LES SSE CHOU,

[1]Avertissement de la traduction française que nous avons donnée en 1837 duTa-hioou de laGrande Étude, avec une version latine et le texte chinois en regard, accompagné du commentaire complet du Tchou-hi et de notes tirées des divers autres commentateurs chinois. Gr. in-8°.

[1]Avertissement de la traduction française que nous avons donnée en 1837 duTa-hioou de laGrande Étude, avec une version latine et le texte chinois en regard, accompagné du commentaire complet du Tchou-hi et de notes tirées des divers autres commentateurs chinois. Gr. in-8°.

[2]Voyez la note[26]ci-après.

[2]Voyez la note[26]ci-après.

[3]On peut consulter à ce sujet notreDescription historique, géographique et littéraire de la Chine, t. I, p. 32 et suiv. F. Didot frères, 1857.

[3]On peut consulter à ce sujet notreDescription historique, géographique et littéraire de la Chine, t. I, p. 32 et suiv. F. Didot frères, 1857.

[4]Voyez la traduction de ce livre dans lesLivres sacrés de l'Orientque nous avons publiés chez MM. F. Didot, en un fort vol. in-8° à deux colonnes, d'où la traduction que nous donnons ici desQuatre Livresa été tirée.

[4]Voyez la traduction de ce livre dans lesLivres sacrés de l'Orientque nous avons publiés chez MM. F. Didot, en un fort vol. in-8° à deux colonnes, d'où la traduction que nous donnons ici desQuatre Livresa été tirée.

[5]Voyez la Préface du P. Gaubil, pag. 1 et suiv.

[5]Voyez la Préface du P. Gaubil, pag. 1 et suiv.

[6]Lun-yu, chap.IV, §5.

[6]Lun-yu, chap.IV, §5.

[7]Id., §16.

[7]Id., §16.

[8]Id., chap.VII, §1, 19.

[8]Id., chap.VII, §1, 19.

[9]Lun-yu, chap.II, §1.

[9]Lun-yu, chap.II, §1.

[10]Id., chap.XIII, §12.

[10]Id., chap.XIII, §12.

[11]Lun-yu, chap.XII, §17.

[11]Lun-yu, chap.XII, §17.

[12]Voyez l'Argument philosophique de l'éditionchinoise-latineetfrançaiseque nous avons donnée de cet ouvrage. Paris, 1837, grand in-8°.

[12]Voyez l'Argument philosophique de l'éditionchinoise-latineetfrançaiseque nous avons donnée de cet ouvrage. Paris, 1837, grand in-8°.

[13]Voyez les Histoires de la philosophie ancienne de Hegel et de H. Ritter.

[13]Voyez les Histoires de la philosophie ancienne de Hegel et de H. Ritter.

[14]Voyez aussi notre traduction des Essais de Colebrooke sur laPhilosophie des Hindous, un vol. in-8°.

[14]Voyez aussi notre traduction des Essais de Colebrooke sur laPhilosophie des Hindous, un vol. in-8°.

[15]Lun-yu, chap.I, §1.

[15]Lun-yu, chap.I, §1.

[16]Lun-yu, chap.V, §19.

[16]Lun-yu, chap.V, §19.

[17]Id., chap.IX, §.

[17]Id., chap.IX, §.

[18]Id., chap.XV, §30 et 31.

[18]Id., chap.XV, §30 et 31.

[19]Lun-yu, chap.VI, §9.

[19]Lun-yu, chap.VI, §9.

[20]Id., chap.XVII, §22.

[20]Id., chap.XVII, §22.

[21]Lun-yu, chap.VI, §23.

[21]Lun-yu, chap.VI, §23.

[22]Meng-tseu, chap.III, pag. 249 de notre traduction. Ce témoignage est corroboré dansMeng-tseupar celui de trois des plus illustres disciples du philosophe, queMeng-tseurapporte au même endroit.

[22]Meng-tseu, chap.III, pag. 249 de notre traduction. Ce témoignage est corroboré dansMeng-tseupar celui de trois des plus illustres disciples du philosophe, queMeng-tseurapporte au même endroit.

[23]Description de la Chine, t. I, pag. 187.

[23]Description de la Chine, t. I, pag. 187.

[24]Vie deMeng-tseu. Nouv. Mélanges asiatiques, t. II, pag. 119.

[24]Vie deMeng-tseu. Nouv. Mélanges asiatiques, t. II, pag. 119.

[25]Nous renvoyons, pour les détails biographiques que l'on pourrait désirer surKHOUNG-TSEUetMENG-TSEU, à notreDescription de la Chinedéjà citée, t. 1, pag. 120 et suiv., où l'on trouvera aussi le portrait de ces deux philosophes.

[25]Nous renvoyons, pour les détails biographiques que l'on pourrait désirer surKHOUNG-TSEUetMENG-TSEU, à notreDescription de la Chinedéjà citée, t. 1, pag. 120 et suiv., où l'on trouvera aussi le portrait de ces deux philosophes.

