(Techniquement: Infortuné — Menaçant — Sauveur)
… La réciproque, en quelque sorte de la Ire, où le faible se réfugiait auprès d’une puissance indécise, tandis que c’est, à présent, au-devant du faible, sans espoir, le Protecteur inattendu qui, de lui-même, se dresse subitement.
A —Condamné, voir apparaître un sauveur chevaleresque: —Andromèdesde Sophocle, d’Euripide et de Corneille. Ex. fragm. : 1eracte deLohengrin, 3eacte duTancrèdede Voltaire, rôle du patron généreux dansBoislaurier(M. Richard, 1884. Ce dernier exemple et le suivant montrent particulièrement l’honneur du faible en jeu). Ex. hist. : Daniel et Suzanne ; divers exploits de la chevalerie. Ex. ord. : l’assistance judiciaire. Le dénouement deBarbe-Bleue(la parenté s’y ajoute, sous la condition la plus normale, celle de frères défendant leur sœur, et grandit le pathétique par un moyen des plus simples, mais oublié des dramaturges).
B 1 —Être remis sur le trône par ses enfants(voir la donnée «Retrouver») : —ÉgéeetPéléede Sophocle,Antioped’Euripide. Ces enfants ont été jadis abandonnés dans :Athamas IetTyrode Sophocle aussi (ce goût du futur auteur d’Œdipe à Colonepour les fables où l’Enfant joue ainsi un rôle de sauveur et de justicier ne forme-t-il pas un assez amer contraste avec le sort qui attendait le poète dans son ultime vieillesse ?).
2 —Être secouru par des amis ou des étrangers recueillis: —Œnée,Iolas,Phinéede Sophocle. Ex. fragm. : 2epartie d’Alcested’Euripide. —Être protégé par l’hôte qui donna asile: —Dictysd’Euripide.
Rien qu’à parcourir ces subdivisions, on aperçoit ce que nos écrivains auraient dû tirer de laIIedes données. Elle doit être, franchement, quelque peu attrayante, pour qu’une fois de plus l’humanité l’ait choisie, cette histoire du Sauveur, il y a deux mille ans bientôt, et depuis lors ait tant souffert, aimé, pleuré, à chacun des souvenirs qui lui en reviennent. Cette Situation, c’est aussi la Chevalerie, l’héroïsme si original et individuel du moyen-âge ; — et c’est la Révolution française devant les peuples ! Malgré cela, l’art, si l’on excepte l’aristophanerie de Cervantès et l’éblouissant et unique éclair jailli de l’armure d’argent deLohengrin, l’art, à peine encore, y songea…