Le cliquetis des aiguilles à tricoter, le froissement de la page que l’on tourne, le tic-tac de la pendule, le grincement de ma plume composaient et composent mes soirs de fin d’Automne. Mais, à la venue de Bernadette, les objets familiers ont prononcé de nouvelles paroles : les aiguilles discutent la mesure des petits chaussons, et la page du livre chuchote à la mère que l’heure de l’allaitement s’avance sur le cadran qui rabâche. Cette plume qui versa tant de larmes s’arrête un instant comme une noire voyageuse après un long parcours. Elle se souvient d’une halte plus douloureuse, quand le destin semblait aveugle et la route incertaine.
O ma plume qui erras dans le deuil ! Tu recommences à chanter sur cette feuille, tu loues Dieu de t’avoir donné pour guide cette enfant qui ne sait pas marcher.