APPENDICE

P. 15.— « Le lendemain de la Noël, mené dans le sanctuaire… »

PROSE DE L’ASNE

Orientis partibusAdventavit AsinusPulcher et fortissimus,Sarcinis aptissimus.Hez ! sire Asnes, car chantezBelle bouche rechignez,Vous aurez du foin assezEt de l’aveine à plantez.Lentus erat pedibusNisi foret baculusEt eum in clunibusPungeret aculeus.Hic in collibus SichemJam nutritus sub Ruben,Transiit per Jordanem,Saliit in Bethleem.Ecce magnis auribusSubjugalis filiusAsinus egregiusAsinorum dominus.Saltu, vincit hinnulosDamas et capreolos,Super dromedariosVelox Madianeos.Aurum de Arabia,Thus et myrrham de Saba,Tulit in EcclesiaVirtus asinaria.Dum trahit vehiculaMulta cum sarcinula.Illius mandibulaDura terit pabulaCum aristis hordeumComedit et carduum ;Triticum e paleaSegregat in area.Amendicas, Asine.(hic genu flectebatur)Jam satur de gramine :Amen, ameniteraAdspernare vetera !Hez va ! Hez va ! Hez va, hez !Biax sires Asnes, car allez,Belle bouche, car chantez.

Orientis partibusAdventavit AsinusPulcher et fortissimus,Sarcinis aptissimus.Hez ! sire Asnes, car chantezBelle bouche rechignez,Vous aurez du foin assezEt de l’aveine à plantez.Lentus erat pedibusNisi foret baculusEt eum in clunibusPungeret aculeus.Hic in collibus SichemJam nutritus sub Ruben,Transiit per Jordanem,Saliit in Bethleem.Ecce magnis auribusSubjugalis filiusAsinus egregiusAsinorum dominus.Saltu, vincit hinnulosDamas et capreolos,Super dromedariosVelox Madianeos.Aurum de Arabia,Thus et myrrham de Saba,Tulit in EcclesiaVirtus asinaria.Dum trahit vehiculaMulta cum sarcinula.Illius mandibulaDura terit pabulaCum aristis hordeumComedit et carduum ;Triticum e paleaSegregat in area.Amendicas, Asine.(hic genu flectebatur)Jam satur de gramine :Amen, ameniteraAdspernare vetera !Hez va ! Hez va ! Hez va, hez !Biax sires Asnes, car allez,Belle bouche, car chantez.

Orientis partibus

Adventavit Asinus

Pulcher et fortissimus,

Sarcinis aptissimus.

Hez ! sire Asnes, car chantez

Belle bouche rechignez,

Vous aurez du foin assez

Et de l’aveine à plantez.

Lentus erat pedibus

Nisi foret baculus

Et eum in clunibus

Pungeret aculeus.

Hic in collibus Sichem

Jam nutritus sub Ruben,

Transiit per Jordanem,

Saliit in Bethleem.

Ecce magnis auribus

Subjugalis filius

Asinus egregius

Asinorum dominus.

Saltu, vincit hinnulos

Damas et capreolos,

Super dromedarios

Velox Madianeos.

Aurum de Arabia,

Thus et myrrham de Saba,

Tulit in Ecclesia

Virtus asinaria.

Dum trahit vehicula

Multa cum sarcinula.

Illius mandibula

Dura terit pabula

Cum aristis hordeum

Comedit et carduum ;

Triticum e palea

Segregat in area.

Amendicas, Asine.

(hic genu flectebatur)

Jam satur de gramine :

Amen, amenitera

Adspernare vetera !

Hez va ! Hez va ! Hez va, hez !

Biax sires Asnes, car allez,

Belle bouche, car chantez.

Ms. duXIIIesiècle,ap.Ducange-Glossar.

