NOTES:[1]AuXVIIIesiècle,philosophiquese mettait à toutes sauces. Aujourd'hui, on ditpsychologique. Ici,comiqueserait le mot juste, mais il n'est plus à la mode.[2]On voit que Caillot-Duval fait marcher de front la mystification et le calembour, mais on peut dire ici qu'il jette ses perles aux pourceaux.[3]Correspondance de M. M. (Mesmer) sur les nouvelles découvertes du baquet octogone, de l'homme baquet et du baquet moral, recueillie et publiée par MM. de F. (Fortia), J. (Journiac de Saint-Méard) et B. (Boisgelin),LibourneetParis, Prault, 1785, in-12.[4]Correspondance philosophique de Caillot-Duval rédigée d'après les pièces originales, et publiée par une Société de littérateurs lorrains, à Nancy et se trouve à Paris chez les Marchands de Nouveautés. 1795 (in-8 de 236 pages, plus 12 pages de titre et préfaces, avec cette épigraphe): Ne vous étonnez point de voir les personnes simples croire sans raisonnement. Pensées de Pascal. Chap. VI.[5]Le nomGrimod de la Reynièreécrit sur l'exemplaire de M. Jules Favier, est d'autant plus certain que le célèbre gastronome était le compère et l'ami des auteurs.[6]Publié dans le journalLe Paysen date du 6 mai 1855.[7]Quand Lacroix n'était point frisé au saut du lit, il se cachait à tous les yeux, car ses cheveux tombés alors à plat lui donnaient un air de vieux jacobin sanguinaire. Ils étaient naturellement gros et raides; c'est pourquoi sans doute ils ont si bien résisté toute sa vie aux brûlantes morsures du fer chaud. Je tiens à consigner ce détail pour les friseurs qui auraient pu le citer comme un modèle unique au monde. Il avait alors 75 ans et toutes ses dents.[8]Plusieurs clés manuscrites mettentSainville. Mais cette année-là ni les suivantes, le nom de Sainville ne figure dans le personnel de l'Opéra. De plus, le nom de Saulnier donne seul les sept points qui suivent, dans l'original, l'initiale S, et il a été relevé sur un exemplaire ayant appartenu à M. de Fortia.En croyant que l'initiale S... commençait le nom deSainville, Paul Lacroix aura pensé à une autre danseuse du nom de Siville qui n'émargeait pas plus de huit cent livres, dans un rang bien inférieur.[9]Une note de l'édition originale porte ici que Saulnier cadette était entretenue par le baron de Breteuil «qui aurait mieux fait de s'en tenir à ce genre d'occupations que de se charger de travaux ministériels au-dessus de ses moyens». Chargé du département de Paris et de la maison du Roi, il avait alors passé la cinquantaine.[10]Sept ans plus tard, cette crainte semble évanouie. On lit dansAlmanach des demoiselles de Paris pour 1792: «Saulnier, rue Portefoin, no4. Peau douce, la gorge moelleuse... Cette danseuse est vive, sans façons, et met tous ses amis à l'aise. Pour vingt-quatre heures, 300 livres».[11]Mademoiselle Saulnier figure sur l'état des appointements des artistes de l'Opéra en 1785 au titre de premier sujet de la danse. Elle n'avait alors que seize ans, comme l'écrit sa sœur. Son rang et son traitement étaient les mêmes que ceux de la Guimard (appointements: trois mille livres,—gratification: deux mille l.,—gratification extraordinaire: deux mille l.—Total: 7.000 l.) Elle habitait alors rue de la Lune, vis à vis de Bonne Nouvelle.[12]La grande et la petite Kabardie sont, en effet, des pays du Caucase où le nom d'Héraclius fut porté dans une famille princière.—V. Kabardinski à la Table.[13]Saulnier aînée ne croyait pas si bien dire. Elle ne doute d'ailleurs que dans la crainte du ridicule; son scepticisme n'est pas complet.[14]C'est le titre du petit almanach parisien où on avait cherché vainement.[15]Kabardinski, nom de peuplade, édition de 1769.[16]Nous laissons aux amateurs le soin de deviner les anagrammes qui suivent; celui du 10 janvier est assez clair pour donner une idée du reste.[17]Fruges (Pas-de-Calais), possède une source d'eaux minérales.[18]Cette sortie venait précisément de M. Fortia lui-même. On la trouvera dans le volume indiqué, sous forme de lettre signée de ses initiales et de sa qualité d'officier au régiment du Roi. Datée du 8 octobre 1784, elle malmène «l'indécence incroyable d'un M. Lecat d'Abbeville et de son logogrife».[19]Fortia et Boisgelin parlent ici de leur propre publication (Voir notre avant-propos) et cherchent en Le Cat une recrue pour leur petite guerre aux magnétiseurs.[20]Le 26 janvier suivant, Caillot-Duval se décidait à tenter la correspondance avec Piis, qui ne s'y laissa point prendre.[21]Mademoiselle Saulnier n'aurait pas laissé passer les cinq enfants; mais l'espoir d'être académicien russe empêche Le Cat de douter du prince remarqué par Catherine II. En mars 1829, la martiale élégance des Circassiens de Kabardah était encore reconnue par le tome V d'un Dictionnaire géographique universel (Paris, Kilian, in-8.) Leurs femmes étaient non moins célèbres par leur beauté.—V.Kabardinski, à la table.