel antécédent plus simple, nous voilà préparés à concevoir la nature des lois progressives et régressives en ce qui le concerne.
Dans le deuxième volume de monIntroduction à la sociologie, j'ai systématiquement exposé comment les fonctions et organes relatifs à chacune des sept classes de phénomènes sociaux se forment naturellement les uns des autres suivant leur ordre de complexité et de spécialité croissantes. Leur déformation régressive suit l'ordre inverse, c'est-à-dire que l'organisation politique décline avant l'organisation juridique, celle-ci avant la structure morale, laquelle se dégrade avant les institutions scientifiques; ces dernières à leur tour s'effondrent antérieurement aux formes artistiques dont le déclin précède celui de la vie familiale qui s'évanouit avant la débâcle économique après laquelle les sociétés retombent dans les modes incohérents et simplement automatiques des formes primitives.
Ceci encore une fois n'est qu'une application particulière d'une loi générale d'après laquelle la stabilité des formes est en raison inverse de leur complexité. Les structures sociales sont plus instables que les structures vivantes, celles-ci que les formes inorganiques, et, dans toute société, les formes les plus élevées sont aussi les plus délicates, les plus mobiles, les plus variables. Le pouvoir politique peut être bouleversé, sans que les lois soient changées; celles-ci peuvent être fréquemment remaniées sans que leur changement corresponde à une transformation des moeurs; enfin de grandes révolutions politiques, juridiques et morales peuvent agiter la société sans altérer en rien leur structure économique. En général, les formes les moins complexes et les plus stables sont naturellement les plus lentes à se modifier. Ainsi, von Ihering a fort bien observé, qu'en droit romain, la reconnaissance de l'indépendance privée du fils demanda un temps infiniment plus long que l'émancipation politique de la plèbe. Il en est aujourd'hui de même pour la situation civile de la femme même dans les pays à suffrage universel.
Les régressions sociales, de même que le progrès, peuvent être vives ou lentes, régulières ou quasi subites. En temps de guerre, le corps social se rétracte; ce n'est plus qu'une hiérarchie militaire avec une tête, le droit redevient l'antique commandement,jus, jussus. Ainsi, à Rome, les tribuns du peuple n'avaient plus de pouvoir à l'armée; la plèbe y redevenait sujette. Il y a aussi régression subite et complète quand un groupe social plus ou moins nombreux et avancé est subitement enlevé au milieu de la formation de son organisation supérieure. Au Mexique, dans l'Amérique du Sud, aux îles Fidji, on a vu des Européens retourner en peu de temps à la sauvagerie, même au cannibalisme.[36]
Sans une classification hiérarchique naturelle des phénomènes sociaux, la statique et surtout la dynamique sociales deviennent inintelligibles et inexplicables. Non seulement la formation et la déformation des fonctions et des organes, dans les sociétés, s'effectuent dans l'ordre de leur hiérarchie naturelle, mais dans chaque classe, la formation et la déformation des fonctions et des organes particuliers de cette classe s'opèrent suivant la même loi. Ainsi dans l'organisation politique les formes contractuelles supérieures et récentes de self-government s'effaceront avant les formes purement administratives, avant les conseils d'Etat, les ministères, avant surtout le despotisme du pouvoir exécutif. Dans la vie économique, les formes destinées à assurer la liberté du travail, les conseils de l'industrie, les chambres de conciliation et d'arbitrage, etc., de formation moderne, disparaîtront avant les anciennes structures capitalistes et propriétaires d'origine ancienne, féodale, ou quiritaire. Celles-ci, à leur tour, disparaîtraient avant qu'il fût possible aux civilisations avancées de retourner aux formes homogènes primitives.[37]
Quelques exemples empruntés à chacune des classes de phénomènes sociaux suffiront pour le moment à justifier l'exactitude de ces lois sociologiques relatives au progrès et à la décadence des sociétés.
