Selon Denis Zwirn, président de la librairie numérique Numilog, interviewé en août 2007, «2008 pourrait sans doute marquer un premier point d'inflexion dans la courbe de croissance du marché des livres numériques. Plusieurs facteurs sont réunis pour cela: (1) le développement de vastes catalogues en ligne utilisant pleinement les fonctionnalités de la recherche plein texte dans les livres numérisés, comme ceux de la future Bibliothèque numérique européenne, de VolltextSuche Online, de Google et d'Amazon. Une fois le contenu trouvé dans un des ouvrages ainsi "sondé" par ce type de recherche révolutionnaire pour le grand public, il est naturel de vouloir accéder à la totalité de l'ouvrage… dans sa version numérique. (2) Des progrès techniques cruciaux tels que la proposition commerciale d'appareils de lecture à base d'encre électronique améliorant radicalement l'expérience de lecture finale pour l'usager en la rapprochant de celle du papier. Par exemple l'iLiad d'Irex ou le Sony Reader, mais bien d'autres appareils s'annoncent. Le progrès concerne toutefois tout autant le développement des nouveaux smartphones multifonctions comme les BlackBerry ou l'iPhone, ou la proposition de logiciels de lecture à l'interface fortement améliorée et pensée pour les ebooks sur PC, comme Adobe Digital Edition. (3) Enfin, le changement important d'attitude de la part des professionnels du secteur, éditeurs, et probablement bientôt aussi libraires. Les éditeurs anglo-saxons universitaires ont massivement tracé une route que tous les autres sont en train de suivre, en tout cas aux Etats-Unis, en Europe du Nord et en France : proposer une version numérique de tous les ouvrages. Même pour les plus réticents encore il y a quelques années, ce n'est plus une question de "pourquoi?", c'est simplement devenu une question de "comment?". Les libraires ne vont pas tarder à considérer que vendre un livre numérique fait partie de leur métier normal.
Le livre numérique n'est plus une question de colloque, de définition conceptuelle ou de divination par certains "experts": c'est un produit commercial et un outil au service de la lecture. Il n'est pas besoin d'attendre je ne sais quel nouveau mode de lecture hypermoderne et hypertextuel enrichi de multimédias orchestrant savamment sa spécificité par rapport au papier, il suffit de proposer des textes lisibles facilement sur les supports de lecture électronique variés qu'utilisent les gens, l'encre électronique pouvant progressivement envahir tous ces supports. Et de les proposer de manière industrielle. Ce n'est pas et ne sera jamais un produit de niche (les dictionnaires, les guides de voyage, les non voyants…): c'est en train de devenir un produit de masse, riche de formes multiples comme l'est le livre traditionnel.»
[14.1. Les étapes essentielles // 14.2. En résumé]
Si le livre numérique naît en juillet 1971, il ne prend son essor qu’au milieu des années 1990, parallèlement à celui du web, avec une accélération sensible à partir de l’an 2000. Cette chronologie détaille une cinquantaine d’étapes, de 1971 à 2007.
14.1. Les étapes essentielles
Juillet 1971 - Genèse du Projet Gutenberg, première bibliothèque numérique au monde
Fondé par Michael Hart en juillet 1971 alors qu’il était étudiant à l’Université d’Illinois (Etats-Unis), le Projet Gutenberg a pour but de diffuser gratuitement par voie électronique le plus grand nombre possible d’oeuvres du domaine public. Il est le premier site d’information sur un internet encore embryonnaire, qui débute véritablement en 1974 et prend son essor en 1983. Vient ensuite le web (sous-ensemble de l’internet), opérationnel en 1991, puis le premier navigateur, qui apparaît en novembre 1993. Lorsque l’utilisation du web se généralise, le Projet Gutenberg trouve un second souffle et un rayonnement international. Au fil des ans, des centaines d’oeuvres sont patiemment numérisées en mode texte par des milliers de volontaires. D’abord essentiellement anglophones, les collections deviennent peu à peu multilingues. Le Projet Gutenberg Europe débute en janvier 2004*. Le Projet Gutenberg franchit la barre des 20.000 titres en décembre 2006.
Janvier 1991 - Création de l’Unicode, système d’encodage permettant de traiter toutes les langues de la planète
Créé en janvier 1991, l’Unicode Consortium a pour tâche de développer l’Unicode, un système d’encodage «universel» sur 16 bits spécifiant un nombre unique pour chaque caractère. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et la langue utilisés. L’Unicode peut traiter 65.000 caractères uniques et prendre en compte tous les systèmes d’écriture de la planète. A la grande satisfaction des linguistes, il remplace progressivement l’ASCII (American standard code for information interchange), un système d’encodage sur 7 bits ne pouvant traiter que 128 caractères, et donc uniquement l’anglais, avec des extensions prenant en compte les lettres accentuées de quelques langues européennes.
Janvier 1993 - Lancement de The Online Books Page, un répertoire d'oeuvres anglophones en accès libre
The Online Books Page est créée en janvier 1993 par John Mark Ockerbloom pour répertorier les textes électroniques de langue anglaise en accès libre sur le web. A cette date, John Mark Ockerbloom est doctorant à l’Université Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie). En 1999, il rejoint l’Université de Pennsylvanie pour travailler à la R&D (recherche et développement) de la bibliothèque numérique de l'université. A la même époque, il y transfère The Online Books Page, tout en gardant la même présentation, très sobre, et il poursuit son travail d’inventaire dans le même esprit. En 2003, ce répertoire fête ses dix ans et recense plus de 20.000 textes électroniques, dont 4.000 textes publiés par des femmes, à savoir 20% de sa liste de liens. En décembre 2006, il recense 25.000 titres, dont 6.300 titres du Projet Gutenberg.
Avril 1993 - Création d’ABU: la bibliothèque universelle, première bibliothèque numérique francophone
Créée en avril 1993, ABU: la bibliothèque universelle (ABU signifiant: Association des bibliophiles universels) est la première bibliothèque numérique francophone à voir le jour, à l’initiative de l’association du même nom, basée à Paris. Ses membres bénévoles scannent ou dactylographient eux-mêmes des oeuvres francophones du domaine public. En janvier 2002, les collections comprennent 288 textes de 101 auteurs. Il ne semble pas que d’autres textes aient été ajoutés depuis.
Juin 1993 - Lancement par Adobe de l’Acrobat Reader, premier logiciel de lecture
En juin 1993, la société Adobe lance l’Acrobat Reader, premier logiciel de lecture du marché, qui permet de lire des documents au format PDF (portable document format). L’attrait de ce format est de conserver la présentation du document source, quelle que soit la plateforme utilisée pour le créer (au moyen du logiciel Adobe Acrobat) et pour le lire. Le format PDF devient la norme internationale de diffusion des documents électroniques. L’Acrobat Reader est disponible en plusieurs langues et pour diverses plateformes (Windows, Macintosh, Linux, Unix). En 2001, Adobe lance un Acrobat Reader pour assistant personnel (PDA), utilisable sur le Palm Pilot (en mai 2001) puis sur le Pocket PC (en décembre 2001). En mai 2003, l’Acrobat Reader devient l’Adobe Reader.
Novembre 1994 - Naissance des Chroniques de Cybérie, première lettre d’information électronique francophone
En novembre 1994, Jean-Pierre Cloutier, journaliste québécois, crée Les Chroniques de Cybérie, une chronique hebdomadaire des actualités de l’internet, sous la forme d’une lettre envoyée par courrier électronique. A partir d’avril 1995, sa chronique est présente sur le web. Au fil des ans, elle devient une référence dans la communauté francophone, y compris dans le domaine du livre. En 2002, les Chroniques comptent 5.600 abonnés. Faute de financement, elles cessent en avril 2003 pour laisser place au blogue de Jean-Pierre Cloutier.