[22]Cette entremetteuse connue servait de plastron aux libellistes. On en trouve des preuves dans les Mémoires de Bachaumont (1779, 31 décembre; 1787, 18 et 21 juillet.) La première est une annonce simulée: «Maisons et appartements à louer.Petit appartement au 5een siamoise, à troquer contre un appartement au 1eren damas de trois couleurs. S'adresser à Madame Sainte-Marie, ouvrière en tours de lit, rue de la Nouvelle-Halle, ou chez Madame de Launay, rue des Petits-Champs, où elle travaille à la journée».La facétie est du genre banal, mais celle du 18 juillet 1787 est méchante sinon calomnieuse. «On parle d'une réclamation imprimée de Madame Kornmann contre le mémoire fictif répandu en sa faveur, qu'on attribue à M. Suard, et en conséquence il court une autre facétie: c'est une lettre non moins fictive d'une Madame de Launay, appareilleuse très renommée de cette capitale, à ce membre de l'Académie française. On croit reconnaître, dans celle-ci, la main du sieur de Beaumarchais qu'on sait en vouloir à la mort à M. Suard et d'ailleurs être très lié avec la dame de Launay. On assure même les avoir vus ensemble, il n'y a pas longtemps.»Les autres nouvelles données par les Mémoires montrent que la police finit par s'en mêler. On le comprend en lisant la fin de cette lettre simulée, adressée à l'académicien Suard:—«Je vous offre, monsieur, de vous fournir dans le nombre des demoiselles qui sont sous mes ordres, celle qui vous conviendra le mieux. Vous en userez gratis. Je sais très bien qu'un académicien jetonnier n'est pas dans le cas de faire beaucoup de libéralités aux femmes. Je suis, etc. De Launay, rue Croix-des-Petits-Champs, au grand balcon.—Ce 14 juillet 1787.—P. S. Il vient de m'arriver une jolie Lyonnaise».[23]Raie de muletse disait d'une nuque fort garnie de cheveux, lorsque les dernières racines simulent une raie au-dessus du dos.[24]Les entremetteuses étaient promenées sur un âne, le visage tourné du côté de la queue, qu'elles étaient obligées de tenir en mains pour ne pas perdre l'équilibre.[25]M. de la Roche était un personnage plus important que la suscription ne le ferait supposer. On le verra par la seconde note p. 115. De plus il paraît avoir été un acteur de société des plus appréciés à la Cour. Sa statuette fait partie d'une très curieuse collection de biscuits conservés à la manufacture de Sèvres et au Théatre Français où elle figurait en compagnie de l'acteur Volange dans le rôle deJeannot, de Préville dans le rôle deFigaro, de Poisson dans celui deCrispin. La comédie de société était en honneur à la Cour de Louis XVI et peut avoir aidé à l'avancement du capitaine nommé lieutenant-colonel en 1780. Son titre de gouverneur de la Ménagerie s'enjolive aussi de plusieurs façons. De concierge, il n'en est plus question; on le qualifie Commandeur et même Surintendant des basses Cours. On va voir qu'il y avait peut-être une survivance dans ce cumul apparent.[26]L'abbé Spallanzani.[27]M. de la Roche se livre ici à une facétie autorisée par le genre de la communication qui lui est faite. Sa marchande vendait de l'amour comme on s'en doute. L'Almanach des Demoiselles de Paris pour 1792révèle le nom de deux locataires du no40: «Louisette, figure mignonne... un bol de punch et 6 livres.—Saint-Pré, minois piquant, bien faite, très petite, fraîche, beaux yeux... 5 livres». Si elles n'étaient pas encore là en 1785, il est probable que le no40 avait déjà un personnel du même genre.Cette réponse m'avait d'abord fait craindre quelque contre-mystification. Elle était faite sur le ton facétieux, ne relevait point le titre de gouverneur de la Ménagerie, et se trouvait datée de Paris. Mon confrère de Versailles, M. Taphanel, m'avait appris d'autre part que la Ménagerie de Versailles n'avait qu'un concierge et (pas de gouverneur). Il est vrai que ce concierge avait été M. De la Roche sous Louis XIV, mais on ne trouvait pas trace de ses successeurs. J'en étais là lorsqu'une recherche de M. Arthur Chuquet aux Archives de la guerre dissipa tous mes doutes. Un Simon Texier de la Roche commanda en effet en 1778 les compagnies de sous-officiers invalides détachées à Versailles et à Marly-le-Roy; on le fit même lieutenant-colonel sur place le 30 septembre 1780, treize ans après son entrée à l'Hôtel des Invalides comme lieutenant (il avait eu un bras cassé à Minden). Le 2 mars 1791, il passa maréchal de camp.[28]Caillot-Duval place ici la facétie que lui avait écrite le 24 novembre M. de la Roche.[29]Ce modèle était un morceau de papier coupé en rond.[30]Cette lettre avait été envoyée à Paris pour être mise à la poste.[31]«Ce chevalier de Saint-Louis n'était autre que M. Fortia de Pilles», (dit Paul Lacroix dansle Paysdu 6 mai 1855). Je le cite sous toutes réserves; et pour cause. Voir la fin de l'Avant-propos.[32]Trois mois après, Caillot félicitait perfidement le même Beaujard d'avoir si bien remplacé «le sieur Mossy», mais Beaujard ne répondit pas.[33]Celui de l'imprimerie Mossy était détestable. D'où la malice.[34]C'était le rédacteur du journal de Marseille. V. pages 146, 147.[35]Grisé par la comparaison de sa mauvaise imprimerie à celle de Didot, Mossy annonce comme nouveauté purement Marseillaise la longue paraphrase d'un Dictionnaire Grammatical déjà publié à Paris en 1768 et 1786, et en 1761 à Avignon.