Les formes politiques, particulièrement les structures supérieures, disparaissent les premières. Ainsi la féodalité n'existe plus comme organisation politique, mais elle persiste encore dans les rapports économiques et moraux et même familiaux de nos propriétaires avec leurs tenanciers et ouvriers. Ce qui s'établit à l'origine et fut la base de la féodalité est ce qui perdure en dernier lieu. Tant que ces rapports originaires, les plus simples et les plus généraux subsistent, le péril social subsistera également de voir renaître les formes politiques et juridiques correspondantes plus complexes qui en sont la suite naturelle.
Un droit, justifié à l'origine, peut devenir un privilège odieux; ainsi l'immunité des impôts au profit de la noblesse qui était chargée de l'office militaire cessa d'être juste après que cette caste ne remplit plus son office; le droit se transforma après la suppression de la fonction politique.
Dans toutes les grandes civilisations passées, nous pouvons observer que la décomposition morale commence par l'effondrement des grandes doctrines religieuses ou métaphysiques qui, tombées en discrédit, laissent à découvert les profondes lésions qui ont atteint les moeurs en général.
Dans son discours de réception à l'Académie française, l'illustre G. Bernard montrait fort bien la filiation des arts, des lettres et des sciences: «On a raison de dire que les lettres sont les soeurs aînées des sciences. C'est la loi de l'évolution intellectuelle des peuples qui ont toujours produit leurs poètes et leurs philosophes (métaphysiciens) avant de former leurs savants. Dans ce développement progressif de l'humanité, la poésie, la philosophie et les sciences expriment les trois phases de notre intelligence, passant successivement par le sentiment, la raison et l'expérience.» De son côté, M. Ch. Potvin indique comme suit que la régression s'opère en sens inverse lorsqu'il écrit que «le siècle des ducs de Bourgogne jusqu'à Charles-Quint est à la fois notre premier siècle artistique et notre dernier siècle littéraire». Cela signifie que le recul social inauguré par le despotisme politique avait déjà détruit le développement intellectuel pour ne laisser subsister et s'épanouir que les formes artistiques.
A Rome, en Grèce, on continue à avoir dans la maison un foyer domestique, à le saluer, à l'adorer, à lui offrir la libation, mais ce n'était plus qu'un culte d'habitude non vivifié par la foi; de même pour le foyer des villes ou prytanée, on n'en comprenait plus l'antique signification: le culte des ancêtres, des fondateurs, des héros de la cité; on continuait à entretenir le feu, à faire les repas publics, à chanter les vieux hymnes qu'on ne comprenait plus; les divinités de la natureredevenaientdes sujets poétiques. Les rites et les pratiques survivaient aux croyances. Ce qui subsiste le plus longtemps des religions, c'est ce par quoi elles ont commencé, les rites, les sacrifices, le cérémonial; la foi païenne n'existait plus qu'on punissait encore sévèrement toute atteinte posée aux rites.
De même continuaient les repas publics en commun alors que la communauté économique et familiale primitive avait depuis si longtemps disparu que les repas publics, dégénérés en routine, n'avaient plus de sens ni pour la multitude ni même pour les sommités sociales.
Les sociétés progressent et régressent donc suivant des lois nécessaires dont nous venons de donner un faible aperçu. Insistons cependant sur ce point commun à la sociologie et à la psychologie, que toute décadence des formes et des fonctions supérieures voile généralement une lésion plus ou moins grave des formes inférieures. C'est ainsi que les dégénérescences psychiques sont déterminées par des lésions anatomiques. En sociologie, les troubles politiques, juridiques, moraux, philosophiques, artistiques, familiaux, révêlent le plus souvent de graves perturbations économiques, lesquelles à leur tour peuvent être en rapport avec des troubles psychiques et une décadence biologique graves; dans ces derniers cas, la vie même de la société, en général, est en péril.
Les sociétés peuvent donc se déformer et mourir suivant certaines lois de même qu'elles progressent et naissent suivant des lois, également naturelles. Dans les sociétés, comme chez les animaux, le degré de vie varie avec le degré de correspondance. Parmi les animaux d'organisation inférieure, la mortalité est énorme; ils subissent les influences les plus simples; les autres ont plus de ressources, plus de vie, ils s'adaptent à des circonstances plus nombreuses, plus spéciales; leur existence est moins simple, leur formation est plus longue; leur mort exige plus de complications. Les sociétés sont donc d'autant plus viables qu'elles savent s'élever à des formes plus complexes et plus spéciales, facilitant leur adaptation continuelle, rétablissant leur équilibre instable de manière à ne pas être à la merci d'une perturbation élémentaire.