Tel usage — usage héréditaire, conservant jusqu’à nous les traditions du polythéisme — ressuscitait pendant la trêve de Noël. Entre autres, la Fête des Fous, la Messe de l’Ane, la Danse des Morts, qui, jadis, eurent place à côté de la liturgie orthodoxe.Pompes bizarres ! Nulle n’est plus caractéristique, plus traditionnelle, plus véritablement religieuse que la Fête de l’Ane, dont voici quelques traits.Cette réjouissance fut, pendant vingt siècles, le corollaire indispensable de la Nativité.Si, comme le soutient Chamfort, il n’est jours plus mal employés que ceux où l’on n’a point ri, nul temps ne fut perdu à l’égal du Moyen-Age. Entre le dogme religieux et l’autorité civile, tous deux absolus, indiscutés, une langueur sans nom pesa sur l’homme des champs comme sur le bourgeois des villes. Aucune diversion, nul voyage, sinon pour ces Croisades que le tempérament goguenard de la France dénigrait, même au temps de Rutebeuf.Malgré la splendeur féodale, malgré les pompes de l’Église et la vigueur de sa foi, le Moyen-Age dépérissait d’ennui.A cette époque, dit Brière de Boismont, le suicide envahit les monastères. Le petit nombre d’idées, la force du sentiment chrétien, la vie cénobitique, le faste seigneurial ne défendaient aucunement les races médiévales contre l’acedia, précurseur duspleen, dont Cassien, dans sonEsprit de Tristesse, à, le premier, décrit la marche, les symptômes et les sinistres effets.Le Moyen-Age se mourait d’ennui. Si le clergé, maître omnipotent des consciences, n’eût parfois donné carrière à ce besoin de gaîté qui est le « propre de l’Homme », cette mélancolie eût sans doute éclaté en sinistres orages.Mais, par bonheur, le Prêtre sut faire la part de l’humanité, alléger, pour quelques instants, la charge de croyances et de labeurs dont le monde était alors accablé.De là, ces réjouissances dont le sens échappe au scepticisme contemporain, dont l’hilarité rudanière offusque notre goût indifférent et cultivé. Lâchés, pour un jour, hors de l’obédience cléricale, nos aïeux moins blasés, chômaient avec une allégresse de captifs ces heures brèves, ces heures de liberté précaire et de détente puérile entre les murs d’une prison.Parmi tant de solennités, incompréhensibles à la foule et dont quelques-unes se faisaient juste assez intelligibles pour lui briser le cœur, Noël fut, de tout temps, une exception bienvenue.Ce jour-là, jour de joie humaine, le foyer domestique avait sa part de liesse et de vénération.La même bûche qu’allumait à l’autel des Pénates le Romain bien pensant, le feu qu’Athènes gardait, brûlant et pur, au foyer, égayaient, à présent, de flammes roses la vigile de Bethléem.Un vaste repas groupait la famille entière, conviait à l’oubli des haines, des griefs passés.Tant de douceur pénétrait les âmes, qu’un lot de bénédictions était offert aux bêtes elles-mêmes. L’Ane surtout, ce compagnon laborieux, l’Ane patient, l’Ane docile et sobre, l’Ane qui, dans l’étable, réchauffa le Nouveau-né, avait un rang d’élection parmi les animaux domestiques. Un office au grand complet se disait à sa louange.Et dans la bête humiliée autant que débonnaire, le pauvre serf entrevoyait son image, buvant à la coupe de la fraternité.Donc, après la messe de minuit, un baudet, conduit à l’église processionnellement, s’installait dans le chœur. Un prêtre en chasuble d’or offrait itérativement le sacrifice, tandis que les assistants répondaient aux oraisons prescrites, par lehi-handu roussin :Hez ! sire asnes, car chantez,Belle bouche rechignez,Vous aurez du foin assezEt de l’avoine à plantez !« Ici, — dit le Rituel, — chacun pliait le genou. »Les encensoirs des thuriféraires envoyaient au baudet un hommage de parfums, cependant que le préchantre entonnait, au lutrin, la prose coutumière.C’est, en latin barbare, un panégyrique du « coursier aux longues oreilles », du palefroi de basse-cour :« Des confins de l’Orient — clopin-clopant, advint l’Ane, — superbe et robuste aussi — avec des sacs sur le dos.« Voici, les oreilles hautes — voici le fils lourd bâti — l’Anon egrégore qui — est vraiment le roi des Anes.« Sa course égale en vitesse — la biche et le daim fuyard ; — il passe les dromadaires — véloces de Madian. »La tempérance, vertu fondamentale du héros, n’est point omise :« Traînant plus d’un véhicule — et les sacs pleins jusqu’au bord — ses frugales mandibules — triturent de durs festins.« L’orge brut, dans son épi — l’Ane broute le chardon — mais, sur l’aire, il sait choisir — le froment pur, hors du chaume. »Suit le mandat « évangélique » où triomphent tant de courage et d’humilité :« Encens, baumes précieux — et la myrrhe de Saba, — c’est l’asinaire vertu — qui vous porta dans l’Église. »Ce chant discors et bigarré a pourcodaune strophe de grande allure. Mouvement lyrique fort au-dessus des couplets dont le principal mérite provient des timbres assonnés et des rythmes imprévus, — toutes choses qu’une traduction, même littérale demeure impuissante à révéler :AMEN,disAMEN,Bourrique !Déjà repu de gramen,Réitère cetAMENEt dédaigne le passé !Michelet admirait ici, uneMarseillaiseprimitive, un cri de ralliement pour les gueux en quête de bonheur et de fraternité. Ainsi, gardé par le Christianisme latin, le culte asinaire ne semble jurer avec les dédaigneuses fêtes d’icelui qu’aux yeux d’une trop légère observation. C’est, en effet, chose de tous connue que le Christianisme hérita des cérémonies païennes : théories, encensements, prosternations, offertoires, aspersions lustrales et absoutes, dont il orna la pauvreté de sa théogonie.Venu d’Égypte avec l’africaine Isis, mêlé aux rituels orgiastiques des dieux adolescents chers à l’Asie Inférieure, l’Ane figurait avec gloire dans ces religions obscures qui, même aux jours triomphants de la Rome impériale, préparaient dans l’ombre l’éclosion d’un dieu nouveau. Tandis que la belle courtisane, lasse de plaisir et d’adoration, cherchait… un esprit indulgent à qui tendreL’ardente et lourde fleur de son dernier amour,on voyait les prêtres de Cybèle promener sur le roussin hiératique un simulacre de la déesse, vendre force indulgences et gris-gris, selon une pratique florissant encore, de nos jours.Non moins vivace qu’Adonis et plus sournois, dura (et dans l’Antiquité et dans le Moyen-Age) l’autre démon qu’avait dompté le prophète Balaam, le rusé Belphégor de Syrie aux longues oreilles, l’Ane du vin de la lascivité, indomptablement priapique.Le goût des siècles féodaux pour les bêtes monstrueuses accueillit aisément le grison que tant d’illustres motifs recommandaient à sa curiosité.Non content de le conduire à l’autel, il en orna les enseignes, le sculpta sous mille formes, entre « l’Oison ferré », « l’Ours qui vielle » et la « Truie qui file ». Plus tard, quand l’esprit de la Renaissance mit un terme aux voluptés grossières des époques naïves, Cervantès emprunta son Baudet à la Fête de l’Ane. Sur cette monture, il conduisit le bon Sancho à l’immortalité.De nos jours, les Fêtes de l’Ane ne vivent plus que dans la mémoire du liseur.La Nef des Fols, où si volontiers leXVesiècle embarquait sa névrose, a mis ses passagers en terre ferme, sans que nul chaperon à clochettes les distingue du premier venu.Papa fatuorum incensabitur cum boudino, prescrivait l’antique formulaire. Quasimodo, présentement électeur, déclinerait ces familiarités.Seule et toujours victorieuse, laDanse des Mortspoursuit son branle à travers l’humanité. Chaque heure qui tinte, chaque année qui s’efface, marque le pas de la blême farandole. En attendant que vienne son tour, le sage se divertit aux grimaces pitoyables, aux lâches contorsions des macabres danseurs.

Tel usage — usage héréditaire, conservant jusqu’à nous les traditions du polythéisme — ressuscitait pendant la trêve de Noël. Entre autres, la Fête des Fous, la Messe de l’Ane, la Danse des Morts, qui, jadis, eurent place à côté de la liturgie orthodoxe.

Pompes bizarres ! Nulle n’est plus caractéristique, plus traditionnelle, plus véritablement religieuse que la Fête de l’Ane, dont voici quelques traits.

Cette réjouissance fut, pendant vingt siècles, le corollaire indispensable de la Nativité.

Si, comme le soutient Chamfort, il n’est jours plus mal employés que ceux où l’on n’a point ri, nul temps ne fut perdu à l’égal du Moyen-Age. Entre le dogme religieux et l’autorité civile, tous deux absolus, indiscutés, une langueur sans nom pesa sur l’homme des champs comme sur le bourgeois des villes. Aucune diversion, nul voyage, sinon pour ces Croisades que le tempérament goguenard de la France dénigrait, même au temps de Rutebeuf.

Malgré la splendeur féodale, malgré les pompes de l’Église et la vigueur de sa foi, le Moyen-Age dépérissait d’ennui.

A cette époque, dit Brière de Boismont, le suicide envahit les monastères. Le petit nombre d’idées, la force du sentiment chrétien, la vie cénobitique, le faste seigneurial ne défendaient aucunement les races médiévales contre l’acedia, précurseur duspleen, dont Cassien, dans sonEsprit de Tristesse, à, le premier, décrit la marche, les symptômes et les sinistres effets.

Le Moyen-Age se mourait d’ennui. Si le clergé, maître omnipotent des consciences, n’eût parfois donné carrière à ce besoin de gaîté qui est le « propre de l’Homme », cette mélancolie eût sans doute éclaté en sinistres orages.

Mais, par bonheur, le Prêtre sut faire la part de l’humanité, alléger, pour quelques instants, la charge de croyances et de labeurs dont le monde était alors accablé.

De là, ces réjouissances dont le sens échappe au scepticisme contemporain, dont l’hilarité rudanière offusque notre goût indifférent et cultivé. Lâchés, pour un jour, hors de l’obédience cléricale, nos aïeux moins blasés, chômaient avec une allégresse de captifs ces heures brèves, ces heures de liberté précaire et de détente puérile entre les murs d’une prison.

Parmi tant de solennités, incompréhensibles à la foule et dont quelques-unes se faisaient juste assez intelligibles pour lui briser le cœur, Noël fut, de tout temps, une exception bienvenue.

Ce jour-là, jour de joie humaine, le foyer domestique avait sa part de liesse et de vénération.