[26]La traduction que nous publions desQuatre Livres classiques de la Chineest la première traduction française qui ait été faite sur le texte chinois, excepté toutefois les deux premiers livres: leTa-hioou laGrande Étude, et leTchoung-youngou l'Invariabilité dans le milieu, qui avalent déjà été traduits en français par quelques missionnaires (Mémoires sur les Chinois, t. I, p. 436-481) et par M. A. Rémusat (Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque du roi, t. X, pag. 269 et suiv.). La traduction des missionnaires n'est qu'une longue paraphrase enthousiaste dans laquelle on reconnaît à peine le texte original. Celle duTchoung-youngde M. Rémusat, qui est accompagnée du texte chinois et d'une version latine, est de beaucoup préférable. La traduction française de l'abbé Pluquet, publiée en 1784, sous le titre de:Les Livres classiques de l'empire de la Chine, a été faite sur la traduction latine du P. Noël, publiée à Prague, en 1711, sous ce titre:Sinensis imperii libri classici sex. Nous avons cru inutile de la consulter pour faire notre propre traduction, attendu que nous nous sommes constamment efforcé de nous appuyer uniquement sur le texte et les commentaires chinois. (Voyez, pour plus de détails, lesLivres sacrés de l'Orient, p.XXVIII.)

[26]La traduction que nous publions desQuatre Livres classiques de la Chineest la première traduction française qui ait été faite sur le texte chinois, excepté toutefois les deux premiers livres: leTa-hioou laGrande Étude, et leTchoung-youngou l'Invariabilité dans le milieu, qui avalent déjà été traduits en français par quelques missionnaires (Mémoires sur les Chinois, t. I, p. 436-481) et par M. A. Rémusat (Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque du roi, t. X, pag. 269 et suiv.). La traduction des missionnaires n'est qu'une longue paraphrase enthousiaste dans laquelle on reconnaît à peine le texte original. Celle duTchoung-youngde M. Rémusat, qui est accompagnée du texte chinois et d'une version latine, est de beaucoup préférable. La traduction française de l'abbé Pluquet, publiée en 1784, sous le titre de:Les Livres classiques de l'empire de la Chine, a été faite sur la traduction latine du P. Noël, publiée à Prague, en 1711, sous ce titre:Sinensis imperii libri classici sex. Nous avons cru inutile de la consulter pour faire notre propre traduction, attendu que nous nous sommes constamment efforcé de nous appuyer uniquement sur le texte et les commentaires chinois. (Voyez, pour plus de détails, lesLivres sacrés de l'Orient, p.XXVIII.)

Le livre de laGrande Étudeest cette Grande Étude que dans l'antiquité on enseignait aux hommes, et qu'on leur proposait pour règle de conduite; or, les hommes tirant du ciel leur origine, il en résulte qu'il n'en est aucun qui n'ait été doué par lui des sentiments de charité ou d'humanité, de justice, de convenance et de sagesse. Cependant, quoique tous les hommes possèdent certaines dispositions naturelles et constitutives qu'ils ont reçues en naissant, il en est quelques-uns qui n'ont pas le pouvoir ou la faculté de les cultiver et de les bien diriger. C'est pourquoi ils ne peuvent pas tous avoir en eux les moyens de connaître les dispositions existantes de leur propre nature, et ceux de leur donner leur complet développement. Il en est qui, possédant une grande perspicacité, une intelligence pénétrante, une connaissance intuitive, une sagesse profonde, peuvent développer toutes les facultés de leur nature, et ils se distinguent au milieu de la foule qui les environne; alors le ciel leur a certainement donné le mandat d'être les chefs et les instituteurs des générations infinies; il les a chargés de la mission de les gouverner et de les instruire, afin de les faire retourner à la pureté primitive de leur nature.

Voilà comment [les anciens empereurs]Fou-hi, Chin-noung, Hoang-ti, YaoetChunoccupèrent successivement les plus hautes dignités que confère le ciel; comment les ministres d'État furent attentifs à suivre et à propager leurs instructions, et d'où les magistrats qui président aux lois civiles et à la musique dérivèrent leurs enseignements.

Après l'extinction des trois premières dynasties, les institutions qu'elles avaient fondées s'étendirent graduellement. Ainsi, il arriva par la suite que dans les palais des rois, comme dans les grandes villes et même jusque dans les plus petits villages, il n'y avait aucun lieu où l'on ne se livrât à l'étude. Dès que les jeunes gens avaient atteint l'âge de huit ans, qu'ils fussent les fils des rois, des princes ou de la foule du peuple, ils entraient tous à laPetite École[1], et là on leur enseignait à arroser, à balayer, à répondre promptement et avec soumission à ceux qui les appelaient ou les interrogeaient; à entrer et à sortir selon les règles de la bienséance; à recevoir les hôtes avec politesse et à les reconduire de même. On leur enseignait aussi les usages du monde et des cérémonies, la musique, l'art de lancer des flèches, de diriger des chars, ainsi que celui d'écrire et de compter.