Il n'y a pas de raison pour qu'une société pacifique, laborieuse, où la circulation des richesses est bien répartie, où la vie familiale, émotionnelle, intellectuelle et morale progresse et s'épure, où la justice devient de plus en plus la règle de l'activité sociale et où la politique enfin n'est que la régulatrice suprême des grands intérêts sociaux exactement représentés et se gouvernant librement eux-mêmes, périsse accidentellement ou naturellement. Au contraire, se développant régulièrement au point de vue de la masse, se différenciant de mieux en mieux dans ses parties, coordonnant ces dernières clans des organes locaux, régionaux et internationaux de plus en plus élevés, une telle société peut défier la mort; sa longévité indéfinie finit par se confondre avec celle de l'espèce humaine et de ses conditions terrestres.
En cela la vie sociale se distingue de la vie animale ordinaire et aussi en ce que les sociétés étant composées d'unités sensibles et conscientes, bien qu'à des degrés divers, elles ont le pouvoir, dans les limites naturelles, d'abréger ou d'augmenter spontanément le cours de leur existence; leur vie et leur mort sont, dans ces conditions, entre leurs mains.
FIN
NOTES:[1]BERTHELOT.La Synthèse chimique.[2]Pour n'en citer qu'un exemple, le contrat de louage de service, tel que le règle le Code civil, présuppose le libre arbitre absolu de l'individu et une égalité idéale entre le maître et l'ouvrier; cette conception métaphysique viole à la fois et méconnaît les conditions physiologiques, psychiques et collectives, notamment économiques, de la classe laborieuse. C'est ce qu'ont dû finalement reconnaître tous les publicistes qui se sont occupés, par exemple, de la question des accidents du travail et de la réglementation de ce dernier au point de vue des sexes, de l'âge et aussi de la durée du travail même pour les adultes.[3]L'application des théories darwiniennes, essentiellement biologiques,aux phénomènes sociaux est un exemple du danger auquel on s'expose en cherchant à ramener des phénomènes complexes qui ont des lois en partie propres à eux seuls et en partie communes avec les autres sciences uniquement à ce dernier caractère. Les simplificateurs à outrance de cette école en sont naturellement arrivés par ce procédé vicieux à perdre notamment de vue que la lutte sociale pour l'existence n'est pas seulement représentée par un irréductible antagonisme, mais aussi par une coopération naturelle dont l'influence bienfaisante ne fait que croître avec les progrès de la civilisation.[4]J.-S. MILL,Système de logique, traduction PEISSE, 2eédition, t. I, p. 425-484; A. BAIN,Logique déductive et inductive, traduction COMPAYRÉ, 2° édition, t. II, p. 75-115.[5]Logique, t. I, 421.[6]Logique, t. I, 421 et suiv.[7]Réforme, année 1891, nos121, 122, 165 et 166.[8]C'est ainsi qu'à la suite des autres sciences, la science sociale transforme insensiblement son enseignement dogmatiqueex cathedraen un enseignement pratique et expérimental. Autrefois aussi la botanique et la physiologie, par exemple, s'enseignaient d'une façon exclusivement orale ou écrite. Aujourd'hui, en Italie par exemple, des professeurs de criminologie, tels que Lombroso, E. Ferri et d'autres, ont joint à leurs leçons orales des observations dans des Musées d'anthropologie et une véritable clinique criminelle dans les prisons où ils se rendent avec les étudiants des Facultés de droit.[9]Condorcet, notamment, croyait à la possibilité de la prolongation indéfinie de la vie humaine.[10]Pour les développements de ces considérations et de celles qui suivent, lire la première partie de notreIntroduction à la Sociologie.[11]Introduction à la Sociologie, deuxième partie:Fonctions et organes.[12]Pour les développements relatifs à la classification hiérarchique des phénomènes sociaux, lirel' Introduction à la Sociologie.[13]Le Régime représentatif, par G. De Greef. Bruxelles, 1893. Office de publicité.[14]CH. LABOULAYE.Dictionnaire des Arts et Manufactures.V.Chemins de fer.—P.