Février 1995 - Lancement du site web du Monde diplomatique, premier site d’un périodique imprimé français
En février 1995 est mis en ligne le site web du mensuel Le Monde diplomatique, premier site d’un périodique imprimé français. Monté dans le cadre d’un projet expérimental avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA), ce site est inauguré lors du forum des images Imagina. Quelques mois après, plusieurs quotidiens imprimés mettent en ligne un site web: Libération à la fin de 1995, Le Monde et L’Humanité en 1996, etc.
Avril 1995 - Création d’Editel, site pionnier de l’édition littéraire francophone
En avril 1995, Pierre François Gagnon, poète et essayiste québécois, crée Editel, site pionnier de l’édition littéraire francophone. Après avoir été le premier site web d’auto-édition collective de langue française, Editel devient un site de cyberédition non commerciale, en partenariat avec quelques auteurs maison, ainsi qu’un webzine littéraire.
Juillet 1995 - Création de la librairie en ligne Amazon.com, futur géant du commerce électronique
En juillet 1995, Jeff Bezos fonde à Seattle (Etat de Washington, Etats-Unis) la librairie en ligne Amazon.com, futur géant du commerce électronique. Suite à une étude de marché démontrant que les livres sont les meilleurs «produits» à vendre sur l’internet, Amazon.com débute avec dix salariés et trois millions d’articles. Cinq ans plus tard, en novembre 2000, la société compte 7.500 salariés, 28 millions d’articles, 23 millions de clients et quatre filiales (Royaume-Uni, Allemagne, France, Japon), auxquelles s’ajoute une cinquième filiale au Canada en juin 2002 puis une sixième filiale en Chine en septembre 2004.
Février 1996 - Lancement de la lettre d’information électronique LMB Actu (LeMicro Bulletin Actu)
En février 1996, François Vadrot, directeur des systèmes d’information du CNRS (Centre national de la recherche scientifique, France), crée LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu), une lettre d’information hebdomadaire consacrée à l’actualité de l’internet et des nouvelles technologies. En août 1999, il fonde la société de cyberpresse FTPress (French Touch Press), basée à Paris. En septembre 1999, il lance Internet Actu, qui remplace LMB Actu. D’autres publications suivent, ainsi que des réalisations multimédias et des émissions de télévision, dont certaines suivent de près l’actualité du livre. En avril 2002, Internet Actu est racheté par INIST Diffusion (INIST: Institut de l’information scientifique et technique). FTPress cesse ses activités en mai 2003.
Avril 1996 - Fondation de l’Internet Archive pour archiver la totalité du web tous les deux mois
Fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie), l’Internet Archive a pour but de constituer, stocker, préserver et gérer une bibliothèque de l’internet, en archivant la totalité du web tous les deux mois. L’objectif est d’offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et historiens, et de préserver un historique de l’internet pour les générations futures. En octobre 2001*, l’Internet Archive met ses archives en accès libre sur le web grâce à la Wayback Machine. En 2004, les archives du web représentent plus de 300 téraoctets de données, avec une croissance de 12 téraoctets par mois. Les archives du web représentent 30 millions de pages web en 1996, 65 milliards de pages web (provenant de 50 millions de sites web) en décembre 2006 et 85 milliards de pages web en mai 2007.
Mai 1996 - Création du DAISY Consortium pour définir un standard de livre audionumérique
Fondé en mai 1996, le DAISY Consortium (DAISY signifiant d'abord «digital audio information system» puis «digital accessible information system») est un consortium international chargé d’assurer la transition entre le livre audio analogique (sur bande magnétique ou sur cassette) et le livre audionumérique. Sa tâche est de définir une norme internationale, déterminer les conditions de production, d’échange et d’utilisation du livre audionumérique, et organiser la numérisation du matériel audio à l’échelle mondiale. La norme DAISY se base sur le format DTB (digital talking book), qui permet l’indexation du livre audio et l’ajout de signets pour une navigation facile au niveau du paragraphe, de la page et du chapitre. En août 2003, près de 41.000 livres audionumériques répondent à cette norme. En août 2005, ils sont au nombre de 129 650.
Juin 1996 - Lancement de Zazieweb, site indépendant suivant l’actualité du livre
Fondé en juin 1996 par Isabelle Aveline, Zazieweb est un site indépendant conçu pour tous les amoureux du livre, professionnels et amateurs. Le succès est immédiat. Suivant de près l’actualité du livre sur le réseau, le site devient peu à peu un portail avec un espace de documentation, d’orientation et de ressources internet. L’annuaire de Zazieweb recense plus de 5.000 sites littéraires. Zazieweb offre aussi «des espaces d’échanges et de rencontres pour lecteurs communicants et actifs». Y participe une communauté active de plus de 10.000 membres ou e-lecteurs. «Qu’est-ce qu’un e-lecteur? Un e-lecteur est un lecteur actif et communicant qui souhaite échanger, discuter, polémiquer avec d’autres lecteurs.»
Août 1996 - Création de CyLibris, pionnier francophone de l’édition électronique commerciale
Fondé en août 1996 à Paris par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber et Libris, livre) est le pionnier francophone de l’édition électronique commerciale. CyLibris est la première maison d’édition à utiliser l’internet et le numérique pour publier de nouveaux auteurs littéraires. Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à la commande et envoyés directement au client, ce qui permet d’éviter le stock et les intermédiaires. Au printemps 2000, CyLibris devient membre du Syndicat national de l’édition (SNE). En 2001, certains titres sont également distribués par un réseau de librairies traditionnelles et numériques. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine de titres.
Octobre 1996 - Genèse d’@folio, défini comme un baladeur de texte ou un support de lecture nomade
Architecte designer, Pierre Schweitzer crée en octobre 1996 le concept d’@folio (qui se prononce: a-folio) dans le cadre d’un projet de design déposé à l’Ecole d’architecture de Strasbourg. Défini comme un baladeur de textes ou encore comme un support de lecture nomade, @folio permet de lire des textes glanés sur l’internet. De petite taille, il cherche à mimer, sous forme électronique, le dispositif technique du livre, afin d’offrir une mémoire de fac-similés reliés en hypertexte pour faciliter le feuilletage. En juillet 2002, Pierre Schweitzer fonde la start-up iCodex pour promouvoir son projet. En 2007, la commercialisation d’@folio est encore du domaine de l’avenir.
Avril 1997 - Création de la société E Ink pour développer une technologie d’encre électronique
En avril 1997, des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts Institute of Technology) créent la société E Ink afin de développer et commercialiser une technologie d’encre électronique. Très schématiquement, la technologie est la suivante : prises entre deux feuilles de plastique souple, des millions de microcapsules contiennent chacune des particules noires et blanches en suspension dans un fluide clair. Un champ électrique positif ou négatif permet de faire apparaître le groupe de particules souhaité à la surface du support, afin d’afficher, de modifier ou d’effacer les données. En juillet 2002, E Ink présente le prototype du premier écran utilisant cette technologie. Développé en partenariat avec les sociétés Toppan et Philips, cet écran est commercialisé en 2004. Suivent d’autres écrans pour diverses tablettes électroniques de lecture, puis les premiers écrans souples (papier électronique) en noir et blanc. En mai 2007, E Ink annonce sa nouvelle technologie d’encre électronique, le Vizplex.
Octobre 1997 - Mise en ligne de Gallica, bibliothèque numérique de laBibliothèque nationale de France
En octobre 1997, la Bibliothèque nationale de France (BnF) met en ligne sa bibliothèque numérique Gallica. En accès libre, elle devient rapidement l’une des plus importantes bibliothèques numériques du réseau. On y trouve les documents libres de droits du fonds numérisé de la BnF, qui vont du Moyen-Age au début du 20e siècle. Pour des raisons de coût, les documents sont essentiellement numérisés en mode image. En décembre 2006, ces collections comprennent 90.000 ouvrages (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines d’heures de ressources sonores. Gallica débute la conversion en mode texte des livres numérisés en mode image pour favoriser l'accès à leur contenu.