Lorsqu'ils avaient atteint l'âge de quinze ans, alors, depuis l'héritier présomptif de la dignité impériale et tous les autres fils de l'empereur, jusqu'aux fils des princes, des premiers ministres, des gouverneurs de provinces, des lettrés ou docteurs de l'empire promus à des dignités, ainsi que tous ceux d'entre les enfants du peuple qui brillaient par des talents supérieurs, entraient à laGrande École[2], et on leur enseignait les moyens de pénétrer et d'approfondir les principes des choses, de rectifier les mouvements de leur cœur, de se corriger, de se perfectionner eux-mêmes, et de gouverner les hommes. Voilà comment les doctrines que l'on enseignait dans les collèges étaient divisées engrandesetpetites. Par cette division et cette composition des études, leur propagation s'étendit au loin, et le mode d'enseigner se maintint dans les limites précises de cet ordre de subordination; c'est ce qui en fit un véritable enseignement. En outre, toute la base de cette institution résidait dans la personne du prince, qui en pratiquait tous les devoirs. On ne demandait aucun salaire aux enfants du peuple, et on n'exigeait rien d'eux que ce dont ils avaient besoin pour vivre journellement. C'est pourquoi, dans ces âges passés, il n'y avait aucun homme qui ne se livrât à l'étude. Ceux qui étudiaient ainsi se gardaient bien de ne pas s'appliquer à connaître les dispositions naturelles que chacun d'eux possédait réellement, la conduite qu'il devait suivre dans les fonctions qu'il avait à remplir; et chacun d'eux faisait ainsi tous ses efforts, épuisait toutes ses facultés, pour atteindre à sa véritable destination. Voilà comment il est arrivé que, dans les temps florissants de la haute antiquité, le gouvernement a été si glorieux dans ceux qui occupaient les emplois élevés, les mœurs si belles, si pures dans les inférieurs, et pourquoi il a été impossible aux siècles qui leur ont succédé d'atteindre à ce haut degré de perfection.

Sur le déclin de la dynastie des Tchéou, lorsqu'il ne paraissait plus de souverains doués de sainteté et de vertu, les règlements des grandes et petites Écoles n'étaient plus observés; les saines doctrines étaient dédaignées et foulées aux pieds; les mœurs publiques tombaient en dissolution. Ce fut à cette époque de dépravation générale qu'apparut avec éclat la sainteté deKHOUNG-TSEU; mais il ne put alors obtenir des princes qu'ils le plaçassent dans les fonctions élevées de ministre ou instituteur des hommes, pour leur faire observer ses règlements et pratiquer sa doctrine. Dans ces circonstances, il recueillit dans la solitude les lois et institutions des anciens rois, les étudia soigneusement et les transmit [à ses disciples] pour éclairer les siècles à venir. Les chapitres intitulésKhio-li, Chao-i, Neï-tse[3], concernent les devoirs des élèves, et appartiennent véritablement à laPetite Étude, dont ils sont comme des ruisseaux détachés ou des appendices; mais parce que les instructions concernant laPetite Étude[ou l'Étudepropre aux enfants] avaient été complètement développées dans les ouvrages ci-dessus, le livre qui nous occupe a été destiné à exposer et rendre manifeste à tous les lois claires, évidentes, de laGrande Étude[ou l'Étudepropre aux esprits mûrs]. En dehors du livre et comme frontispice, sont posés les grands principes qui doivent servir de base a ces enseignements, et dans le livre, ces mêmes principes sont expliqués et développés en paragraphes séparés. Mais, quoique dans une multitude de trois mille disciples, il n'y en ait eu aucun qui n'eût souvent entendu les enseignements du maître, cependant le contenu de ce livre fut transmis à la postérité par les seuls disciples deThsêng-tseu, qui en avait reçu lui-même les maximes de son maîtreKHOUNG-TSEU, et qui, dans une exposition concise, en avait expliqué et développé le sens.

Après la mort deMêng-tseu, il ne se trouva plus personne pour enseigner et propager cette doctrine des anciens; alors, quoique le livre qui la contenait continuât d'exister, ceux qui la comprenaient étaient fort rares. Ensuite il est arrivé de là que les lettrés dégénérés s'étant habitués à écrire des narrations, à compiler, à faire des discours élégants, leurs œuvres concernant laPetite Etudefurent au moins doubles de celles de leurs prédécesseurs; mais leurs préceptes différents furent d'un usage complètement nul.

Les doctrines duVideet de laNon-entité[4], duRepos absoluet de l'Extinction finale[5], vinrent ensuite se placer bien au-dessus de celle de laGrande Étude; mais elles manquaient de base véritable et solide. Leur autorité, leurs prétentions, leurs artifices ténébreux, leurs fourberies, en un mot, les discours de ceux qui les prêchaient pour s'attirer une renommée glorieuse et un vain nom, se sont répandus abondamment parmi les hommes, de sorte que l'erreur, en envahissant le siècle, a abusé les peuples et a fermé toute voie à la charité et à la justice. Bien plus, le trouble et la confusion de toutes les notions morales sont sortis de leur sein, au point que les sages mêmes ne pouvaient être assez heureux pour obtenir d'entendre et d'apprendre les devoirs les plus importants de la grande doctrine, et que les hommes du commun ne pouvaient également être assez heureux pour obtenir dans leur ignorance d'être éclairés sur les principes d'une bonne administration; tant les ténèbres de l'ignorance s'étaient épaissies et avaient obscurci les esprits! Cette maladie s'était tellement augmentée dans la succession des années, elle était devenue tellement invétérée, qu'à la fin de l'époque des cinq dynasties [vers 950 de notre ère] le désordre et la confusion étaient au comble.