-J. PROUDHON.Des réformes à opérer dans l'exploitation des Chemins de fer.D'après HUHLMANN, l'effort de tirage nécessaire pour mettre en mouvement une charge P sur essieu, est une fraction K de P, c'est-à-dire F = KP.K, coefficient de tirage, diminue avec la résistance.Pour un mauvais empierrement K = 0,070Sur bonne voie empierrée K = 0,030Sur pavé K = 0,018Sur rail K = 0,005Mathématiquement et pour tenir compte de toutes les conditions variables du roulement, la formule établie par RUHLMANN contient les notions suivantes:P, poids reposant sur une roue; K, coefficient de résistance auroulement;Q, poids de la roue; R, rayon de la roue;F, coefficient du frottement de JLF, rayon de la fusée.la fusée;Sur un rail, c'est-à-dire sur une route de nature parfaite, K (P + 2) / r devient négligeable.[15]Semaine du 26 novembre au 2 décembre 1891: 149,583,000 livres sterling. Les Etats-Unis, l'Angleterre, la France, l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne se sont successivement assimilé cette institution; la Belgique, ici encore, retarde.[16]Cette prévision s'est réalisée après que ces pages étaient écrites ainsi que mes auditeurs à l'Ecole des sciences sociales ont pu le constater par les chiffres que je produisis devant eux pendant mes leçons de l'année suivante. En 1890, en effet, les naissances illégitimes par 100 naissances ont été: Royaume, 8.63 p. 100; Hainaut, 10.44 p. 100; Luxembourg, 2.95 p. 100. Dans cette dernière province, en 1890 comme en 1889, le chiffre total des naissances a diminué et celui des naissances illégitimes s'est accru; la population en général tend à y décroître.En 1891, le salaire net moyen des houilleurs du Hainaut est tombé à 3 fr. 06 par jour; la dépression ayant persisté depuis, nous pouvons prévoir une augmentation des naissances illégitimes; les statistiques officielles nous font défaut jusqu'ici.[17]Exposés de la situation du RoyaumeetAnnuaires statistiques de la Belgique.[18]Introduction à la Sociologie, t. II, p. 148 à 189.[19]Compte général de l'Administration de la justice criminelle en France, de 1826 à 1880.—-QUETELET,Physique sociale, t. II, p. 232 et suiv.[20]L'Ariôge, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Tarn, l'Aveyron, le Lot, le Cantal, la Lozère, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme et la Creuse.[21]YVERNÈS.Compte de la Justice criminelle; Rapport. p. XXXIII.[22]Bruxelles, imprimerie de la Banque nationale, 1884.[23]A ceux qui voudront se former une conception exacte des rapports qui existent entre les faits économiques, je recommande tout spécialement, comme des modèles de méthode et d'exactitude, les diagrammes de M.H. DENIS, professeur d'économie politique à l'Université de Bruxelles et tout particulièrement sonAtlas de diagrammes relatifs à l'histoire des prix en Belgique.Bruxelles, 1885.[24]DE LAVELEYE,Economie politique; Id.,Le Gouvernement dans la démocratie, notamment le chapitre ii:la Société n'est pris un organisme.[25]G. DEGREEF.Le Régime représentatif. Bruxelles, 1892.[26]Dix ans d'études historiques: Vue des révolutions d'Angleterre.[27]Les premiers principes.—Essais sur le progrès,p. 1 à 79.—Principes de sociologie, passim.[28]Virgile,Eglog. IV.—Servius sur le vers 4 de cette éclogue.—Nigidius cité par Servius sur le vers 10.-Livres du Daniel et d'Hénoch.—Liv. III, 97-817 desLivres sibyllins.[29]La Recherche de l'unité, p. 6. Paris, Alcan.[30]J'ai proposé pour la première fois, après de longues préparations, mes idées sur les lois sociologiques de l'évolution progressive et régressive des sociétés dans mon cours à l'École des sciences sociales de l'Université de Bruxelles en 1889-1890. Je m'y appuyais notamment sur des faits psychiques décrits par M. Ribot dansles Maladies de la Mémoire.[31]Claude Bernard.La Science expérimentale. Paris, F. Alcan.[32]Paris, Félix Alcan, p. 92 et suiv.[33]Th. Ribot.Les Maladies de la volonté. Paris, F. Alcan, 8eédition, 1893.[34]A. Comte fait figurer la théorie du langage dans saStatique sociale.[35]Th. Ribot.Les Maladies de la mémoire. Paris, F. Alcan, 8eédition, 1893.[36]Waitz.Anthropology, 313. Traduction anglaise.[37]Nous réservons à nos deux derniers volumes d'Introduction à la Sociologieconsacrés à la Structure et à la Dynamique générales des sociétés l'exposé et la démonstration méthodiques de ces lois.