NOTES:[1]AuXVIIIesiècle,philosophiquese mettait à toutes sauces. Aujourd'hui, on ditpsychologique. Ici,comiqueserait le mot juste, mais il n'est plus à la mode.[2]On voit que Caillot-Duval fait marcher de front la mystification et le calembour, mais on peut dire ici qu'il jette ses perles aux pourceaux.[3]Correspondance de M. M. (Mesmer) sur les nouvelles découvertes du baquet octogone, de l'homme baquet et du baquet moral, recueillie et publiée par MM. de F. (Fortia), J. (Journiac de Saint-Méard) et B. (Boisgelin),LibourneetParis, Prault, 1785, in-12.[4]Correspondance philosophique de Caillot-Duval rédigée d'après les pièces originales, et publiée par une Société de littérateurs lorrains, à Nancy et se trouve à Paris chez les Marchands de Nouveautés. 1795 (in-8 de 236 pages, plus 12 pages de titre et préfaces, avec cette épigraphe): Ne vous étonnez point de voir les personnes simples croire sans raisonnement. Pensées de Pascal. Chap. VI.[5]Le nomGrimod de la Reynièreécrit sur l'exemplaire de M. Jules Favier, est d'autant plus certain que le célèbre gastronome était le compère et l'ami des auteurs.[6]Publié dans le journalLe Paysen date du 6 mai 1855.[7]Quand Lacroix n'était point frisé au saut du lit, il se cachait à tous les yeux, car ses cheveux tombés alors à plat lui donnaient un air de vieux jacobin sanguinaire. Ils étaient naturellement gros et raides; c'est pourquoi sans doute ils ont si bien résisté toute sa vie aux brûlantes morsures du fer chaud. Je tiens à consigner ce détail pour les friseurs qui auraient pu le citer comme un modèle unique au monde. Il avait alors 75 ans et toutes ses dents.[8]Plusieurs clés manuscrites mettentSainville. Mais cette année-là ni les suivantes, le nom de Sainville ne figure dans le personnel de l'Opéra. De plus, le nom de Saulnier donne seul les sept points qui suivent, dans l'original, l'initiale S, et il a été relevé sur un exemplaire ayant appartenu à M. de Fortia.En croyant que l'initiale S... commençait le nom deSainville, Paul Lacroix aura pensé à une autre danseuse du nom de Siville qui n'émargeait pas plus de huit cent livres, dans un rang bien inférieur.[9]Une note de l'édition originale porte ici que Saulnier cadette était entretenue par le baron de Breteuil «qui aurait mieux fait de s'en tenir à ce genre d'occupations que de se charger de travaux ministériels au-dessus de ses moyens». Chargé du département de Paris et de la maison du Roi, il avait alors passé la cinquantaine.[10]Sept ans plus tard, cette crainte semble évanouie. On lit dansAlmanach des demoiselles de Paris pour 1792: «Saulnier, rue Portefoin, no4. Peau douce, la gorge moelleuse... Cette danseuse est vive, sans façons, et met tous ses amis à l'aise. Pour vingt-quatre heures, 300 livres».[11]Mademoiselle Saulnier figure sur l'état des appointements des artistes de l'Opéra en 1785 au titre de premier sujet de la danse. Elle n'avait alors que seize ans, comme l'écrit sa sœur. Son rang et son traitement étaient les mêmes que ceux de la Guimard (appointements: trois mille livres,—gratification: deux mille l.,—gratification extraordinaire: deux mille l.—Total: 7.000 l.) Elle habitait alors rue de la Lune, vis à vis de Bonne Nouvelle.[12]La grande et la petite Kabardie sont, en effet, des pays du Caucase où le nom d'Héraclius fut porté dans une famille princière.—V. Kabardinski à la Table.[13]Saulnier aînée ne croyait pas si bien dire. Elle ne doute d'ailleurs que dans la crainte du ridicule; son scepticisme n'est pas complet.[14]C'est le titre du petit almanach parisien où on avait cherché vainement.[15]Kabardinski, nom de peuplade, édition de 1769.[16]Nous laissons aux amateurs le soin de deviner les anagrammes qui suivent; celui du 10 janvier est assez clair pour donner une idée du reste.[17]Fruges (Pas-de-Calais), possède une source d'eaux minérales.[18]Cette sortie venait précisément de M. Fortia lui-même. On la trouvera dans le volume indiqué, sous forme de lettre signée de ses initiales et de sa qualité d'officier au régiment du Roi. Datée du 8 octobre 1784, elle malmène «l'indécence incroyable d'un M. Lecat d'Abbeville et de son logogrife».[19]Fortia et Boisgelin parlent ici de leur propre publication (Voir notre avant-propos) et cherchent en Le Cat une recrue pour leur petite guerre aux magnétiseurs.[20]Le 26 janvier suivant, Caillot-Duval se décidait à tenter la correspondance avec Piis, qui ne s'y laissa point prendre.[21]Mademoiselle Saulnier n'aurait pas laissé passer les cinq enfants; mais l'espoir d'être académicien russe empêche Le Cat de douter du prince remarqué par Catherine II. En mars 1829, la martiale élégance des Circassiens de Kabardah était encore reconnue par le tome V d'un Dictionnaire géographique universel (Paris, Kilian, in-8.) Leurs femmes étaient non moins célèbres par leur beauté.—V.Kabardinski, à la table.