AUTRE BONJOUR

Comment vous portez-vous, adorable Éliante?Sur la pointe du pied j'entre en votre boudoir;C'est l'heure du lever, midi, l'heure élégante;Phébus cligne aux volets et demande à vous voir.Au bord de l'oreiller où votre tête glisse,Gageons que la rosée aura sur votre teint,En passant, secoué son bouquet de narcisseEncore tout trempé des perles du matin.Ne vous étonnez pas si, dans votre ruelle,Comme faisaient jadis les abbés-papillons,Je viens, gazette en main, vous dire la nouvelle,Et sur votre guitare accorder mes flonflons.Sur ce tabouret-là souffrez que je m'asseoie;Je détournerai l'œil autant que vous voudrez,Et vous ferai passer votre mule de soieEntre les deux rideaux, quand vous vous chausserez.

Comment vous portez-vous, adorable Éliante?

Sur la pointe du pied j'entre en votre boudoir;

C'est l'heure du lever, midi, l'heure élégante;

Phébus cligne aux volets et demande à vous voir.

Au bord de l'oreiller où votre tête glisse,

Gageons que la rosée aura sur votre teint,

En passant, secoué son bouquet de narcisse

Encore tout trempé des perles du matin.

Ne vous étonnez pas si, dans votre ruelle,

Comme faisaient jadis les abbés-papillons,

Je viens, gazette en main, vous dire la nouvelle,

Et sur votre guitare accorder mes flonflons.

Sur ce tabouret-là souffrez que je m'asseoie;

Je détournerai l'œil autant que vous voudrez,

Et vous ferai passer votre mule de soie

Entre les deux rideaux, quand vous vous chausserez.


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