La même bûche qu’allumait à l’autel des Pénates le Romain bien pensant, le feu qu’Athènes gardait, brûlant et pur, au foyer, égayaient, à présent, de flammes roses la vigile de Bethléem.

Un vaste repas groupait la famille entière, conviait à l’oubli des haines, des griefs passés.

Tant de douceur pénétrait les âmes, qu’un lot de bénédictions était offert aux bêtes elles-mêmes. L’Ane surtout, ce compagnon laborieux, l’Ane patient, l’Ane docile et sobre, l’Ane qui, dans l’étable, réchauffa le Nouveau-né, avait un rang d’élection parmi les animaux domestiques. Un office au grand complet se disait à sa louange.

Et dans la bête humiliée autant que débonnaire, le pauvre serf entrevoyait son image, buvant à la coupe de la fraternité.

Donc, après la messe de minuit, un baudet, conduit à l’église processionnellement, s’installait dans le chœur. Un prêtre en chasuble d’or offrait itérativement le sacrifice, tandis que les assistants répondaient aux oraisons prescrites, par lehi-handu roussin :

Hez ! sire asnes, car chantez,Belle bouche rechignez,Vous aurez du foin assezEt de l’avoine à plantez !

Hez ! sire asnes, car chantez,Belle bouche rechignez,Vous aurez du foin assezEt de l’avoine à plantez !

Hez ! sire asnes, car chantez,

Belle bouche rechignez,

Vous aurez du foin assez

Et de l’avoine à plantez !

« Ici, — dit le Rituel, — chacun pliait le genou. »

Les encensoirs des thuriféraires envoyaient au baudet un hommage de parfums, cependant que le préchantre entonnait, au lutrin, la prose coutumière.

C’est, en latin barbare, un panégyrique du « coursier aux longues oreilles », du palefroi de basse-cour :

« Des confins de l’Orient — clopin-clopant, advint l’Ane, — superbe et robuste aussi — avec des sacs sur le dos.« Voici, les oreilles hautes — voici le fils lourd bâti — l’Anon egrégore qui — est vraiment le roi des Anes.« Sa course égale en vitesse — la biche et le daim fuyard ; — il passe les dromadaires — véloces de Madian. »

« Des confins de l’Orient — clopin-clopant, advint l’Ane, — superbe et robuste aussi — avec des sacs sur le dos.

« Voici, les oreilles hautes — voici le fils lourd bâti — l’Anon egrégore qui — est vraiment le roi des Anes.

« Sa course égale en vitesse — la biche et le daim fuyard ; — il passe les dromadaires — véloces de Madian. »

La tempérance, vertu fondamentale du héros, n’est point omise :

« Traînant plus d’un véhicule — et les sacs pleins jusqu’au bord — ses frugales mandibules — triturent de durs festins.« L’orge brut, dans son épi — l’Ane broute le chardon — mais, sur l’aire, il sait choisir — le froment pur, hors du chaume. »

« Traînant plus d’un véhicule — et les sacs pleins jusqu’au bord — ses frugales mandibules — triturent de durs festins.

« L’orge brut, dans son épi — l’Ane broute le chardon — mais, sur l’aire, il sait choisir — le froment pur, hors du chaume. »

Suit le mandat « évangélique » où triomphent tant de courage et d’humilité :

« Encens, baumes précieux — et la myrrhe de Saba, — c’est l’asinaire vertu — qui vous porta dans l’Église. »

« Encens, baumes précieux — et la myrrhe de Saba, — c’est l’asinaire vertu — qui vous porta dans l’Église. »

Ce chant discors et bigarré a pourcodaune strophe de grande allure. Mouvement lyrique fort au-dessus des couplets dont le principal mérite provient des timbres assonnés et des rythmes imprévus, — toutes choses qu’une traduction, même littérale demeure impuissante à révéler :

AMEN,disAMEN,Bourrique !Déjà repu de gramen,Réitère cetAMENEt dédaigne le passé !

AMEN,disAMEN,Bourrique !Déjà repu de gramen,Réitère cetAMENEt dédaigne le passé !

AMEN,disAMEN,Bourrique !

Déjà repu de gramen,

Réitère cetAMEN

Et dédaigne le passé !

Michelet admirait ici, uneMarseillaiseprimitive, un cri de ralliement pour les gueux en quête de bonheur et de fraternité. Ainsi, gardé par le Christianisme latin, le culte asinaire ne semble jurer avec les dédaigneuses fêtes d’icelui qu’aux yeux d’une trop légère observation. C’est, en effet, chose de tous connue que le Christianisme hérita des cérémonies païennes : théories, encensements, prosternations, offertoires, aspersions lustrales et absoutes, dont il orna la pauvreté de sa théogonie.

Venu d’Égypte avec l’africaine Isis, mêlé aux rituels orgiastiques des dieux adolescents chers à l’Asie Inférieure, l’Ane figurait avec gloire dans ces religions obscures qui, même aux jours triomphants de la Rome impériale, préparaient dans l’ombre l’éclosion d’un dieu nouveau. Tandis que la belle courtisane, lasse de plaisir et d’adoration, cherchait

… un esprit indulgent à qui tendreL’ardente et lourde fleur de son dernier amour,

… un esprit indulgent à qui tendreL’ardente et lourde fleur de son dernier amour,

… un esprit indulgent à qui tendre

L’ardente et lourde fleur de son dernier amour,

on voyait les prêtres de Cybèle promener sur le roussin hiératique un simulacre de la déesse, vendre force indulgences et gris-gris, selon une pratique florissant encore, de nos jours.

Non moins vivace qu’Adonis et plus sournois, dura (et dans l’Antiquité et dans le Moyen-Age) l’autre démon qu’avait dompté le prophète Balaam, le rusé Belphégor de Syrie aux longues oreilles, l’Ane du vin de la lascivité, indomptablement priapique.

Le goût des siècles féodaux pour les bêtes monstrueuses accueillit aisément le grison que tant d’illustres motifs recommandaient à sa curiosité.

Non content de le conduire à l’autel, il en orna les enseignes, le sculpta sous mille formes, entre « l’Oison ferré », « l’Ours qui vielle » et la « Truie qui file ». Plus tard, quand l’esprit de la Renaissance mit un terme aux voluptés grossières des époques naïves, Cervantès emprunta son Baudet à la Fête de l’Ane. Sur cette monture, il conduisit le bon Sancho à l’immortalité.

De nos jours, les Fêtes de l’Ane ne vivent plus que dans la mémoire du liseur.

La Nef des Fols, où si volontiers leXVesiècle embarquait sa névrose, a mis ses passagers en terre ferme, sans que nul chaperon à clochettes les distingue du premier venu.Papa fatuorum incensabitur cum boudino, prescrivait l’antique formulaire. Quasimodo, présentement électeur, déclinerait ces familiarités.

Seule et toujours victorieuse, laDanse des Mortspoursuit son branle à travers l’humanité. Chaque heure qui tinte, chaque année qui s’efface, marque le pas de la blême farandole. En attendant que vienne son tour, le sage se divertit aux grimaces pitoyables, aux lâches contorsions des macabres danseurs.