[22]Cette entremetteuse connue servait de plastron aux libellistes. On en trouve des preuves dans les Mémoires de Bachaumont (1779, 31 décembre; 1787, 18 et 21 juillet.) La première est une annonce simulée: «Maisons et appartements à louer.Petit appartement au 5een siamoise, à troquer contre un appartement au 1eren damas de trois couleurs. S'adresser à Madame Sainte-Marie, ouvrière en tours de lit, rue de la Nouvelle-Halle, ou chez Madame de Launay, rue des Petits-Champs, où elle travaille à la journée».La facétie est du genre banal, mais celle du 18 juillet 1787 est méchante sinon calomnieuse. «On parle d'une réclamation imprimée de Madame Kornmann contre le mémoire fictif répandu en sa faveur, qu'on attribue à M. Suard, et en conséquence il court une autre facétie: c'est une lettre non moins fictive d'une Madame de Launay, appareilleuse très renommée de cette capitale, à ce membre de l'Académie française. On croit reconnaître, dans celle-ci, la main du sieur de Beaumarchais qu'on sait en vouloir à la mort à M. Suard et d'ailleurs être très lié avec la dame de Launay. On assure même les avoir vus ensemble, il n'y a pas longtemps.»Les autres nouvelles données par les Mémoires montrent que la police finit par s'en mêler. On le comprend en lisant la fin de cette lettre simulée, adressée à l'académicien Suard:—«Je vous offre, monsieur, de vous fournir dans le nombre des demoiselles qui sont sous mes ordres, celle qui vous conviendra le mieux. Vous en userez gratis. Je sais très bien qu'un académicien jetonnier n'est pas dans le cas de faire beaucoup de libéralités aux femmes. Je suis, etc. De Launay, rue Croix-des-Petits-Champs, au grand balcon.—Ce 14 juillet 1787.—P. S. Il vient de m'arriver une jolie Lyonnaise».[23]Raie de muletse disait d'une nuque fort garnie de cheveux, lorsque les dernières racines simulent une raie au-dessus du dos.[24]Les entremetteuses étaient promenées sur un âne, le visage tourné du côté de la queue, qu'elles étaient obligées de tenir en mains pour ne pas perdre l'équilibre.[25]M. de la Roche était un personnage plus important que la suscription ne le ferait supposer. On le verra par la seconde note p. 115. De plus il paraît avoir été un acteur de société des plus appréciés à la Cour. Sa statuette fait partie d'une très curieuse collection de biscuits conservés à la manufacture de Sèvres et au Théatre Français où elle figurait en compagnie de l'acteur Volange dans le rôle deJeannot, de Préville dans le rôle deFigaro, de Poisson dans celui deCrispin. La comédie de société était en honneur à la Cour de Louis XVI et peut avoir aidé à l'avancement du capitaine nommé lieutenant-colonel en 1780. Son titre de gouverneur de la Ménagerie s'enjolive aussi de plusieurs façons. De concierge, il n'en est plus question; on le qualifie Commandeur et même Surintendant des basses Cours. On va voir qu'il y avait peut-être une survivance dans ce cumul apparent.[26]L'abbé Spallanzani.[27]M. de la Roche se livre ici à une facétie autorisée par le genre de la communication qui lui est faite. Sa marchande vendait de l'amour comme on s'en doute. L'Almanach des Demoiselles de Paris pour 1792révèle le nom de deux locataires du no40: «Louisette, figure mignonne... un bol de punch et 6 livres.—Saint-Pré, minois piquant, bien faite, très petite, fraîche, beaux yeux... 5 livres». Si elles n'étaient pas encore là en 1785, il est probable que le no40 avait déjà un personnel du même genre.Cette réponse m'avait d'abord fait craindre quelque contre-mystification. Elle était faite sur le ton facétieux, ne relevait point le titre de gouverneur de la Ménagerie, et se trouvait datée de Paris. Mon confrère de Versailles, M. Taphanel, m'avait appris d'autre part que la Ménagerie de Versailles n'avait qu'un concierge et (pas de gouverneur). Il est vrai que ce concierge avait été M. De la Roche sous Louis XIV, mais on ne trouvait pas trace de ses successeurs. J'en étais là lorsqu'une recherche de M. Arthur Chuquet aux Archives de la guerre dissipa tous mes doutes. Un Simon Texier de la Roche commanda en effet en 1778 les compagnies de sous-officiers invalides détachées à Versailles et à Marly-le-Roy; on le fit même lieutenant-colonel sur place le 30 septembre 1780, treize ans après son entrée à l'Hôtel des Invalides comme lieutenant (il avait eu un bras cassé à Minden). Le 2 mars 1791, il passa maréchal de camp.[28]Caillot-Duval place ici la facétie que lui avait écrite le 24 novembre M. de la Roche.[29]Ce modèle était un morceau de papier coupé en rond.[30]Cette lettre avait été envoyée à Paris pour être mise à la poste.[31]«Ce chevalier de Saint-Louis n'était autre que M. Fortia de Pilles», (dit Paul Lacroix dansle Paysdu 6 mai 1855). Je le cite sous toutes réserves; et pour cause. Voir la fin de l'Avant-propos.[32]Trois mois après, Caillot félicitait perfidement le même Beaujard d'avoir si bien remplacé «le sieur Mossy», mais Beaujard ne répondit pas.[33]Celui de l'imprimerie Mossy était détestable. D'où la malice.[34]C'était le rédacteur du journal de Marseille. V. pages 146, 147.[35]Grisé par la comparaison de sa mauvaise imprimerie à celle de Didot, Mossy annonce comme nouveauté purement Marseillaise la longue paraphrase d'un Dictionnaire Grammatical déjà publié à Paris en 1768 et 1786, et en 1761 à Avignon.