Mais il n'arrive rien sur cette terre que le ciel ne ramène de nouveau dans le cercle de ses révolutions: la dynastie des Soung s'éleva, et la vertu fut bientôt florissante; les principes du bon gouvernement et l'éducation reprirent leur éclat. A cette époque, apparurent dans la province duHo-nandeux docteurs de la familleTching, lesquels, dans le dessein de transmettre à la postérité les écrits deMêng-tseuet de ses disciples, les réunirent et en formèrent un corps d'ouvrage. Ils commencèrent d'abord par manifester une grande vénération pour ce livre [leTa Hioou laGrande Étude], et ils le remirent en lumière, afin qu'il frappât les yeux de tous. A cet effet, ils le retirèrent du rang secondaire où il était placé[6], en mirent en ordre les matériaux, et lui rendirent ses beautés primitives. Ensuite la doctrine qui avait été anciennement exposée dans le livre de laGrande Étudepour instruire les hommes, le véritable sens du saint texte original [deKHOUNG-TSEU] et de l'explication de son sage disciple, furent de nouveau examinés et rendus au siècle dans toute leur splendeur. Quoique, moiHi, je ne sois ni habile ni pénétrant, j'ai été assez heureux cependant pour retirer quelque fruit de mes propres études sur ce livre, et pour entendre la doctrine qui y est contenue. J'avais vu qu'il existait encore dans le travail des deux docteursTchingdes choses incorrectes, inégales, que d'autres en avaient été détachées ou perdues; c'est pourquoi, oubliant mon ignorance et ma profonde obscurité, je l'ai corrigé et mis en ordre autant que je l'ai pu, en remplissant les lacunes qui y existaient, et en y joignant des notes pour faire saisir le sens et la liaison des idées[7]; enfin, en suppléant ce que les premiers éditeurs et commentateurs avaient omis ou seulement indiqué d'une manière trop concise; en attendant que, dans la suite des temps, il vienne un sage capable d'accomplir la tâche que je n'ai fait qu'effleurer. Je sais parfaitement que celui qui entreprend plus qu'il ne lui convient n'est pas exempt d'encourir pour sa faute le blâme de la postérité. Cependant, en ce qui concerne legouvernement des États, la conversion des peuples, l'amélioration des mœurs, celui qui étudiera mon travail sur le mode et les moyens de se corriger ou se perfectionner soi-même et de gouverner les hommes, dira assurément qu'il ne lui aura pas été d'un faible secours.

Du règne nomméChun-hi, annéeKuy-yeo[1191 de notre ère], second mois lunaireKia-tseu, dans la ville deSin-ngan, ou de laPaix nouvelle[vulgairement nomméeHoeï-tchéou]. Préface deTchou-hi.

[1]Siao hio.

[1]Siao hio.

[2]Ta hio.

[2]Ta hio.

[3]Chapitres duLi-ki, ouLivre des Rites.

[3]Chapitres duLi-ki, ouLivre des Rites.

[4]Celle desTao-sse, qui aLao-tseupour fondateur.

[4]Celle desTao-sse, qui aLao-tseupour fondateur.

[5]Celle desBouddhistes, qui aFoouBouddhapour fondateur.

[5]Celle desBouddhistes, qui aFoouBouddhapour fondateur.

[6]Il formait un des chapitres duLi-ki.

[6]Il formait un des chapitres duLi-ki.

[7]Il ne faudrait pas croire que cet habile commentateur ait fait des changements au texte ancien du livre; il n'a fait que transposer quelquefois des chapitres de l'Explication, et suppléer par des notes aux lacunes des mots ou des idées; mais il a eu toujours soin d'en avertir dans le cours de l'ouvrage, et ses additions explicatives sont imprimées en plus petits caractères ou en lignes plus courtes que celles du texte primitif.

[7]Il ne faudrait pas croire que cet habile commentateur ait fait des changements au texte ancien du livre; il n'a fait que transposer quelquefois des chapitres de l'Explication, et suppléer par des notes aux lacunes des mots ou des idées; mais il a eu toujours soin d'en avertir dans le cours de l'ouvrage, et ses additions explicatives sont imprimées en plus petits caractères ou en lignes plus courtes que celles du texte primitif.

Le docteurTching-tseua dit: LeTa hio[ou laGrande Étude] est un livre laissé parKHOUNG-TSEUet son disciple [Thsêng-tseu], afin que ceux qui commencent à étudier les sciences morales et politiques s'en servent comme d'une porte pour entrer dans le sentier de la sagesse. On peut voir maintenant que les hommes de l'antiquité, qui faisaient leurs études dans un ordre méthodique, s'appuyaient uniquement sur le contenu de ce livre; et ceux qui veulent étudier leLun-yuet leMêng-tseudoivent commencer leurs études par leTa hio; alors ils ne courent pas le risque de s'égarer.

1. La loi de la grande Étude, ou de la philosophie pratique, consiste à développer et remettre en lumière le principe lumineux de la raison que nous avons reçu du ciel, à renouveler les hommes, et à placer sa destination définitive dans la perfection, ou le souverain bien.

2. Il faut d'abord connaître le but auquel ou doit tendre, ou sa destination définitive, et prendre ensuite une détermination; la détermination étant prise, on peut ensuite avoir l'esprit tranquille et calme; l'esprit étant tranquille et calme, on peut ensuite jouir de ce repos inaltérable que rien ne peut troubler; étant parvenu à jouir de ce repos inaltérable que rien ne peut troubler, on peut ensuite méditer et se former un jugement sur l'essence des choses; ayant médité et s'étant formé un jugement sur l'essence des choses, on peut ensuite atteindre à l'état de perfectionnement désiré.

3. Les êtres de la nature ont une cause et des effets; les actions humaines ont un principe et des conséquences: connaître les causes et les effets, les principes et les conséquences, c'est approcher très-près de la méthode rationnelle avec laquelle on parvient à la perfection.