[1]BERTHELOT.La Synthèse chimique.
[1]BERTHELOT.La Synthèse chimique.
[2]Pour n'en citer qu'un exemple, le contrat de louage de service, tel que le règle le Code civil, présuppose le libre arbitre absolu de l'individu et une égalité idéale entre le maître et l'ouvrier; cette conception métaphysique viole à la fois et méconnaît les conditions physiologiques, psychiques et collectives, notamment économiques, de la classe laborieuse. C'est ce qu'ont dû finalement reconnaître tous les publicistes qui se sont occupés, par exemple, de la question des accidents du travail et de la réglementation de ce dernier au point de vue des sexes, de l'âge et aussi de la durée du travail même pour les adultes.
[2]Pour n'en citer qu'un exemple, le contrat de louage de service, tel que le règle le Code civil, présuppose le libre arbitre absolu de l'individu et une égalité idéale entre le maître et l'ouvrier; cette conception métaphysique viole à la fois et méconnaît les conditions physiologiques, psychiques et collectives, notamment économiques, de la classe laborieuse. C'est ce qu'ont dû finalement reconnaître tous les publicistes qui se sont occupés, par exemple, de la question des accidents du travail et de la réglementation de ce dernier au point de vue des sexes, de l'âge et aussi de la durée du travail même pour les adultes.
[3]L'application des théories darwiniennes, essentiellement biologiques,aux phénomènes sociaux est un exemple du danger auquel on s'expose en cherchant à ramener des phénomènes complexes qui ont des lois en partie propres à eux seuls et en partie communes avec les autres sciences uniquement à ce dernier caractère. Les simplificateurs à outrance de cette école en sont naturellement arrivés par ce procédé vicieux à perdre notamment de vue que la lutte sociale pour l'existence n'est pas seulement représentée par un irréductible antagonisme, mais aussi par une coopération naturelle dont l'influence bienfaisante ne fait que croître avec les progrès de la civilisation.
[3]L'application des théories darwiniennes, essentiellement biologiques,aux phénomènes sociaux est un exemple du danger auquel on s'expose en cherchant à ramener des phénomènes complexes qui ont des lois en partie propres à eux seuls et en partie communes avec les autres sciences uniquement à ce dernier caractère. Les simplificateurs à outrance de cette école en sont naturellement arrivés par ce procédé vicieux à perdre notamment de vue que la lutte sociale pour l'existence n'est pas seulement représentée par un irréductible antagonisme, mais aussi par une coopération naturelle dont l'influence bienfaisante ne fait que croître avec les progrès de la civilisation.
[4]J.-S. MILL,Système de logique, traduction PEISSE, 2eédition, t. I, p. 425-484; A. BAIN,Logique déductive et inductive, traduction COMPAYRÉ, 2° édition, t. II, p. 75-115.
[4]J.-S. MILL,Système de logique, traduction PEISSE, 2eédition, t. I, p. 425-484; A. BAIN,Logique déductive et inductive, traduction COMPAYRÉ, 2° édition, t. II, p. 75-115.
[5]Logique, t. I, 421.
[5]Logique, t. I, 421.
[6]Logique, t. I, 421 et suiv.
[6]Logique, t. I, 421 et suiv.