Mai 1998 - Lancement des éditions 00h00, premier éditeur au monde à vendre des livres numériques
En mai 1998 sont lancées à Paris les éditions 00h00, premier éditeur au monde à vendre des livres numériques. Les deux fondateurs de 00h00 (qui se prononce : zéro heure), Jean-Pierre Arbon et Bruno de Sa Moreira, choisissent ce nom à dessein pour évoquer «cette idée d’origine, de nouveau départ», en faisant le pari de concilier édition électronique et commerce. Pas de stock, pas de contrainte physique de distribution, mais un très beau site, sur lequel on lit: «Internet est un lieu sans passé, où ce que l’on fait ne s’évalue pas par rapport à une tradition. Il y faut inventer de nouvelles manières de faire les choses.» En 2000, le catalogue comprend 600 titres, qui comprennent une centaine d’oeuvres originales et des rééditions électroniques d’ouvrages publiés par d’autres éditeurs. Les versions numériques représentent 85% des ventes, les 15% restants étant des versions imprimées à la demande du client. En septembre 2000*, 00h00 est racheté par la société américaine Gemstar.
Septembre 1999 - Création du format Open eBook (OeB) pour offrir un standard de livre numérique
En septembre 1999 est créé le format Open eBook (OeB), un standard de livre numérique basé sur le langage XML (extensible markup language) et défini par l’OeBPS (open ebook publication structure). Le format OeB est développé par l’Open eBook Forum (OeBF), un consortium industriel international fondé en janvier 2000 pour regrouper constructeurs, concepteurs de logiciels, éditeurs, libraires et spécialistes du numérique (85 participants en 2002). En avril 2005, l’Open eBook Forum change de nom pour devenir l’International Digital Publishing Forum (IDPF).
Décembre 1999 - Mise en ligne de WebEncyclo, première encyclopédie francophone en accès libre
En décembre 1999, les éditions Atlas mettent en ligne WebEncyclo, qui est la première grande encyclopédie francophone en accès libre. La recherche est possible par mots-clés, thèmes, médias (médias signifiant : cartes, liens internet, photos, illustrations) et idées. La section «WebEncyclo contributif» regroupe les articles régulièrement envoyés par des spécialistes. En 2002, l’accès est soumis à une inscription gratuite au préalable.
Décembre 1999 - Mise en ligne de Britannica.com, première encyclopédie anglophone en accès libre
En décembre 1999, Britannica.com propose l’équivalent numérique des 32 volumes de la 15e édition imprimée de l’Encyclopædia Britannica, qui devient ainsi la première grande encyclopédie anglophone en accès libre sur le web. L’encyclopédie en ligne est complétée par un choix d’articles provenant de 70 titres de presse, un guide des meilleurs sites web, une sélection de livres, etc., le tout étant accessible à partir d’un moteur de recherche unique. En septembre 2000, Britannica.com fait partie des cent sites les plus visités au monde. En juillet 2001, la consultation devient payante sur la base d’un abonnement mensuel ou annuel.
Janvier 2000 - Lancement du Million Book Project dans le but de numériser un million de livres
Lancé en janvier 2000 par cinq professeurs (Jaime Carbonnel, Raj Reddy, Michael Shamos, Gloriana St Clair et Robert Thibadeau) de la Carnegie Mellon University (Pennsylvanie, Etats-Unis), le Million Book Project a pour but de numériser un million de livres. Cette bibliothèque numérique est hébergée sur le site de l’Internet Archive. Les livres sont scannés puis convertis au format texte en utilisant la technologie OCR (optical character recognition). Les collections du Million Book Project comprennent 10 612 livres en avril 2005. Le projet cède ensuite la place à l’Open Content Alliance (OCA), lancée par l’Internet Archive en octobre 2005*.
Mars 2000 - Lancement du concept du lyber par les éditions de l’Eclat
Le concept du lyber est lancé en mars 2000 par Michel Valensi, directeur des éditions de l’Eclat. Le lyber est un terme «construit à partir du mot latin liber qui signifie à la fois: libre, livre, enfant, vin». Dans le Petit traité plié en dix sur le lyber, Michel Valensi définit le lyber comme un livre numérique disponible gratuitement sur l’internet dans son intégralité, selon le principe du shareware (partagiciel), avec invitation d’acheter un exemplaire pour soi ou ses amis, possibilité de signaler l’adresse de la librairie locale, et possibilité pour les lecteurs de laisser des commentaires sur le texte en ligne. En novembre 2001, sur les 180 titres que comprend le catalogue des éditions de l’Eclat, une vingtaine de titres est disponible sous forme de lyber.
Mars 2000 - Création de la société Mobipocket, spécialisée dans les livres numériques pour assistant personnel
Créée en mars 2000 par Thierry Brethes et Nathalie Ting, la société Mobipocket, basée à Paris, est spécialisée dans la lecture et la distribution sécurisée de livres numériques sur assistant personnel (PDA). Son logiciel de lecture, le Mobipocket Reader, est «universel», c’est-à-dire utilisable sur tout assistant personnel (Palm Pilot, Pocket PC, eBookMan, Psion, etc.). En avril 2002, la société lance un Mobipocket Reader pour ordinateur. Au printemps 2003, le Mobipocket Reader équipe les premiers smartphones de Nokia et Sony Ericsson. A la même date, le nombre de livres lisibles sur le Mobipocket Reader est de 6.000 titres dans plusieurs langues (français, anglais, allemand, espagnol), distribués soit sur le site de Mobipocket soit dans les librairies partenaires. En avril 2005, Mobipocket est racheté par la librairie en ligne Amazon.com.
Mai 2000 - Création du Net des études françaises (NEF), réseau francophone de diffusion libre du savoir
En mai 2000, Russon Wooldridge, professeur au département d’études françaises de l’Université de Toronto (Canada), crée le Net des études françaises (NEF), suite au colloque qu’il organise à la même date à Toronto (Colloque international sur les études françaises favorisées par les nouvelles technologies d’information et de communication). Le NEF se veut à la fois un site d’édition non commerciale et un réseau dont les auteurs partagent librement leur savoir et leurs produits avec autrui. «Le NEF est un site web consacré à divers aspects des études françaises, notamment les outils critiques, réflexions et autres ressources, ainsi que le World Wide Web comme répositoire de textes et de bases de données textuelles, en même temps qu'objet d'étude et d'analyse critique.» (Russon Wooldridge) Le NEF organise ensuite un deuxième colloque en mai 2002 à Lisieux (Normandie).
Juillet 2000 - Auto-publication en ligne d’un roman de Stephen King, premier auteur de best-sellers à tenter l’expérience
En juillet 2000 débute l’auto-publication électronique de The Plant, roman épistolaire de Stephen King. Premier auteur de best-sellers à se lancer dans un tel pari, Stephen King commence d’abord par distribuer en mars 2000 sa nouvelle Riding The Bullet uniquement en version numérique. 400.000 exemplaires sont téléchargés en vingt-quatre heures. Suite à ce succès à la fois médiatique et financier, il crée un site web spécifique pour auto-publier The Plant en épisodes. Les chapitres paraissent à intervalles réguliers et sont téléchargeables dans plusieurs formats (PDF, OeB, HTML, texte, etc.). En décembre 2000, après la parution du sixième chapitre, l’auteur décide d’interrompre cette expérience, le nombre de téléchargements et de paiements ayant régulièrement baissé au fil des chapitres.