4. Les anciens princes qui désiraient développer et remettre en lumière dans leurs États le principe lumineux de la raison que nous recevons du ciel s'attachaient auparavant à bien gouverner leurs royaumes; ceux qui désiraient bien gouverner leurs royaumes s'attachaient auparavant à mettre le bon ordre dans leurs familles; ceux qui désiraient mettre le bon ordre dans leurs familles s'attachaient auparavant à se corriger eux-mêmes; ceux qui désiraient se corriger eux-mêmes s'attachaient auparavant à donner de la droiture à leur âme; ceux qui désiraient donner de la droiture à leur âme s'attachaient auparavant à rendre leurs intentions pures et sincères; ceux qui désiraient rendre leurs intentions pures et sincères s'attachaient auparavant à perfectionner le plus possible leurs connaissances morales; perfectionner le plus possible ses connaissances morales consiste à pénétrer et approfondir les principes des actions.

5. Les principes des actions étant pénétrés et approfondis, les connaissances morales parviennent ensuite à leur dernier degré de perfection; les connaissances morales étant parvenues à leur dernier degré de perfection, les intentions sont ensuite rendues pures et sincères; les intentions étant rendues pures et sincères, l'âme se pénètre ensuite de probité et de droiture; l'âme étant pénétrée de probité et de droiture, la personne est ensuite corrigée et améliorée; la personne étant corrigée et améliorée, la famille est ensuite bien dirigée; la famille étant bien dirigée, le royaume est ensuite bien gouverné; le royaume étant bien gouverné, le monde ensuite jouit de la paix et de la bonne harmonie.

6. Depuis l'homme le plus élevé en dignité jusqu'au plus humble et au plus obscur, devoir égal pour tous: corriger et améliorer sa personne, ou leperfectionnement de soi-même, est la base fondamentale de tout progrès et de tout développement moral.

7. Il n'est pas dans la nature des choses que ce qui a sa base fondamentale en désordre et dans la confusion puisse avoir ce qui en dérive nécessairement dans un état convenable.

Traiter légèrement ce qui est le principal ou le plus important, et gravement ce qui n'est que secondaire, est une méthode d'agir qu'il ne faut jamais suivre[1].

LeKingouLivre par excellence, qui précède, ne forme qu'un chapitre; il contient les propres paroles deKHOUNG-TSEU, que son discipleThsêng-tseua commentées dans les dix sections ou chapitres suivants, composés de ses idées recueillies par ses disciples.

Les tablettes en bambou des anciennes copies avaient été réunies d'une manière fautive et confuse; c'est pour cela queTching-tseudétermina leur place, et corrigea en l'examinant la composition du livre. Par la disposition qu'il établit, l'ordre et l'arrangement ont été arrêtés comme il suit.

[1]Le texte entier de l'ouvrage consiste en quinze cent quarante-six caractères. Toute l'Exposition [deThsêng-tseu] est composée de citations variées qui servent de commentaire auKing[ou texte original deKHOUNG-TSEU], lorsqu'il n'est pas complètement narratif. Ainsi les principes posés dans le texte sont successivement développés dans un enchaînement logique. Le sang circule bien partout dans les veines. Depuis le commencement jusqu'à la fin, le grave et le léger sont employés avec beaucoup d'art et de finesse. La lecture de ce livre est agréable et pleine de suavité. On doit le méditer longtemps, et l'on ne parviendra même jamais à en épuiser le sens. (Note du Commentateur.)

[1]Le texte entier de l'ouvrage consiste en quinze cent quarante-six caractères. Toute l'Exposition [deThsêng-tseu] est composée de citations variées qui servent de commentaire auKing[ou texte original deKHOUNG-TSEU], lorsqu'il n'est pas complètement narratif. Ainsi les principes posés dans le texte sont successivement développés dans un enchaînement logique. Le sang circule bien partout dans les veines. Depuis le commencement jusqu'à la fin, le grave et le léger sont employés avec beaucoup d'art et de finesse. La lecture de ce livre est agréable et pleine de suavité. On doit le méditer longtemps, et l'on ne parviendra même jamais à en épuiser le sens. (Note du Commentateur.)

Sur le devoir de développer et de rendre à sa clarté primitive le principe lumineux de notre raison.

1. LeKhang-kao[1]dit: Le roiWenparvint àdévelopper et faire briller dans tout son éclat le principe lumineux de la raison que nous recevons du ciel.

2. LeTaï-kia[2]dit: Le roiTching-thangavait sans cesse les regards fixés surce don brillant de l'intelligence que nous recevons du ciel.

3. LeTi-tien[3]a dit:Yaoputdévelopper et faire briller dans tout son éclat le principe sublime de l'intelligence que nous recevons du ciel.

4. Tous ces exemples indiquent que l'on doit cultiver sa nature rationnelle et morale.

Voilà le premier chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre pardévelopper et remettre en lumière le principe lumineux de la raison que nous recevons du ciel.

[1]Il forme aujourd'hui un des chapitres duChou-king.

[1]Il forme aujourd'hui un des chapitres duChou-king.

[2]Il forme aujourd'hui un chapitres duChou-king.

[2]Il forme aujourd'hui un chapitres duChou-king.

[3]ibid.

[3]ibid.

Sur le devoir de renouveler ou d'éclairer les peuples.

1. Des caractères gravés sur la baignoire du roiTching-thangdisaient: Renouvelle-toi complètement chaque jour; fais-le denouveau, encore denouveau, et toujours denouveau.

2. LeKhang-kaodit: Fais que le peuple serenouvelle.

3. LeLivre des Versdit:

«Quoique la famille desTcheoupossédât depuis longtemps une principauté royale,Elle obtint du ciel (dans la personne deWen-wang) une investiturenouvelle.»