[1]AuXVIIIesiècle,philosophiquese mettait à toutes sauces. Aujourd'hui, on ditpsychologique. Ici,comiqueserait le mot juste, mais il n'est plus à la mode.[2]On voit que Caillot-Duval fait marcher de front la mystification et le calembour, mais on peut dire ici qu'il jette ses perles aux pourceaux.[3]Correspondance de M. M. (Mesmer) sur les nouvelles découvertes du baquet octogone, de l'homme baquet et du baquet moral, recueillie et publiée par MM. de F. (Fortia), J. (Journiac de Saint-Méard) et B. (Boisgelin),LibourneetParis, Prault, 1785, in-12.[4]Correspondance philosophique de Caillot-Duval rédigée d'après les pièces originales, et publiée par une Société de littérateurs lorrains, à Nancy et se trouve à Paris chez les Marchands de Nouveautés. 1795 (in-8 de 236 pages, plus 12 pages de titre et préfaces, avec cette épigraphe): Ne vous étonnez point de voir les personnes simples croire sans raisonnement. Pensées de Pascal. Chap. VI.[5]Le nomGrimod de la Reynièreécrit sur l'exemplaire de M. Jules Favier, est d'autant plus certain que le célèbre gastronome était le compère et l'ami des auteurs.[6]Publié dans le journalLe Paysen date du 6 mai 1855.
[1]AuXVIIIesiècle,philosophiquese mettait à toutes sauces. Aujourd'hui, on ditpsychologique. Ici,comiqueserait le mot juste, mais il n'est plus à la mode.
[2]On voit que Caillot-Duval fait marcher de front la mystification et le calembour, mais on peut dire ici qu'il jette ses perles aux pourceaux.
[3]Correspondance de M. M. (Mesmer) sur les nouvelles découvertes du baquet octogone, de l'homme baquet et du baquet moral, recueillie et publiée par MM. de F. (Fortia), J. (Journiac de Saint-Méard) et B. (Boisgelin),LibourneetParis, Prault, 1785, in-12.
[4]Correspondance philosophique de Caillot-Duval rédigée d'après les pièces originales, et publiée par une Société de littérateurs lorrains, à Nancy et se trouve à Paris chez les Marchands de Nouveautés. 1795 (in-8 de 236 pages, plus 12 pages de titre et préfaces, avec cette épigraphe): Ne vous étonnez point de voir les personnes simples croire sans raisonnement. Pensées de Pascal. Chap. VI.
[5]Le nomGrimod de la Reynièreécrit sur l'exemplaire de M. Jules Favier, est d'autant plus certain que le célèbre gastronome était le compère et l'ami des auteurs.
[6]Publié dans le journalLe Paysen date du 6 mai 1855.
[7]Quand Lacroix n'était point frisé au saut du lit, il se cachait à tous les yeux, car ses cheveux tombés alors à plat lui donnaient un air de vieux jacobin sanguinaire. Ils étaient naturellement gros et raides; c'est pourquoi sans doute ils ont si bien résisté toute sa vie aux brûlantes morsures du fer chaud. Je tiens à consigner ce détail pour les friseurs qui auraient pu le citer comme un modèle unique au monde. Il avait alors 75 ans et toutes ses dents.[8]Plusieurs clés manuscrites mettentSainville. Mais cette année-là ni les suivantes, le nom de Sainville ne figure dans le personnel de l'Opéra. De plus, le nom de Saulnier donne seul les sept points qui suivent, dans l'original, l'initiale S, et il a été relevé sur un exemplaire ayant appartenu à M. de Fortia.En croyant que l'initiale S... commençait le nom deSainville, Paul Lacroix aura pensé à une autre danseuse du nom de Siville qui n'émargeait pas plus de huit cent livres, dans un rang bien inférieur.[9]Une note de l'édition originale porte ici que Saulnier cadette était entretenue par le baron de Breteuil «qui aurait mieux fait de s'en tenir à ce genre d'occupations que de se charger de travaux ministériels au-dessus de ses moyens». Chargé du département de Paris et de la maison du Roi, il avait alors passé la cinquantaine.[10]Sept ans plus tard, cette crainte semble évanouie. On lit dansAlmanach des demoiselles de Paris pour 1792: «Saulnier, rue Portefoin, no4. Peau douce, la gorge moelleuse... Cette danseuse est vive, sans façons, et met tous ses amis à l'aise. Pour vingt-quatre heures, 300 livres».[11]Mademoiselle Saulnier figure sur l'état des appointements des artistes de l'Opéra en 1785 au titre de premier sujet de la danse. Elle n'avait alors que seize ans, comme l'écrit sa sœur. Son rang et son traitement étaient les mêmes que ceux de la Guimard (appointements: trois mille livres,—gratification: deux mille l.,—gratification extraordinaire: deux mille l.—Total: 7.000 l.) Elle habitait alors rue de la Lune, vis à vis de Bonne Nouvelle.[12]La grande et la petite Kabardie sont, en effet, des pays du Caucase où le nom d'Héraclius fut porté dans une famille princière.—V. Kabardinski à la Table.[13]Saulnier aînée ne croyait pas si bien dire. Elle ne doute d'ailleurs que dans la crainte du ridicule; son scepticisme n'est pas complet.[14]C'est le titre du petit almanach parisien où on avait cherché vainement.[15]Kabardinski, nom de peuplade, édition de 1769.[16]Nous laissons aux amateurs le soin de deviner les anagrammes qui suivent; celui du 10 janvier est assez clair pour donner une idée du reste.[17]Fruges (Pas-de-Calais), possède une source d'eaux minérales.[18]Cette sortie venait précisément de M. Fortia lui-même. On la trouvera dans le volume indiqué, sous forme de lettre signée de ses initiales et de sa qualité d'officier au régiment du Roi. Datée du 8 octobre 1784, elle malmène «l'indécence incroyable d'un M. Lecat d'Abbeville et de son logogrife».[19]Fortia et Boisgelin parlent ici de leur propre publication (Voir notre avant-propos) et cherchent en Le Cat une recrue pour leur petite guerre aux magnétiseurs.[20]Le 26 janvier suivant, Caillot-Duval se décidait à tenter la correspondance avec Piis, qui ne s'y laissa point prendre.