Août 2000 - Lancement du Microsoft Reader, logiciel de lecture pour plateformeWindows
En août 2000, Microsoft aborde le marché naissant du livre numérique en lançant son propre logiciel de lecture, le Microsoft Reader, pour équiper le Pocket PC, l’assistant personnel de Microsoft lancé à la même date. Le Microsoft Reader est ensuite disponible pour toute plateforme Windows. Microsoft passe aussi des partenariats avec Barnes & Noble.com (en janvier 2000) et Amazon.com (en août 2000) pour débuter la vente de livres numériques lisibles sur le Microsoft Reader. Barnes & Noble.com ouvre son secteur numérique en août 2000, suivi par Amazon.com en novembre 2000. En octobre 2001, le Pocket PC troque le système d’exploitation Windows CE contre le Pocket PC 2002, qui permet la lecture de livres numériques sous droits.
Septembre 2000 - Rachat des éditions 00h00 par Gemstar-TV Guide International
En septembre 2000, les éditions 00h00 - fondées en mai 1998* - sont rachetées par Gemstar-TV Guide International, société américaine spécialisée dans les produits et services numériques pour les médias. Cette acquisition fait suite au rachat par Gemstar en janvier 2000 des sociétés californiennes NuvoMedia et Softbook Press, à l’origine des premiers modèles de tablettes électroniques de lecture. Le rachat de 00h00 permet à Gemstar d’étendre ses activités à l’Europe et d’accéder à l’édition numérique francophone, dont 00h00 est le site de référence avec 600 titres. 00h00 cesse ses activités en juin 2003, tout comme la branche eBook de Gemstar.
Septembre 2000 - Mise en ligne du Grand dictionnaire terminologique (GDT) par l’Office québécois de la langue française (OQLF)
Mis en ligne en septembre 2000 et disponible en accès libre, le Grand dictionnaire terminologique (GDT) est un vaste dictionnaire bilingue français-anglais comprenant 3 millions de termes du vocabulaire industriel, scientifique et commercial. La taille du GDT équivaut à 3.000 ouvrages de référence imprimés. Cette mise en ligne est le résultat d’un partenariat entre l’Office québécois de la langue française (OQLF), auteur du dictionnaire, et de la société Semantix, spécialisée dans les solutions logicielles linguistiques. Dès le premier mois, le dictionnaire est consulté par 1,3 million de personnes, avec des pointes de 60.000 requêtes quotidiennes. En février 2003, les requêtes sont au nombre de 3,5 millions par mois. En mars 2003, une nouvelle version du GDT est mise en ligne, avec gestion par l’OQLF lui-même et non plus par une société prestataire.
Septembre 2000 - Lancement de Numilog, première librairie francophone à vendre exclusivement des livres numériques
Lancée en septembre 2000, la librairie Numilog est la première librairie francophone à vendre exclusivement des livres numériques, par téléchargement et dans plusieurs formats. Fondée à Paris en avril 2000 par Denis Zwirn, la société Numilog est à la fois une librairie en ligne, un studio de fabrication et un diffuseur de livres numériques. En 2003, le catalogue comprend 3.500 titres (livres et périodiques) en français et en anglais, aux formats PDF (pour lecture sur l’Acrobat Reader puis l’Adobe Reader), LIT (pour lecture sur le Microsoft Reader) et PRC (pour lecture sur le Mobipocket Reader), grâce à un partenariat avec une quarantaine d’éditeurs. En décembre 2006, le catalogue de Numilog comprend 35.000 livres numériques grâce à un partenariat avec 200 éditeurs, dont 60 éditeurs francophones.
Septembre 2000 - Lancement du portail Handicapzéro, destiné aux personnes francophones ayant un problème visuel
Mis en ligne en septembre 2000 par l’association du même nom, Handicapzéro devient en février 2003 un portail généraliste offrant un accès adapté à l’information (actualités, programmes de télévision, météo, services divers pour la santé, l’emploi, la consommation, les loisirs, les sports, la téléphonie, etc.) pour tous les Francophones ayant un problème visuel, à savoir plus de 10% de la population. Les personnes aveugles peuvent accéder au site au moyen d’une plage braille ou d’une synthèse vocale. Les personnes malvoyantes peuvent paramétrer sur la page d’accueil la taille et la police des caractères ainsi que la couleur du fond d’écran pour une navigation confortable. Les personnes voyantes peuvent correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site. En octobre 2006, le portail enrichit encore son contenu et se dote de nouvelles fonctionnalités.
Octobre 2000 - Fondation de la Public Library of Science (PLoS) dans le but de créer un service gratuit d’archives en ligne
Fondée en octobre 2000 par un groupe de chercheurs des universités de Stanford et de Berkeley (Californie) pour contrer les pratiques des éditeurs spécialisés, la Public Library of Science (PLoS) propose de regrouper tous les articles scientifiques et médicaux au sein d’archives en ligne en accès libre, avec point d’accès unique, moteur de recherche multicritères et système d’hyperliens entre les articles. La réponse de la communauté scientifique internationale est remarquable. Au cours des deux années suivantes, la lettre ouverte de PLoS est signée par 34.000 chercheurs dans 180 pays. Le réponse des éditeurs est beaucoup moins enthousiaste, si bien que ce projet ne voit pas le jour. Mais PLoS décide de devenir lui-même éditeur de périodiques scientifiques et médicaux, et lance sa maison d’édition en janvier 2003*.
Octobre 2000 - Création de Distributed Proofreaders pour aider à la numérisation des livres du domaine public
Conçu en octobre 2000 par Charles Franks pour aider à la numérisation des livres du domaine public, Distributed Proofreaders (DP) est mis en ligne en mars 2001. Le concept est de permettre la correction partagée en fragmentant les livres en pages pouvant être relues par des correcteurs différents. Destiné à intensifier la production de livres pour le Projet Gutenberg, Distributed Proofreaders en devient rapidement la principale source. Il est officiellement affilié au Projet Gutenberg en 2002. Les volontaires n’ont aucun quota à respecter. A titre indicatif, il est suggéré de relire une page par jour. Distributed Proofreaders compte 10.000 livres numérisés par ses soins en décembre 2006. Distributed Proofreaders Europe (DP Europe) voit le jour en janvier 2004*, en même temps que le Projet Gutenberg Europe.
Octobre 2000 - Lancement des tablettes électroniques de lecture Gemstar eBook
En octobre 2000 sont lancés à New York les deux premiers modèles de Gemstar eBook, successeurs du Rocket eBook (créé par la société NuvoMedia) et du Softbook Reader (créé par la société Softbook Press), suite au rachat des deux sociétés par Gemstar-TV Guide International en janvier 2000. Commercialisés en novembre 2000 aux Etats-Unis, ces deux modèles - le REB 1100 (écran noir et blanc, successeur du Rocket eBook) et le REB 1200 (écran couleur, successeur du Softbook Reader) - sont construits sous le label RCA, appartenant à Thomson Multimedia. Courant 2002, ces deux modèles sont remplacés par le GEB 1150 et le GEB 2150, construits sous le label Gemstar. En Europe, le GEB 2200 (proche du REB 1200) est lancé en octobre 2001 en commençant par l’Allemagne. Suite à des ventes très inférieures aux pronostics, la commercialisation de toutes ces tablettes de lecture cesse en juin 2003.
Novembre 2000 - Mise en ligne de la version numérisée de la Bible de Gutenberg par la British Library
En novembre 2000, la version numérique de la Bible de Gutenberg est mise en ligne sur le site de la British Library. Datée de 1454 ou 1455, cette Bible est le premier ouvrage imprimé par Gutenberg dans son atelier de Mayence, en Allemagne. Sur les 180 exemplaires d’origine, 48 exemplaires, dont certains incomplets, existeraient toujours. La British Library en possède deux versions complètes et une partielle. La numérisation est l’oeuvre de chercheurs et experts techniques de l’Université Keio de Tokyo et de NTT (Nippon Telegraph and Telephone Communications), venus travailler dans les locaux de la British Library pour numériser les deux versions complètes.