P. 17.— « Fabre d’Églantine en face de la Convention, déduisit son rapport… »

L’année républicaine commençait au surlendemain de la victoire de Valmy, le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République et de l’équinoxe d’Automne. Ce fut le 1ervendémiaire. Le 20 septembre 1793, Fabre d’Églantine expliquait à la Convention les motifs qui l’avaient inspiré, quand il composa les noms des douze mois :« Nous avons cherché à mettre à profit l’harmonie imitative de la langue dans la composition et la prosodie de ces mots, dans le mécanisme de leurs désinences ; de telle manière que les noms des mois qui composent l’automne prennent leur étymologie, le premier, des vendanges qui ont lieu de septembre en octobre : ce mois se nommeVendémiaire; le second, des brouillards et des brumes basses qui sont, pourrais-je dire, la transsudation de la nature d’octobre à novembre : ce mois se nommeBrumaire; le troisième du froid, tantôt sec, tantôt humide, qui se fait sentir de novembre en décembre : ce mois se nommeFrimaire.« Les trois mois de l’hiver prennent leur étymologie : le premier, de la neige qui blanchit la terre, de décembre en janvier : ce mois se nommeNivôse; le second, des pluies qui tombent généralement avec plus d’abondance de janvier en février : ce mois se nommePluviôse; le troisième, des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars : ce mois se nommeVentôse.« Les trois mois du printemps prennent leur étymologie : le premier, de la fermentation et du développement de la sève de mars en avril : ce mois se nommeGerminal; le second, de l’épanouissement des fleurs d’avril en mai : ce mois se nommeFloréal; le troisième, de la fécondité riante, de la première récolte, en mai-juin, des prairies : ce mois se nommePrairial.« Les trois mois de l’été, enfin, prennent leur étymologie : le premier, de l’aspect des épis ondoyants et des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet : ce mois se nommeMessidor; le second, de la chaleur tout à la fois solaire et terrestre qui embrase l’air de juillet en août : ce mois se nommeThermidor; le troisième des fruits que le soleil dore et mûrit d’août en septembre : ce mois se nommeFructidor. Ainsi donc, les noms des mois sont :Automne: Vendémiaire, Brumaire, Frimaire ;Hiver: Nivôse, Pluviôse, Ventôse ;Printemps: Germinal, Floréal, Prairial ;Été: Messidor, Thermidor, Fructidor.« Il résulte de ces dénominations, ainsi que je l’ai dit, que par le seul fait de prononcer le nom des mois, chacun sentira parfaitement trois choses avec tous leurs rapports : la saison où il se trouve, la température et l’état de végétation. C’est ainsi que, dès le premier nom deGerminal, il se représentera sans effort, par la terminaison du mot, que le printemps commence ; par la construction et l’image que présente le mot, que les agents élémentaires travaillent ; par la signification du mot, que les germes se développent ».Le 21 septembre, équinoxe, équilibre.Libra. La balance. Suivant la remarque de Romme, ce fut sous ce signe de la justice et de l’égalité que la République fut proclamée. Une constellation préconisa l’ère nouvelle.

L’année républicaine commençait au surlendemain de la victoire de Valmy, le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République et de l’équinoxe d’Automne. Ce fut le 1ervendémiaire. Le 20 septembre 1793, Fabre d’Églantine expliquait à la Convention les motifs qui l’avaient inspiré, quand il composa les noms des douze mois :

« Nous avons cherché à mettre à profit l’harmonie imitative de la langue dans la composition et la prosodie de ces mots, dans le mécanisme de leurs désinences ; de telle manière que les noms des mois qui composent l’automne prennent leur étymologie, le premier, des vendanges qui ont lieu de septembre en octobre : ce mois se nommeVendémiaire; le second, des brouillards et des brumes basses qui sont, pourrais-je dire, la transsudation de la nature d’octobre à novembre : ce mois se nommeBrumaire; le troisième du froid, tantôt sec, tantôt humide, qui se fait sentir de novembre en décembre : ce mois se nommeFrimaire.« Les trois mois de l’hiver prennent leur étymologie : le premier, de la neige qui blanchit la terre, de décembre en janvier : ce mois se nommeNivôse; le second, des pluies qui tombent généralement avec plus d’abondance de janvier en février : ce mois se nommePluviôse; le troisième, des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars : ce mois se nommeVentôse.« Les trois mois du printemps prennent leur étymologie : le premier, de la fermentation et du développement de la sève de mars en avril : ce mois se nommeGerminal; le second, de l’épanouissement des fleurs d’avril en mai : ce mois se nommeFloréal; le troisième, de la fécondité riante, de la première récolte, en mai-juin, des prairies : ce mois se nommePrairial.« Les trois mois de l’été, enfin, prennent leur étymologie : le premier, de l’aspect des épis ondoyants et des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet : ce mois se nommeMessidor; le second, de la chaleur tout à la fois solaire et terrestre qui embrase l’air de juillet en août : ce mois se nommeThermidor; le troisième des fruits que le soleil dore et mûrit d’août en septembre : ce mois se nommeFructidor. Ainsi donc, les noms des mois sont :Automne: Vendémiaire, Brumaire, Frimaire ;Hiver: Nivôse, Pluviôse, Ventôse ;Printemps: Germinal, Floréal, Prairial ;Été: Messidor, Thermidor, Fructidor.« Il résulte de ces dénominations, ainsi que je l’ai dit, que par le seul fait de prononcer le nom des mois, chacun sentira parfaitement trois choses avec tous leurs rapports : la saison où il se trouve, la température et l’état de végétation. C’est ainsi que, dès le premier nom deGerminal, il se représentera sans effort, par la terminaison du mot, que le printemps commence ; par la construction et l’image que présente le mot, que les agents élémentaires travaillent ; par la signification du mot, que les germes se développent ».

« Nous avons cherché à mettre à profit l’harmonie imitative de la langue dans la composition et la prosodie de ces mots, dans le mécanisme de leurs désinences ; de telle manière que les noms des mois qui composent l’automne prennent leur étymologie, le premier, des vendanges qui ont lieu de septembre en octobre : ce mois se nommeVendémiaire; le second, des brouillards et des brumes basses qui sont, pourrais-je dire, la transsudation de la nature d’octobre à novembre : ce mois se nommeBrumaire; le troisième du froid, tantôt sec, tantôt humide, qui se fait sentir de novembre en décembre : ce mois se nommeFrimaire.

« Les trois mois de l’hiver prennent leur étymologie : le premier, de la neige qui blanchit la terre, de décembre en janvier : ce mois se nommeNivôse; le second, des pluies qui tombent généralement avec plus d’abondance de janvier en février : ce mois se nommePluviôse; le troisième, des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars : ce mois se nommeVentôse.

« Les trois mois du printemps prennent leur étymologie : le premier, de la fermentation et du développement de la sève de mars en avril : ce mois se nommeGerminal; le second, de l’épanouissement des fleurs d’avril en mai : ce mois se nommeFloréal; le troisième, de la fécondité riante, de la première récolte, en mai-juin, des prairies : ce mois se nommePrairial.

« Les trois mois de l’été, enfin, prennent leur étymologie : le premier, de l’aspect des épis ondoyants et des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet : ce mois se nommeMessidor; le second, de la chaleur tout à la fois solaire et terrestre qui embrase l’air de juillet en août : ce mois se nommeThermidor; le troisième des fruits que le soleil dore et mûrit d’août en septembre : ce mois se nommeFructidor. Ainsi donc, les noms des mois sont :Automne: Vendémiaire, Brumaire, Frimaire ;Hiver: Nivôse, Pluviôse, Ventôse ;Printemps: Germinal, Floréal, Prairial ;Été: Messidor, Thermidor, Fructidor.