[7]Réforme, année 1891, nos121, 122, 165 et 166.
[7]Réforme, année 1891, nos121, 122, 165 et 166.
[8]C'est ainsi qu'à la suite des autres sciences, la science sociale transforme insensiblement son enseignement dogmatiqueex cathedraen un enseignement pratique et expérimental. Autrefois aussi la botanique et la physiologie, par exemple, s'enseignaient d'une façon exclusivement orale ou écrite. Aujourd'hui, en Italie par exemple, des professeurs de criminologie, tels que Lombroso, E. Ferri et d'autres, ont joint à leurs leçons orales des observations dans des Musées d'anthropologie et une véritable clinique criminelle dans les prisons où ils se rendent avec les étudiants des Facultés de droit.
[8]C'est ainsi qu'à la suite des autres sciences, la science sociale transforme insensiblement son enseignement dogmatiqueex cathedraen un enseignement pratique et expérimental. Autrefois aussi la botanique et la physiologie, par exemple, s'enseignaient d'une façon exclusivement orale ou écrite. Aujourd'hui, en Italie par exemple, des professeurs de criminologie, tels que Lombroso, E. Ferri et d'autres, ont joint à leurs leçons orales des observations dans des Musées d'anthropologie et une véritable clinique criminelle dans les prisons où ils se rendent avec les étudiants des Facultés de droit.
[9]Condorcet, notamment, croyait à la possibilité de la prolongation indéfinie de la vie humaine.
[9]Condorcet, notamment, croyait à la possibilité de la prolongation indéfinie de la vie humaine.
[10]Pour les développements de ces considérations et de celles qui suivent, lire la première partie de notreIntroduction à la Sociologie.
[10]Pour les développements de ces considérations et de celles qui suivent, lire la première partie de notreIntroduction à la Sociologie.
[11]Introduction à la Sociologie, deuxième partie:Fonctions et organes.
[11]Introduction à la Sociologie, deuxième partie:Fonctions et organes.
[12]Pour les développements relatifs à la classification hiérarchique des phénomènes sociaux, lirel' Introduction à la Sociologie.
[12]Pour les développements relatifs à la classification hiérarchique des phénomènes sociaux, lirel' Introduction à la Sociologie.
[13]Le Régime représentatif, par G. De Greef. Bruxelles, 1893. Office de publicité.
[13]Le Régime représentatif, par G. De Greef. Bruxelles, 1893. Office de publicité.
[14]CH. LABOULAYE.Dictionnaire des Arts et Manufactures.V.Chemins de fer.—P.-J. PROUDHON.Des réformes à opérer dans l'exploitation des Chemins de fer.D'après HUHLMANN, l'effort de tirage nécessaire pour mettre en mouvement une charge P sur essieu, est une fraction K de P, c'est-à-dire F = KP.K, coefficient de tirage, diminue avec la résistance.Pour un mauvais empierrement K = 0,070Sur bonne voie empierrée K = 0,030Sur pavé K = 0,018Sur rail K = 0,005Mathématiquement et pour tenir compte de toutes les conditions variables du roulement, la formule établie par RUHLMANN contient les notions suivantes:P, poids reposant sur une roue; K, coefficient de résistance auroulement;Q, poids de la roue; R, rayon de la roue;F, coefficient du frottement de JLF, rayon de la fusée.la fusée;Sur un rail, c'est-à-dire sur une route de nature parfaite, K (P + 2) / r devient négligeable.
[14]CH. LABOULAYE.Dictionnaire des Arts et Manufactures.V.Chemins de fer.—P.-J. PROUDHON.Des réformes à opérer dans l'exploitation des Chemins de fer.
D'après HUHLMANN, l'effort de tirage nécessaire pour mettre en mouvement une charge P sur essieu, est une fraction K de P, c'est-à-dire F = KP.
K, coefficient de tirage, diminue avec la résistance.