Décembre 2000 - Création de la société Gyricon Media pour développer un modèle de papier électronique
En décembre 2000, des chercheurs de PARC (Palo Alto Research Center), le centre Xerox de la Silicon Valley, créent la société Gyricon Media dans le but de commercialiser le SmartPaper, un modèle de papier électronique basé sur une technologie d’affichage dénommée gyricon (elle-même développée depuis 1997). Très schématiquement, la technologie est la suivante : prises entre deux feuilles de plastique souple, des millions de micro-alvéoles contiennent des microbilles bicolores en suspension dans un liquide clair. Chaque bille est pourvue d’une charge électrique. Une impulsion électrique extérieure permet la rotation des billes, et donc le changement de couleur, afin d’afficher, de modifier ou d’effacer des données. En 2004, le marché pressenti est d’abord celui de l’affichage commercial, avec vente d’affichettes fonctionnant sur piles. La société disparaît en 2005, et les activités de recherche et développement se poursuivent au sein de Xerox.
Janvier 2001 - Création de Wikipedia, grande encyclopédie collaborative en ligne
Créée en janvier 2001 à l’initiative de Jimmy Wales et de Larry Sanger, Wikipedia est une encyclopédie gratuite écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Cette encyclopédie coopérative est rédigée par des milliers de volontaires, avec possibilité pour tout un chacun de corriger ou compléter les articles. Elle est financée par des dons et sans publicité. En décembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million d’articles rédigés par 13.000 contributeurs dans une centaine de langues. Deux ans après, en décembre 2006, elle compte 5 millions d’articles dans 250 langues. Des centaines de milliers de visiteurs apportent quotidiennement des corrections et compléments. Les articles restent la propriété de leurs auteurs. La libre utilisation des articles est régie par la licence GFDL (GNU free documentation license).
Janvier 2001 - Lancement par la société Cytale du Cybook, première tablette électronique de lecture européenne
Première tablette électronique de lecture européenne, le Cybook est lancé en janvier 2001 par Cytale, une société française dirigée par Olivier Pujol. Le téléchargement des livres et journaux numériques s’effectue à partir d’une librairie en ligne propre à Cytale, suite à des partenariats passés avec des éditeurs. La société développe aussi le Cybook Pro, à destination des gros consommateurs de documents, et le Cybook Vision, à destination des personnes malvoyantes. Les ventes des trois modèles étant très inférieures aux pronostics, Cytale, mis en liquidation judiciaire, se voit contraint de cesser ses activités en juillet 2002. La commercialisation du Cybook est ensuite reprise par la société Bookeen, fondée en 2003. La deuxième génération de Cybook est disponible en juin 2004. La troisième génération de Cybook, disponible en octobre 2007, exploite la technologie d'encre électronique E Ink.
Janvier 2001 - Lancement par Adobe de l’Acrobat eBook Reader, logiciel de lecture pour livres numériques sous droits
En janvier 2001, Adobe lance deux nouveaux produits en complément de l’Acrobat Reader (qui permet de lire des documents au format PDF) et de l’Adobe Acrobat (qui permet de les créer). L’Acrobat eBook Reader, gratuit, est un logiciel de lecture pour les livres numériques sous droits, avec gestion des droits par l’Adobe Content Server. L’Adobe Content Server, payant, est un système de DRM destiné aux éditeurs et distributeurs pour la gestion des droits numériques, à savoir le conditionnement, la protection, la distribution et la vente sécurisée des livres numériques au format PDF. En mai 2003, l’Acrobat eBook Reader fusionne avec l’Acrobat Reader pour devenir l’Adobe Reader.
Mars 2001 - Lancement du Palm Reader, logiciel de lecture destiné au Palm Pilot
En mars 2001, la société Palm fait l’acquisition de Peanutpress.com, éditeur et distributeur de livres numériques pour assistant personnel (PDA), qui appartenait jusque-là à la société netLibrary. Le Peanut Reader devient le Palm Reader, utilisable aussi bien sur le Palm Pilot que sur le Pocket PC, et les 2.000 titres de Peanutpress.com sont transférés dans la librairie numérique Palm Digital Media. En juillet 2002, le Palm Reader est utilisable sur ordinateur. A la même date, Palm Digital Media distribue 5.500 titres dans plusieurs langues. En 2003, le catalogue approche les 10.000 titres.
Octobre 2001 - Lancement par l’Internet Archive de la Wayback Machine, qui permet de voir l'historique d'un site web à différentes dates
En octobre 2001, l’Internet Archive met ses archives en accès libre grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun de voir l’historique d’un site web, à savoir la présentation et le contenu d’un site web donné à différentes dates, en général tous les deux mois, à partir de 1996. Fondée en avril 1996* par Brewster Kahle à San Francisco (Californie), l’Internet Archive a pour but de constituer, stocker, préserver et gérer une bibliothèque de l’internet, en archivant régulièrement la totalité du web. En 2004, les archives du web représentent plus de 300 téraoctets (To) de données, avec une croissance de 12 téraoctets par mois. Le nombre de pages web visibles avec la Wayback Machine est de 65 milliards en décembre 2006 et 85 milliards en mai 2007.
Février 2002 - Mise en ligne de Bookshare.org, grande bibliothèque numérique pour personnes aveugles et malvoyantes
En février 2002 est mis en ligne Bookshare.org, grande bibliothèque numérique à l’intention des personnes aveugles et malvoyantes résidant aux Etats-Unis. Bookshare.org est créé et financé par Benetech, une société de la Silicon Valley ayant pour objectif de mettre la technologie au service de tous les êtres humains, et pas seulement de quelques-uns. Scannés par une centaine de volontaires, 7 620 titres sont disponibles en deux formats : le format BRF (braille format), destiné à une lecture sur plage braille ou une impression sur imprimante braille, et le format DAISY (digital accessible information system), qui permet l’écoute du texte sur synthèse vocale. Le nombre de livres et de volontaires augmente rapidement. En février 2003, un an après l’ouverture, Bookshare.org compte 11.500 titres et 200 volontaires. Fin 2006, la bibliothèque propose 30.000 livres et 150 quotidiens à 5.000 adhérents. En mai 2007, Bookshare.org lance un service international.
Janvier 2003 - Débuts des activités d’édition de la Public Library of Science(PLoS) pour lancer des périodiques scientifiques et médicaux en ligne
En janvier 2003, la Public Library of Science (PLoS) - fondée en octobre 2000* - devient un éditeur non commercial de périodiques scientifiques et médicaux en ligne. Une équipe éditoriale de haut niveau est constituée pour lancer des périodiques de qualité (PLoS Biology en octobre 2003 puis PLoS Medicine en 2004) selon un nouveau modèle d’édition en ligne basé sur la diffusion libre du savoir. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials est lancé en mai 2006. PLoS Neglected Tropical Diseases est lancé en automne 2007. Librement accessibles en ligne, tous les articles peuvent être diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative Commons, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.
Septembre 2003 - Mise en ligne gratuite du MIT OpenCourseWare, un ensemble de cours du Massachusetts Institute of Technology
Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) décide de publier ses cours en ligne, avec accès libre et gratuit, pour les mettre à la disposition de tous. Disponible en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accès libre le matériel d’enseignement de 32 cours représentatifs des cinq départements du MIT: textes des conférences, travaux pratiques, exercices et corrigés, bibliographies, documents audio et vidéo, etc. Le lancement officiel du site a lieu en septembre 2003, avec accès à quelques centaines de cours. En mai 2006, 1 400 cours émanent de 34 départements appartenant aux cinq écoles du MIT. La totalité des cours dispensés par le MIT, soit 1.800 cours, est disponible en 2008. En décembre 2005 est lancé en parallèle l'OpenCourseWare Consortium (OCW Consortium), qui propose les cours en accès libre de nombreuses universités.