«Quoique la famille desTcheoupossédât depuis longtemps une principauté royale,

Elle obtint du ciel (dans la personne deWen-wang) une investiturenouvelle.»

4. Cela prouve qu'il n'y a rien que le sage ne pousse jusqu'au dernier degré de la perfection.

Voilà le second chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parrenouveler les peuples.

Sur le devoir de placer sa destination définitive dans la perfection ou le souverain bien.

1. LeLivre des Versdit:

«C'est dans un rayon de milleli(cent lieues) de la résidence royaleQue le peuple aime àfixer sa demeure.»

«C'est dans un rayon de milleli(cent lieues) de la résidence royale

Que le peuple aime àfixer sa demeure.»

2. LeLivre des Versdit:

«L'oiseau jaune au chant plaintifmien-mânFixe sa demeuredans le creux touffu des montagnes.»

«L'oiseau jaune au chant plaintifmien-mân

Fixe sa demeuredans le creux touffu des montagnes.»

Le philosophe [KHOUNG-TSEU] a dit:

En fixant là sa demeure, il prouve qu'il connaît le lieu de sadestination; et l'homme [la plus intelligente des créatures][4]ne pourrait pas en savoir autant que l'oiseau!

3. LeLivre des Versdit:

«Que la vertu deWen-wangétait vaste et profonde!Comme il sut joindre la splendeur à la sollicitude la plus grande pour l'accomplissement de ses différentesdestinations!»

«Que la vertu deWen-wangétait vaste et profonde!

Comme il sut joindre la splendeur à la sollicitude la plus grande pour l'accomplissement de ses différentesdestinations!»

Comme prince, ilplaçait sa destinationdans la pratique de l'humanité ou de la bienveillance universelle pour les hommes; comme sujet, ilplaçait sa destinationdans les égards dus au souverain; comme fils, ilplaçait sa destinationdans la pratique de la piété filiale; comme père, ilplaçait sa destinationdans la tendresse paternelle; comme entretenant des relations ou contractant des engagements avec les hommes, ilplaçait sa destinationdans la pratique de la sincérité et de la fidélité[5].

4. LeLivre des Versdit:

«Regarde là-bas sur les bords duKi;Oh! qu'ils sont beaux et abondants les verts bambous!Nous avons un prince orné de science et de sagesse[6];Il ressemble à l'artiste qui coupe et travaille l'ivoire,A celui qui taille et polit les pierres précieuses.Oh! qu'il parait grave et silencieux!Comme sa conduite est austère et digne!Nous avons un prince orné de science et de sagesse;Nous ne pourrons jamais l'oublier!»

«Regarde là-bas sur les bords duKi;

Oh! qu'ils sont beaux et abondants les verts bambous!

Nous avons un prince orné de science et de sagesse[6];

Il ressemble à l'artiste qui coupe et travaille l'ivoire,

A celui qui taille et polit les pierres précieuses.

Oh! qu'il parait grave et silencieux!

Comme sa conduite est austère et digne!

Nous avons un prince orné de science et de sagesse;

Nous ne pourrons jamais l'oublier!»

5.Il ressemble à l'artiste qui coupe et travaille l'ivoire, indique l'étude ou l'application de l'intelligence à la recherche des principes de nos actions;il ressemble à celui qui taille et polit les pierres précieuses, indique leperfectionnement de soi-même. L'expressionOh! qu'il paraît grave et silencieux!indique la crainte, la sollicitude qu'il éprouve pour atteindre à la perfection.Comme sa conduite est austère et digne!exprime combien il mettait de soin à rendre sa conduite digne d'être imitée.Nous avons un prince orné de science et de sagesse; nous ne pourrons jamais l'oublier!indique cette sagesse accomplie, cette perfection morale que le peuple ne peut oublier.

6. LeLivre des Versdit:

«Comme la mémoire des anciens rois (WenetWou) est restée dans le souvenir des hommes!»

«Comme la mémoire des anciens rois (WenetWou) est restée dans le souvenir des hommes!»

Les sages et les princes qui les suivirent imitèrent leur sagesse et leur sollicitude pour le bien-être de leur postérité. Les populations jouirent en paix, par la suite, de ce qu'ils avaient fait pour leur bonheur, et elles mirent à profit ce qu'ils firent de bien et de profitable dans une division et une distribution équitable des terres[7]. C'est pour cela qu'ils ne seront point oubliés dans les siècles à venir.

Voilà le troisième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parplacer sa destination définitive dans la perfection ou le souverain bien[8].

Voilà le troisième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parplacer sa destination définitive dans la perfection ou le souverain bien[8].

[4]C'est l'explication que donne leJi-kiang, en développant le commentaire laconique deTchou-hi: «L'homme est de tous les êtres le plus intelligent; s'il ne pouvait pas choisir le souverain bien pour s'y fixer, c'est qu'il ne serait pas même aussi intelligent que l'oiseau.»

[4]C'est l'explication que donne leJi-kiang, en développant le commentaire laconique deTchou-hi: «L'homme est de tous les êtres le plus intelligent; s'il ne pouvait pas choisir le souverain bien pour s'y fixer, c'est qu'il ne serait pas même aussi intelligent que l'oiseau.»

[5]LeJi-kiangs'exprime ainsi: «Tchou-tseudit: Chaque homme possède en soi le principe de sadestinationobligatoire ou de ses devoirs de conduite, et atteindre à sadestinationest du devoir du saint homme.»