« Il résulte de ces dénominations, ainsi que je l’ai dit, que par le seul fait de prononcer le nom des mois, chacun sentira parfaitement trois choses avec tous leurs rapports : la saison où il se trouve, la température et l’état de végétation. C’est ainsi que, dès le premier nom deGerminal, il se représentera sans effort, par la terminaison du mot, que le printemps commence ; par la construction et l’image que présente le mot, que les agents élémentaires travaillent ; par la signification du mot, que les germes se développent ».

Le 21 septembre, équinoxe, équilibre.Libra. La balance. Suivant la remarque de Romme, ce fut sous ce signe de la justice et de l’égalité que la République fut proclamée. Une constellation préconisa l’ère nouvelle.

P. 25.— « C’est l’Églogue à Pollion… »

Pollio(Égl.IV)… Plan d’éducation d’après les âges de l’Homme :

1oPremière enfance(laNursery. La Crèche. La déesse Levana :Cf.Quincey,apudBaudelaire :Paradis artificiels) :

Tu modo nascenti, puero…Casta, fave, Lucina…

Tu modo nascenti, puero…Casta, fave, Lucina…

Tu modo nascenti, puero…

Casta, fave, Lucina…

2oDeuxième enfance(l’Histoire. Le précepteur) :

divisque videbitPermixtos heroas et ipse videbitur illis.

divisque videbitPermixtos heroas et ipse videbitur illis.

divisque videbit

Permixtos heroas et ipse videbitur illis.

L’enfant ne doit rien faire :

…nullo munuscula cultu.

…nullo munuscula cultu.

…nullo munuscula cultu.

3oAdolescence, Jeunesse. (Le Combat pour l’équité) :

Pauca tamen suberunt priscæ vestigia fraudæ… erunt etiam altera bella.

Pauca tamen suberunt priscæ vestigia fraudæ… erunt etiam altera bella.

Pauca tamen suberunt priscæ vestigia fraudæ

… erunt etiam altera bella.

4oAge mûr(Suppression du labeur forcé, dustruggle for life, également néfaste pour le vainqueur et pour le vaincu. Loisir et dignité) :

Hinc, ubi jam firmata virum te fecerit aetas,Cedet et ipse mari vector…

Hinc, ubi jam firmata virum te fecerit aetas,Cedet et ipse mari vector…

Hinc, ubi jam firmata virum te fecerit aetas,

Cedet et ipse mari vector…

5oVieillesse(Justice patriarcale). Le demi-dieu législateur : Fafnos, Faunus, pithécanthrope évolué, instruit par le Temps, Saturne. En lui s’incarne le Roi de la Justice,Dharma-Radjah, —Normæ-Rex.Cf.Les Anciens assis aux portes de la ville, sur des pierres polies, dans Homère.

Aggredere o magnos — adest jam tempus — honores.

Aggredere o magnos — adest jam tempus — honores.

Aggredere o magnos — adest jam tempus — honores.

6oQuelques symboles. Entendre aussi de l’Humanité chacune de ces œuvres.Sæclo terrarum(Lucrèce). Irrégularité des Jeux Séculaires. LeCarmen, exécuté à des intervalles arbitraires (certus undenos decies per annos), encore qu’il atteste le Soleil immuable :almeSol!Absurdité de la période centenaire. Les idées se renouvellent tous les trente ans.

7oEnfin,La Justice(Astrée) :

Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna.

Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna.

Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna.

(La Vierge céleste. Égypte. Chaldée).Cf. Apulée. Isis.Notre-Dame. L’Immaculée (Perse). Retour à la fraternité du Latium.

Jam nova progenies cœlo dimittitur alto.

Jam nova progenies cœlo dimittitur alto.

Jam nova progenies cœlo dimittitur alto.

Dimittitur. Avatarati. Avatar.Descente de Wichnou :

Quand la justice languit, quand l’injustice se lève, alors je me fais moi-même créature et je renais, d’âge en âge, pour la défense des bons, pour la ruine des méchants et le rétablissement de l’équité (Baghavad-Gita).

Quand la justice languit, quand l’injustice se lève, alors je me fais moi-même créature et je renais, d’âge en âge, pour la défense des bons, pour la ruine des méchants et le rétablissement de l’équité (Baghavad-Gita).

Cf.Salomon Reinach,Cultes, mythes et religions, t.II, cap.IX.L’orphisme dans laIVeéglogue de Virgile. Interprétationromaniste(Cartault) et interprétationorientaliste(Sabatier).

« D’une manière générale, on peut dire que les exégètes de laIVeégloguese répartissent en deux groupes que nous appellerons pour abréger, lesromanisteset lesorientalistes. Les uns font appel à l’histoire romaine (début de la seconde moitié duIersiècle) ; ils veulent que Virgile ait écrit un poème plein d’allusions politiques, des « vers pieux sur commande » comme Veuillot disait d’Horace, avec des réminiscences d’Hésiode et de Théocrite, pour terminer le tableau et l’encadrer. Les autres soupçonnent, avec plus ou moins de précision, des influences orientales, en particulier celle du messianisme juif qui était alors en pleine effervescence et où l’attente, suivant le mot de Renan, allait créer son objet. A ce groupe d’interprètes appartient l’empereur Constantin qui, dans son discoursAd Sanctorum cœlum, conservé par Eusèbe, intercala une traduction grecque de laIVeÉglogue, parce qu’il y reconnaissait avec beaucoup de chrétiens de son temps, l’annonce de la venue du Sauveur. Dans l’antiquité, comme de nos jours, l’interprétationorientalistea surtout tenté les esprits disposés au mysticisme. L’explicationromanistea pour elle les esprits positifs qui se méfient, non sans raison, d’un mot vague comme celui depressentimentet de ce qu’il implique, à vrai dire, de quasi surnaturel. »

« D’une manière générale, on peut dire que les exégètes de laIVeégloguese répartissent en deux groupes que nous appellerons pour abréger, lesromanisteset lesorientalistes. Les uns font appel à l’histoire romaine (début de la seconde moitié duIersiècle) ; ils veulent que Virgile ait écrit un poème plein d’allusions politiques, des « vers pieux sur commande » comme Veuillot disait d’Horace, avec des réminiscences d’Hésiode et de Théocrite, pour terminer le tableau et l’encadrer. Les autres soupçonnent, avec plus ou moins de précision, des influences orientales, en particulier celle du messianisme juif qui était alors en pleine effervescence et où l’attente, suivant le mot de Renan, allait créer son objet. A ce groupe d’interprètes appartient l’empereur Constantin qui, dans son discoursAd Sanctorum cœlum, conservé par Eusèbe, intercala une traduction grecque de laIVeÉglogue, parce qu’il y reconnaissait avec beaucoup de chrétiens de son temps, l’annonce de la venue du Sauveur. Dans l’antiquité, comme de nos jours, l’interprétationorientalistea surtout tenté les esprits disposés au mysticisme. L’explicationromanistea pour elle les esprits positifs qui se méfient, non sans raison, d’un mot vague comme celui depressentimentet de ce qu’il implique, à vrai dire, de quasi surnaturel. »

Salomon Reinach,loc. cit.