Pour un mauvais empierrement K = 0,070Sur bonne voie empierrée K = 0,030Sur pavé K = 0,018Sur rail K = 0,005
Mathématiquement et pour tenir compte de toutes les conditions variables du roulement, la formule établie par RUHLMANN contient les notions suivantes:
P, poids reposant sur une roue; K, coefficient de résistance auroulement;Q, poids de la roue; R, rayon de la roue;F, coefficient du frottement de JLF, rayon de la fusée.la fusée;
Sur un rail, c'est-à-dire sur une route de nature parfaite, K (P + 2) / r devient négligeable.
[15]Semaine du 26 novembre au 2 décembre 1891: 149,583,000 livres sterling. Les Etats-Unis, l'Angleterre, la France, l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne se sont successivement assimilé cette institution; la Belgique, ici encore, retarde.
[15]Semaine du 26 novembre au 2 décembre 1891: 149,583,000 livres sterling. Les Etats-Unis, l'Angleterre, la France, l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne se sont successivement assimilé cette institution; la Belgique, ici encore, retarde.
[16]Cette prévision s'est réalisée après que ces pages étaient écrites ainsi que mes auditeurs à l'Ecole des sciences sociales ont pu le constater par les chiffres que je produisis devant eux pendant mes leçons de l'année suivante. En 1890, en effet, les naissances illégitimes par 100 naissances ont été: Royaume, 8.63 p. 100; Hainaut, 10.44 p. 100; Luxembourg, 2.95 p. 100. Dans cette dernière province, en 1890 comme en 1889, le chiffre total des naissances a diminué et celui des naissances illégitimes s'est accru; la population en général tend à y décroître.En 1891, le salaire net moyen des houilleurs du Hainaut est tombé à 3 fr. 06 par jour; la dépression ayant persisté depuis, nous pouvons prévoir une augmentation des naissances illégitimes; les statistiques officielles nous font défaut jusqu'ici.
[16]Cette prévision s'est réalisée après que ces pages étaient écrites ainsi que mes auditeurs à l'Ecole des sciences sociales ont pu le constater par les chiffres que je produisis devant eux pendant mes leçons de l'année suivante. En 1890, en effet, les naissances illégitimes par 100 naissances ont été: Royaume, 8.63 p. 100; Hainaut, 10.44 p. 100; Luxembourg, 2.95 p. 100. Dans cette dernière province, en 1890 comme en 1889, le chiffre total des naissances a diminué et celui des naissances illégitimes s'est accru; la population en général tend à y décroître.
En 1891, le salaire net moyen des houilleurs du Hainaut est tombé à 3 fr. 06 par jour; la dépression ayant persisté depuis, nous pouvons prévoir une augmentation des naissances illégitimes; les statistiques officielles nous font défaut jusqu'ici.
[17]Exposés de la situation du RoyaumeetAnnuaires statistiques de la Belgique.
[17]Exposés de la situation du RoyaumeetAnnuaires statistiques de la Belgique.
[18]Introduction à la Sociologie, t. II, p. 148 à 189.
[18]Introduction à la Sociologie, t. II, p. 148 à 189.
[19]Compte général de l'Administration de la justice criminelle en France, de 1826 à 1880.—-QUETELET,Physique sociale, t. II, p. 232 et suiv.
[19]Compte général de l'Administration de la justice criminelle en France, de 1826 à 1880.—-QUETELET,Physique sociale, t. II, p. 232 et suiv.
[20]L'Ariôge, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Tarn, l'Aveyron, le Lot, le Cantal, la Lozère, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme et la Creuse.
[20]L'Ariôge, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Tarn, l'Aveyron, le Lot, le Cantal, la Lozère, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme et la Creuse.
[21]YVERNÈS.Compte de la Justice criminelle; Rapport. p. XXXIII.
[21]YVERNÈS.Compte de la Justice criminelle; Rapport. p. XXXIII.
[22]Bruxelles, imprimerie de la Banque nationale, 1884.
[22]Bruxelles, imprimerie de la Banque nationale, 1884.
[23]A ceux qui voudront se former une conception exacte des rapports qui existent entre les faits économiques, je recommande tout spécialement, comme des modèles de méthode et d'exactitude, les diagrammes de M.H. DENIS, professeur d'économie politique à l'Université de Bruxelles et tout particulièrement sonAtlas de diagrammes relatifs à l'histoire des prix en Belgique.Bruxelles, 1885.