[5]LeJi-kiangs'exprime ainsi: «Tchou-tseudit: Chaque homme possède en soi le principe de sadestinationobligatoire ou de ses devoirs de conduite, et atteindre à sadestinationest du devoir du saint homme.»

[6]Tcheou-koung, qui vivait en 1150 avant notre ère, l'un des plus sages et des plus savants hommes qu'ait eus la Chine.

[6]Tcheou-koung, qui vivait en 1150 avant notre ère, l'un des plus sages et des plus savants hommes qu'ait eus la Chine.

[7]C'est l'explication que donnent de ce passage plusieurs commentateurs: «Par le partage des champs labourables et leur distribution en portions d'unli(un dixième de lieue carrée), chacun eut de quoi s'occuper et s'entretenir habituellement; c'est là le profit qu'ils en ont tiré.» (Commentaire,Ho-kiang.)

[7]C'est l'explication que donnent de ce passage plusieurs commentateurs: «Par le partage des champs labourables et leur distribution en portions d'unli(un dixième de lieue carrée), chacun eut de quoi s'occuper et s'entretenir habituellement; c'est là le profit qu'ils en ont tiré.» (Commentaire,Ho-kiang.)

[8]Dans ce chapitre sont faites plusieurs citations duLivre des Vers, qui seront continuées dans les suivants. Les anciennes éditions sont fautives à cet endroit. Elles placent ce chapitre après celui sur ledevoir de rendre ses intentions pures et sincères. (TCHOU-HI.)

[8]Dans ce chapitre sont faites plusieurs citations duLivre des Vers, qui seront continuées dans les suivants. Les anciennes éditions sont fautives à cet endroit. Elles placent ce chapitre après celui sur ledevoir de rendre ses intentions pures et sincères. (TCHOU-HI.)

Sur le devoir de connaître et de distinguer les causes et les effets.

1. Le Philosophe a dit: Je puis écouter des plaidoiries et juger des procès comme les autres hommes; mais ne serait-il pas plus nécessaire de faire en sorte d'empêcher les procès? Ceux qui sont fourbes et méchants, il ne faudrait pas leur permettre de porter leurs accusations mensongères et de suivre leurs coupables desseins. On parviendrait par là à se soumettre entièrement les mauvaises intentions des hommes. C'est ce qui s'appelleconnaître la racine ou la cause.

Voila le quatrième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parla racine et les branchesoula cause et les effets.

Voila le quatrième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parla racine et les branchesoula cause et les effets.

Sur le devoir de perfectionner ses connaissances morales en pénétrant les principes des actions.

1. Cela s'appelleconnaître la racine ou la cause.

2. Cela s'appellela perfection de la connaissance.

Voilà ce qui reste du cinquième chapitre du Commentaire. Il expliquait ce que l'on doit entendre parperfectionner ses connaissances morales en pénétrant les principes des actions; il est maintenant perdu. Il y a quelque temps, j'ai essayé de recourir aux idées deTching-tseu[autre commentateur duTa hio, un peu plus ancien queTchou-hi] pour suppléer à cette lacune, en disant:Les expressions suivantes du texte,perfectionner ses connaissances morales consiste à pénétrer le principe et la nature des actions, signifient que, si nous désironsperfectionner nos connaissances morales, nous devons nous livrer à une investigation profonde des actions, et scruter à fond leurs principes ou leur raison d'être; car l'intelligence spirituelle de l'homme n'est pas évidemment incapable deconnaître[ou est adéquate à laconnaissance]; et les êtres de la nature, ainsi que les actions humaines, ne sont pas sans avoir un principe, une cause ou une raison d'être[9]. Seulement ces principes, ces causes, ces raisons d'être n'ont pas encore été soumis à d'assez profondes investigations. C'est pourquoi la science des hommes n'est pas complète, absolue; c'est aussi pour cela que laGrande Étudecommence par enseigner aux hommes que ceux d'entre eux qui étudient la philosophie morale doivent soumettre à une longue et profonde investigation les êtres de la nature et les actions humaines, afin qu'en partant de ce qu'ils savent déjà des principes des actions, ils puissent augmenter leurs connaissances, et pénétrer dans leur nature la plus intime[10]. En s'appliquant ainsi à exercer toute son énergie, toutes ses facultés intellectuelles, pendant longtemps, on arrive un jour à avoir une connaissance, une compréhension intime des vrais principes des actions; alors la nature intrinsèque et extrinsèque de toutes les actions humaines, leur essence la plus subtile comme leurs parties les plus grossières, sont pénétrées; et, pour notre intelligence ainsi exercée et appliquée par des efforts soutenus, tous les principes des actions deviennent clairs et manifestes. Voilà ce qui est appeléla pénétration dos principes des actions; voila ce qui est appeléla perfection des connaissances morales.