Janvier 2004 - Lancement du Projet Gutenberg Europe et de DistributedProofreaders Europe
En janvier 2004, le Projet Rastko, basé à Belgrade (Serbie), lance le Projet Gutenberg Europe et Distributed Proofreaders Europe (DP Europe), calqué sur Distributed Proofreaders (DP), qui opère aux Etats-Unis depuis octobre 2000*. Le concept est de permettre la correction partagée en fragmentant les livres en pages pouvant être relues par des correcteurs différents. La présence de plusieurs langues reflète la diversité linguistique prévalant en Europe. En juin 2005, 100 livres sont numérisés. En décembre 2006, ce nombre s’élève à 400. Quand il aura atteint sa vitesse de croisière, le Projet Gutenberg Europe devrait se répartir en plusieurs bibliothèques numériques nationales et/ou linguistiques, avec respect du copyright en vigueur dans le pays donné.
Octobre 2004 - Lancement de Google Print, le projet de bibliothèque numérique mondiale de Google
En octobre 2004, Google lance la première partie de son programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour consulter à l’écran des extraits de livres, puis commander les livres auprès d’une librairie en ligne. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En décembre 2004, Google lance la deuxième partie de son programme Google Print, cette fois à destination des bibliothèques, le but étant de numériser 15 millions de livres, à commencer par ceux des bibliothèques de plusieurs universités (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford) et de la ville de New York. En août 2005, le programme est suspendu pour cause de conflit avec les éditeurs de livres sous droits. Il reprend en août 2006* sous le nom de Google Book Search (Google Livres).
Octobre 2005 - Lancement de l’Open Content Alliance (OCA), projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale
Lancé en octobre 2005 à l’instigation de l’Internet Archive, l’Open Content Alliance (OCA) est un projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale. L’OCA regroupe de nombreux partenaires: bibliothèques, universités, organisations gouvernementales, associations à but non lucratif, organismes culturels, sociétés informatiques. Les premiers participants sont les bibliothèques des Universités de Californie et de Toronto, l’European Archive, les Archives nationales du Royaume-Uni, O’Reilly Media et Prelinger Archives. L’OCA souhaite s’inspirer de l’initiative de Google en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres sous droits sans l’accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.
Janvier 2006 - Lancement de la Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH) à destination de toutes les personnes en situation de handicap
En janvier 2006 est lancée la Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH) à l’initiative de la ville de Boulogne-Billancourt (région parisienne) et sous l'égide d'Alain Patez, bibliothécaire numérique chargé de mission pour la BnH. «Projet à vocation nationale, la BnH repose sur la conviction que l'édition numérique est le moyen d'accès à l'information et à la culture le mieux adapté aux personnes en situation de handicap. L'objectif de la BnH est de permettre à toute personne confrontée à un handicap de télécharger à distance des livres numériques. Ces documents sont commercialisés dans le public, donc non libres de droit de reproduction.» (Alain Patez) La plateforme technique est entièrement gérée par la société Numilog. En septembre 2007, l'accès de la BnH est généralisé à toute personne en situation de handicap.
Août 2006 - Lancement de Google Book Search (Google Livres) en remplacement deGoogle Print
En août 2006, Google lance Google Book Search (Google Livres) pour remplacer le très controversé Google Print, lancé en octobre 2004* et suspendu en août 2005 pour cause de conflit avec les éditeurs de livres sous droits. Google souhaite repartir sur de nouvelles bases. La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se poursuit, tout comme le développement de partenariats avec les éditeurs qui le souhaitent. Le conflit avec les éditeurs se poursuit lui aussi, puisque Google continue de numériser des livres sous droits sans l’autorisation préalable des éditeurs en invoquant le droit de citation pour présenter des extraits sur le web. L’Authors Guild et l’Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le non respect de la législation relative au copyright pour attaquer Google en justice.
Décembre 2006 - Lancement de Live Search Books, le projet de bibliothèque numérique mondiale de Microsoft
En décembre 2006 est lancée la version bêta de Live Search Books, qui permet de faire des recherches par mots-clés dans les livres du domaine public scannés par Microsoft. Les premiers fonds scannés sont la British Library et les bibliothèques des Universités de Californie et de Toronto, suivies en janvier 2007 par la New York Public Library et par la bibliothèque de l’Université Cornell. Microsoft compte ajouter des livres sous droits avec l’accord préalable des éditeurs. Microsoft participe aussi à l’Open Content Alliance (OCA), une initiative lancée en octobre 2005* par l’Internet Archive pour créer un répertoire libre et multilingue de livres numérisés et documents multimédias.
Décembre 2006 - Développement d'une bibliothèque numérique planétaire dans laText Archive, sous l'égide de l'Internet Archive
Suite à la création de l’Open Content Alliance (OCA) en octobre 2005*, l’Internet Archive franchit la barre des 100.000 livres numérisés en décembre 2006, avec un rythme de 12.000 nouveaux livres par mois. Ces livres sont disponibles dans la collection Text Archive de l’Internet Archive. A la même date, l’Internet Archive reçoit une subvention importante de la Sloan Foundation pour numériser cinq collections historiques appartenant à des établissements réputés (Metropolitan Museum of Art, Boston Public Library, Getty Research Institute, John Hopkins University, Université de Californie à Berkeley). La barre des 200.000 livres numérisés est franchie en mai 2007.
Mars 2007 - Lancement de Citizendium, grande encyclopédie collaborative en ligne
Citizendium (qui se veut l’abrégé de: The Citizens’ Compendium) est une grande encyclopédie collaborative en ligne conçue en novembre 2006 et lancée en mars 2007 (en version bêta) par Larry Sanger, co-fondateur de Wikipedia en janvier 2001*, mais qui quitte ensuite l’équipe de Wikipedia suite à des problèmes de qualité de contenu. Citizendium est basé sur le même modèle que Wikipedia (collaborative et gratuite) tout en évitant ses travers (vandalisme et manque de rigueur). Les auteurs signent les articles de leur vrai nom et les articles sont édités par des experts («editors») titulaires d'une licence universitaire et âgés d'au moins 25 ans. De plus, des «constables» sont chargés de la bonne marche du projet et du respect du règlement. Le jour de son lancement (25 mars 2007), Citizendium comprend 820 auteurs et 180 experts.
Mai 2007 - Lancement de l’Encyclopedia of Life, grande encyclopédie collaborative des sciences de la vie
Projet débuté en mai 2007, l’Encyclopedia of Life est une vaste encyclopédie collaborative en ligne rassemblant les connaissances existantes sur toutes les espèces animales et végétales connues (1,8 million), y compris les espèces en voie d’extinction, avec l’ajout de nouvelles espèces au fur et à mesure de leur identification (il en existerait de 8 à 10 millions). Ce projet collaboratif est mené par plusieurs grandes institutions (Field Museum of Natural History, Harvard University, Marine Biological Laboratory, Missouri Botanical Garden, Smithsonian Institution, Biodiversity Heritage Library). Le financement initial est assuré par la MacArthur Foundation et la Sloan Foundation. La réalisation des pages web débute courant 2007. L’encyclopédie fait ses débuts à la mi-2008. Opérationnelle d'ici trois à cinq ans, elle devrait être complète - c'est-à-dire à jour - dans dix ans.
14.2. En résumé
1971 (juillet): Genèse du Projet Gutenberg, première bibliothèque numérique au monde.
1991 (janvier): Création de l’Unicode, système d’encodage permettant de traiter toutes les langues de la planète.