P. 28.— « La Grèce avait déjà fourni le type de cette pédagogie heureuse. »

« …gymnastique et musique, le rythme et le mouvement». (Bible de l’Humanité, liv. I, chap.III. L’Éducation. L’Enfant).

Hermès, Sürya-meia, le médiateur de Sürya, est le dieu des échanges. Crépuscule : échange de la nuit et du jour ; psychopompe de la vie et de la mort. Au gymnase, l’adolescent, guidé par lui, passe de l’enfance à la virilité. Plus tard, musicien, trafiquant, orateur, athlète, à l’agora, dans les festins, au marché, dans l’arène, il obéit encore aux lois d’Hermès ; il se réclame de ses dons pour vaquer aux échanges de la pensée ou de la richesse, du négoce ou de la poésie.

P. 29.— « La cité républicaine, maîtresse de ses propres lois… »

Chant de Callistrate :Sous ces myrtes en fleurs, j’ai caché mon poignard. (Laprade).

Ἐν μύρτου κλαδὶ τὸ ξίφος φορήσωὭσπερ Ἁρμόδιος κ’ Ἀριστογείτωνὅτ’ Ἀθηναίης ἐν θυσίαιςἄνδρα τύραννον Ἵππαρχον ἐκαινέτηνΑἰεὶ σφῷν κλέος ἔσσεται κατ’ αἶανΦίλταθ’ Ἁρμόδιε κ’ Ἀριστογείτων,ὅτι τὸν τύραννον κτανέτην,ἰσονόμους τ’ Ἀθήνας ἐποιησάτην

Ἐν μύρτου κλαδὶ τὸ ξίφος φορήσωὭσπερ Ἁρμόδιος κ’ Ἀριστογείτωνὅτ’ Ἀθηναίης ἐν θυσίαιςἄνδρα τύραννον Ἵππαρχον ἐκαινέτηνΑἰεὶ σφῷν κλέος ἔσσεται κατ’ αἶανΦίλταθ’ Ἁρμόδιε κ’ Ἀριστογείτων,ὅτι τὸν τύραννον κτανέτην,ἰσονόμους τ’ Ἀθήνας ἐποιησάτην