Voilà ce qui reste du cinquième chapitre du Commentaire. Il expliquait ce que l'on doit entendre parperfectionner ses connaissances morales en pénétrant les principes des actions; il est maintenant perdu. Il y a quelque temps, j'ai essayé de recourir aux idées deTching-tseu[autre commentateur duTa hio, un peu plus ancien queTchou-hi] pour suppléer à cette lacune, en disant:

Les expressions suivantes du texte,perfectionner ses connaissances morales consiste à pénétrer le principe et la nature des actions, signifient que, si nous désironsperfectionner nos connaissances morales, nous devons nous livrer à une investigation profonde des actions, et scruter à fond leurs principes ou leur raison d'être; car l'intelligence spirituelle de l'homme n'est pas évidemment incapable deconnaître[ou est adéquate à laconnaissance]; et les êtres de la nature, ainsi que les actions humaines, ne sont pas sans avoir un principe, une cause ou une raison d'être[9]. Seulement ces principes, ces causes, ces raisons d'être n'ont pas encore été soumis à d'assez profondes investigations. C'est pourquoi la science des hommes n'est pas complète, absolue; c'est aussi pour cela que laGrande Étudecommence par enseigner aux hommes que ceux d'entre eux qui étudient la philosophie morale doivent soumettre à une longue et profonde investigation les êtres de la nature et les actions humaines, afin qu'en partant de ce qu'ils savent déjà des principes des actions, ils puissent augmenter leurs connaissances, et pénétrer dans leur nature la plus intime[10]. En s'appliquant ainsi à exercer toute son énergie, toutes ses facultés intellectuelles, pendant longtemps, on arrive un jour à avoir une connaissance, une compréhension intime des vrais principes des actions; alors la nature intrinsèque et extrinsèque de toutes les actions humaines, leur essence la plus subtile comme leurs parties les plus grossières, sont pénétrées; et, pour notre intelligence ainsi exercée et appliquée par des efforts soutenus, tous les principes des actions deviennent clairs et manifestes. Voilà ce qui est appeléla pénétration dos principes des actions; voila ce qui est appeléla perfection des connaissances morales.

[9]LeJi-kiangs'exprime ainsi sur ce passage: «Le cœur ou le principe pensant de l'homme est éminemment immatériel, éminemment intelligent; il est bien loin d'être dépourvu de tout savoir naturel, et toutes les actions humaines sont bien loin de ne pas avoir une cause ou une raison d'être également, naturelle.»

[9]LeJi-kiangs'exprime ainsi sur ce passage: «Le cœur ou le principe pensant de l'homme est éminemment immatériel, éminemment intelligent; il est bien loin d'être dépourvu de tout savoir naturel, et toutes les actions humaines sont bien loin de ne pas avoir une cause ou une raison d'être également, naturelle.»

[10]Le commentaireHo-kiangs'exprime ainsi: «Il n'est pas dit [dans le texte primitif] qu'il faut chercher à connaître, à scruter profondément les principes, les causes; mais il est dit qu'il faut chercher à apprécier parfaitement les actions: en disant qu'il faut chercher â connaître, à scruter profondément les principes, les causes, alors on entraîne facilement l'esprit dans un chaos d'incertitudes inextricables; en disant qu'il faut chercher à apprécier parfaitement les actions, alors on conduit l'esprit à la recherche de la vérité.»Pascal a dit: «C'est une chose étrange que les hommes aient voulu comprendre les principes des choses, et arriver jusqu'à connaître tout! car il est sans doute qu'on ne peut former ce dessein sans une présomption ou sans une capacité infinie comme la nature.»

[10]Le commentaireHo-kiangs'exprime ainsi: «Il n'est pas dit [dans le texte primitif] qu'il faut chercher à connaître, à scruter profondément les principes, les causes; mais il est dit qu'il faut chercher à apprécier parfaitement les actions: en disant qu'il faut chercher â connaître, à scruter profondément les principes, les causes, alors on entraîne facilement l'esprit dans un chaos d'incertitudes inextricables; en disant qu'il faut chercher à apprécier parfaitement les actions, alors on conduit l'esprit à la recherche de la vérité.»

Pascal a dit: «C'est une chose étrange que les hommes aient voulu comprendre les principes des choses, et arriver jusqu'à connaître tout! car il est sans doute qu'on ne peut former ce dessein sans une présomption ou sans une capacité infinie comme la nature.»

Sur le devoir de rendre ses intentions pures et sincères.

1. Les expressionsrendre ses intentions pures et sincèressignifient: Ne dénature point tes inclinations droites, comme celles de fuir une odeur désagréable, et d'aimer un objet agréable et séduisant. C'est ce qui est appelé la satisfaction de soi-même. C'est pourquoi le sage veille attentivement sur ses intentions et ses pensées secrètes.

2. Les hommes vulgaires qui vivent à l'écart et sans témoins commettent des actions vicieuses; il n'est rien de mauvais qu'ils ne pratiquent. S'ils voient un homme sage qui veille sur soi-même, ils feignent de lui ressembler, en cachant leur conduite vicieuse et en faisant parade d'une vertu simulée. L'homme qui les voit est comme s'il pénétrait leur foie et leurs reins; alors à quoi leur a-t-il servi de dissimuler? C'est là ce que l'on entend par le proverbe:La vérité est dans l'intérieur, la forme à l'extérieur. C'est pourquoi le sage doit veiller attentivement sur ses intentions et ses pensées secrètes.

3.Thsêng-tseua dit: De ce que dix yeux le regardent, de ce que dix mains le désignent, combien n'a-t-il pas à redouter, ou à veiller sur lui-même!

4. Les richesses ornent et embellissent une maison, la vertu orne et embellit la personne; dans cet état de félicité pure, l'âme s'agrandit, et la substance matérielle qui lui est soumise profite de même. C'est pourquoi le sage doitrendre ses intentions pures et sincères[11].

Voilà le sixième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parrendre ses intentions pures et sincères.

Voilà le sixième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre parrendre ses intentions pures et sincères.


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