[23]A ceux qui voudront se former une conception exacte des rapports qui existent entre les faits économiques, je recommande tout spécialement, comme des modèles de méthode et d'exactitude, les diagrammes de M.H. DENIS, professeur d'économie politique à l'Université de Bruxelles et tout particulièrement sonAtlas de diagrammes relatifs à l'histoire des prix en Belgique.Bruxelles, 1885.
[24]DE LAVELEYE,Economie politique; Id.,Le Gouvernement dans la démocratie, notamment le chapitre ii:la Société n'est pris un organisme.
[24]DE LAVELEYE,Economie politique; Id.,Le Gouvernement dans la démocratie, notamment le chapitre ii:la Société n'est pris un organisme.
[25]G. DEGREEF.Le Régime représentatif. Bruxelles, 1892.
[25]G. DEGREEF.Le Régime représentatif. Bruxelles, 1892.
[26]Dix ans d'études historiques: Vue des révolutions d'Angleterre.
[26]Dix ans d'études historiques: Vue des révolutions d'Angleterre.
[27]Les premiers principes.—Essais sur le progrès,p. 1 à 79.—Principes de sociologie, passim.
[27]Les premiers principes.—Essais sur le progrès,p. 1 à 79.—Principes de sociologie, passim.
[28]Virgile,Eglog. IV.—Servius sur le vers 4 de cette éclogue.—Nigidius cité par Servius sur le vers 10.-Livres du Daniel et d'Hénoch.—Liv. III, 97-817 desLivres sibyllins.
[28]Virgile,Eglog. IV.—Servius sur le vers 4 de cette éclogue.—Nigidius cité par Servius sur le vers 10.-Livres du Daniel et d'Hénoch.—Liv. III, 97-817 desLivres sibyllins.
[29]La Recherche de l'unité, p. 6. Paris, Alcan.
[29]La Recherche de l'unité, p. 6. Paris, Alcan.
[30]J'ai proposé pour la première fois, après de longues préparations, mes idées sur les lois sociologiques de l'évolution progressive et régressive des sociétés dans mon cours à l'École des sciences sociales de l'Université de Bruxelles en 1889-1890. Je m'y appuyais notamment sur des faits psychiques décrits par M. Ribot dansles Maladies de la Mémoire.
[30]J'ai proposé pour la première fois, après de longues préparations, mes idées sur les lois sociologiques de l'évolution progressive et régressive des sociétés dans mon cours à l'École des sciences sociales de l'Université de Bruxelles en 1889-1890. Je m'y appuyais notamment sur des faits psychiques décrits par M. Ribot dansles Maladies de la Mémoire.
[31]Claude Bernard.La Science expérimentale. Paris, F. Alcan.
[31]Claude Bernard.La Science expérimentale. Paris, F. Alcan.
[32]Paris, Félix Alcan, p. 92 et suiv.
[32]Paris, Félix Alcan, p. 92 et suiv.
[33]Th. Ribot.Les Maladies de la volonté. Paris, F. Alcan, 8eédition, 1893.
[33]Th. Ribot.Les Maladies de la volonté. Paris, F. Alcan, 8eédition, 1893.
[34]A. Comte fait figurer la théorie du langage dans saStatique sociale.
[34]A. Comte fait figurer la théorie du langage dans saStatique sociale.
[35]Th. Ribot.Les Maladies de la mémoire. Paris, F. Alcan, 8eédition, 1893.
[35]Th. Ribot.Les Maladies de la mémoire. Paris, F. Alcan, 8eédition, 1893.
[36]Waitz.Anthropology, 313. Traduction anglaise.
[36]Waitz.Anthropology, 313. Traduction anglaise.
[37]Nous réservons à nos deux derniers volumes d'Introduction à la Sociologieconsacrés à la Structure et à la Dynamique générales des sociétés l'exposé et la démonstration méthodiques de ces lois.
[37]Nous réservons à nos deux derniers volumes d'Introduction à la Sociologieconsacrés à la Structure et à la Dynamique générales des sociétés l'exposé et la démonstration méthodiques de ces lois.