Ἐν μύρτου κλαδὶ τὸ ξίφος φορήσω

Ὥσπερ Ἁρμόδιος κ’ Ἀριστογείτων

ὅτ’ Ἀθηναίης ἐν θυσίαις

ἄνδρα τύραννον Ἵππαρχον ἐκαινέτην

Αἰεὶ σφῷν κλέος ἔσσεται κατ’ αἶαν

Φίλταθ’ Ἁρμόδιε κ’ Ἀριστογείτων,

ὅτι τὸν τύραννον κτανέτην,

ἰσονόμους τ’ Ἀθήνας ἐποιησάτην

P. 35.— « Le Soleil détermine à la fois le rythme des saisons et l’ordonnance de la vie sociale… »

La plupart des fêtes que n’ont pu laïciser les temps nouveaux (si pauvres d’ailleurs en nouveautés !) gardent encore leur physionomie et quelques-uns de leurs caractères primitifs pour des raisons qui n’ont rien de commun avec les dogmes dont elles forment la parure et l’illustration.Presque toutes remontent à des époques beaucoup plus hautes que celles où furent codifiés, mis en ordre, adaptés à la culture et au goût moderne, les songes métaphysiques, les préceptes moraux qu’elles embellissent de pompe ou de gaieté.Dans le Christianisme notamment qui, sous diverses rubriques, protestant, grec ou romain, rallie en Europe et soumet à sa domination tous ceux que préoccupe la rêverie sacrée, il n’est pas douteux que les fêtes soient antérieures et de beaucoup aux légendes évangéliques.Rites agricoles, symbolisme naïf des saisons et des jours, exorcisme de la tempête, glorification du beau temps ! Sous la draperie auguste et les ornements infinis que les siècles ont ajoutés à la trame grossière des solennités primitives, se retrouvent le culte du Soleil, les terreurs de l’Homme à peine évolué, devant l’Orage, la Nuit, les phénomènes qui menacent la vigne, les blés en herbe, la nourriture en fleurs. Combien d’hymnes, d’antiennes compliquées, savantes, hérissées de théologie et de « doctes emphases », de broderie et de surcharges parasites, ont pour trame et pour squelette ces préoccupations naturalistes ! Ainsi chante l’Homme, réconforté par l’avènement de l’Aurore, de la Lumière toujours adolescente, qui fait la Terre sans embûches et lui prête son éternelle splendeur.Le fonds religieux de l’humanité reste le même depuis les temps immémoriaux. Si, comme l’affirmait Karl Marx, nous vivons toujours au temps de la préhistoire, nulle part cette allégation (est-elle si paradoxale ?) ne brille plus opportunément qu’en matière de cultes et de dogmes. Les hommes d’aujourd’hui possèdent les mêmes clartés là-dessus que leurs aïeux des cavernes. Nos esprits gardent les mêmes rêves que, sans doute, harmonisaient, en regardant les Étoiles ou le Soleil couchant, tels poètes de l’âge de pierre, peut-être aussi grandioses que le Parnasse tout entier. Ce qui change, disait Flaubert, c’est l’anecdote divine, l’aventure déduite par les théologiens. Le fond reste le même, à savoir, les apparitions, les extases, la vie et la résurrection des morts, les purifications et tout ce qui s’ensuit.Ajoutez l’animisme, la croyance au Génie, au Démon pervers ou tutélaire, à l’Esprit bienfaisant qui ramène le gibier ou fait prospérer les semailles, à la Puissance inconnue et malveillante qui met en fuite le cerf ou le chevreuil, fait tomber la grêle ou dessèche les épis. Quelle joie aussi pour le piocheur de terre, pour l’ouvrier agricole quand le drame de la moisson, avec tant d’alternances de peurs, d’inquiétudes et d’efforts, aboutit au dénouement heureux, quand les gerbes s’amoncellent et que, sous les coups rythmiques du fléau, se détache le blé mûr !La Pentecôte fut chez les Hébreux, aussi bien que chez les peuplades indo-européennes, une fête agricole. C’est au moment béni, attendu, espéré longuement, où la faucille coupe les derniers chaumes, où, sur les rousses javelles, s’entasse l’herbe dorée, objet de tant de sollicitudes et d’amour. Les influences mauvaises, les Esprits dévastateurs du blé, sont à présent, vaincus. C’est le moment d’allumer les feux qui portent au Soleil, dans les brèves nuits du solstice, un hommage de gratitude exaltée. Et voici le bûcher de la Saint-Jean. Que l’on y brûle des pommes de pin, puisque le jeune Athis, qui n’est autre que le Soleil invaincu, se réjouit de la résine parfumée ! Et que l’on prodigue aussi les plantes d’Adonis, guirlandes odorantes de roses, de fenouil ! Mais, avant tout, que l’on mette au feu, que l’on brûle vif, ce petit renard, si friand de la vigne, ce Démon à quatre pattes en qui s’incarnent les mauvais Esprits, hostiles à la moisson.Capite nobis vulpes parvulas quæ demoliuntur vineas(Cant.) Ils se cachent dans la dernière gerbe. Aussi convient-il de procéder aux rites magiques propres à garantir les fruits de la terre et les récoltes à venir. Aux fêtes de Cérès, Rome lâchait dans le cirque des « chiennes rouges » que l’on jetait ensuite, dans le feu. Le Moyen Age en usait de même avec les Albigeois, dans lesquels se retrouvaient, d’après l’Inquisition, les renards duCantique. Mais le Travail s’est rendu victorieux des forces adverses. L’homme, par ses vertus, a mérité que la grêle épargnât les champs patrimoniaux. La chaleur des jours, la rosée amicale des nuits ont accru cette goutte de lait qui devient plus tard, la poudre nourricière. Les Esprits tutélaires ont défendu l’épi. Ceux qui dérobaient encore leur méchanceté sous la peau du renard maléfique, brûlent, à présent, sur le bûcher joyeux. Ils n’inquiéteront plus, désormais, l’Ame du Froment qui reviendra, l’an prochain, souriante et rajeunie, avec Eurydice et les premières fleurs.La Pentecôte n’est que tard devenue fête du Paraclet. Avant d’apporter les dons du Saint-Esprit, lesCharismes(discernement, éloquence) les Langues de Feu restèrent longtemps ces flammes vives du Soleil qui font naître la vie et la beauté. La Visitation de l’Esprit ! De l’Esprit, sans doute, mais de l’Esprit évoqué par Faust, au soir de Pâques, l’Erdgeist, Maître du Monde et Roi des secrètes profondeurs.Dans la piété moderne, le Saint-Esprit occupe un rang distingué encore que subalterne. Il reçoit des ouailles bien pensantes un tribut annuel d’hommages, corrects mais sans enthousiasme. De ses mauvaises fréquentations avec tant d’hérésiarques, avec les Patarins du Montsalvat, les sectateurs de la Colombe et toutes les sortes de Manichéens, il reste au Paraclet je ne sais quel renom d’indépendance et de libre pensée, inquiétant pour les personnes pieuses. On peut dire que c’est le parent pauvre de la Trinité.Quoi qu’il en soit, la Pentecôte, deuxième Pâque, passage du Printemps à l’Été, de l’Amour à la Génération, du Travail à la Richesse, occupe, entre les fêtes, un rang d’élection.Dans le Christianisme ésotérique, figuration de l’Homme Universel, elle représente l’acquisition définitive de la Vérité par l’Esprit humain. Elle occupe une place dans les « doubles majeurs » institués, au nombre de quatre, par l’Église afin de représenter les diverses étapes que l’homme traverse, de la naissance à la mort : Noël, principe de la fixation des êtres, Pâques, glorification de l’amour et du sang, de la vie ; Ascension, triomphe de l’Esprit et du fluide nerveux. La Pentecôte se célèbre en ornements rouges (quelquefois rouge et or), tandis que la Saint-Jean, qui vient après, la Saint-Jean, fête des vieillards (pour qui, dit M. Georges Lanoë, il n’est plus de fête, sinon de regarder vivre la jeunesse, de bénir ses travaux et ses jeux) se doit célébrer en ornements violets rehaussés d’argent. Ceux de Pâques étaient blancs, afin d’accréditer la résurrection de l’Agneau :beati qui lavant stolas in sanguine Agni. A présent, les jours diminuent. Les grandes cérémonies agricoles et religieuses ont pris fin. L’herbe desséchée exhale ses derniers parfums, sous le rateau des faneuses. Le blé s’amoncelle en graines d’or sur l’aire ensoleillée. Il ne reste plus que le raisin à presser dans la cuve. L’homme a passé la première partie de son existence à préparer la vieillesse. Opulent ou misérable, inconnu ou glorieux, solitaire ou comblé d’enfants, toutes les vendanges sont à présent faites pour lui.Désormais, assis au tournant suprême de la route il n’a plus d’autre soin que d’attendre la mort.Les religions se transforment, naissent, vivent et meurent, comme tous les organismes, individuels ou collectifs. Mais, derrière la façade pompeuse ou ridicule, temple, synagogue, mosquée ou cathédrale, s’érige l’Église éternelle. Depuis qu’elle existe, l’Humanité y célèbre la fête éternelle du Travail, de l’Espérance et de l’Amour. Lorsque la moisson est faite, quand les « renards sont dans la dernière gerbe », le Paysan, qui nourrit le Monde, s’assied au bord du domaine fécondé par son labeur. Il écoute dans les aromes et les chansons du soir, tandis que palpite au ciel vert la première étoile, monter l’hymne antérieur à tous les cultes, cet hymne que la Terre chante au Soleil créateur, dans les nuits amoureuses de l’Été.

La plupart des fêtes que n’ont pu laïciser les temps nouveaux (si pauvres d’ailleurs en nouveautés !) gardent encore leur physionomie et quelques-uns de leurs caractères primitifs pour des raisons qui n’ont rien de commun avec les dogmes dont elles forment la parure et l’illustration.

Presque toutes remontent à des époques beaucoup plus hautes que celles où furent codifiés, mis en ordre, adaptés à la culture et au goût moderne, les songes métaphysiques, les préceptes moraux qu’elles embellissent de pompe ou de gaieté.

Dans le Christianisme notamment qui, sous diverses rubriques, protestant, grec ou romain, rallie en Europe et soumet à sa domination tous ceux que préoccupe la rêverie sacrée, il n’est pas douteux que les fêtes soient antérieures et de beaucoup aux légendes évangéliques.

Rites agricoles, symbolisme naïf des saisons et des jours, exorcisme de la tempête, glorification du beau temps ! Sous la draperie auguste et les ornements infinis que les siècles ont ajoutés à la trame grossière des solennités primitives, se retrouvent le culte du Soleil, les terreurs de l’Homme à peine évolué, devant l’Orage, la Nuit, les phénomènes qui menacent la vigne, les blés en herbe, la nourriture en fleurs. Combien d’hymnes, d’antiennes compliquées, savantes, hérissées de théologie et de « doctes emphases », de broderie et de surcharges parasites, ont pour trame et pour squelette ces préoccupations naturalistes ! Ainsi chante l’Homme, réconforté par l’avènement de l’Aurore, de la Lumière toujours adolescente, qui fait la Terre sans embûches et lui prête son éternelle splendeur.

Le fonds religieux de l’humanité reste le même depuis les temps immémoriaux. Si, comme l’affirmait Karl Marx, nous vivons toujours au temps de la préhistoire, nulle part cette allégation (est-elle si paradoxale ?) ne brille plus opportunément qu’en matière de cultes et de dogmes. Les hommes d’aujourd’hui possèdent les mêmes clartés là-dessus que leurs aïeux des cavernes. Nos esprits gardent les mêmes rêves que, sans doute, harmonisaient, en regardant les Étoiles ou le Soleil couchant, tels poètes de l’âge de pierre, peut-être aussi grandioses que le Parnasse tout entier. Ce qui change, disait Flaubert, c’est l’anecdote divine, l’aventure déduite par les théologiens. Le fond reste le même, à savoir, les apparitions, les extases, la vie et la résurrection des morts, les purifications et tout ce qui s’ensuit.