1993 (janvier): Lancement de The Online Books Page, un répertoire d'oeuvres anglophones en accès libre.
1993 (avril): Création d’ABU : la bibliothèque universelle, première bibliothèque numérique francophone.
1993 (juin): Lancement par Adobe de l’Acrobat Reader, premier logiciel de lecture.
1994 (novembre): Naissance des Chroniques de Cybérie, première lettre d’information électronique francophone.
1995 (février): Lancement du site web du Monde diplomatique, premier site d’un périodique imprimé français.
1995 (avril): Création d’Editel, site pionnier de l’édition littéraire francophone.
1995 (juillet): Création de la librairie en ligne Amazon.com, futur géant du commerce électronique.
1996 (février): Lancement de la lettre d’information électronique LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu).
1996 (avril): Fondation de l’Internet Archive pour archiver la totalité du web tous les deux mois.
1996 (mai): Création du DAISY Consortium pour définir un standard de livre audionumérique.
1996 (juin): Lancement de Zazieweb, site indépendant suivant l’actualité du livre.
1996 (août): Création de CyLibris, pionnier francophone de l’édition électronique commerciale.
1996 (octobre): Genèse d’@folio, défini comme un baladeur de texte ou un support de lecture nomade.
1997 (avril): Création de la société E Ink pour développer une technologie d’encre électronique.
1997 (octobre): Mise en ligne de Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.
1998 (mai): Lancement des éditions 00h00, premier éditeur au monde à vendre des livres numériques.
1999 (septembre): Création du format Open eBook (OeB) pour offrir un standard de livre numérique.
1999 (décembre): Mise en ligne de WebEncyclo, première encyclopédie francophone en accès libre.
1999 (décembre): Mise en ligne de Britannica.com, première encyclopédie anglophone en accès libre.
2000 (janvier): Lancement du Million Book Project dans le but de numériser un million de livres.
2000 (mars): Lancement du concept du lyber par les éditions de l’Eclat.
2000 (mars): Création de la société Mobipocket, spécialisée dans les livres numériques pour assistant personnel.
2000 (mai): Création du Net des études françaises (NEF), réseau francophone de diffusion libre du savoir.
2000 (juillet): Auto-publication en ligne d’un roman de Stephen King, premier auteur de best-sellers à tenter l’expérience.
2000 (août): Lancement du Microsoft Reader, logiciel de lecture pour plateforme Windows.
2000 (septembre): Rachat des éditions 00h00 par Gemstar-TV Guide International.
2000 (septembre): Mise en ligne du Grand dictionnaire terminologique (GDT) par l’Office québécois de la langue française (OQLF).
2000 (septembre): Lancement de Numilog, première librairie francophone à vendre exclusivement des livres numériques.
2000 (septembre): Lancement du portail Handicapzéro, destiné aux personnes francophones ayant un problème visuel.
2000 (octobre): Fondation de la Public Library of Science (PLoS) dans le but de créer un service gratuit d’archives en ligne.
2000 (octobre): Création de Distributed Proofreaders pour aider à la numérisation des livres du domaine public.
2000 (octobre): Lancement des tablettes électroniques de lecture Gemstar eBook.
2000 (novembre): Mise en ligne de la version numérisée de la Bible de Gutenberg par la British Library.
2000 (décembre): Création de la société Gyricon Media pour développer un modèle de papier électronique.
2001 (janvier): Création de Wikipedia, grande encyclopédie collaborative en ligne.
2001 (janvier): Lancement par la société Cytale du Cybook, première tablette électronique de lecture européenne.
2001 (janvier): Lancement par Adobe de l’Acrobat eBook Reader, logiciel de lecture pour livres numériques sous droits.
2001 (mars): Lancement du Palm Reader, logiciel de lecture destiné au Palm Pilot.
2001 (octobre): Lancement par l’Internet Archive de la Wayback Machine, qui permet de voir l'historique d'un site web à différentes dates.
2002 (février): Mise en ligne de Bookshare.org, grande bibliothèque numérique pour personnes aveugles et malvoyantes.
2003 (janvier): Débuts des activités d’édition de la Public Library of Science (PLoS) pour lancer des périodiques scientifiques et médicaux en ligne.
2003 (septembre): Mise en ligne gratuite du MIT OpenCourseWare, une série de cours du Massachusetts Institute of Technology.
2004 (janvier): Lancement du Projet Gutenberg Europe et de Distributed Proofreaders Europe.
2004 (octobre): Lancement de Google Print, le projet de bibliothèque numérique mondiale de Google.
2005 (octobre): Lancement de l’Open Content Alliance (OCA), projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale.
2006 (janvier): Lancement de la Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH) à destination de toutes les personnes en situation de handicap.
2006 (août): Lancement de Google Book Search (Google Livres) en remplacement de Google Print.
2006 (décembre): Lancement de Live Search Books, le projet de bibliothèque numérique mondiale de Microsoft.
2006 (décembre): Développement d'une bibliothèque numérique planétaire dans la Text Archive, sous l'égide de l'Internet Archive.
2007 (mars): Lancement de Citizendium, grande encyclopédie collaborative en ligne.
2007 (mai): Lancement de l’Encyclopedia of Life, grande encyclopédie collaborative des sciences de la vie.
Ce livre doit beaucoup à tous les professionnels du livre - et apparentés - ayant accepté de répondre par courriel à mes questions, dans certains pendant plusieurs années depuis 1998. La quasi-totalité des entretiens est publiée en ligne sur le Net des études françaises (www.etudes-francaises.net/entretiens/).
- Nicolas Ancion (Madrid), écrivain et responsable éditorial de Luc Pire électronique, le secteur numérique de l’éditeur belge Luc Pire.
- Alex Andrachmes (Europe), producteur audiovisuel, écrivain et explorateur d’hypertexte.
- Guy Antoine (New Jersey), créateur de Windows on Haiti, site de référence sur la culture haïtienne.
- Silvaine Arabo (Poitou-Charentes), poète et plasticienne, créatrice de la cyber-revue Poésie d’hier et d’aujourd’hui.
- Arlette Attali (Paris), responsable de l’équipe "Recherche et projets internet" à l’Institut national de la langue française (INaLF).
- Marc Autret (région parisienne), rédacteur en chef d'Ecrire&Editer, journaliste et infographiste.
- Isabelle Aveline (Lyon), créatrice de Zazieweb, site consacré à l’actualité littéraire.
- Jean-Pierre Balpe (Paris), directeur du département hypermédias de l’Université Paris 8, chercheur et écrivain.
- Emmanuel Barthe (Paris), documentaliste juridique du cabinet d’avocatsCoutrelis & Associés, et modérateur de la liste de discussion Juriconnexion.
- Robert Beard (Lewisburg, Pennsylvanie), co-fondateur de yourDictionary.com, portail de référence pour les langues.
- Michael Behrens (Bielefeld, Allemagne), responsable du secteur numérique de laBibliothèque universitaire de Bielefeld.
- Michel Benoît (Montréal), auteur de romans policiers, utilise l’internet comme outil de recherche, de communication et d’ouverture sur le monde.
- Guy Bertrand (Montréal), directeur scientifique du Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues (CEVEIL).
- Olivier Bogros (Lisieux, Normandie), directeur de la Médiathèque municipale et créateur de la Bibliothèque électronique de Lisieux.
- Christian Boitet (Grenoble), directeur du Groupe d'étude pour la traduction automatique (GETA).
- Bernard Boudic (Rennes), responsable éditorial du site internet du quotidienOuest-France.
- Bakayoko Bourahima (Abidjan), documentaliste à l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA).
- Marie-Aude Bourson (Lyon), créatrice de la Grenouille Bleue et de Gloupsy, sites littéraires destinés aux nouveaux auteurs.
