[454]Anquetil,Hist. de Reims, t. II, p. 257.
[454]Anquetil,Hist. de Reims, t. II, p. 257.
Au quinzième siècle, la commune de Reims cesse entièrement de jouer un rôle politique. Elle ne fut point abolie, mais elle s’amortit en quelque sorte sous la pression de l’autorité royale. Dans les temps de subordination paisible qui succédèrent aux tumultes du moyen âge, l’oubli éleva comme une barrière entre la bourgeoisie moderne et l’antique bourgeoisie, si fière et si indépendante. Le seul grand événement local, pour un habitant de Reims, fut lacérémonie du sacre ; et les enfants de la ville jouèrent au pied du vieux château des archevêques, sans se douter que ces murs en ruine eussent été maudits par leurs aïeux. Toutes les villes de France sont tombées, depuis quatre siècles, dans la même nullité politique ; mais on se figure trop aisément qu’il en a toujours été ainsi. Pour chercher des exemples de courage civique, nous remontons jusqu’à l’antiquité, tandis que nous n’aurions besoin que d’étudier à fond notre histoire ; parmi nos villes les plus obscures, il n’en est peut-être pas une qui n’ait eu ses jours d’énergie. Vézelay, dans le département de l’Yonne, n’est pas même un chef-lieu de sous-préfecture, et cette simple bourgade eut, il y a près de sept cents ans, l’audace de faire une révolution pour son compte.