[21]Mademoiselle Saulnier n'aurait pas laissé passer les cinq enfants; mais l'espoir d'être académicien russe empêche Le Cat de douter du prince remarqué par Catherine II. En mars 1829, la martiale élégance des Circassiens de Kabardah était encore reconnue par le tome V d'un Dictionnaire géographique universel (Paris, Kilian, in-8.) Leurs femmes étaient non moins célèbres par leur beauté.—V.Kabardinski, à la table.[22]Cette entremetteuse connue servait de plastron aux libellistes. On en trouve des preuves dans les Mémoires de Bachaumont (1779, 31 décembre; 1787, 18 et 21 juillet.) La première est une annonce simulée: «Maisons et appartements à louer.Petit appartement au 5een siamoise, à troquer contre un appartement au 1eren damas de trois couleurs. S'adresser à Madame Sainte-Marie, ouvrière en tours de lit, rue de la Nouvelle-Halle, ou chez Madame de Launay, rue des Petits-Champs, où elle travaille à la journée».La facétie est du genre banal, mais celle du 18 juillet 1787 est méchante sinon calomnieuse. «On parle d'une réclamation imprimée de Madame Kornmann contre le mémoire fictif répandu en sa faveur, qu'on attribue à M. Suard, et en conséquence il court une autre facétie: c'est une lettre non moins fictive d'une Madame de Launay, appareilleuse très renommée de cette capitale, à ce membre de l'Académie française. On croit reconnaître, dans celle-ci, la main du sieur de Beaumarchais qu'on sait en vouloir à la mort à M. Suard et d'ailleurs être très lié avec la dame de Launay. On assure même les avoir vus ensemble, il n'y a pas longtemps.»Les autres nouvelles données par les Mémoires montrent que la police finit par s'en mêler. On le comprend en lisant la fin de cette lettre simulée, adressée à l'académicien Suard:—«Je vous offre, monsieur, de vous fournir dans le nombre des demoiselles qui sont sous mes ordres, celle qui vous conviendra le mieux. Vous en userez gratis. Je sais très bien qu'un académicien jetonnier n'est pas dans le cas de faire beaucoup de libéralités aux femmes. Je suis, etc. De Launay, rue Croix-des-Petits-Champs, au grand balcon.—Ce 14 juillet 1787.—P. S. Il vient de m'arriver une jolie Lyonnaise».[23]Raie de muletse disait d'une nuque fort garnie de cheveux, lorsque les dernières racines simulent une raie au-dessus du dos.[24]Les entremetteuses étaient promenées sur un âne, le visage tourné du côté de la queue, qu'elles étaient obligées de tenir en mains pour ne pas perdre l'équilibre.[25]M. de la Roche était un personnage plus important que la suscription ne le ferait supposer. On le verra par la seconde note p. 115. De plus il paraît avoir été un acteur de société des plus appréciés à la Cour. Sa statuette fait partie d'une très curieuse collection de biscuits conservés à la manufacture de Sèvres et au Théatre Français où elle figurait en compagnie de l'acteur Volange dans le rôle deJeannot, de Préville dans le rôle deFigaro, de Poisson dans celui deCrispin. La comédie de société était en honneur à la Cour de Louis XVI et peut avoir aidé à l'avancement du capitaine nommé lieutenant-colonel en 1780. Son titre de gouverneur de la Ménagerie s'enjolive aussi de plusieurs façons. De concierge, il n'en est plus question; on le qualifie Commandeur et même Surintendant des basses Cours. On va voir qu'il y avait peut-être une survivance dans ce cumul apparent.[26]L'abbé Spallanzani.[27]M. de la Roche se livre ici à une facétie autorisée par le genre de la communication qui lui est faite. Sa marchande vendait de l'amour comme on s'en doute. L'Almanach des Demoiselles de Paris pour 1792révèle le nom de deux locataires du no40: «Louisette, figure mignonne... un bol de punch et 6 livres.—Saint-Pré, minois piquant, bien faite, très petite, fraîche, beaux yeux... 5 livres». Si elles n'étaient pas encore là en 1785, il est probable que le no40 avait déjà un personnel du même genre.Cette réponse m'avait d'abord fait craindre quelque contre-mystification. Elle était faite sur le ton facétieux, ne relevait point le titre de gouverneur de la Ménagerie, et se trouvait datée de Paris. Mon confrère de Versailles, M. Taphanel, m'avait appris d'autre part que la Ménagerie de Versailles n'avait qu'un concierge et (pas de gouverneur). Il est vrai que ce concierge avait été M. De la Roche sous Louis XIV, mais on ne trouvait pas trace de ses successeurs. J'en étais là lorsqu'une recherche de M. Arthur Chuquet aux Archives de la guerre dissipa tous mes doutes. Un Simon Texier de la Roche commanda en effet en 1778 les compagnies de sous-officiers invalides détachées à Versailles et à Marly-le-Roy; on le fit même lieutenant-colonel sur place le 30 septembre 1780, treize ans après son entrée à l'Hôtel des Invalides comme lieutenant (il avait eu un bras cassé à Minden). Le 2 mars 1791, il passa maréchal de camp.[28]Caillot-Duval place ici la facétie que lui avait écrite le 24 novembre M. de la Roche.[29]Ce modèle était un morceau de papier coupé en rond.[30]Cette lettre avait été envoyée à Paris pour être mise à la poste.[31]«Ce chevalier de Saint-Louis n'était autre que M. Fortia de Pilles», (dit Paul Lacroix dansle Paysdu 6 mai 1855). Je le cite sous toutes réserves; et pour cause. Voir la fin de l'Avant-propos.[32]Trois mois après, Caillot félicitait perfidement le même Beaujard d'avoir si bien remplacé «le sieur Mossy», mais Beaujard ne répondit pas.[33]Celui de l'imprimerie Mossy était détestable. D'où la malice.[34]C'était le rédacteur du journal de Marseille. V. pages 146, 147.[35]Grisé par la comparaison de sa mauvaise imprimerie à celle de Didot, Mossy annonce comme nouveauté purement Marseillaise la longue paraphrase d'un Dictionnaire Grammatical déjà publié à Paris en 1768 et 1786, et en 1761 à Avignon.