Ajoutez l’animisme, la croyance au Génie, au Démon pervers ou tutélaire, à l’Esprit bienfaisant qui ramène le gibier ou fait prospérer les semailles, à la Puissance inconnue et malveillante qui met en fuite le cerf ou le chevreuil, fait tomber la grêle ou dessèche les épis. Quelle joie aussi pour le piocheur de terre, pour l’ouvrier agricole quand le drame de la moisson, avec tant d’alternances de peurs, d’inquiétudes et d’efforts, aboutit au dénouement heureux, quand les gerbes s’amoncellent et que, sous les coups rythmiques du fléau, se détache le blé mûr !

La Pentecôte fut chez les Hébreux, aussi bien que chez les peuplades indo-européennes, une fête agricole. C’est au moment béni, attendu, espéré longuement, où la faucille coupe les derniers chaumes, où, sur les rousses javelles, s’entasse l’herbe dorée, objet de tant de sollicitudes et d’amour. Les influences mauvaises, les Esprits dévastateurs du blé, sont à présent, vaincus. C’est le moment d’allumer les feux qui portent au Soleil, dans les brèves nuits du solstice, un hommage de gratitude exaltée. Et voici le bûcher de la Saint-Jean. Que l’on y brûle des pommes de pin, puisque le jeune Athis, qui n’est autre que le Soleil invaincu, se réjouit de la résine parfumée ! Et que l’on prodigue aussi les plantes d’Adonis, guirlandes odorantes de roses, de fenouil ! Mais, avant tout, que l’on mette au feu, que l’on brûle vif, ce petit renard, si friand de la vigne, ce Démon à quatre pattes en qui s’incarnent les mauvais Esprits, hostiles à la moisson.Capite nobis vulpes parvulas quæ demoliuntur vineas(Cant.) Ils se cachent dans la dernière gerbe. Aussi convient-il de procéder aux rites magiques propres à garantir les fruits de la terre et les récoltes à venir. Aux fêtes de Cérès, Rome lâchait dans le cirque des « chiennes rouges » que l’on jetait ensuite, dans le feu. Le Moyen Age en usait de même avec les Albigeois, dans lesquels se retrouvaient, d’après l’Inquisition, les renards duCantique. Mais le Travail s’est rendu victorieux des forces adverses. L’homme, par ses vertus, a mérité que la grêle épargnât les champs patrimoniaux. La chaleur des jours, la rosée amicale des nuits ont accru cette goutte de lait qui devient plus tard, la poudre nourricière. Les Esprits tutélaires ont défendu l’épi. Ceux qui dérobaient encore leur méchanceté sous la peau du renard maléfique, brûlent, à présent, sur le bûcher joyeux. Ils n’inquiéteront plus, désormais, l’Ame du Froment qui reviendra, l’an prochain, souriante et rajeunie, avec Eurydice et les premières fleurs.

La Pentecôte n’est que tard devenue fête du Paraclet. Avant d’apporter les dons du Saint-Esprit, lesCharismes(discernement, éloquence) les Langues de Feu restèrent longtemps ces flammes vives du Soleil qui font naître la vie et la beauté. La Visitation de l’Esprit ! De l’Esprit, sans doute, mais de l’Esprit évoqué par Faust, au soir de Pâques, l’Erdgeist, Maître du Monde et Roi des secrètes profondeurs.

Dans la piété moderne, le Saint-Esprit occupe un rang distingué encore que subalterne. Il reçoit des ouailles bien pensantes un tribut annuel d’hommages, corrects mais sans enthousiasme. De ses mauvaises fréquentations avec tant d’hérésiarques, avec les Patarins du Montsalvat, les sectateurs de la Colombe et toutes les sortes de Manichéens, il reste au Paraclet je ne sais quel renom d’indépendance et de libre pensée, inquiétant pour les personnes pieuses. On peut dire que c’est le parent pauvre de la Trinité.

Quoi qu’il en soit, la Pentecôte, deuxième Pâque, passage du Printemps à l’Été, de l’Amour à la Génération, du Travail à la Richesse, occupe, entre les fêtes, un rang d’élection.

Dans le Christianisme ésotérique, figuration de l’Homme Universel, elle représente l’acquisition définitive de la Vérité par l’Esprit humain. Elle occupe une place dans les « doubles majeurs » institués, au nombre de quatre, par l’Église afin de représenter les diverses étapes que l’homme traverse, de la naissance à la mort : Noël, principe de la fixation des êtres, Pâques, glorification de l’amour et du sang, de la vie ; Ascension, triomphe de l’Esprit et du fluide nerveux. La Pentecôte se célèbre en ornements rouges (quelquefois rouge et or), tandis que la Saint-Jean, qui vient après, la Saint-Jean, fête des vieillards (pour qui, dit M. Georges Lanoë, il n’est plus de fête, sinon de regarder vivre la jeunesse, de bénir ses travaux et ses jeux) se doit célébrer en ornements violets rehaussés d’argent. Ceux de Pâques étaient blancs, afin d’accréditer la résurrection de l’Agneau :beati qui lavant stolas in sanguine Agni. A présent, les jours diminuent. Les grandes cérémonies agricoles et religieuses ont pris fin. L’herbe desséchée exhale ses derniers parfums, sous le rateau des faneuses. Le blé s’amoncelle en graines d’or sur l’aire ensoleillée. Il ne reste plus que le raisin à presser dans la cuve. L’homme a passé la première partie de son existence à préparer la vieillesse. Opulent ou misérable, inconnu ou glorieux, solitaire ou comblé d’enfants, toutes les vendanges sont à présent faites pour lui.

Désormais, assis au tournant suprême de la route il n’a plus d’autre soin que d’attendre la mort.

Les religions se transforment, naissent, vivent et meurent, comme tous les organismes, individuels ou collectifs. Mais, derrière la façade pompeuse ou ridicule, temple, synagogue, mosquée ou cathédrale, s’érige l’Église éternelle. Depuis qu’elle existe, l’Humanité y célèbre la fête éternelle du Travail, de l’Espérance et de l’Amour. Lorsque la moisson est faite, quand les « renards sont dans la dernière gerbe », le Paysan, qui nourrit le Monde, s’assied au bord du domaine fécondé par son labeur. Il écoute dans les aromes et les chansons du soir, tandis que palpite au ciel vert la première étoile, monter l’hymne antérieur à tous les cultes, cet hymne que la Terre chante au Soleil créateur, dans les nuits amoureuses de l’Été.

P. 39.— « Le poète s’attriste et pleure. »

Madame Ackermann.L’Amour et la Mort.

P. 47.— « Tels, autrefois, les saints architectes de Dvaravati… »

La Cité du bonheur. Décret de Brahma, dans l’assemblée des Dévas.Cf. Hariwansa, le divin Hari(né à l’heure de la victoire)Haritas, Charites, les Cavales du Soleil, jaunes d’aurore, les Grâces. Krishna fonde la citéDvaravati, demeure du Bonheur, où les architectes divins,viçwakarman, sont conduits par l’oiseau Garoud’ha, cette Huppe deNephélococcigyeet de Balkis, la reine qui pose au roi Salomon des énigmes. Campanella nomme son utopie, avec une profonde intuition des mythes qu’il ignore,Cité du Soleil. La Ville aux portes. Les Portes où, dans tout l’Orient, se rend la justice. Allégorie et symbolismechrysodéniques(terminologie de Novikow) : « L’or emplit la maison où retentissent des accents de joie. »


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