- Lucie de Boutiny (Paris), écrivain papier et pixel, auteur de NON, roman multimédia publié en feuilleton sur le web.
- Anne-Cécile Brandenbourger (Bruxelles), auteur de La malédiction du parasol, hyper-roman publié aux éditions 00h00.
- Alain Bron (Paris), consultant en systèmes d'information et écrivain, met en scène l’internet dans son roman Sanguine sur toile.
- Patrice Cailleaud (Paris), membre fondateur et directeur de la communication de l’association Handicapzéro, qui propose un portail destiné aux personnes aveugles et malvoyantes.
- Tyler Chambers (Boston, Massachusetts), créateur de The Human-Languages Page et de The Internet Dictionary Project.
- Pascal Chartier (Lyon), libraire d’ancien et créateur de Livre-rare-book, site professionnel de livres d’occasion.
- Richard Chotin (Paris), professeur à l’Ecole supérieure des affaires (ESA) deLille.
- Alain Clavet (Ottawa), analyste de politiques au Commissariat aux langues officielles du Canada.
- Jean-Pierre Cloutier (Montréal), auteur des Chroniques de Cybérie, chronique hebdomadaire des actualités de l’internet.
- Jacques Coubard (Paris), responsable du site web du quotidien L’Humanité.
- Luc Dall’Armellina (Paris), co-auteur et webmestre d’oVosite, espace d’écritures hypermédias.
- Kushal Dave (Yale), étudiant puis professeur à l'Université de Yale.
- Cynthia Delisle (Montréal), consultante au Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues (CEVEIL).
- Catherine Desbuquois (Paris), conservateur en chef des bibliothèques, chargée de mission à la Direction du livre et de la lecture (Ministère de la culture et de la communication), en mission auprès de l'association BrailleNet.
- Emilie Devriendt (Paris), élève professeur à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris, doctorante à l’Université Paris 4-Sorbonne et responsable du site Translatio.
- Bruno Didier (Paris), webmestre de la médiathèque de l’Institut Pasteur.
- Catherine Domain (Paris), fondatrice de la librairie Ulysse, première librairie de voyage au monde.
- Helen Dry (Michigan), modératrice de The Linguist List.
- Bill Dunlap (Paris & San Francisco), fondateur de Global Reach, société spécialisée dans le marketing international en ligne.
- Pierre-Noël Favennec (Paris & Lannion, Bretagne), expert à la direction scientifique de France Télécom R&D.
- Gérard Fourestier (Nice), créateur de Rubriques à Bac, ensemble de bases de données destinées aux lycéens et aux étudiants.
- Pierre François Gagnon (Montréal), créateur d’Editel, pionnier de l’édition littéraire francophone en ligne.
- Olivier Gainon (Paris), fondateur et gérant de CyLibris, pionnier francophone de l’édition électronique commerciale.
- Jacques Gauchey (San Francisco), journaliste, spécialiste en industrie des technologies de l'information et "facilitator" entre les Etats-Unis et l'Europe.
- Raymond Godefroy (Valognes, Normandie), écrivain-paysan, diffuse son recueilFables pour l’an 2000 sur le web avant la parution du recueil imprimé.
- Muriel Goiran (Rhône-Alpes), libraire à la librairie Decitre.
- Marcel Grangier (Berne, Suisse), responsable de la section française des services linguistiques centraux de l’Administration fédérale suisse.
- Barbara Grimes (Hawaii), directrice de publication de l’Ethnologue: Languages of the World, grande encyclopédie des langues.
- Michael Hart (Illinois), fondateur du Projet Gutenberg, première bibliothèque numérique au monde.
- Roberto Hernández Montoya (Caracas), responsable de la bibliothèque numérique du magazine électronique Venezuela Analítica.
- Randy Hobler (Dobbs Ferry, New York), consultant en marketing internet de produits et services de traduction.
- Eduard Hovy (Marina del Rey, Californie), directeur du Natural Language Group de l’USC/ISI (University of Southern California / Information Sciences Institute), et spécialiste de la traduction automatique et du traitement naturel des langues.
- Christiane Jadelot (Nancy), ingénieur d’études à l’Institut national de la langue française (INaLF).
- Gérard Jean-François (Caen), directeur du centre de ressources informatiques de l'Université de Caen.
- Jean-Paul (Paris), webmestre du site hypermédia cotres.net.
- Anne-Bénédicte Joly (Antony, région parisienne), écrivain auto-éditant ses oeuvres et utilisant le web pour les faire connaître.
- Brian King (monde), directeur du WorldWide Language Institute, à l'origine deNetGlos, un glossaire multilingue de la terminologie de l'internet.
- Geoffrey Kingscott (Londres), co-directeur du magazine en ligne LanguageToday.
- Steven Krauwer (Utrecht, Pays-Bas), coordinateur d'ELSNET (European Network ofExcellence in Human Language Technologies).
- Gaëlle Lacaze (Paris), ethnologue et professeur d'écrit électronique dans un institut universitaire professionnalisé.
- Michel Landaret (Strasbourg), responsable du site web des Dernières nouvelles d’Alsace.
- Hélène Larroche (Paris), fondatrice de la librairie Itinéraires, spécialisée dans les voyages.
- Pierre Le Loarer (Grenoble), directeur du centre de documentation de l'Institut d'études politiques de Grenoble et chargé de mission TICE.
- Claire Le Parco (Paris), de la société Webnet, société qui crée le site Poésie française.
- Annie Le Saux (Paris), rédactrice du Bulletin des bibliothèques de France(BBF).
- Fabrice Lhomme (Bretagne), créateur d’Une Autre Terre, site consacré à la science-fiction.
- Philippe Loubière (Paris), traducteur littéraire et dramatique, et spécialiste de la Roumanie.
- Pierre Magnenat (Lausanne), responsable de la cellule «gestion et prospective» du centre informatique de l'Université de Lausanne.
- Xavier Malbreil (Ariège, Midi-Pyrénées), auteur multimédia, créateur du site www.0m1.com et modérateur de la liste e-critures.
- Alain Marchiset (Paris), libraire d’ancien et président du Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM).
- Maria Victoria Marinetti (Annecy), professeur d’espagnol en entreprise et traductrice.
- Michael Martin (Berkeley, Californie), créateur de Travlang, site consacré aux voyages et aux langues.
- Tim McKenna (Genève), écrivain, s'interroge sur la notion complexe de «vérité» dans un monde en mutation constante.
- Emmanuel Ménard (Paris), directeur des publications de CyLibris, maison d'édition littéraire en ligne.
- Yoshi Mikami (Fujisawa, Japon), créateur du site The Languages of the World by Computers and the Internet, et co-auteur du livre Pour un web multilingue paru chez O'Reilly.
- Jacky Minier (Orléans), créateur de Diamedit, site de promotion d’inédits artistiques et littéraires.
- Jean-Philippe Mouton (Paris), fondateur et gérant de la société d'ingénierieIsayas.
- John Mark Ockerbloom (Pennsylvanie), fondateur de The Online Books Page, répertoire d’oeuvres anglophones en accès libre sur le web.
- Caoimhín Ó Donnaíle (Ile de Skye, Ecosse), webmestre du principal site d’information en gaélique écossais, avec une section consacrée aux langues européennes minoritaires.
- Jacques Pataillot (Paris), conseiller en management chez Cap Gemini Ernst &Young.
- Alain Patez (Boulogne-Billancourt, région parisienne), responsable des éditions numériques à la Médiathèque Landowski de Boulogne-Billancourt, et chargé de mission pour la Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH).
- Nicolas Pewny (Annecy), fondateur des éditions du Choucas, spécialisées dans les romans policiers, puis consultant en édition électronique.
- Marie-Joseph Pierre (Argentan, Normandie), enseignante-chercheuse à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE, section Sciences religieuses, Paris-Sorbonne).