[7]Quand Lacroix n'était point frisé au saut du lit, il se cachait à tous les yeux, car ses cheveux tombés alors à plat lui donnaient un air de vieux jacobin sanguinaire. Ils étaient naturellement gros et raides; c'est pourquoi sans doute ils ont si bien résisté toute sa vie aux brûlantes morsures du fer chaud. Je tiens à consigner ce détail pour les friseurs qui auraient pu le citer comme un modèle unique au monde. Il avait alors 75 ans et toutes ses dents.
[8]Plusieurs clés manuscrites mettentSainville. Mais cette année-là ni les suivantes, le nom de Sainville ne figure dans le personnel de l'Opéra. De plus, le nom de Saulnier donne seul les sept points qui suivent, dans l'original, l'initiale S, et il a été relevé sur un exemplaire ayant appartenu à M. de Fortia.
En croyant que l'initiale S... commençait le nom deSainville, Paul Lacroix aura pensé à une autre danseuse du nom de Siville qui n'émargeait pas plus de huit cent livres, dans un rang bien inférieur.
[9]Une note de l'édition originale porte ici que Saulnier cadette était entretenue par le baron de Breteuil «qui aurait mieux fait de s'en tenir à ce genre d'occupations que de se charger de travaux ministériels au-dessus de ses moyens». Chargé du département de Paris et de la maison du Roi, il avait alors passé la cinquantaine.
[10]Sept ans plus tard, cette crainte semble évanouie. On lit dansAlmanach des demoiselles de Paris pour 1792: «Saulnier, rue Portefoin, no4. Peau douce, la gorge moelleuse... Cette danseuse est vive, sans façons, et met tous ses amis à l'aise. Pour vingt-quatre heures, 300 livres».
[11]Mademoiselle Saulnier figure sur l'état des appointements des artistes de l'Opéra en 1785 au titre de premier sujet de la danse. Elle n'avait alors que seize ans, comme l'écrit sa sœur. Son rang et son traitement étaient les mêmes que ceux de la Guimard (appointements: trois mille livres,—gratification: deux mille l.,—gratification extraordinaire: deux mille l.—Total: 7.000 l.) Elle habitait alors rue de la Lune, vis à vis de Bonne Nouvelle.
[12]La grande et la petite Kabardie sont, en effet, des pays du Caucase où le nom d'Héraclius fut porté dans une famille princière.—V. Kabardinski à la Table.
[13]Saulnier aînée ne croyait pas si bien dire. Elle ne doute d'ailleurs que dans la crainte du ridicule; son scepticisme n'est pas complet.
[14]C'est le titre du petit almanach parisien où on avait cherché vainement.
[15]Kabardinski, nom de peuplade, édition de 1769.
[16]Nous laissons aux amateurs le soin de deviner les anagrammes qui suivent; celui du 10 janvier est assez clair pour donner une idée du reste.
[17]Fruges (Pas-de-Calais), possède une source d'eaux minérales.
[18]Cette sortie venait précisément de M. Fortia lui-même. On la trouvera dans le volume indiqué, sous forme de lettre signée de ses initiales et de sa qualité d'officier au régiment du Roi. Datée du 8 octobre 1784, elle malmène «l'indécence incroyable d'un M. Lecat d'Abbeville et de son logogrife».
[19]Fortia et Boisgelin parlent ici de leur propre publication (Voir notre avant-propos) et cherchent en Le Cat une recrue pour leur petite guerre aux magnétiseurs.
[20]Le 26 janvier suivant, Caillot-Duval se décidait à tenter la correspondance avec Piis, qui ne s'y laissa point prendre.
[21]Mademoiselle Saulnier n'aurait pas laissé passer les cinq enfants; mais l'espoir d'être académicien russe empêche Le Cat de douter du prince remarqué par Catherine II. En mars 1829, la martiale élégance des Circassiens de Kabardah était encore reconnue par le tome V d'un Dictionnaire géographique universel (Paris, Kilian, in-8.) Leurs femmes étaient non moins célèbres par leur beauté.—V.Kabardinski, à la table.
[22]Cette entremetteuse connue servait de plastron aux libellistes. On en trouve des preuves dans les Mémoires de Bachaumont (1779, 31 décembre; 1787, 18 et 21 juillet.) La première est une annonce simulée: «Maisons et appartements à louer.Petit appartement au 5een siamoise, à troquer contre un appartement au 1eren damas de trois couleurs. S'adresser à Madame Sainte-Marie, ouvrière en tours de lit, rue de la Nouvelle-Halle, ou chez Madame de Launay, rue des Petits-Champs, où elle travaille à la journée».
La facétie est du genre banal, mais celle du 18 juillet 1787 est méchante sinon calomnieuse. «On parle d'une réclamation imprimée de Madame Kornmann contre le mémoire fictif répandu en sa faveur, qu'on attribue à M. Suard, et en conséquence il court une autre facétie: c'est une lettre non moins fictive d'une Madame de Launay, appareilleuse très renommée de cette capitale, à ce membre de l'Académie française. On croit reconnaître, dans celle-ci, la main du sieur de Beaumarchais qu'on sait en vouloir à la mort à M. Suard et d'ailleurs être très lié avec la dame de Launay. On assure même les avoir vus ensemble, il n'y a pas longtemps.»
Les autres nouvelles données par les Mémoires montrent que la police finit par s'en mêler. On le comprend en lisant la fin de cette lettre simulée, adressée à l'académicien Suard:
—«Je vous offre, monsieur, de vous fournir dans le nombre des demoiselles qui sont sous mes ordres, celle qui vous conviendra le mieux. Vous en userez gratis. Je sais très bien qu'un académicien jetonnier n'est pas dans le cas de faire beaucoup de libéralités aux femmes. Je suis, etc. De Launay, rue Croix-des-Petits-Champs, au grand balcon.—Ce 14 juillet 1787.
—P. S. Il vient de m'arriver une jolie Lyonnaise».
[23]Raie de muletse disait d'une nuque fort garnie de cheveux, lorsque les dernières racines simulent une raie au-dessus du dos.
[24]Les entremetteuses étaient promenées sur un âne, le visage tourné du côté de la queue, qu'elles étaient obligées de tenir en mains pour ne pas perdre l'équilibre.
[25]M. de la Roche était un personnage plus important que la suscription ne le ferait supposer. On le verra par la seconde note p. 115. De plus il paraît avoir été un acteur de société des plus appréciés à la Cour. Sa statuette fait partie d'une très curieuse collection de biscuits conservés à la manufacture de Sèvres et au Théatre Français où elle figurait en compagnie de l'acteur Volange dans le rôle deJeannot, de Préville dans le rôle deFigaro, de Poisson dans celui deCrispin. La comédie de société était en honneur à la Cour de Louis XVI et peut avoir aidé à l'avancement du capitaine nommé lieutenant-colonel en 1780. Son titre de gouverneur de la Ménagerie s'enjolive aussi de plusieurs façons. De concierge, il n'en est plus question; on le qualifie Commandeur et même Surintendant des basses Cours. On va voir qu'il y avait peut-être une survivance dans ce cumul apparent.
[26]L'abbé Spallanzani.
[27]M. de la Roche se livre ici à une facétie autorisée par le genre de la communication qui lui est faite. Sa marchande vendait de l'amour comme on s'en doute. L'Almanach des Demoiselles de Paris pour 1792révèle le nom de deux locataires du no40: «Louisette, figure mignonne... un bol de punch et 6 livres.—Saint-Pré, minois piquant, bien faite, très petite, fraîche, beaux yeux... 5 livres». Si elles n'étaient pas encore là en 1785, il est probable que le no40 avait déjà un personnel du même genre.
Cette réponse m'avait d'abord fait craindre quelque contre-mystification. Elle était faite sur le ton facétieux, ne relevait point le titre de gouverneur de la Ménagerie, et se trouvait datée de Paris. Mon confrère de Versailles, M. Taphanel, m'avait appris d'autre part que la Ménagerie de Versailles n'avait qu'un concierge et (pas de gouverneur). Il est vrai que ce concierge avait été M. De la Roche sous Louis XIV, mais on ne trouvait pas trace de ses successeurs. J'en étais là lorsqu'une recherche de M. Arthur Chuquet aux Archives de la guerre dissipa tous mes doutes. Un Simon Texier de la Roche commanda en effet en 1778 les compagnies de sous-officiers invalides détachées à Versailles et à Marly-le-Roy; on le fit même lieutenant-colonel sur place le 30 septembre 1780, treize ans après son entrée à l'Hôtel des Invalides comme lieutenant (il avait eu un bras cassé à Minden). Le 2 mars 1791, il passa maréchal de camp.
[28]Caillot-Duval place ici la facétie que lui avait écrite le 24 novembre M. de la Roche.
[29]Ce modèle était un morceau de papier coupé en rond.
[30]Cette lettre avait été envoyée à Paris pour être mise à la poste.
[31]«Ce chevalier de Saint-Louis n'était autre que M. Fortia de Pilles», (dit Paul Lacroix dansle Paysdu 6 mai 1855). Je le cite sous toutes réserves; et pour cause. Voir la fin de l'Avant-propos.
[32]Trois mois après, Caillot félicitait perfidement le même Beaujard d'avoir si bien remplacé «le sieur Mossy», mais Beaujard ne répondit pas.
[33]Celui de l'imprimerie Mossy était détestable. D'où la malice.
[34]C'était le rédacteur du journal de Marseille. V. pages 146, 147.
[35]Grisé par la comparaison de sa mauvaise imprimerie à celle de Didot, Mossy annonce comme nouveauté purement Marseillaise la longue paraphrase d'un Dictionnaire Grammatical déjà publié à Paris en 1768 et 1786, et en 1761 à Avignon.